Circulation en forêt wallonne – Réglementation

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

La forêt ardennaise est accueillante. Son accès est largement ouvert au promeneur, pourtant, si on trouve rarement des clôtures ou des barrières sur notre chemin, ces espaces forestiers sont bel et bien la propriété de quelqu’un : la Région, une commune, un agriculteur, un groupe d’investisseurs ou elle fait partie de l’héritage familial d’une longue lignée de propriétaires terriens. Tant en Belgique qu’en Ardennes françaises, le domaine forestier se répartit approximativement pour moitié au domaine public (Etat, communes) et pour moitié aux propriétaires privés.

 

Forêt privée ou forêt publique

Lorsqu’on circule en forêt, il est souvent impossible de savoir si on se trouve dans une forêt privée ou dans une forêt publique.

Au demeurant, pour le passant, cette nuance ne présente aucune importance, le même principe s’applique à chaque propriété privée ou publique. Sachant que la loi donne à chacun le droit d’autoriser ou d’interdire l’accès à sa propriété, c’est le caractère apparent de l’accessibilité qui détermine si la voirie est ouverte ou non au public. Si aucun signal d’interdiction ou barrière ne ferme le passage et que des traces de fréquentation sont présentes, on considère que la voie est accessible au public.

C’est simple, et en peu flou en même temps.

Il faut surtout retenir que, même dans les espaces dont l’Etat (ou la Région) est propriétaire, l’accès peut-être strictement interdit, c’est le cas de certaines zones de la réserve naturelle des Hautes-Fagnes. Ces zones de haute protection sont évidemment dûment signalées sur le terrain et renseignées sur les cartes touristiques.

 

Ce panneau d’information signale qu’on pénètre dans une forêt domaniale (dont l’Etat ou la Région Wallonne est propriétaire). C’est toujours bon à savoir, mais pas indispensable.

 

 

Qui peut aller où ?

On distingue plusieurs types de voyageurs : les piétons, les cyclistes, les véhicules à moteur, les cavaliers, les skieurs…

Et on distingue trois catégories de voiries forestières : la route, le chemin et le sentier

LA  ROUTE

Il s’agit d’une “voie publique dont l’assiette est aménagée pour la circulation des véhicules en général”. Les routes se caractérisent par leur largeur (au minimum celle d’un véhicule) mais également par leur revêtement. Les routes sont ainsi généralement pavées, goudronnées, bétonnées ou asphaltées. Les routes sont accessibles à tous, y compris les véhicules à moteur – Sauf si une signalisation spécifique limite l’accès.

LE  CHEMIN

C’est une “voie publique plus large qu’un sentier et qui n’est pas aménagée pour la circulation des véhicules en général”. Sa largeur est suffisante pour laisser passer un véhicule mais il n’est pas aménagé dans ce but. Les chemins sont généralement en terre ou empierrés. Les cyclistes, skieurs, cavaliers et les piétons se partagent les chemins en forêt.

LE  SENTIER

Il s’agit d’une “voie publique étroite dont la largeur n’excède pas celle nécessaire à la circulation des piétons”. La taille du sentier ne permet pas le passage de deux piétons de front. Seuls les piétons peuvent circuler en forêt sur les sentiers. Les autres utilisateurs ne sont pas autorisés à les emprunter sauf si un balisage le précise.


On l’aura compris, d’une manière générale, les véhicules à moteur (motos, quad, 4×4 etc…) sont proscrits dans l’espace forestier. Seules les routes publiques qui traversent les forêts leur sont ouvertes, et encore, à condition qu’aucune signalisation ne limite cet accès.

Les moyens de locomotion lente (chevaux, vélos,…) sont acceptés sur les chemins, et sur les routes évidemment.

Enfin, les piétons peuvent se déplacer partout. Mais, la forêt constitue un écosystème fragile, peuplé de nombreux animaux sauvages et parfois d’une flore rare. La forêt reste un milieu à protéger. Donc, même à pied, Il est interdit de quitter sentiers, chemins et routes ouverts à la circulation. Pas question de traverser les bois en tous sens pour y laisser nos odeurs, piétiner les jeunes plantes ou surprendre l’un ou l’autre animal.

