Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize

Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize

Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize

Si Ollomont est connu pour la physionomie intrigante de sa blanche chapelle et du vieux, très vieux cimetière qui en constitue le jardin, le hameau lui-même insuffle un sentiment de sérénité.  Ici, tout est calme, luxe (pour qui convient que la sérénité est un luxe) et volupté (pour qui convient que la sérénité est volupté). Le gentil ruisseau qu’Edmond Dauchot a si souvent photographié s’en va vers l’Ourthe, parfois tumultueuse, parfois apaisée. Pour un explorateur de l’Ardenne, le passage à Ollomont s’impose.

 

 

 

Le hameau d’Ollomont, calme et ramassé, regarde un large horizon de brumes et de bois où l’Ourthe serpente entre les hauteurs. Une butte rocheuse, ceinturée par les vieux murs en schiste du cimetière, le termine à l’ouest. Au milieu des herbes et des tombes aux croix tordues ou droites, noires ou grises, s’élèvent des murs blancs qui intriguent, gais sous le soleil, un peu tristes sous la pluie. Ce sont les vestiges énigmatiques de la chapelle Sainte-Marguerite.

C’est ainsi que Francis Genicot  présente le rapport  de fouilles effectuées au milieu des années60 autour de cette mystérieuse chapelle.

L’auteur précise également que l’endroit est « attachant ». Et bien évidemment que l’endroit est « attachant », c’est le moins qu’on puisse dire. Du centre du village de Nadrin, la route qui rejoint le cœur d’Ollomont regroupe les constructions les plus récentes. Elles ne sont que quelques-unes,  et encore, récentes est un grand mot, la plupart sont encore bâties en pierres du pays. Le vieux village s’ouvre très vite sur une placette fleurie et un vieux chariot en bois qui sert de pot de fleur géant à la bonne saison. Il est vrai que le hameau est inscrit au concours des plus beaux villages fleuris organisé par la province du Luxembourg.

Une vingtaine de bâtisses, parfois fort bien restaurées, parfois pas, composent le quadrilatère de petites routes encerclant la chapelle et le cimetière. Beaucoup de ces maisons sont crépies et blanchies, ce qui est une caractéristique de l’architecture ardennaise ancienne. Les murs extérieurs étaient crépis à l’argile afin de protéger la maçonnerie dont le mortier était lui-aussi fait d’argile, beaucoup plus friable que le ciment.
Ces bâtisses sont anciennes, ça se voit, ça se sent, c’est authentique. Mais ne sont certainement pas les constructions d’origine du lieu. Car si on ignore avec exactitude à quand remontent les premières habitations, il est établi qu’Ollomont est un des plus anciens villages de l’actuelle commune d’Houffalize. Des indices  archéologiques parleraient de l’an 1015. Il n’y aurait rien d’étonnant  puisqu’on sait  que la région fut fréquentée bien avant cette période ; les traces de la « Villa romaine » de Nadrin en attestent.

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La chapelle Saint-Marguerite et le cimetière.

 

 

Installée sur un surplomb rocheux, la chapelle Saint-Marguerite est encadrée par le cimetière, lui-même ceinturé d’un mur en schiste très ancien dont les pierres du sommet sont mises sur chant (càd dressées plutôt que posées à plat).

L’aspect de cette chapelle est vraiment curieux, « on n’a jamais vu ces formes architecturales ailleurs » se dit le promeneur ou le photographe.
Et pour cause, l’explication  est somme toute fort simple : cette chapelle affiche les vestiges conservés d’une église qui a été démontée pièce par pièce.

Car si l’édifice est un peu moins ancien que les premières habitations du village, l’église (romane) est quand même datée du 12ème ou 13ème siècle. Là encore, les origines restent très floues. La chapelle fut citée une première fois dans des documents de 1354 ; citée ne veut pas dire bâtie. Elle est certainement plus ancienne, probablement édifiée sur les ruines d’une autre église en bois encore plus ancienne. A moins qu’elle ne prenne place sur un ancien ermitage ? Mais que ferait un ermite sur un éperon rocheux, alors qu’un ermite a plutôt pour habitude de chercher solitude et discrétion ? Cet éperon rocheux, n’était-il pas auparavant un lieu fortifié ? Malgré les fouilles organisées en 1965, les questions restent extrêmement nombreuses, de quoi nourrir  les discussions des archéologues et historiens, et de quoi – pourquoi pas – alimenter de nouvelles légendes ardennaises.

Durant sa longue vie de plusieurs siècles, la chapelle, ou plutôt l’église puisqu’elle avait les proportions d’une église avant qu’elle ne montrât son aspect actuel, a subi de nombreuses modifications. Transformée entre 1739 et  1745, elle fut encore agrandie en 1872-1873. Il existe des photos et des croquis présentant l’état  du bâtiment de cette époque, c’était sans conteste la physionomie d’une vraie grande église de village.

En 1907, on la jugeait pourtant vétuste, et la paroisse divisée sur la question depuis quelques années prit clairement le parti de créer un nouveau lieu de culte à Nadrin. L’antique sanctuaire fut donc démonté, les matériaux servirent à l’édification de l’église de Nadrin. On ne conserva que la tour et le clocher ainsi que les absidioles qui l’encadraient.

Et patatras, après 1909, alors que le siège de la paroisse prenait définitivement place à Nadrin, le sommet de la tour s’effondra, sans-doute affaibli par le démontage de l’architecture principale. Un toit à deux pans fut placé au niveau où les murs étaient restés debout.

Tant le cimetière que la chapelle sont classés sur la liste des monuments historiques de Wallonie. La chapelle bénéficia d’une réfection importante en 1961.

 

 

 

Restitution de l’église d’Ollomont réalisée par L.F. Genicot. En rouge, nous y avons superposé les volumes subsistants.

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Sainte-Marguerite, fêtée le 20 juillet, est patronne de la paroisse et de la chapelle.

 

 

Née en Syrie à l’époque où Rome et ses légions dominait le monde connu, Marine comme elle s’appelait avant de devenir Marguerite, se convertit et souhaita vivre dans une communauté chrétienne. Son père outré de colère la chassa.

Après 2 ans de voyage, elle atteignit notre terre d’Ardenne très boisée, rude et sévère, où tout faisait contraste avec la patrie fleurie et riante d’où elle avait fui. Elle tint ce pays pour la borne du monde. En suivant les méandres de la rivière Ourthe, Marguerite parvint un jour à la partie la plus sauvage de la vallée (c.à.d. entre le confluent des deux Ourthes et Maboge). Là, elle rencontra, plantée au bord de l’eau, une haute aiguille de schiste ressemblant à un menhir.

Au pied de cette roche, elle remarqua une excavation assez vaste et haute et bien exposée au midi qui s’offrait à elle comme un gîte sûr. Elle connut à ce signe que là devait s’arrêter sa marche d’errante et que là se fixerait pour un temps sa destinée. Elle rencontra les habitants de l’endroit, des Celtes. Elle aida aux travaux des champs et des bois, donna de si bons conseils que les récoltes furent plus riches que jamais. Tous l’aimaient et la vénéraient.

Pourtant, elle annonça un jour qu’il lui faudrait rentrer dans son pays. Malgré les protestations de ses amis, elle partit.

Revenue en Orient, Olybrius préfet d’Antioche voulut en faire sa femme. Son refus la condamna à mort, le préfet la fit décapiter.

Cependant, si vous avez de mauvaises lectures, vous croiserez certainement un ou l’autre témoignage qui soutiendra que Marguerite n’est jamais passée par Ollomont. C’est faux évidemment. smile

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_d%27Antioche

La Cresse  Sainte-Marguerite

 

 

En 1906 les habitants d’Ollomont déposèrent une statue de la Sainte sur la tête de rocher  où elle vécut, à quelque pas du village. C’est là qu’elle était censée avoir vécu du moins, car de mémoire d’homme, personne ne se souvient d’un quelconque aïeul qui l’aurait connue.

Bien entendu, les légendes locales qui revisitent sans cesse l’histoire donnent au cours des siècles une multitude de versions. Ainsi, Marguerite ne serait certainement pas morte en Orient mais bien là où elle avait passé la majeure partie de sa vie, dans la grotte (une légère excavation en réalité) creusée sous la « cresse », un mot wallon qui signifie « crête ».

Il se dit que, à sa mort, les habitants d’Ortho (ah ! les vauriens) auraient voulu déplacer le corps de la défunte sur un char que les chevaux de l’attelage, pourtant nombreux,  n’arrivèrent pas à déplacer. Il se dit dans d’autres chaumières que ce sont les habitants d’Hubermont (ah ! les chenapans) qui auraient tenté d’emporter la dépouille ; qu’ils échouèrent également. Ce qui rassemble les conteurs autour des âtres villageois d’Ollomont, est que, seul un paysan du hameau put, avec un attelage très léger, déplacer le corps jusqu’au cimetière que nous connaissons bien désormais.

Mais, sans doute, l’appel des racines tenaillait-il Marguerite, même morte. Car le lendemain de son déplacement au village, son corps disparut du cimetière et à la place, on trouva une lourde statue de bois. Ce serait celle qui accueille maintenant les fidèles à l’église de Nadrin.

La petite balade de 4,5 km, au départ du centre de Nadrin, passe par là. Nous passerons sur le seuil de ce qui fut l’habitat de Marguerite, et longerons l’Ourthe sur sa rive droite. Puis il nous faudra remonter vers la route du Hérou. Nous aurons le choix de rentrer par le chemin le plus court pour boucler les 4,5 km, ou de bifurquer vers le Rocher du Hérou qui prolongera un peu la balade. C’est peu praticable avec une poussette, surtout dans la première partie entre Ollomont et la rive de l’Ourthe qui descend par un chemin un peu escarpé.

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Edmond Dauchot, le photographe de l’Ardenne d’autrefois.

 

Edmond Dauchot à sa table de travail – page extraite de « Edmond Dauchot – le photographe de l’Ardenne d’autrefois »

 

Né en 1905 dans la province du Hainaut, au sein d’une famille de petits industriels, Edmond Dauchot ne se sentait pas imprégné du  sens des affaires. L’entreprise, les chiffres ne l’intéressaient guère, il se classait plutôt parmi le « contemplatifs ».

En 1930, avec sa jeune épouse, il quitta la briqueterie familiale et trouva à s’installer dans un petit, très petit, hameau de la commune de Nadrin. Le presbytère d’Ollomont  était inoccupé, il l’acheta et s’y posa.

Il n’était pas fortuné, mais pouvait se prévaloir d’une certaine aisance qui lui permettait de vivre sans excès. On se doute que l’héritier d’une famille de bonne bourgeoisie qui s’installe à Ollomont ne cherche pas la vie de château. Ce qui motive Edmond, c’est l’observation, oui décidément, c’est bien un contemplatif. S’il contemple son nouvel environnement et ses nouveaux voisins, il est amusant de deviner combien il dut lui-même être observé, analysé, jaugé même, par les villageois. Dame, à l’époque, les villages ardennais vivaient en vases clos.

La simplicité, et très probablement la discrétion du nouveau venu durent plaire aux rudes Ardennais. L’intérêt qu’il portait à la vie et aux activités du village l’aida sûrement à passer l’examen d’admission au sein de la petite communauté.

Il tâta un peu de la peinture, fréquenta – toujours un peu – quelques artistes ardennais, mais c’est avec sa découverte de la photographie que son appétit d’observation prit toute sa dimension et s’assouvit. S’il était motorisé – une motocyclette d’abord, une petite automobile par la suite – c’est surtout à pied qu’il se déplaçait. Les quelques clichés rapportés d’une ou l’autre excursion au Grand-Duché sont rares. Par contre, c’est plus de 18.000 négatifs qu’il a laissés de ses expéditions locales. Il avait bien conscience qu’il fallait, d’urgence, immortaliser un monde qui changeait très vite, un monde qui disparaissait.