Par ailleurs, une trouée dans un peuplement forestier ne doit pas nécessairement être interprétée comme un chemin accessible. Il peut s’agir d’un coupe-feu, d’une voie de débardage ou d’un sentier dégagé par un chasseur pour accéder à un poste de chasse. Ce n’est donc pas un chemin à suivre par le promeneur.

 

Une route en forêt domaniale. Ici, le panneau est clair et net, même s’il s’agit d’une route asphaltée, la circulation des véhicules à moteur y est interdite.

 

A droite un chemin, il est large et empierré, il permet le passage des cyclistes et des cavaliers. A gauche, un sentier, seuls les piétons peuvent s’y aventurer. Il faut reconnaitre que la différence entre chemin et sentier n’est pas toujours évidente et que cette confusion possible crée parfois des malentendus entre cyclistes et responsables forestiers.

 

Les chemins balisés

Le meilleur moyen de rester sur la bonne voie étant de suivre les itinéraires balisés proposés par de nombreuses organisations touristiques.

Tous les chemins balisés permanents sont signalés au moyen de signes conventionnels appelés les signes vosgiens.

Les formes appliquées sur des petites plaquettes signalent à quel type d’utilisateur le circuit s’adresse, piéton, cavalier etc.. Ces itinéraires ne sont bien-sûr pas obligatoires, ils ne constituent que des indications sur le parcours proposé par l’organisateur du balisage (les Maisons du tourisme, syndicats d’initiative etc…). On peut faire confiance à ces structures locales qui connaissent les ressources de leur territoire et les itinéraires les plus adaptés à la découverte de  l’endroit.

Le balisage n’a donc pas pour effet de limiter la circulation, de plus, il permet parfois de déroger à la règle générale. Par exemple un sentier peut être balisé pour des VTT ; l’organisateur du tracé a dans ce cas obtenu une dérogation pour permettre l’accès au sentier à des cyclistes normalement cantonnés sur des chemins.

Les itinéraires internationaux peuvent utiliser des balises spécifiques : les plus connus sont les GR – Sentiers de Grande Randonnée – (bandes blanche et rouge superposées). Les itinéraires GR sont des itinéraires balisés pour piétons. Les cavaliers, cyclistes et skieurs ne peuvent les emprunter en forêt que sur les tronçons empruntant les chemins. Ils ne peuvent suivre le GR sur les sentiers.

 

 

Itinéraire à suivre, ne vous inquiétez pas pour les clous. Ce sont des clous en aluminium, sans danger pour l’arbre ni pour la scie du bûcheron.

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Les fermetures temporaires

Les services forestiers peuvent fermer temporairement des voiries vicinales si la circulation présente un danger pour les personnes ou pour la forêt elle-même.
Les plus fréquentes et les plus connues de ces interdictions sont les périodes de chasse.

D’autres fermetures liées aux risques d‘incendies se généralisent par le fait des sécheresses à répétition. La région des Fagnes est particulièrement concernée, un drapeau rouge hissé en bordure des chemins signifie que l’accès est interdit durant cette période, soyez attentif.

Ces fermetures sont motivées et limitées aux périodes strictement nécessaires à la protection des raisons évoquées ci-dessus.

Ces interdictions sont annoncées et signalées au moyen par affichage. Les commune diffusent également les dates de battues sur leur territoire, les syndicats d’initiative et les Maisons du tourisme son également en mesure de signaler ces dates.

 

Les chiens en forêt

Les chiens en forêt font fuir le gibier, ils dérangent les mises bas ainsi que les couvaisons. Ils peuvent aussi incommoder les autres promeneurs et spécialement les jeunes enfants. C’est pourquoi il est obligatoire que les chiens soient tenus en laisse.