« Elle [l’Ardenne] vécut ou fut vécue, elle se meurt ou elle est morte sous beaucoup de ses aspects. L’intensif progrès matériel ne l’a pas encore définitivement anéantie, mais il l’a amoindrie, altérée jusqu’à n’en plus laisser subsister que des restants. A preuve, ces bouquets de photographies d’un passé proche, comme des touffes d’immortelles qui se dessèchent lumineusement dans des vases : curieuses, jolies, vives encore et émouvantes de souvenirs. Elles rappellent une belle saison en allée. » (1971)  (note d’Edmond Dauchot relevée par Jacques Cornerotte dans Regards d’Ardenne n°3 – 2013)

Ceux qui aiment l’Ardenne, sa terre, son mirage,  ne lui seront jamais assez reconnaissants d’avoir écrit en images cette vie âpre et paisible que le temps a laissé filer entre nos doigts.

Edmond Dauchot disparut en 1978.

Les livres consacrés à Edmond Dauchot

Ardenne, 35 photographies sur des textes d’Octave Servais – éd. PIM services 1938 (plusieurs bibliographies annoncent la date de 1958, peut-être est-ce une réédition)

Ardenne bien aimée, préface d’André D’Hotel, Duculot 1976

Ardenne Buissonnière, Jean-Pierre Orban, Edmond Dauchot, journal et photos 1937-1971, Duculot 1984

Edmond Dauchot, Le photographe de l’Ardenne d’autrefois, René Hénoumont, introduction de Georges Vercheval – La Renaissance du livre 2000

L’Ardennais, photographies d’E. Dauchot, commentaires d’A. Moxhet, Bastogne Musée en Piconrue 2012

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En 2011, la famille d’Edmond Dauchot a confié la gestion du fonds photographique de son aïeul au Musée de la Grande Ardenne en Piconrue à Bastogne.
Le désir de la famille était de permettre la valorisation de cette oeuvre composée de plus de 18.000 négatifs.

Depuis, le musée relève le défi au travers de publications dont « l’Ardennais », ouvrage de plus de 300 pages publié en 2012 et déjà réédité depuis. Le texte a été confié à un spécialiste de l’Ardenne : Albert Moxhet. Quant aux images, le regard, c’est celui d’Edmond Dauchot, le grand photographe qui sut voir et donner à voir l’Ardenne d’autrefois dans sa vérité singulière.

Vers le musée En Piconrue

Omer Englebert, romancier, essayiste et biographe.

Edmond Dauchot ne fut pas le seul artiste renommé ayant occupé les lieux. Omer Englebert naquit à Ollomont en 1893. À 16 ans, il quitte son village pour faire des études en divers établissements franciscains. Il mena une carrière ecclésiastique, fit de nombreux voyages et donna de nombreuses conférences.

En traversant le village, en parcourant les ouvrages consacrés aux photos de Dauchot, on comprendra pourquoi le « Père Omer » n’a pas pu oublier son village natal. Ses nombreux écrits comptent deux romans dont le titre ne laisse aucun doute sur l’origine géographique qui les a inspirés : « Le curé Pecquet (1934) » suivi de « La sagesse du curé Pecquet (1935) ». Lorsqu’on sait que le nom de famille apparait sur les tombes du vieux cimetière et que ce patronyme si sympathique aux Ardennais et aux Liégeois*  est encore bien ancré dans le village, il n’y a aucun doute sur les modèles qui ont servi au romancier.

* de Pecquet à Peket, il n’y a qu’un pas, à peine une goutte

Anecdote

Pour compléter la série de photos d’illustration, nous sommes passés deux fois à Ollomont. En automne, un jour de semaine en matinée. Là, il était possible de s’immerger dans le calme du lieu, de papoter avec trois ou quatre habitants sympathiques qui vaquaient à leurs occupations. C’est ainsi que j’ai rencontré René, qui me raconta la découverte d’un puits maçonné de six mètres de profondeur alors qu’il aménageait la vieille étable en gîte rural. René a eu le bon goût de préserver ce témoin de l’incroyable labeur dont étaient capables les « anciens ». Où allaient-ils chercher le courage de s’attaquer à de tels travaux, équipés d’un outillage qui paraîtrait dérisoire aujourd’hui ? Le puits fut probablement condamné lorsque les canalisations d’eau courante furent installées.

www.facebook.com/AuVieuxPuitsOllomont

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Rédaction et photos : Fr. Rion – 2020
Sources : La chapelle Sainte-Marguerite à Ollomont – Rapport de fouilles – Ardenne et Famenne n°1 – 1966  /  Trésors d’Ardenne- Musée En Piconrue -1987  /  Service du Livre Luxembourgeois
Syndicat d’Initiative de Nadrin  /  Les ouvrages consacrés à Edmond Dauchot
Merci à Pierre Nicolas pour la relecture

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La promenade de la Croix des fiancés à la Baraque Michel

La promenade de la Croix des fiancés à la Baraque Michel

La promenade de la Croix des fiancés à la Baraque Michel

Certainement la balade en Hautes-Fagnes la plus pratiquée. Elle fait la boucle à partir de la célèbre Baraque Michel et la chapelle Fischbach, puis, passe par ce qui est sans aucun doute la croix la plus célèbre des Hautes-Fagnes, « la croix des fiancés ».

Cette balade commentée et photographiée s’est déroulée en août 2020. Il est possible que le paysage ait subi quelques modifications lorsque vous réaliserez vous-même la rando.
En forêt, les mises à blanc modifient sensiblement le paysage, les jeunes plantations sont devenues de belles forêts, un mirador a été construit ou démonté,…
A moins que vous ne fassiez la rando dans quelques millions d’années, le relief devrait en revanche rester identique.

Allons-y, bonne balade !

 

Le tracé est aisé, sans dénivelé important. Attention cependant, si nous avons réalisé le parcours pendant une période particulièrement sèche, il pourrait être plus difficile d’emmener une poussette par temps humide. Rappelons par ailleurs qu’il est toujours possible que les trajets en fagnes soient interdits en cas  de sécheresse prolongée,… ce qui semble devenir une habitude. Notons également que les inscriptions « zone b » sur les cartes locales signalent que nous sommes en réserve naturelle dont l’accès est permis sous certaines conditions : rester sur les chemins balisés, chiens en laisse, ne pas fumer, à fortiori lorsqu’il fait sec.

 

Clic sur les images pour agrandir.

Suivre ce fléchage:

Les balises rouges

Au départ de la chapelle Fischbach, le sentier s’enfonce directement dans la fagne et sa flore caractéristique. D’anciennes bornes de pierre nous rapellent que nous longeons ce qui fut la frontière entre la Belgique et la Prusse avant la première guerre mondiale. Les bornes sont gravées d’un B côté belge et d’un P côté prussien. La plupart portent également un numéro.
D’emblée, les premières tourbières nous mettent en garde contre les dangers de la Fagne. S’enliser dans une tourbière peut être mortel.

Un majestueux « sorbier des oiseleurs » nous ouvre la voie. C’est décidément une année de belle fructification. Les merles et les grives friands de ces baies rouges seront à la fête toute l’année.

Après un premier tronçon facile à travers les étendues de la Fagne, nous voici face à la Croix des fiancés, à côté d’une borne frontière.

C’est ici qu’en hiver 1871 on retrouva le corps sans vie de Marie Solheid, la jeune fagnarde de 24 ans. Elle et François Reiff son fiancé allaient bientôt se marier. Afin de remplir les formalités nécessaires, ils décidèrent de se rendre de Jalhay à Xhoffraix où Marie était née. Sans écouter les conseils avisés, ils voulurent traverser la Fagne. La tempête de neige les surprit, ils se perdirent. Marie mourut à cet endroit, François parti à la recherche de secours périt à son tour à quelques encablures de sa fiancée.

Depuis son installation quelques temps après le drame, la pauvre croix de bois est régulièrement entretenue par des bénévoles et remplacée lorsque nécessaire. La croix actuelle date de 2019.

Face à elle, une stèle due aux « Amis de la Fagne » est dédiée à Henri Angenot qui fut un des premiers à éditer un guide de la Fagne en collaboration avec Albert Bonjean en 1912. Albet Bonjean, le « chantre de la Fagne »  a quant à lui son monument dédié de l’autre côté de la grand-route, en face du restaurant de la Baraque michel.

Quelques dizaines de mètres plus loin, nous obliquons à gauche et nous quittons la Vecquée, cette ancienne voie gauloise puis romaine. Elle était restée une route très fréquentée jusqu’au moyen-âge.

Un petit panneau indique que nous quittons la réserve naturelle pour entrer en forêt. Le petit logo PEFC signale que cette forêt est gérée durablement  selon le cahier des charges PEFC.

On s’en aperçoit immédiatement, le décor passe abruptement de la lande à la forêt. C’est sur ce petit tronçon que la circulation serait plus difficile par temps humide. Ca et là, des caillebotis sont d’ailleurs installés pour garder les pieds au sec. Nous retrouvons la compagnie des épicéas qui contribuent très largement à assécher les Fagnes.

Ce sentier rejoint une route asphaltée. Rassurez-vous, il n’y a pas de circulation, c’est une route réservée à l’exploitation forestière.
Nous d’abord longeons un petit bois de bouleaux (une boulaie) et ensuite une plantation d’épicéas derrière une haute clôture. On suppose que la clôture protège les jeunes épicéas du grand gibier friand des bourgeons et jeunes pousses. On comprend aisément que si le gibier décore les jeunes plants, la perte économique est sérieuse. Les fleurs mauves sont des épilobes, très fréquentes en Ardenne, et très décoratives en cette saison.

Après ce court passage sur la route, en suivant toujours les balises rouges, nous revoici sur un sentier qui nous ramène vers la chapelle Fischbach. Quelques hêtres torturés par le vent et les frimas témoignent à quel point  le climat fagnard est extrême.
Après 5,8 kilomètres, voici la chapelle. La boucle est bouclée.
Merci de nous avoir suivi.

Jalhay


Malmedy


Baelen


Theux




Rappel des liens :

La chapelle de Bon Secours, au hameau de Fischbach

C’est au chevalier Henri-Toussaint Fischbach que l’on doit l’érection de la chapelle qui porte son nom, à un jet de pierre de la Baraque Michel.

La Croix des fiancés

L'histoire tragique de Marie et François, les fiancés de la Fagne ...

L'épicéa

Ce sapin qui n'en est pas un!

Le sorbier des oiseleurs

De tous les arbres du genre « sorbus », le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est certainement un des plus présent en Ardenne(s), et certainement le plus apte à se développer dans les landes et les forêts locales.

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Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts

Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts

Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts

Il est des endroits discrets par nature et qui ne cherchent pas la notoriété bruyante et tapageuse. Haute-Bodeux fait partie de ces villages où tout semble paisible, tout spécialement sous la couche de neige qui a surpris les Ardennais en cette fin d’hiver.

 

Village ou hameau ?

Lorsque la grande sœur, Basse-Bodeux, était une commune à part entière, avant de devenir elle-même une des entités de Trois-Ponts, Haute-Bodeux était bien évidemment relié au bourg principal dont il est distant d’à peine deux kilomètres. Si l’administration et les activités se sont toujours concentrées en bas – à Basse-Bodeux – c’est pourtant en haut – à Haute-Bodeux – que se dresse le plus majestueux monument des deux Bodeux : le château.