 

Le bivouac en forêt

Les feux et le bivouac sauvage sont également interdits. Certains itinéraires organisés proposent des aires de bivouac, vous les retrouverez sur  l’excellent site de Trekking et Voyage :
https://www.trekkingetvoyage.com/bivouac-en-belgique-ou-camper-librement/

 

La cueillette en forêt 

Pour pouvoir récolter quoi que ce soit en forêt, il convient d’avoir l’accord du propriétaire. Pour les forêts domaniales (propriétés de la Région wallonne), la Région wallonne a donné son accord pour la récolte de champignons ou de myrtilles dans les bois dont elle est propriétaire, aux conditions suivantes :

  • La récolte n’est autorisée qu’entre le lever et le coucher du soleil
  • La quantité maximum autorisée est de 10 litres par personne.
  • L’autorisation est suspendue en période de chasse les jours durant lesquels la chasse a effectivement lieu, et pour autant que cela soit clairement annoncé par voie d’affichage.
  • L’autorisation n’implique en aucun cas l’autorisation d’utiliser un véhicule à moteur sur les chemins forestiers.

Pour les forêts appartenant à d’autres propriétaires, aussi bien publics (par ex. les forêts communales) que privés, l’autorisation du propriétaire est requise. Avant de procéder à la cueillette, il est d’abord nécessaire de connaître le propriétaire de la forêt et d’avoir son accord. Les administrations communales pourront vous renseigner à ce sujet.

 

Important : dans les réserves naturelles, tout prélèvement est interdit.

Sinon,
crac dedans!

D’après la brochure “Circulation en forêt” de la Région Wallonne.
Photo du titre : Danielle Gevaerts / GEIE Destination Ardenne

Les fermetures abusives

Un propriétaire (que ce soit un particulier, la commune ou la Région) a toujours le droit de fermer une voirie dont l’assiette lui appartient. L’interdiction doit être marquée clairement soit par un panneau, soit par une barrière, soit aussi par une perche placée en travers de la voie.

Même les grands domaines forestiers privés sont traversés par des voiries publiques, consacrées par l’usage, et reprises dans le très officiel « Atlas des voieries vicinales » qui date de 1841. Sauf pour des fermetures temporaires décrites plus haut, ces chemins ne peuvent pas être condamnés par le propriétaire des parcelles riveraines. Seule une décision du Conseil communal local peut décider de déclasser ces voiries, c’est extrêmement rare et la décision doit être dûment argumentée. Les fermetures illégales sont cependant assez fréquentes, plus souvent sur les chemins agricoles que sur les voieries forestières. La bonne foi celui qui ferme un chemin n’est pas nécessairement mise en cause ; un grand nombre de passages n’étant plus utilisés depuis longtemps, les traces de fréquentation ayant disparu, un nouveau propriétaire peut ignorer qu’un passage public traverse sont bien. A fortiori si le vendeur a omis de le signaler…

L’asbl « Chemins de wallonie » veille à la défense des chemins et des sentiers publics:

https://chemins.be


 

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Entre Ourthe et Wathermal – Les randos de Melo

Entre Ourthe et Wathermal – Les randos de Melo

Entre Ourthe et Wathermal – Les randos de Melo

8,37 km.

 

01h.46

 

110m.

 

110m.

 

Le petit village d’Ourthe est situé à la source de la rivière dont il porte le nom.
C’est d’ailleurs de là que démarre l’Ourthe orientale, créé par 4 petits cours d’eau dévalant des collines avoisinantes.
Deux des petits cours d’eau proviennent de Deiffelt, le 3ème a sa source dans les fanges au nord du village, et le quatrième provient des collines de Wathermal, formant au passage quelques petits étangs au charme certain.

La rivière l’Ourthe, très capricieuse, peut parfois en période sèche se réduire à un mince filet d’eau, tandis qu’en période pluvieuse et froide, se transformer parfois en écoulement intense, dépassant occasionnellement son débit habituel de plus de 100.
Ce magnifique petit coin incite à la promenade et à l’observation pour qui aime la nature.

C’est donc en son coeur que débute ma balade.

Longeant de jolies maisons aux murs épais ainsi que leurs petits murets atypiques, je me dirige vers la campagne de Wathermal.
On peut y observer également quelques anciennes bâtisses ardennaises typiques de la région.

Pour moitié forestière, et moitié champs, cette superbe région m’offre tout ce que j’affectionne particulièrement. A commencer par un silence apaisant comme je l’aime.
Mais aussi des vues où mon regard peut se porter au loin.