 

 

 

Le château de Haute-Bodeux

 

 

 

Il est modeste et solide puisqu’il fut l’ancienne maison forte de la famille de Rahier. Cette très ancienne famille qui donna son nom au village de Rahier se développe considérablement au cours des siècles. Elle essaima jusqu’à donner naissance à la branche de Bodeux vers 1570. Le manoir est l’ancienne maison forte de la famille de Rahier. Il est de dimensions moyennes, en moellons de grès, avec une tour carrée rajoutée par la suite. La demeure seigneuriale est bien-entendu accompagnée d’une ferme à l’arrière dont l’ancrage porte la date de sa construction 1661. Le porche que nous apercevons du village est l’accès à la cour de la ferme. L’entrée principale du château se fait par un chemin privé de l’autre côté de la propriété.
Le manoir passa par plusieurs propriétaires après la Révolution pour entrer en possession de la famille Godin depuis le milieu du 20 ème siècle.
Aujourd’hui, sous le nom de « Castel Bodeux », il est transformé en location de vacance. Mais le bâtiment a conservé toute sa rusticité.

 

 

La chapelle

 

Il n’y a pas d’église ni de cimetière, il faut descendre à Basse-Bodeux. Pourtant, il y a bien une chapelle dédiée à Notre Dame des Pauvres. Elle fut inaugurée et bénie en 1957 grâce à une aide financière de la commune de Basse-Bodeux. Car jusqu’alors, les fidèles priaient dans un grange du village, Ils y récitaient le chapelet pendant les mois de Marie c’est-à-dire les mois de mai et d’octobre.
C’ est en 1956 que la commune de Basse·Bodeux accorda une aide financière de 100.000 francs pour la construction d’un sanctuaire à Haute- Bodeux. Différents corps de métiers et les habitants bénévoles construisirent cette chapelle au centre du village.
En 1959 arriva un nouvel habitant dans le patelin. C’était l’Abbé Gustave du MOULIN, un ancien prisonnier politique. Dans cette chapelle, il célébra la messe presque chaque jour pour le plus grand bonheur de tous, surtout pour les aînés. Le chapelet y était également récité comme d’habitude.
En 2007, fut fêté le cinquantième anniversaire de la bénédiction de cet édifice avec les anciens du village et des environs. Actuellement, une messe y est célébrée au moins une fois par an.

 

Le bureau de poste

 

Le bureau de poste, c’est malin, ne vous laissez pas prendre par ce titre à deux balles. Même avec la boite rouge accrochée au mur, ceci n’a évidemment jamais été un bureau de poste mais tout simplement une habitation traditionnelle ardennaise. Il y a un certain temps comme vous pouvez le constater.
S’il reste quelques traces des menuiseries, portes ou fenêtres, le remplissage des pans de bois a complètement disparu. La construction en colombages est la plus ancienne technique de construction en Ardenne où la pierre est certes bien présente, mais difficile à extraire. Pensons que nos ancêtres n’avaient que des pioches et des brouettes pour exploiter les carrières, il était plus simple d’abattre des chênes dans la forêt toute proche et de ramasser l’argile dont le sol ardennais est bien pourvu. Les colombages, ces espèces de châssis de bois, sont encore très souvent visibles dans toute la région que constitue l’ancienne Principauté de Stavelot-Malmedy. Entre les traverses verticales, horizontale et obliques qui constituent l’ossature, étaient enchevêtrées des branches de noisetier ou des lattes de chêne refendues. Le tout était bourré d’argile mélangée à de la paille et des poils d’animaux lorsqu’on en disposait.
Ici, ne subsiste que les grosses poutres de chêne, le reste a été emporté par les intempéries. On convient qu’il serait vraiment dommage de laisser ce témoin du passé se détériorer plus avant.

Les sorcières

Aux deux Bodeux aussi, il y eut des sorcières et des sorciers, ou en tous cas des manants condamnés pour être possédés. Ce fut le cas de Jeanne Serva condamnée par la cour de Bodeux en 1616 ; ou encore de Crespin le Laid jugé à Bra sur Lienne en 1619. Il raconta lui-même, sous la torture, tous les sabbats auxquels il avait participé. Il décrit le Diable avec beaucoup de précisions.
Entre mai et juin 1604, 143 personnes furent interrogées par la cour de justice de Bodeux. Nombreuse furent accusées d’avoir causé la mort d’enfants, de vaches par empoisonnement ou en répandant des maladies chez certaines familles.
Si votre potager produisait plus que celui du voisin, cela renforçait la suspicion à votre égard, c’est ce qui arriva à la fille de Jehenne, la veuve Grand Voick. La mère elle-même fut jugée pour d’autres faits. A l’époque, les titres étaient héréditaires, on dirait bien que la situation de « Macralle » également.

L’Hostellerie du Doux Repos

C’est un hôtel-restaurant installé dans le village depuis plus de quarante ans. Treize chambres aux tonalités différentes sont disponibles, accès au jardin ou vue imprenable sur les alentours verdoyants.

www.douxrepos.com

 

 

 Mediardenne 2020

Sources : Travail fin d’études Ch. Gobbe  + www.https://paysdesaintremacle.wordpress.com/

 

Où est Haute-Bodeux

Haute-Bodeux

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Ce Kronenburg là n’est pas de la petite bière (Allemagne)

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C’est à pied que l’on visite le coeur de Kronenburg, aux Marches de l’Est : à l’ombre des vestiges du burg, les maisons à colombage du XVII° et XVIII° siècle racontent l’histoire dans l’écho des pas sur les pavés, tandis qu’une silhouette s’efface dans l’angle d’une voûte. Celle d’un Templier, peut-être ?

(suite…)

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L’idée de relier la Meuse au Rhin n’était pas tout à fait neuve lorsque Guillaume d’Orange Nassau se lança dans un des plus grands chantiers de son époque. L’entreprise avortée nous léguera un des sites les plus insolites de toute l’Ardenne : le souterrain de Buret ou canal de Bernistap.

De la France à la Belgique en passant par la Hollande

Et saut dans le temps, pour commencer : en 1814, l’Empire français commence à vaciller, l’empereur est exilé sur l’ile d’Elbe. Sans savoir que Napoléon reviendra un an plus tard et sera définitivement battu à Waterloo,  le congrès de Vienne confie les destinées de ce qui n’est pas encore la Belgique, ni le Grand-duché de Luxembourg  au roi Guillaume de Hollande. Un garçon bien sympathique, au départ, mais qui va mal tourner. Ses maladresses, comme disaient alors les diplomates, feront qu’il sera rapidement pris en grippe par ses nouveaux sujets. L’imposition du néerlandais comme unique langue nationale, les vexations infligées aux catholiques (les Hollandais sont majoritairement protestants), l’augmentation des impôts, la censure de la presse et la laïcisation de l’enseignement font déborder le vase. Par la révolution de  1830, les Belges et les Luxembourgeois boutent Guillaume dehors et prennent leur indépendance.

 

Un projet pour ouvrir la voie du développement

Guillaume, s’il n’était pas très psychologue avec la diversité de ses sujets, avait cependant une vision économique progressiste. Conscient que le développement passait nécessairement par un réseau de communication efficace, il engagea une série de grands travaux. Et certains, comme notre canal de Bernistap, accéderont au podium des « Grands travaux inutiles ».

Les voies de communication les plus faciles pour l’époque sont incontestablement les voies d’eau, car elles permettent le transport rapide de tonnages importants. Si on conçoit bien aujourd’hui, de développer  la mobilité par des liaisons entre deux autoroutes parallèles, il paraissait tout aussi évident au 19ème siècle de construire ces liaisons entre deux fleuves parallèles, tels que la Meuse et le Rhin.

Guillaume se donna corps et âme dans ce projet au point d’y investir une fortune de sa cassette personnelle.

La ferme de Bernistap

 

 

La ferme de Bernistap était le point de départ du chantier du canal. On y faisait la cuisine, on y blanchissait le linge des ouvriers. Elle était le « poste avancé » des gestionnaires du chantier. Elle a retrouvé sa pleine fonction d’exploitation agricole dès la fin du projet et cela perdure encore aujourd’hui. En face de la cour de la ferme, le passage qui permet la balade du canal. La balade est réservée aux piétons car l’endroit est désormais classé en zone de protection « Natura 2000 ».

L’Ourthe, la Wolz puis la Moselle, et enfin le Rhin

Sur la carte, on voit la Meuse à l’ouest et son passage à Liège qui s’industrialisait déjà en ce début de 19ème siècle. On voit, à l’est, le Rhin qui traverse Bonn ou Cologne. Sur la carte, on a vite fait de tracer une ligne droite entre ces grandes cités.

Alors, grands Dieux, pourquoi passer en Ardenne, là où il y a encore des loups, où c’est plein de marécages dans les vallées, pratiquement montagneux, inaccessible, bref, presque la lune ?

Et bien voilà : d’abord, Bonn ou Cologne sont en territoire prussien, pas hollandais. Peu d’intérêt donc pour Guillaume. Et puis, les voies d’eau les plus réalisables sont celle qui existent déjà. Vous êtes d’accord ? Evidemment, ce qui est fait n’est plus à faire !

Il fallait donc trouver un endroit où ces deux grands fleuves se côtoient par l’intermédiaire de leurs affluents. Quitte à remonter aux sous affluents, voire aux sous-sous affluents.

Et là, quelque part, entre les villages de Buret, de Tavigny et de Hoffelt, l’Ourthe orientale prend sa source et s’en va vers l’ouest, vers la Meuse. A quelques kilomètres, la Woltz nait et s’écoule de l’autre côté de la colline vers l’est, vers la Moselle puis le Rhin.

Le tracé est donc dessiné par la nature, encore faut-il que ces rivières naissantes soient rendues navigables. Ce qui rend le projet ambitieux et même très ambitieux. Plus des deux cents écluses seront nécessaires entre Liège et Wasserbillig, des kilomètres de chemins de halage, un travail colossal.

Cependant le gros morceau des travaux reste quand-même de relier l’Ourthe et la Woltz ; là il faudra vraiment creuser un canal et entailler la colline pour que les rivières se rejoignent.

 

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de tunnel

Peuh, un canal d’à peine 4 kilomètres, la belle affaire !


La belle affaire ? Mais mon cher ami, vous oubliez que nous sommes au sommet d’une colline, puisque c’est la ligne de partage des eaux. Quatre kilomètres, ce n’est pas bien long, mais un canal de soixante mètres de profondeur pour rejoindre le niveau des eaux, ça fait haut.


Ah mince, qu’est-ce qu’on fait alors ?


On va creuser un tunnel, c’est plus facile que de faire une tranchée de soixante mètres de profondeur.

 

Et voilà l’idée.

 

Les promoteurs eurent le bon goût de commencer ce grand projet par son passage le plus difficile : le tunnel. Bien leur en prit car la liaison fluviale ne sera jamais terminée.

Peu de temps après les débuts du chantier, les Hollandais furent renvoyés chez eux avec leurs capitaux et leurs finances. Recapitaliser le chantier était en soi un grand casse-tête, mais surtout, le chemin de fer naissant rendait le transport fluvial beaucoup moins vital au développement économique. La liaison fluviale devenait inutile.

Ainsi donc, de la ferme de Bernistap s’en va un canal abandonné d’un peu plus d’un kilomètre pour arriver à l’entrée d’un tunnel qui devait traverser la colline sur deux kilomètres et demi pour rejoindre la tranchée de Hoffelt et relier l’Ourthe belge à la Wolz luxembourgeoise. Il fut creusé sur la moitié de sa longueur initiale avant l’abandon des travaux. Plus tard, un éboulement l’a bouché à trois cents mètres de l’entrée.

Que d’efforts, que de sueur pour rien, notre époque n’a pas inventé les « travaux inutiles ».