Levant les yeux, j’ai le bonheur d’observer dans le ciel un ballet majestueux de buses variables dont le cri chantant est unique.
Les hautes herbes ne sont pas en reste, m’offrant la présence de superbes papillons que j’ai le bonheur de filmer à mon aise (voir ma vidéo)
La douce brise fait défiler les nuages, complétant ce magnifique tableau vivant.

 

Chemin de Ourthe vers Wathermal

 

Arrivée à Wathermal

Les jolies bâtisses de ce village sont pour moi un véritable coup de foudre.
Juste MAGNIFIQUE ♥ un charme à l’ancienne comme j’aime.
Le site de la chapelle et de l’étang est juste remarquable et époustouflant de beauté.
Située sur un éperon rocheux, la chapelle blanche est entourée d’un petit cimetière et d’un mur de schiste.
Face à l’étang, l’endroit est idéal pour une halte, afin de manger.
En effet, de l’autre côté de la route, au pied de la chapelle, se trouve un barbecue public.
Confortable et convivial pour un moment entre amis, que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de tester lors d’une soirée avec une trentaine de personnes, je peux vous confirmer que l’emplacement est vraiment au top. L’important est de respecter la quiétude des villageois ne l’oubliez pas.
Connu aussi pour sa fête de la truite, Wathermal est déjà cité au IXème siècle en tant que villa royale.

Laissant à regret ce beau village derrière moi après une longue pause ressourçante, je repars vers la campagne, entamant la deuxième partie de mon circuit.
Toujours aussi beau, le tracé que j’ai préparé continue à m’en mettre plein la vue et c’est peu de le dire.
Entre superbes campagnes vallonnées, une magnifique petite chapelle blanche isolée, encore et toujours des buses variables au dessus de moi dans le ciel, je suis heureuse d’être dans ce si beau coin de notre belle wallonie.

Les derniers kilomètres du parcours sont aussi sublimes que les premiers, peut être même plus grâce à l’heure dorée qui sublime le paysage à perte de vue.
Mais toute bonne chose a une fin n’est ce pas 🙂

Ce que je ne sais pas encore à ce moment-là, c’est que cette superbe balade sera la dernière avant un moment car malheureusement pour moi, 4 jours après, je serai victime comme tant d’autres des inondations terribles que la province de liège a subi.

En conclusion, une belle balade à faire en famille sans difficultés.
De bonnes chaussures de marche, de quoi manger et boire pour vous poser dans le beau village de Wathermal et une laisse si vous avez un chien. Et puis go !


Bonne balade.
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Gouvy et environs



Découvrir le village de Wathermal

Wathermal, aux marches de la Belgique

Aux confins de Gouvy, Wathermal poursuit une veille plusieurs fois séculaire sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et du Rhin.

Découvrir cette incroyable aventure sur l’Ourthe

Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret

L’idée de relier la Meuse au Rhin n’était pas tout à fait neuve lorsque Guillaume d’Orange Nassau se lança dans un des plus grands chantiers de son époque.

En savoir plus sur la buse variable

Variations autour de la buse variable

La buse est au sol, pestant de s’être posée trop tard. Le campagnol a senti le danger venir du ciel et s’est engouffré dans sa galerie.  Le rapace reprendra lourdement son vol et ira se poser sur le piquet de clôture le plus proche.

La vidéo

Voir la rando et les toutes photos sur Komoot >> téléchargez le tracé GPS

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Wathermal, aux marches de la Belgique | Gouvy

Wathermal, aux marches de la Belgique | Gouvy

Wathermal, aux marches de la Belgique | Gouvy

 

Aux confins de Gouvy, Wathermal poursuit une veille plusieurs fois séculaire sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et du Rhin. Un bien beau village à découvrir lors d’une promenade, ou à l’occasion de sa traditionnelle Fête de la truite.