 

 

Le souterrain qui devait être creusé à 60 mètres sous le sommet de la crête ne sera jamais terminé et le rêve de Guillaume ne verra jamais le jour.

Le canal est devenu une réserve naturelle (classée Natura 2000)

 

 

De la ferme de Bernistap à l’entrée du tunnel, il y a plus ou moins 1 kilomètre de canal. Arrachés à la colline, les déblais étaient remontés par des femmes portant des paniers en osier sur leurs dos. Lorsqu’on progresse le long du canal, on chemine sur un sentier surélevé constitué de tout le schiste extrait de la tranchée. Il régnait sur le chantier, une agitation sans commune mesure avec la quiétude qui baigne les lieux aujourd’hui. Les castors, qui ont envahi l’endroit, semblent vouloir continuer la tâche en abattant les arbres qui ont pris possession des remblais.

Même l’eau du canal s’est endormie sur ce prestigieux projet. Sans courant, l’eau claire au printemps se couvre de mousse dès la venue de l’été.

Le souterrain, qu’on n’appellera tunnel que plus tard

 

 

Il devait trouer la colline sur exactement 2528 mètres. Les ouvriers progressant d’environ 1 mètre par jour avaient fait la moitié du travail avant l’abandon du projet. Plus tard, un éboulement s’est produit à trois ou quatre cents mètres de l’embouchure. On peut encore distinguer les attaches qui servaient aux bateliers à haler leurs embarcations.

Souterrain ou tunnel ?

Les contemporains des travaux – et la chose n’est pas interdite de nos jours – parlaient de souterrain, à propos de Buret : tunnel est un mot anglais qui n’est apparu que plus tard, dans le sillage du chemin de fer.

Draguer ?

L’entrée de l’ouvrage s’est progressivement envasée au fil du temps. Le tunnel haut de quatre mètres ne laisse plus qu’un passage très étroit. D’aucuns voudraient lui rendre son aspect original, mais le site est désormais rendu à la nature. Le souterrain devenu grotte abrite des espèces protégées de chauves-souris.

Remettre le site en état ? C’est possible, selon un ingénieur retraité : “Tout est possible ! Certaines maçonneries pourraient être remises en valeur sans grande difficulté. Pour le reste, il faut draguer des tonnes de boue, et consolider des versants. Ca aussi, c’est possible, mais il faut amener les machines et le charroi sur place. Ce qui, moyennant une bonne coordination du chantier, pourrait se faire par une voie unique qui n’a pas besoin d’être une autoroute. Reste ensuite à savoir que faire des boues de draguage.

Bateaux

Les plus gros bateaux (des Bètchètes) destinés à naviguer sur le canal mesuraient 25 m de long, et 2 m 50 de large, pour un tirant d’eau de 80 cm. Charge comprise, leur poids maximum atteignait 60 tonnes. L’équipage était composé d’un batelier, de deux mariniers et d’un cheval. Dans les souterrains, la progression se faisait à l’aide de gaffes destinées à haler le bateau en s’accrochant aux barres et autres étriers disposés sur la voûte, à espaces réguliers.

L’illustration extraite de la brochure touristique présentant l’ouvrage montre bien par quelle méthode les bateliers faisaient progresser les « betchettes » à l’intérieur du tunnel.

En savoir plus

Couverture du roman : La rivière contrariée

La rivière contrariée : le roman de Gery de Pierpont

Sur fond de mission économico-politique à l’ancienne, La Rivière contrariée entraîne ses lecteurs dans une passionnante enquête à rebondissements. Ce récit d’aventures, tissé dans une page d’histoire aussi fascinante que méconnue, valut à son auteur le Prix Alex Pasquier (Roman historique) de l’Association des Écrivains belges (2003).

En version « papier » et en version numérique

http://larivierecontrariee.com/le-livre


 

canalmeusemoselle.wordpress.com
Le site du Cercle d’Etudes du Canal de Bernistap-Hoffelt

meuse-moselle1830.be
Le site des recherches historiques de l’auteur du roman


Où est caché ce tunnel ?

Bernistap

Bernistap

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Une brochure explicative et gratuite est disponible au Syndicat d’Initiative de Houffalize. Une balade de 15 Km est également proposée jusqu’à la découverte de l’entrée du canal.

Bertogne


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Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.

Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.

Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.

C’est peut-être la Semois qui s’écoule si paisiblement en bordure du village qui donne cette impression de sérénité à l’endroit. La photo qui illustre le titre ce cet article est sans-doute l’angle de prise de vue le plus utilisé des photographes pour immortaliser Chassepierre. S’il y a autant de photographes que de pêcheurs sur cette rive de Semois, c’est tout simplement parce que l’endroit est magnifique.

Pourtant, un dimanche matin de juillet, on aurait pu s’attendre à une effervescence touristique telle qu’on les connait dans les endroits reconnus comme les plus beaux de la région wallonne. Chassepierre, en effet, bénéficie du label officiel des « Plus beaux villages de Wallonie », depuis longtemps.

Ici, tout n’est que calme et volupté. Ce n’est pas toujours le cas, loin de là. En ce matin de juillet, on aperçoit déjà aux panneaux d’affichage et aux fenêtres des maisons, les affiches qui annoncent le prochain Festival des Arts de la Rue. Cet évènement de portée internationale, amorcé en 1974, draine chaque année au mois d’août plus de 50 compagnies d’artistes du monde entier près de 30.000 spectateurs de tous âges. Les 200 habitants du village doivent être sérieusement secoués par l’agitation qui règne durant la préparation, et bien entendu pendant le week-end que dure le festival. Secoués, mais heureux, car chaque année ils ouvrent leur village, ils accueillent les artistes, ils se mobilisent pour offrir d’année en année, un spectacle authentique toujours plus spectaculaire.

Le village

 

 

 

L’occupation permanente des lieux est très ancienne, au néolithique* probablement. Les premiers habitants s’installèrent dans une grotte, qui s’appelle aujourd’hui le « Trou des fées », en bas de l’église et sous les ruines aménagées de l’ancien moulin. Ces grottes calcaires ont donné les racines de son nom au village : « Casa petrea » (c’est-à-dire : Maison de pierre ») dont on trouve les premières transcriptions administratives vers l’an 715. On sait qu’une villa romaine s’y éleva, suivie d’un château médiéval détruit au XIVème siècle par le Prince-Evêque de Liège et que selon certaines sources, quelques 300 ans plus tard, Louis XIV fit détruire un bastion fortifié en même temps que les châteaux de Florenville et de Chiny.

*Néolithique : Débuts de l’agriculture et de l’élevage,
donc de la sédentarisation de l’espèce humaine. Entre 7.000 et  3.300 ans avant notre ère.

Les grottes de  « Trou des Fées » se visitent à la demande, le visiteur découvre qu’elles se confondent avec les caves de l’ancien presbytère. C’est une curiosité, mais pas vraiment exceptionnelle. Des milliers de visiteurs ont déjà découvert le site. Mais, un d’entre eux  aurait-il visité le sous-terrain qui relierait, dit-on, Chassepierre à Carignan distant d’une quinzaine de kilomètres? Enfin, c’est ce qu’on dit, le sous-terrain n’est sur aucune carte et les brochures touristiques en parlent fort peu ; on peut donc supposer qu’il n’existe pas.

Ce serait trop dommage de couper court à la légende, imaginons une « vraie » version

Chassepierre étant en Belgique et Carignan en France, l’entrée du sous-terrain fut masquée avec grand soin à la fin du 19ème siècle par les trafiquants de café et de tabac. Les zélés gabelous ne le découvrirent jamais. Qui sait si aujourd’hui encore, un ou l’autre ne passe pas »en douce » un peu de tabac de Semois dans un sens et un peu trop de pastis dans l’autre.

 

 

 

 

En fouinant dans le village, je suis tombé sur cette salle d’exposition ouverte ce dimanche matin. Je suis donc entré. Houlà, voyant les photos affichées aux cimaises, j’ai très vite remballé mon appareil photo dans son étui. Les images que j’avais faites ce matin ne pouvaient souffrir aucune comparaison avec les travaux de l’habitant des lieux. J’étais dans la galerie de l’Ancien Moulin, chez Etienne Lenoir un photographe animalier professionnel. A visiter absolument lorsque vous passerez à Chassepierre.

 

 

L’ancien moulin. Il en reste peu de choses, ici les meules en pierres. Les ruines sont sécurisées, on peut s’y promener sans danger.

 

 

 

Sur le haut du village, le marché fermier a lieu tous les dimanches matin. Marc Poncin (à droite sur la photo, en rouge) est un peu l’homme-orchestre des lieux. Il m’a fait goûter le ZOUP de Chassepierre, un apéritif à base de vin blanc et de … canelle. C’est délicieux.

 

 

 

passerelle du Breux

Reconstruite sur les ruines de l’ancien pont du tramway, la passerelle du Breux permet de relier les deux entrées basses du village, côté Semois. Cette passerelle crée une nouvelle voie « Ravel » et joue un rôle essentiel dans la circulation des personnes lors du fameux Festival international des arts de la rue. C’est en 2003, au vu du succès grandissant du Festival et de l’importance de pouvoir y dépêcher rapidement des secours en cas d’accident, que les autorités communales et provinciales décidèrent d’unir leurs efforts pour permettre cette reconstruction. Le choix des matériaux s’est orienté vers une réinterprétation des matériaux d’origine. Ce qui restait des éléments en pierre a été restauré au minimum et stabilisé, afin de laisser un témoignage patrimonial et historique. La structure même de la passerelle a, comme par le passé, été réalisée en acier, mais la forme, la hauteur et le système porteur ont été adaptés aux technologies et exigences nouvelles.

 

 


La pierre et l’ardoise

Des maisons en pierre, il en est toujours question aujourd’hui. Heureusement, les destructions de villas, châteaux et autres bastions ont cessé, et depuis plusieurs décennies, les habitants ont pris conscience de la valeur patrimoniale de leur village. Implantées dans un alignement tout gaumais, les constructions du 18e et 19e siècle accolées les unes aux autres forment le quadrilatère central qui fait face à l’église. De là, rayonnent quelques voiries rurales vers le village de Sainte-Cécile à l’ouest et celui de Lacuisine à l’est. Le village n’est pas directement impacté par la route nationale, quel bonheur.

L’église Saint Martin.

L’église ainsi que l’ancien cimetière et le mur de pierre qui ceinture le tout datent de 1702, le presbytère quant à lui fut construit en 1790. L’église et le cimetière sont classés par la Commission royale des monuments et sites depuis 1994. Le clocher de style qualifié de « baroque » présente une silhouette bulbeuse et prolongée par une élégante flèche à deux collerettes. C’est au 19 ème siècle que fut ajoutée l’horloge, d’une manière un peu maladroite, en plein centre de la date de construction en chiffres forgés dans le fer et ancrés dans la façade. Le bâtiment subit bien-entendu d’autres modifications et transformations au cours de siècles, c’est en 2015 que se terminait une grande campagne de restauration. Le bâtiment se dégradait de manière inquiétant suite aux attaques de l’humidité sur la toiture et les murs.

A l’origine, l’église était recouverte d’un enduit blanc, destiné à protéger la maçonnerie. Au fil du temps, le crépi s’est détérioré pour laisser apparaitre les pierres, si bien qu’il n’existe aucune photo de l’église blanche d’avant 2015 ;  tout au plus une ou l’autre peinture, dont une accrochée dans la salle du Collège de Florenville. Les restaurations de 2015, outre les rénovations classiques apportées à la toiture et aux corniches ont permis de rendre à l’église sont aspect originel en la recouvrant de nouveau d’un enduit blanc à la chaux laissant apparaître le relief des pierres.

 

 

Eglise Saint-Martin fleurie

Je croyais que c’était pour m’accueillir en Prince que le tapis rouge avait été déroulé et que l’église avait été si bien fleurie ce matin. Et bien non, la veille a eu lieu un prestigieux mariage. J’aurais quand-même un peu profité des fleurs… et vous aussi.

 

Le vieux cimetière de Chassepierre

Le vieux cimetière est désaffecté, il abrite une belle variété de croix funéraires, en fer, fonte, en schiste ou pierre calcaire.

 

L’église a retrouvé sa blancheur de jadis. Voyez le panneau indicateur qui indique Carignan. Par la route ou par le sous-terrain ? 😉

 

Texte et photos : François Rion 2017/2018


Où est Chassepierre

Chassepierre

 

Chassepierre

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Bouillon



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Martin le pêcheur

Etienne Lenoir _ Editions Weyrich

Étienne Lenoir s’est lancé à la poursuite de cet oiseau singulier, presque rare. Le photographe passionné qui s’est installé en bord de Semois nous offre une véritable découverte du martin-pêcheur.


 

Lire

L'invention Chassepierre

Alain Renoy - Ed. Weyrich

Personne. Non, personne n’aurait pu le deviner. Lorsqu’une poignée de poètes, en 1974, fit sonner ses rimes par les rues du village, qui aurait pu prédire que, 40 ans plus tard, le Festival des Arts de la Rue de Chassepierre serait un événement d’une portée internationale ?

Vers le site web du Festival des arts de la rue.

La Baraque de Fraiture

La Baraque de Fraiture

La Baraque de Fraiture

En d’autres lieux, on aurait certainement baptisé l’endroit : le Col de la Baraque de Fraiture. Parce que le site culmine à 652 mètres d’altitude, il est ainsi la deuxième « montagne »  de Belgique après le plateau des Hautes-fagnes englobant la Baraque Michel et le signal de Botrange.

 

La « Fagne de Bihain » illustre bien le cadre désolé de l’endroit avant que les routes ne traversent la région.

 

Il paraitra sans doute prétentieux de parler de montagne, mais il est un fait que la flore naturelle du plateau des Tailles qui entoure le carrefour de la Baraque est comparable aux plantes de montagne, et même de montagne nordique. La linaigrette par exemple qu’on retrouve également en Hautes-Fagnes. Avant l’introduction massive de l’épicéa en Haute Ardenne, le paysage la plupart du temps les pieds dans l’eau et la tête dans le brouillard, se montrait fort inhospitalier. Les landes désertiques couvertes de bruyères, n’étaient parcourues que par les sangliers, quelques  loups, les réfractaires fuyants les conscriptions napoléoniennes ou quelques intrépides marchands que leurs affaires obligeaient à passer par là.

En 1838 seulement, les routes se dessinèrent plus précises, de Liège vers Bastogne et de La Roche vers Vielsalm et la Prusse. Un habitant du village de Fraiture – un malin ce Pierre-Antoine Molhan – bâtit au croisement des routes une masure en argile et torchis où ne tardèrent pas à s’arrêter les voyageurs. Le malin Molhan avait bien compris l’importance stratégique de l’endroit ; d’où qu’on vienne, il fallait grimper longtemps pour arriver au croisement, c’était assurément là qu’il fallait offrir boissons et collations aux bêtes comme aux gens. Bien vu Pierre-Antoine !

Molhan fit fortune, aménagea de mieux en mieux sa bicoque de paille pour la transformer en un solide bâtiment en pierres qui résistait sans trop se plaindre au climat de l’endroit. Le bâtiment existe toujours aujourd’hui ;  Molhan n’y est plus mais les voyageurs sont toujours soulagés de trouver boissons et bon repas à l’Auberge du Carrefour.

 

Une vue des nombreuses apparences subies par la Baraque de Molhan. Cette « version » de l’édifice fut détruite durant la guerre 40’/45′

 

Le Major Parker et la Bataille des Ardennes

Molhan avait pressenti l’importance stratégique du carrefour, il ne fut pas le seul.

Le 19 décembre 1944, cela fait trois jours que l’armée allemande a lancé la contre-attaque. Se repliant de l’Eiffel en passant par Salmchâteau, le major  Arthur Parker et la centaine d’hommes qui lui reste passe au Carrefour de la Baraque de Fraiture. Il y a là un incessant balai de transports de troupes et de matériel américains allant dans tous les sens ; ceux qui se replient, ceux qui vont renforcer les positions et certainement, ceux qui ne savent pas où aller. Le carrefour routier est un passage obligé, impossible de le contourner vu l’état impraticable du terrain sur un large périmètre autour du site.

Parker l’a bien compris : c’est aussi par là que les troupes allemandes devront passer. Jusqu’au 23 décembre Parker (qui fut blessé) et ses hommes tiendront tête aux Panzers allemands. Ils retarderont considérablement la percée nazie.

En 1994 un monument fut inauguré à la mémoire du courage de la troupe « Parker ». Un canon Howitzer 105 mm identique à ceux dont disposait Parker fut amené des Etats-Unis. Pour les américains, le carrefour de la Baraque est connu sous le nom de Carrefour Parker.

 

Canon Howitzer

Le canon Howitzer datant de 1941. L’aire du Souvenir sur laquelle il prend place est dédiée « aux Etats-Unis d’Amérique et à ses valeureux combattants », comme le dit la plaque commémorative.

Promenades et ski

Un bel enneigement permet la pratique du ski de fond, mais aussi du ski alpin et de la luge

 

Plusieurs établissements, offrant un large choix de restauration, sont venus s’ajouter depuis à l’Auberge du Carrefour dont l’enseigne voisine avec des aménagements dignes d’une fréquentation croissante.

L’or blanc n’y est pas étranger. Chaque années des milliers de visiteurs fréquentent les pistes de ski alpin qui, longues de 300, 700 et 1.000 mètres, sont équipées de remonte-pentes, éclairées à la nuit tombée, et complétées par une piste de luge. L’enneigement voulu y règne en moyenne 20 jours par an, et bien davantage pour les skieurs de fond qui trouveront sans peine des pistes balisées dans toute la région. Une autre piste de ski alpin est également accessible à Lierneux.

Qu’il neige ou qu’il fasse plein soleil, la Baraque de Fraiture constitue un point de départ idéal pour rayonner à-travers une région qui fait la part belle au tourisme familial. Des animations les plus connues aux vallées les plus secrètes, rien n’est jamais bien loin de ce carrefour qui ne ressemble à aucun autre.

 

Un site en altitude offre évidemment des points de vue d’une très grande beauté,… par temps clair.


Sources : Vieilles images sur toits de cherbins – Robert Nizet – 1986

Le CRIBA – Centre de Recherches et d’Informations sur la Bataille des Ardennes – www.criba.be


Où est la Baraque de Fraiture

Baraque de Fraiture

Les Pieds verts

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La Roche




Vielsalm




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Lierneux




Dans la région...    

Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.

Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.

Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.

Flanqué en lisière de la forêt domaniale du Grand-Bois, le village compte une soixantaine de « feux ». C’est sans doute parce qu’il était à l’écart des voies de communication de grande et moyenne importance et par sa proximité avec la forêt que ses habitants ont hérité du sobriquet de « Leus » (les loups en wallon).

Nous avons deux excellentes raisons de vous présenter Burtonville. D’abord parce que c’est un très charmant village, ensuite  parce que c’est là que siège MediArdenne.

Il faut attendre1574, pour trouver la première mention de Burtonville. Et le dénombrement de 1575 pour en obtenir la première description : «Burtonville, qui sont maisons nouvellement érigées»… disent les registres dans le langage de l’époque. Ces faits, nous dit Gaston Remacle, portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIème siècle.

 

 

Cette imposant bâtiment blanc à l’est du village abritait naguère les douaniers qui gardaient la frontière prussienne toute proche.

 

 

Burtonville serait, semble-t-il, le « village de Burton ». Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIème siècle, comme surnom de «Jehan marteau dicte Burthon», habitant et originaire de l’endroit, et souche de la famille Burton, de Burtonville. Ne faut-il pas y voir une déformation de « Breton » ? Nationalité de l’un des tout premiers habitants de la localité ? C’est ce que semble penser Remacle.
L’extrémité du village, côté Est, compte des maisons fort anciennes, situées au carrefour de deux voies dont l’origine se perd dans la nuit des temps, d’une source où abonde une eau de qualité, et d’un ruisselet issu de Laguespré . La logique tend à faire de ce quartier le plus ancien de Burtonville. Aujourd’hui, le ruisselet est capté et le Laguespré alimente en eau, non seulement le village, mais une bonne partie du centre de la commune.

Ce qui n’empêche nullement les autres parties de la localité de présenter de forts beaux exemplaires de patrimoine bâti régional, où la pierre d’arkose prédomine. Judicieusement restaurées, en activité ou à la retraite, toutes ces constructions témoignent du laborieux passé agricole du village.

 

 

Une restauration dans l’esprit du lieu. Les ardoises découpées en rond sont clouées sur l’extrémité des poutres portant le toit. Le bois est ainsi protégé de la pluie.

La chapelle Saint-Fiacre

Et, pour une fois, l’église est loin d’être au milieu du village.
Elle est toute petite, mais tellement jolie. Bâtie en pierres d’arkose elle aussi, avec des encadrements de fenêtres et du porche en pierre blanche de France et bien-entendu un toit en ardoises. Son architecture dégage de belles proportions, tandis que le ciselage des encadrements fait preuve de finesse et de modestie à la fois.

Elle fut inaugurée en 1880, sur l’emplacement d’une précédente chapelle bien plus modeste encore.

A peine fut-elle terminée qu’une anecdote la priva du vicaire qui avait lui-même initié la construction de l’édifice.

Nous sommes à la Saint-Isidore, une soirée dansante et un cabaret s’étaient organisés dans une grange à deux pas de la chapelle. Le vicaire Raskin  – puisqu’il s’agit de lui – était très strict sur la conduite à tenir par ses ouailles. Il se posta donc pour observer qui s’adonnait à ces festivités fort peu chrétiennes, et le dimanche suivant lors de la messe matinale, il enguirlanda et montra du doigt ces jeunes fêtards qu’il considérait comme dépravés.

Cela ne plut évidemment pas du tout à la jeunesse, dès les vêpres (la messe du soir) du même dimanche, ils menèrent un tel chahut, menaçant le prêtre que celui-ci dut interrompre l’office et décamper. Un des frondeurs aurait, dit-on, commis le sacrilège de cracher sur l’Autel.

Informé des faits, l’évêché prit la décision de déplacer le vicaire et de priver le village de la parole divine. Ce n’est que trente ans plus tard, en 1910 qu’un nouveau prêtre prit ses quartier à Burtonville.

Aujourd’hui, une seule messe est encore célébrée dans l’année, appelée la « messe des morts », elle a lieu le lundi de la fête du village (la Saint-Fiacre), le premier lundi de septembre.

 

La chapelle Saint-Fiacre.

La chapelle Saint-Fiacre.

 

Le porche de la chapelle Saint-Fiacre

L’encadrement du porche, comme ceux des fenêtres sont en pierre de France et sculptés sans prétention mais avec très bon goût.

 

La bataille.

Comme tant d’autres villages ardennais, Burtonville fut ravagé lors de l’Offensive des Ardennes. Dès le début de la contre-attaque allemande (le 16 décembre 1944), le bruit des canons se fit entendre au loin ; jusqu’au 18 janvier 1945, date à laquelle les GI’s libérèrent définitivement le village. Plusieurs bâtiments furent atteints ou détruits, ainsi la ferme qui abrite aujourd’hui MediArdenne fut-elle entièrement rasée par un incendie et le cheptel périt dans les flammes. Les victimes civiles furent nombreuses dans tout le village, huit personnes seront atteintes par des obus ou fusillés sur les chemins et les ruelles. Le curé d’alors fut attaché à l’extérieur et abandonné au gel de l’hiver, il en mourut. Sa servante, choquée et probablement maltraitée le suivit rapidement.