 

 

Le village de Wathermal

 

Loin de l’agitation du siècle, le coquet village de Wathermal préserve ses petites et grandes histoires sur l’un des versants de la vallée de l’Ourthe Orientale naissante, où de nombreux vestiges témoignent d’une occupation humaine fort ancienne. Nous nous trouvons ici, il est vrai, sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et du Rhin, et sur le tracé de l’immémoriale voie reliant Cologne à Reims.
L’endroit est cité pour la première fois au IXème siècle en tant que villa royale carolingienne, et la tradition rapporte que le lieu dit « Grafen Garten » – jardin du comte – aurait vu s’ériger un château dont on n’a toutefois pas retrouvé de trace physique.

Côté étymologie, mieux vaut marcher sur des oeufs. Car même si l’origine germanique est peu douteuse, les thèses s’affrontent dont les plus communes lisent : limite des eaux, gardien du lieu de justice ou gardien de la montagne. Sans parler du souk invraisemblable qui a chamboulé l’orthographe des lieux – quand ce n’est leur dénomination – ici comme ailleurs, lors des derniers travaux officiels en la matière. Mais ça, c’est une autre – lamentable – histoire belge.

 

UNE CHAPELLE

 

 

La chapelle de Warhermal

 

 

Quoi qu’il en soit, la chronique rapporte qu’un comte de Salm, menacé par un violent orage, fit voeu de bâtir une chapelle dédiée à saint Donat à l’endroit même où la foudre venait de l’épargner. Telle serait donc l’origine de la chapelle de Wathermal, désormais placée sous l’invocation des Saints Hubert et Antoine mais dont les cloches – datées de 1369 – sont réputées écarter les feux du ciel.

 

 

Le vieux cimetière de Wathermal

 

Juché sur son éperon rocheux, l’édifice actuel a été consacré en 1769. D’aucuns font toutefois remonter l’origine de la tour à l’époque romane. L’inclinaison de son clocher, contrant les vents dominants, tendrait par ailleurs à en prêter la paternité au même auteur que celui de Beho.
L’ensemble ne manque pas de cachet, qui abrite entre autres un aigle-lutrin du XVIIème, un tabernacle initialement placé à Beho, et un bel ensemble de vitraux restauré après la seconde guerre mondiale. Mais la principale curiosité du lieu se situe à l’entrée du cimetière qui ceint la chapelle.

 

La tombe du moyen-âge au cimetière de Wathermal

 

Là, on découvre le couvercle tumulaire, en dos d’âne, d’une tombe chrétienne du Moyen-âge. Ce couvercle, marqué d’une simple croix presque effacée, ne recouvrait pas la tête du défunt. Les tombes de ce genre furent employées durant toute la période romane, et jusqu’au XIVème siècle pour les sépultures non apparentes. Elles sont extrêmement rares en Belgique.

Dans le même champ de repos, un quartier a été aménagé où s’inscrivent une pierre tombale armoriée portant la date de 1652, et un bel ensemble de croix en schiste bleu typiques de la région.

 

ET DES TRUITES

Voilà pour l’histoire. Mais l’originalité de Wathermal ne s’arrête pas là, tant s’en faut.
Ainsi, le déclin des activités agricoles n’a-t-il pas annoncé pour le village le début d’un tsunami de mauvais goût en matière de restauration qui en a submergé plus d’un. Le village y a échappé, le fait est assez remarquable pour être souligné et le résultat permet de se faire une bonne idée de ce que pouvait être la physionomie d’un village ardennais voici quelques décennies encore.

Sans doute le dynamisme du groupement local des “Amis de Wathermal” n’y est-il pas étranger, auquel on doit de nombreux aménagements contribuant à la qualité de la vie au village et, point d’orgue, une « Fête de la truite » de derrière les fagots qui attire chaque année plusieurs centaines de visiteurs pour un week-end d’animations diverses, et de dégustations dont lesdits salmonidés – invités à table – sont bien les seuls à se plaindre.

Servez le tout sur écrin de verdure : à découvrir d’un pas tranquille en suivant les belles promenades balisées du Syndicat d’initiative de Gouvy.

 

Ecrit par :Patrick Germain / 2008>
Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain, François Rion, Les Amis de Wathermal.