 

 

La ferme incendiée

Celle que les voisins appelaient « la grosse ferme » ou « la ferme Lambert » fut incendiée volontairement par les soldats américains. Ils ignoraient que plus de 60 personnes civiles étaient réfugiées dans les caves. Tous les civils ont pu se sauver dans d’autres caves du village avant que les américains ne lancent l’attaque pour la reprise du village. C’est pour éclairer la scène d’action qu’ils avaient tiré des balles incendiaires vers le bâtiment.

 

La ferme rénovée

On distingue encore nettement le sous-bassement à partir duquel le bâtiment à été reconstruit.

 

En 2005, lors du centenaire de la fondation du comité des fêtes du village – qui porte toujours le même nom : l’Aurore – les habitants érigèrent un monument à la mémoire des victimes civiles et militaires tombées sur le territoire de Burtonville. Comme il se doit, le monument est constitué d’un piétement en pierres maçonnées et d’un énorme bloc d’arkoze. Sur celui-ci sont apposés les noms des habitants disparus ainsi qu’un hommage au soldats de la 75e division US qui libéra le village.

 

En 2015, le village participa activement aux commémorations du 70éme anniversaire de la Battaille des Ardennes qui eurent lieu à travers toute la région. De nombreuses personnes présentent à Burtonville durant ces événements tragiques avaient répondu à l’appel.


Téléchargez la brochure éditée lors des commémorations de l’Offensive en 2015

burtonville-brochure-commemoration-2015


La proximité de la forêt

 

 

Influencés par le cadre forestier qui baigne le village, de 1996 à 2006, les habitants organisèrent chaque année un concours de débardage au cheval. Dans une série d’épreuves d’adresse et de puissance, les concurrents reproduisaient le quotidien du couple homme-cheval qui sont chargés d’extraire de la forêt les grumes abattues par les bûcherons.

Près d’un siècle plus tôt, les agriculteurs s’étaient déjà réunis pour former une coopérative agricole, la bien nommée : « Les Bords de la Forêt. »

 

Dans les années ’70, l’agriculture était encore une activité familiale paisible. Les cruches à lait attendent l’heure de la traite. A coup sûr, le lait sera gardé au frais.


Fr Rion – 2017

Sources :
Vielsalm et ses environs – Gaston Remacle – Commune Vielsalm – 1957
Burtonville autrefois – Marcel Dewalque
… et le fait de se réveiller et de s’endormir tous les jours dans ce beau village…

 


Où est Burtonville

Burtonville

Burtonville

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Promenade autour de la Baraque de Fraiture

Promenade autour de la Baraque de Fraiture

Promenade autour de la Baraque de Fraiture

C’est une courte balade à partir du parking de la Baraque de Fraiture. Elle traverse le village de Fraiture et contourne la piste de ski bien connue, en mai cependant, si les établissements horéca du carrefour de la Baraque sont forts fréquentés, nous ne rencontrons pas un chat durant la promenade. C’est à proximité de cette sculpture crée par Aéro Design que nous avons laissé la voiture. L’oeuvre métallique représente un marcheur, un skieur et un cycliste. Histoire de rappeler que le site est propice aux joies du sport.

carte_promenade_vielsalm

La carte, toujours utile peut être obtenue à la Maison du Tourisme du Pays de Salm.

www.vielsalm-gouvy.be/

Tél.: 0032 (0) 80 21 50 52

Suivre ce fléchage:

Petite promenade digestive, ou apéritive avant un repas dans un des établissements horéca établis au carrefour de la Baraque de Fraiture. La balade renseignée sur la cartes du Syndicat d’initiative renseigne un peu moins de 5km. Nous l’avons faite un peu plus longue (7 à 8 km). Les antennes militaires et civile implantées sur la deuxième « montagne » de Belgique sont un bon repère visuel.

1-
Le premier tronçon nous emmène en descente douce vers le village de Fraiture, en contrebas du carrefour de « la Baraque ». Les poteaux en béton – qui portent les câbles de télédistribution à mon avis – seraient avantageusement remplacés par des poteaux en bois. D’ailleurs ils sont en fin de vie. Les genêts explosent de couleurs, tout est jaune en ce printemps.

2-

Un large paysage se découvre sous un ciel très bleu (aujourd’hui). Un ou l’autre petit nuage semblent également se balader. Un rangée d’épicéas torturés par le vent borde les pâtures à notre droite. Pour rompre avec le jaune des genêts, voici quelques touffes de Véronique petit-chêne (Veronica chamaedrys) sur le bord du chemin.

3-

Très vite, nous arrivons dans le village de Fraiture. Nous sommes accueillis par une petite aire de repos à l’ombre d’un vieux hêtre qui porte une statuette de la Vierge. Une grande croix de bois tient compagnie à la Vierge. Le ciel est toujours aussi bleu, aussi bleu que les menuiseries de la première maison du village, joliment entretenue par ailleurs.

4-

Nous descendons le village par la gauche de l’aire de repos, et faisons un petit crochet pour photographier le curieux clocher de l’église Saint Hilaire. A quelques pas de l’église, les habitants ont édifié un petit monument en forme de chapelle en 2015. Ceci en hommage au GI Albert Duffer qui fut abattu à cet endroit durant la Bataille des Ardennes en 1945.
Le village est extrêmement paisible en ce dimanche de printemps. Il est en retrait de toute route fréquentée, ne passent à Fraiture que les gens qui viennent à Fraiture. S’y trouve cependant un certain nombres de maisons de vacances, et il nous faut bien avouer avoir trouvé quelque goûts architecturaux un peu discutables. Les plus beaux bâtiments sont ceux auxquels on n’a pas encore touché,… ou pas trop.

5-

Nous quittons le village en suivant toujours le balisage jaune. Nous croisons la « trûtcthette » aménagée il y a bien longtemps afin que les fermiers remplissent leurs tonneaux d’eau pour abreuver les bêtes en pâture. La « trûtchette » est juste en face de la station d’épuration du village. On vous épargne la vue de cette installation technique, ce n’est pas très photogénique.

C’est 30 mètres plus loin que la promenade de 5 kilomètres monte vers la gauche suivant la balise placée sur un tronc d’épicéa. Nous prenons à droite pour prolonger un peu le plaisir.

6
Cette énorme citerne en tôle est récente par sa part. C’est une citerne à lisier qui ne dégage aucune odeur, rassurez-vous. Les agriculteurs sont obligés de s’équiper d’une capacité de stockage qui permet de ne pas épandre en hiver sur sol gelé ou couvert de neige.

Un peu plus loin, l’aubépine aussi est en fleurs. Dans l’enclos, traîne un seau abandonné qui sert sans-doute à attirer les vaches ou les veaux que le fermier veut isoler du troupeau.

Et à cette fourche, nous prenons de nouveau à droite.

7

Une grande prairie avec un troupeau de moutons, troupeau un peu hétéroclite. Un panneau indique que les moutons sont gardés par des chiens, je ne les ai pas vus. Le panneau explique que les chiens préservent les moutons des attaques de chiens errants ou … des loups. Nous avons manifestement affaire à un berger prévoyant qui anticipe le retour de ce célèbre prédateur en Ardenne.
En lisant ce panneau, j’ai l’attention attirée par un vrombissement important. Peut-être est-ce l’appareil de secours héliporté qui circule souvent dans la région. Surprise en levant les yeux, un gros avion vole assez bas et il n’est pas seul, il est accompagné de deux chasseurs d’escorte. J’y suis, nous sommes le 25 mai 2017, c’est Air Force One avec Trump à son bord qui quitte la Belgique après sa visite officielle à l’Otan. J’ai une pensée pour les pilotes d’escorte qui auraient la mission (au cas échéant) d’interposer leur appareil entre Air Force One et un missile ou une roquette. Pour Trump, vous vous rendez-compte, courageux les gars.

8-

Bref, revenons à nos moutons. Nous sommes derrière le village de Fraiture. Derrière nous, les antennes le l’ex base militaire de la Baraque de Fraiture sont un bon repère, c’est là que je dois arriver au final.

9

Après 700 ou 800 mètres, nous allons « sortir » de la carte, nous revenons donc donc sur nos pas, à cette fourche près des moutons et prenons cette fois la voie de gauche. Elle conduit, en montant légèrement, le long de la clôture des moutons pour arriver dans un large chemin forestier. C’est incroyable en Ardenne, alors qu’il fait si sec en ce printemps, on trouve encore des flaques d’eau.
Nous suivons ces flèches de toutes les couleurs, elles servent en hiver à orienter les skieurs de fond qui circulent au départ de la piste de ski. Nous empruntons un chemin enherbé qui nous ramènera à la piste de ski, complètement déserte en mai.

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Et là…

Il m’observe un peu,  je parie qu’il m’aurait imité s’il avait eu un appareil photo. Puis il disparaît, sans se montrer trop pressé.

Lire l’article sur le chevreuil

Le chevreuil

11

Tiens, revoici nos balises. En effet, un peu plus loin l’antenne militaire se détache des cimes. Elle est le long de la grand-route Baraque-Manhay, juste en face de l’entrée de la piste de ski. De là, 200 mètres le long de la route pour rejoindre ma voiture. Cette autre antenne, la plus visible, est plantée au beau milieu du site de la Baraque.  Ce n’est pas le monument le plus joli de l’endroit, nous sommes d’accord. Elle sert de relais à la RTBF  (la Télé francophone de Belgique). 

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Nous voilà rendus, le marcheur, le cycliste … et ma voiture m’attendent.

A bientôt.

Suivez et intégrez la carte de la balade dans votre portable.

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Vielsalm




Lierneux




Le château fort de Sedan – Le Monument Préféré des Français 2014 – Vidéo

Le château fort de Sedan – Le Monument Préféré des Français 2014 – Vidéo

Le château fort de Sedan – Le Monument Préféré des Français 2014 – Vidéo

Près de six siècles d’existence, une superficie de 35 000 m², une organisation sur sept niveaux… ce château, surnommé le Géant de Sedan, comptabilise nombre de records, dont celui d’être le plus grand fort d’Europe !
Impressionnant ! Il n’y a pas d’autres termes pour qualifier le château-fort de Sedan quand on le découvre. Une fois à l’intérieur, on peut le parcourir de long en large grâce à une collection d’escaliers, passages, réduits, tunnels, galeries, terrasses… Ils mènent de bastions en châtelet, de palais en salles des gardes, de salle des veilleurs en jeu de paume. En bref, un vrai labyrinthe dans lequel on se perdrait sans l’efficace parcours de visite ! Celui-ci est jalonné de saynètes minutieusement reconstituées qui illustrent la riche histoire des lieux. Les divers résidents y sont évoqués : de soldats au repos, jouant, songeant ou armant, aux princes des lieux dans leur quotidien, en passant par d’historiques personnages signant un traité d’importance. Authentiques témoins du passé, de belles tapisseries au thème mythologique, d’immenses tableaux illustrant la guerre de 1870 et d’autres objets encore… sont exposés. Une belle occasion de se rendre dans les Ardennes.

 

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Le tombeau du chevalier – Vidéo

Le tombeau du chevalier – Vidéo

Le tombeau du chevalier – Vidéo

Plus envoûtante que jamais, la Semois s’éveille sous les brumes, et peu à peu découvre un des sites naturels parmi les plus majestueux de l’Ardenne.

Le tombeau du chevalier se situe à Herbeumont (Ardenne). Ce méandre de la Semois encercle une butte boisée dont la forme évoque la sépulture médiévale des chevaliers.

La légende, contée par Charles Perlot, raconte qu’un jour, un seigneur, venant du pays du soleil, un géant comme on n’en avait jamais vu s’en vint par la vallée de la Semois : il s’arrêta au pied d’un mont herbeux sur lequel plus tard s’érigea un imposant château-fort. Il y établi son campement. Par une belle soirée d’été, lors qu’il se prélassait au soleil, il vit des nymphes qui s’ébattaient dans l’eau cristalline. L’une d’elle, d’une beauté exceptionnelle retint son attention. Il s’approcha, mais brusquement toutes disparurent dans l’épaisse forêt. Furieux, le géant jura de retrouver celle qu’il convoitait et, sur son fringant coursier pendant des semaines, il arpenta les sentes des bois environnants. Un soir, qu’il avait chevauché toute la journée en forêt, il s’arrêta épuisé sur les hauteurs de « Mauleux ». Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit les nymphes danser au clair de lune sur le versant opposé. Sans crainte du danger, il éperonna sa monture qui d’un bond s’élança dans le vide au-dessus de la Semois et vint s’écraser sur une crête de la colline qui s’ouvrit engloutissant monture et cavalier. Cet endroit fut surnommé « Tombeau du Chevalier ».

© 2011-2016 Walter Barthélemi
walterbarthelemi.be

 

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Nous recommandons










Walter Barthélemi a collaboré à ces ouvrages
Ardenne éternelle

Editions Weyrich

Jean-Luc Duvivier de Fortemps, Benjamin Stassen, Walter Barthélemi

Que de lieux et de paysages ont enflammé mon imaginaire et nourri ma contemplation : forêts, rochers, rivières, mais aussi châteaux, chapelles, villages, des lieux habités et hantés. Ma mémoire est faite de ces lieux.


 

Sylvaines

Jean-Luc Duvivier de Fortemps Jean-Claude Servais Walter Barthélemi

La forêt d’Ardenne, cette « forêt habitée et hantée » comme la dépeint Duvivier, est le dénominateur commun de ces trois nouvelles où la vraisemblance des faits n’en dissimule pas moins un surnaturel latent.


 

Calendrier perpétuel

Editions Weyrich - 365 photos de Walter Barthélemi

À travers ce calendrier, Walter Barthélemi nous livre des clichés d’une délicatesse incomparable, qui laissent transparaître sa passion pour la faune et la flore de l’Ardenne.


 

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Le barrage de la Gileppe, son lac et son lion

Le barrage de la Gileppe, son lac et son lion

Le barrage de la Gileppe, son lac et son lion

Vers le milieu du 19° siècle, les besoins de son industrie textile et le défrichement de la forêt de l’Hertogenwald amènent la ville de Verviers à réclamer l’étude de travaux d’amélioration du régime de la Vesdre. Le barrage de la Gileppe va naître.

 

 

En décembre 1859, l’ingénieur Bidaut dépose un premier projet, mais ce n’est qu’en février 1867 que vont être donnés les premiers coups de pioche de ce qui va devenir le barrage de la Gileppe et dont la capacité initiale sera de 13,26 millions de m³.
Les travaux sont achevés le 1er novembre 1875, les vannes ayant été fermées pour la première fois le 9 mai 1875. Et le roi Léopold II se déplace, trois ans plus tard, pour une inauguration mémorable.

Le 8 juillet 1952, lors de la construction du tunnel de la Soor (long de quelque 2.500 mètres et destiné à capter les eaux du bassin versant de cette rivère), un violent orage surprit huit ouvriers, sept italiens et un belge, ayant décidé de revenir vers la Soor par le tunnel lui-même. Ils périrent engloutis. Une plaque commémorative figure à la sortie du tunnel, côté lac.

Le barrage, fatigué, sera ensuite consolidé et surhaussé entre 1967 et 1971.

 

 

RÉSERVE D’EAU POTABLE

 

Réserve d'eau

 

 

Ce sont aujourd’hui 26,4 millions de m³, qui s’accumulent derrière l’épaisse muraille de ce barrage-poids (le plus ancien d’Europe en son genre) dont le mur, d’un volume 1,4 millions de m³, est complété par un enrochement de 1,2 millions de m³.

Deux tours de prise prélèvent l’eau à partir de quatre capteurs situés entre 260 et 290 mètres au-dessus du niveau de la mer, le fond du lac se trouvant pour sa part à 240 mètres.
En fonction des critères fournis par les appareils de mesure et les analyses, l’eau distribuée est celle qui présente les meilleures caractéristiques. Elle rejoint la station de traitement de Stembert, au-dessus de Verviers, via un aqueduc long de 9 km, haut de 2,4 m, large de 2,25 m et d’une pente de 15 cm/km. L’excédent disponible est pompé dans l’adduction reliant les installations du barrage de la Vesdre (Eupen) à l’agglomération liégeoise.

Le débit journalier distribuable est de 75.000 m³

 

 

UN LION DANS LA QUIÉTUDE

 

Le lion de La Gileppe

 

 

Le niveau maximum du lac est situé à 300 mètres, alors que le mur du barrage culmine à 305 m. Cette marge est calculée pour résister à une crue  » millénaire  » mais, pour parer à toute éventualité, un déversoir permet l’évacuation de 185 m³/sec. En cas de menace de rupture, glissement de terrain ou autre infiltration, le lac pourrait être vidé en trois jours.

Rafraîchi également, le lion du sculpteur Félix Bourré – fort de ses 13,5 mètres de hauteur et de ses 300 tonnes – continue inlassablement de porter son regard vers ce qui fut la Prusse voisine.
Mais si la réserve d’eau potable constitue sa fonction principale, le site vaut lui aussi le détour. Car avec ses 130 hectares enfouis dans la profonde forêt de l’Hertogenwald, le barrage et ses environs constituent un but de promenade qui satisfera à la fois l’amateur de sites grandioses et le promeneur avide de quiétude. Le chemin qui serpente sur ses rives préservées offre quelques heures de bonheur paisible.

Par ailleurs la tour panoramique, d’une hauteur de 77 mètres, et le belvédère, permettent une vue impressionnante sur l’ouvrage et ses environs tout en offrant une infrastructure d’accueil polyvalente.

Écrit par Patrick Germain /2008
photos 2016 : Fr. Rion

Anecdote

Il y a prescription

Comme on peut s’en douter, un tel ouvrage d’art ne va pas sans surveillance. Mais cette surveillance est-elle fiable, me direz-vous ?

Or donc, en ces temps là, j’œuvrais en qualité d’ouvrier forestier au service de ce que l’on n’appelait pas encore la Division nature et forêts.
Théâtre de combats durant la percée alliée vers l’Allemagne, la forêt de l’Hertogenwald restitue régulièrement quelques reliques de l’époque. C’est ainsi qu’un obus croisa un jour la route de l’équipe dont je faisais partie, et notre route commune celle – c’est sa faute – d’un magnifique brasier destiné à nettoyer une mise à blanc.

Faut-il préciser que la combinaison de ces trois ingrédients fut particulièrement détonante ? Et que, trop heureux de nous en être tirés sans mal, nous décidâmes de respecter l’omerta ?

L’engueulade – le terme est faible – du brigadier forestier de l’époque, Octave Techy, n’en fut donc que plus surprenante. Il y avait bien eu comme un bruit, mais…

Bref : je peux vous assurer qu’il y a bien des outils de mesure là-bas. Ils sont sensibles et précis… , la détonation n’a pas ébranlé l’ouvrage. Verviers et la vallée de la Vesdre peuvent dormir en paix.


Vidéo

Le lion comme vous ne l’avez jamais vu : Une vidéo de Jean Marc Charette / LZ créations
N’hésitez pas à regarder en plein écran, et mettez le son.

 

Galerie


Où sont le lac et le barrage de La Gileppe

Lac et barrage de La Gileppe

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La Gileppe

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Jalhay


Baelen


Theux




Malmedy


3 balades à proximité du barrage de La Gileppe

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Avant l’apparition des matériaux modernes, le schiste fut longtemps mis à toutes les sauces dans une grande partie de l’Ardenne, où on le rencontre à profusion. Cherbins et ardoises, bien-sûr, mais aussi pavements, bacs ou autres abreuvoirs – sans oublier l’art funéraire – contribuèrent ainsi au rayonnement de certains gisements bien au-delà de notre aire géographique. Plus discrets, mais combien typiques, sont les “ponts de chayes„.

 

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Le pont d’Odrimont

 

C’est peu dire que l’aménagement des voiries a profondément remodelé le visage de la campagne ardennaise au fil du temps, et tout particulièrement ces dernières décennies. Quand ils n’ont pas été purement et simplement abandonnés ou intégrés plus moins légalement dans les propriétés riveraines, nombre d’entre eux sont devenus de larges assiettes empierrées, voire asphaltées, aux cours sévèrement rectifiés.
Quelques-uns, pourtant, poursuivent discrètement leurs carrières tout au long de tracés dont l’origine se perd souvent dans la nuit des temps. Voies de pèlerinages ou simples raccourcis entre hameaux, ils constituent autant de vestiges du maillage qui parcourait la campagne aux temps pas si lointains où elle se vivait à pied, ou au pas des chevaux.

 

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Le pont sur la Lienne

 

Le tourisme lent les a pris en affection, et rien n’interdit de penser qu’ils pourraient bien connaître un regain d’intérêt beaucoup plus basique avant longtemps. Quoi qu’il en soit, leurs cours sont généralement d’un grand intérêt : que ce soit en matière de biodiversité ou de préservation du petit patrimoine, vivre à l’écart de l’agitation ambiante présente quelque avantage.
Ainsi faudra-t-il emprunter les chemins de traverse pour découvrir, voisinant le plus souvent un gué, les derniers exemplaires de ces ponceaux typiques composés d’imposantes dalles de schiste posées sur des piliers de même nature ou de blocs de quartzite. Et les surfaces polies des “ ponts de chayes „, puisque c’est d’eux dont il s’agit, témoignent à suffisance de l’usage intensif dont ils firent longtemps l’objet.

 

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Le pont du Tienmesse, une carte postale de chez « Nels »

 

Certains d’entre eux sont célèbres. Ainsi le pont de chayes du Tiennemesse qui, à Vielsalm, connaît ses heures de gloire annuelles lors du Sabbat des Macralles et quand bien même sa configuration actuelle n’a plus grand rapport avec celle de son imposant aîné.
D’autres accueillent avec une ténacité bienveillante le pas des promeneurs modernes après avoir évité le bain de pieds aux voyageurs de jadis lors de leur traversée de la Lienne, par exemple. À l’occasion, ils permettent même quelques instants de rêverie.

 

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Le pont du Tienmesse aujourd’hui

 

Dans ce coin de Haute-Ardenne, leur imposantes couvertures proviennent des carrières de Joubiébal où l’on extrayait, aisément semble-t-il, des dalles de belles dimensions exportées dans une vaste zone géographique. Il est toujours possible de s’en faire une certaine idée en fréquentant le parc public qui, désormais, occupe une partie de leur emplacement au carrefour des routes de la Baraque de Fraiture et de Sart-Lierneux. Là ou ailleurs, les ponts de chayes auraient sans doute disparu l’un après l’autre si les collectivités locales n’avaient, depuis quelques années maintenant, pris conscience de l’importance de ce genre de témoin du quotidien de nos Anciens. N’hésitez pas à leur confier vos foulées, et à profiter des sensations générées par le cadre bucolique dans lequel ils s’inscrivent généralement.