 

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Où est Wathermal

Wathermal

Vielsalm




Houffalize


Gouvy et environs



Nos coups de coeur


La rando de Melo entre Ourthe et Wathermal

8,37 km.

 

01h.46

 

110m.

 

Chemin de Ourthe vers Wathermal

110m.

 

283 vues

3 balades à proximité de Wathermal et Gouvy

La Calestienne, serpent d’Ardenne

La Calestienne, serpent d’Ardenne

La Calestienne, serpent d’Ardenne

La Famenne schisteuse est séparée de l’Ardenne par une bande relativement étroite (quelques kilomètres) mais continue, s’étendant de Trélon (F) à Louveigné, formée de roches calcaires d’âge dévonien appartenant au flanc sud du synclinal de Dinant : c’est la Calestienne, serpent d’Ardenne.

 

 

La Calestienne est une région étroite intercalée entre la Fagne-Famenne au Nord et l’Ardenne au Sud. Elle est caractérisée par la présence dans son sous-sol de roches calcaires mises en place dans les mers chaudes de l’ère primaire (au dévonien moyen c’est à dire il y a 370 millions d’années).

Elle s’étend sur quelque 130 kilomètres depuis Trélon (France) jusqu’à Louveigné en passant par Chimay, Givet, Han-sur-Lesse, Rochefort, Barvaux, Remouchamps.

 

 

La Calestienne du nord, vue sur le village de Wéris

 

La Calestienne du sud, le “Fondry des chiens” et ses roches calcaires. Photo : Wikimedia Commons, Dorian Claeys

 

L’origine du mot Calestienne est souvent attribuée au toponyme ” tienne “. Les tiennes sont des collines calcaires autrefois tapissées de pelouses sèches sur lesquelles les moutons pâturaient. En fait ce terme dérive du wallon ” calistiène ” lui-même provenant de l’allemand ” kalkstein ” (pierre calcaire = pierre à chaux).

La Calestienne présente des paysages beaucoup plus variés que l’Ardenne forestière située au Sud ou la Fagne-Famenne schisteuse, dépression humide et bocagère, située au Nord.

 

 

La Calestienne du nord, la route vers Durbuy.

Le Viroin de passage à Treignes

 

P@3ck

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3 balades à vélo en Calestienne

Voyage autour de la Helle à la Baraque Michel – Album de Jacques Chouffart

Voyage autour de la Helle à la Baraque Michel – Album de Jacques Chouffart

Voyage autour de la Helle à la Baraque Michel – Album de Jacques Chouffart

La Helle est une petite rivière de Belgique et un affluent en rive gauche de la Vesdre, donc un sous-affluent de la Meuse par l’Ourthe. L’une des rivières les plus sauvages de Belgique, la Helle (Hill en allemand), au départ de l’ancienne maison forestière de Ternell, et les Hautes-Fagnes où elle prend sa source.

Ses deux sources nommées sont la Verdte Fontaine (la source réelle) et la Fontaine Perigny (issue d’un drain artificiel), à proximité du site de fouilles de la Via Mansuerisca. Son confluent avec la Vesdre se trouve quelque 20 kilomètres plus loin vers le Nord, à Eupen. Fait relativement rare en Belgique pour une rivière d’une telle longueur, son cours ne croise aucune route si ce n’est une route locale à proximité de son embouchure avec la Vesdre. Ses principaux affluents sont le Spoorbach et la Soor. La vallée est empruntée par le sentier de grande randonnée GR 573.

Après environ 5 kilomètres de parcours parmi les tourbières hautes du plateau des Fagnes, en rive droite la Fagne des Wez puis la Fagne wallonne, et en rive gauche la Grande Fagne puis la Fagne des Deux-Séries, la vallée se creuse progressivement. Elle quitte le plateau au lieu-dit Rakesprée, au niveau d’un pont et à la limite de la Fagne wallonne, où s’est tenu pendant plus d’un millénaire une foire aux bestiaux annuelle à la date de la Saint-Michel (29 septembre)2. La rivière coule ensuite parmi les tourbières basses du Petit et du Grand Bongard, matinées de chênaies et de boulaies.