Ecrit par Patrick Germain 09-01-2008

________________________________________
Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain (Région de Lierneux – et merci à Élisabeth Guillaume pour sa doublement gracieuse collaboration) Sauf reproduction de carte postale : Nels éd.
Source :
•    “ Autour et à l’entour du tram de Lierneux „ – Collectif – Robert Nizet éd. à Vielsalm – 1997 “ Vieilles images sur toits de cherbins „ – Robert Nizet – ibid 1986 – “ Vielsalm „ – Plaquette commémorative éditée à compte d’auteur par Jean-Marie Hurdebise – Vielsalm (année ?) – 129

 


Galerie


Où sont-ils

Tienmesse

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Le pont du Tienmesse

Le pont d'Odrimont

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Le pont d’Odrimont

Sur la lienne

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Le pont de Lienne


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Vielsalm




Lierneux




Dans la région...    

Les fortifications celtes du Cheslé à Bérismenil

Les fortifications celtes du Cheslé à Bérismenil

Les fortifications celtes du Cheslé à Bérismenil

L’Ardenne regorge de sites jadis occupés par les Celtes aux différentes époques. Nombre d’entre eux restent sans doute à découvrir. Ce n’est pas le cas du Cheslé, à Bérismenil (La Roche en Ardenne), l’une des forteresses les plus vastes de la Belgique actuelle.

Texte : Patrick Germain 2007
Photos : Fr. Rion 2016

 

 

L'accès au Cheslé nous fait emprunter ce chemin forestier taillé dans le schiste.

L’accès au Cheslé nous fait emprunter ce chemin forestier taillé dans le schiste.

 

 

Au départ de l’église de Bérismenil, c’est à une remontée dans le temps que nous convient les Celtes, et, surtout, les archéologues: à quelques deux kilomètres de là se trouvent les vestiges de l’une des plus vastes enceintes fortifiées d’origine celtique recensées dans la Belgique actuelle.
Porté sur la carte Ferraris en 1777, reconnu en 1867 par Sulbout, le Cheslé – vocable dérivé de « châtelet » ou « château » – a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles, depuis 1905 (Loë). Le site, sur lequel les recherches se poursuivent, a livré un matériel archéologique varié, dont la datation de certaines pièces au carbone 14 fait remonter la première occupation aux alentours de 519 avant notre ère. Au premier âge du Fer, donc, ou Hallstatt. Elle est donc antérieure d’au moins 400 ans aux écrits de César, sur lesquels nous reviendrons plus loin.

 

 

Situation topographique et stratégique

 

Au fond de la vallée, l'Ourthe coule..., pas toujours paisiblement.

Au fond de la vallée, l’Ourthe coule…, pas toujours paisiblement.

 

 

Le Cheslé est juché au sommet d’un éperon rocheux étranglé, en aval du Hérou. Les versants y sont raides, avec des dénivelées de l’ordre de 70 mètres. Il s’agit donc d’un site isolé, mais qui n’occupe pas une position prédominante : son sommet est situé sous l’altitude du plateau ardennais, qui l’entoure. Le contrôle qu’il a pu exercer, s’étonne-t-on parfois, n’a dès lors pu s’exercer que sur les versants du méandre, et sur le « gué des Haches ».
C’est faire peu de cas de l’importance stratégique de l’Ourthe, et de cet endroit en particulier. Quelles que puissent avoir été les qualités – avérées – des voies celtiques majeures, à la mauvaise saison les routes d’Ardenne deviennent généralement impraticables. C’est une des raisons qui peuvent expliquer l’utilisation de l’Ourthe, pourtant tortueuse et dangereuse, comme voie de communication. Et d’invasion.

 

Disposition, architecture

 

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Les fortifications réhabilitées s’étendent sur deux sites. Ici, la « porte » sur le versant le plus accessible.

 

Le rempart est long de 1700 mètres, et ceint quelque 13 hectares de terrain rocheux
En 1997, sous la houlette du professeur Bonenfant, de l’Université libre de Bruxelles, le site fait l’objet de fouilles. Dans sa publication, le scientifique mentionne que : « Le réexamen d’une coupe stratigraphique a monté trois états : une petite construction limitée à un chemin de ronde palissadé, dominant la longue pente dévalant à 45° vers l’Ourthe ; une construction plus élevée, bâtie en pierre et bois, formée d’une maçonnerie de moellons bruts assemblés à sec, raidie par des poteaux en façade et des traversines engagées dans l’œuvre ; en troisième lieu, une construction plus importante, mais de même style (…). Ces trois états s’étagent de bas en haut, ce qui paraît bien correspondre à leur ordre chronologique relatif. »

 

 

 

De la

De la « porte », on peut néanmoins surveiller l’Ourthe. Au fond, l’île du Meunier.

 

 

Un type de construction étendu à une grande partie du territoire celtique, et qui semble n’avoir guère du subir de modifications puisque, dans le livre VII, chapitre 23 de sa « Guerre des Gaules », César écrit : « Telle est à peu près la forme des murailles dans toute la Gaule: à la distance régulière de deux pieds, on pose sur leur longueur des poutres d’une seule pièce ;  on les assujettit intérieurement entre elles, et on les revêt de terre foulée. Sur le devant, on garnit de grosses pierres les intervalles dont nous avons parlé.  Ce rang ainsi disposé et bien lié, on en met un second en conservant le même espace, de manière que les poutres ne se touchent pas, mais que, dans la construction, elles se tiennent à une distance uniforme, un rang de pierres entre chacune. Tout l’ouvrage se continue ainsi, jusqu’à ce que le mur ait atteint la hauteur convenable. Non seulement une telle construction, formée de rangs alternatifs de poutres et de pierres, n’est point, à cause de cette variété même, désagréable à l’oeil ; mais elle est encore d’une grande utilité pour la défense et la sûreté des villes ; car la pierre protège le mur contre l’incendie, et le bois contre le bélier ; et on ne peut renverser ni même entamer un enchaînement de poutres de quarante pieds de long, la plupart liées ensemble dans l’intérieur. »

 

Restauration, fouilles

 

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Le rempart principal, le premier a avoir été restauré. Au pied de ce talus, caché par les fougères, un fossé ralentit d’autant plus la progression des agresseurs.

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La construction volontairement inachevée illustre bien la technique. Un squelette de poutres entrecroisées traversant l’épaisseur des murs de pierre et de terre. Indestructible.

 

Une reconstitution, accessible au public, de l’ouvrage a été réalisée par la Société nationale des fouilles. L’effet est à la fois didactique et saisissant. Les photos utilisées dans cet article et dans la galerie d’images ci-dessous en témoignent à suffisance.

 

Légende et méditation

 

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Est-ce ce rocher ou un autre qui dissimule le repaire de la Gatte d’Or.

 

 

Un puits, dit la légende locale, se trouverait au centre de la forteresse. Gardé par une chèvre d’or, un trésor y sommeillerait, prêt à se livrer à celui qui, durant l’élévation de la messe de minuit – à Noël donc – offrira une poule noire, et ne profèrera aucune parole. Faute de quoi, le coffre contenant le trésor se transformera en une bête gluante, dont les yeux lancent des éclairs qui pulvérisent l’imprudent.

La légende est, tous les amateurs de ce genre de récit l’auront noté, de facture classique. Tout comme est classique, à proximité de ruines, la présence des Elfes. Les dieux ne meurent pas: ils se transforment.
Pour nous, cette visite aura surtout été l’occasion de retrouver des sensations ancrées tout au fond d’une mémoire plurielle qui ne manque jamais au rendez-vous, sur de tels sites. Qui ? Quoi ? Comment ? Tout ça importe peu, et nous appartient.
Reste que de tels lieux, chargés d’histoire et d’émotions, parlent à qui les veut écouter. Témoignent d’un passé qui fut nôtre et que, pour autant de raisons, l’Histoire de Belgique et d’ailleurs a longtemps – et sciemment – occulté. De nouvelles générations de chercheurs et d’historiens ont succédé aux Pirenne et consorts : puissent-ils être remerciés pour un travail que la topographie ardennaise ne simplifie pas ; comme ne les simplifient pas certaines difficultés d’un tout autre ordre – humaines, en l’occurrence – de moins en moins opérantes, il est vrai.

Puisse, par ce biais et par d’autres, l’Ardenne retrouver ses racines profondes. Tel est notre souhait, et, sans doute, celui de ceux qui, invisibles, poursuivent leurs vies dans le Sidh.
Ambiorix, par exemple, qui a peut-être fréquenté les lieux ?

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Source :
•    Collectif : « Province de Luxembourg : Le pays des roches et des méandres » – Maisons du tourisme et SI


Galerie


Où est le Cheslé

Le Cheslé

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Les fortifications du Cheslé

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Tenneville


Bertogne


La Roche




Nassogne


Manhay


Pub.


3 balades à proximité du Cheslé et de Berismenil

La Porte de Trèves à Bastogne

La Porte de Trèves à Bastogne

La Porte de Trèves à Bastogne

 

Puissante tour carrée de quelques huit mètres de côté pour dix-sept de hauteur, la Porte de Trèves est un des derniers vestiges des fortifications qui entouraient Bastogne au Moyen Âge. Gros plan sur une vieille dame qui a beaucoup souffert.

 

 

 

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Par sa charte du 12 juin 1332, Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg et de La Roche, roi de Bohème et de Pologne, affranchit les bourgeois de Bastogne, confirmant ainsi la localité dans son statut de « Ville ». Le château ayant été détruit par les Liégeois en 1236, Bastogne est reconstruite et fortifiée dans la foulée. En échange de quoi, la Ville eut pour obligation d’entretenir les remparts et les bourgeois d’en assurer la garde.

La Porte Basse, comme son nom l’indique, constitue alors l’accès principal à la localité par sa partie basse.

En 1602, Louis de Nassau assiège vainement Bastogne. Les remparts tiennent bon. Quelques années plus tard, comme en tant d’autres lieux, ils seront pourtant démolis sur l’ordre de Louis XIV, alors occupé à asseoir son pouvoir.

 

 

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Les remparts détruits, il ne reste que la porte.

La Porte Basse est ensuite restaurée, au XVIIIème siècle, devenant «Porte de Trèves» puisqu’ ouvrant la route dans la direction de ce centre alors important. Elle est convertie en prison et maison de passage, jusqu’à la guerre de 14-18.

Une première série de travaux de restauration est effectuée au XIXème siècle ; et le 22 février 1938, la Porte de Trèves est classée monument historique. Mais le tragique épisode de l’hiver 44-45 la laisse en ruines.

Relevée depuis lors, et gérée par le Cercle d’Histoire local qui y propose un intéressant panoramique de la préhistoire au Moyen Âge, le monument peut être visité sur rendez-vous. Des expositions temporaires y sont également organisées.

Non loin, l’église Saint-Pierre – édifice des XIIè-XVIè siècles – inscrit le hourd de bois cernant sa massive tour carrée dans le paysage bastognard.

 

 


Ecrit par : Patrick Germain 10-01-2008

Crédit(s) photographique(s) : Patrick Germain sauf carte postale ancienne
Crédit(s) iconographiques : gravure : tirée de « La Belgique Illustrée »

Sources :
•    « Communes de Belgique » – Collectif – 1980 – Crédit Communal de Belgique à la Renaissance du Livre éditeurs –
•    « La Belgique illustrée » – 1890 – Bruxelles, chez Bruylant ed. –
•    « La Belgique pittoresque » F. Alexis – M.G. – 2ème édition Grand IN-8″ – 1905 – Liège H. Dessain, imprimeur – éditeur –


 

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Où est la Porte de Trèves

Porte de Trèves

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La porte de Trèves

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