Le confluent avec le Spoorbach se trouve à environ 10 kilomètres des sources de la Helle, au lieu-dit Herzogenhügel. Le lieu est remarquable !

 

            Album

    Clic sur l’image pour démarrer l’album en plein écran

Autour de la Helle au départ de la Baraque Michel

Eupen


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Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize

Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize

Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize

Si Ollomont est connu pour la physionomie intrigante de sa blanche chapelle et du vieux, très vieux cimetière qui en constitue le jardin, le hameau lui-même insuffle un sentiment de sérénité.  Ici, tout est calme, luxe (pour qui convient que la sérénité est un luxe) et volupté (pour qui convient que la sérénité est volupté). Le gentil ruisseau qu’Edmond Dauchot a si souvent photographié s’en va vers l’Ourthe, parfois tumultueuse, parfois apaisée. Pour un explorateur de l’Ardenne, le passage à Ollomont s’impose.

 

 

 

Le hameau d’Ollomont, calme et ramassé, regarde un large horizon de brumes et de bois où l’Ourthe serpente entre les hauteurs. Une butte rocheuse, ceinturée par les vieux murs en schiste du cimetière, le termine à l’ouest. Au milieu des herbes et des tombes aux croix tordues ou droites, noires ou grises, s’élèvent des murs blancs qui intriguent, gais sous le soleil, un peu tristes sous la pluie. Ce sont les vestiges énigmatiques de la chapelle Sainte-Marguerite.

C’est ainsi que Francis Genicot  présente le rapport  de fouilles effectuées au milieu des années60 autour de cette mystérieuse chapelle.

L’auteur précise également que l’endroit est « attachant ». Et bien évidemment que l’endroit est « attachant », c’est le moins qu’on puisse dire. Du centre du village de Nadrin, la route qui rejoint le cœur d’Ollomont regroupe les constructions les plus récentes. Elles ne sont que quelques-unes,  et encore, récentes est un grand mot, la plupart sont encore bâties en pierres du pays. Le vieux village s’ouvre très vite sur une placette fleurie et un vieux chariot en bois qui sert de pot de fleur géant à la bonne saison. Il est vrai que le hameau est inscrit au concours des plus beaux villages fleuris organisé par la province du Luxembourg.

Une vingtaine de bâtisses, parfois fort bien restaurées, parfois pas, composent le quadrilatère de petites routes encerclant la chapelle et le cimetière. Beaucoup de ces maisons sont crépies et blanchies, ce qui est une caractéristique de l’architecture ardennaise ancienne. Les murs extérieurs étaient crépis à l’argile afin de protéger la maçonnerie dont le mortier était lui-aussi fait d’argile, beaucoup plus friable que le ciment.
Ces bâtisses sont anciennes, ça se voit, ça se sent, c’est authentique. Mais ne sont certainement pas les constructions d’origine du lieu. Car si on ignore avec exactitude à quand remontent les premières habitations, il est établi qu’Ollomont est un des plus anciens villages de l’actuelle commune d’Houffalize. Des indices  archéologiques parleraient de l’an 1015. Il n’y aurait rien d’étonnant  puisqu’on sait  que la région fut fréquentée bien avant cette période ; les traces de la « Villa romaine » de Nadrin en attestent.

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La chapelle Saint-Marguerite et le cimetière.

 

 

Installée sur un surplomb rocheux, la chapelle Saint-Marguerite est encadrée par le cimetière, lui-même ceinturé d’un mur en schiste très ancien dont les pierres du sommet sont mises sur chant (càd dressées plutôt que posées à plat).

L’aspect de cette chapelle est vraiment curieux, « on n’a jamais vu ces formes architecturales ailleurs » se dit le promeneur ou le photographe.
Et pour cause, l’explication  est somme toute fort simple : cette chapelle affiche les vestiges conservés d’une église qui a été démontée pièce par pièce.

Car si l’édifice est un peu moins ancien que les premières habitations du village, l’église (romane) est quand même datée du 12ème ou 13ème siècle. Là encore, les origines restent très floues. La chapelle fut citée une première fois dans des documents de 1354 ; citée ne veut pas dire bâtie. Elle est certainement plus ancienne, probablement édifiée sur les ruines d’une autre église en bois encore plus ancienne. A moins qu’elle ne prenne place sur un ancien ermitage ? Mais que ferait un ermite sur un éperon rocheux, alors qu’un ermite a plutôt pour habitude de chercher solitude et discrétion ? Cet éperon rocheux, n’était-il pas auparavant un lieu fortifié ? Malgré les fouilles organisées en 1965, les questions restent extrêmement nombreuses, de quoi nourrir  les discussions des archéologues et historiens, et de quoi – pourquoi pas – alimenter de nouvelles légendes ardennaises.

Durant sa longue vie de plusieurs siècles, la chapelle, ou plutôt l’église puisqu’elle avait les proportions d’une église avant qu’elle ne montrât son aspect actuel, a subi de nombreuses modifications. Transformée entre 1739 et  1745, elle fut encore agrandie en 1872-1873. Il existe des photos et des croquis présentant l’état  du bâtiment de cette époque, c’était sans conteste la physionomie d’une vraie grande église de village.

En 1907, on la jugeait pourtant vétuste, et la paroisse divisée sur la question depuis quelques années prit clairement le parti de créer un nouveau lieu de culte à Nadrin. L’antique sanctuaire fut donc démonté, les matériaux servirent à l’édification de l’église de Nadrin. On ne conserva que la tour et le clocher ainsi que les absidioles qui l’encadraient.

Et patatras, après 1909, alors que le siège de la paroisse prenait définitivement place à Nadrin, le sommet de la tour s’effondra, sans-doute affaibli par le démontage de l’architecture principale. Un toit à deux pans fut placé au niveau où les murs étaient restés debout.

Tant le cimetière que la chapelle sont classés sur la liste des monuments historiques de Wallonie. La chapelle bénéficia d’une réfection importante en 1961.

 

 

 

Restitution de l’église d’Ollomont réalisée par L.F. Genicot. En rouge, nous y avons superposé les volumes subsistants.

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Sainte-Marguerite, fêtée le 20 juillet, est patronne de la paroisse et de la chapelle.

 

 

Née en Syrie à l’époque où Rome et ses légions dominait le monde connu, Marine comme elle s’appelait avant de devenir Marguerite, se convertit et souhaita vivre dans une communauté chrétienne. Son père outré de colère la chassa.

Après 2 ans de voyage, elle atteignit notre terre d’Ardenne très boisée, rude et sévère, où tout faisait contraste avec la patrie fleurie et riante d’où elle avait fui. Elle tint ce pays pour la borne du monde. En suivant les méandres de la rivière Ourthe, Marguerite parvint un jour à la partie la plus sauvage de la vallée (c.à.d. entre le confluent des deux Ourthes et Maboge). Là, elle rencontra, plantée au bord de l’eau, une haute aiguille de schiste ressemblant à un menhir.

Au pied de cette roche, elle remarqua une excavation assez vaste et haute et bien exposée au midi qui s’offrait à elle comme un gîte sûr. Elle connut à ce signe que là devait s’arrêter sa marche d’errante et que là se fixerait pour un temps sa destinée. Elle rencontra les habitants de l’endroit, des Celtes. Elle aida aux travaux des champs et des bois, donna de si bons conseils que les récoltes furent plus riches que jamais. Tous l’aimaient et la vénéraient.

Pourtant, elle annonça un jour qu’il lui faudrait rentrer dans son pays. Malgré les protestations de ses amis, elle partit.

Revenue en Orient, Olybrius préfet d’Antioche voulut en faire sa femme. Son refus la condamna à mort, le préfet la fit décapiter.

Cependant, si vous avez de mauvaises lectures, vous croiserez certainement un ou l’autre témoignage qui soutiendra que Marguerite n’est jamais passée par Ollomont. C’est faux évidemment. smile

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_d%27Antioche

La Cresse  Sainte-Marguerite

 

 

En 1906 les habitants d’Ollomont déposèrent une statue de la Sainte sur la tête de rocher  où elle vécut, à quelque pas du village. C’est là qu’elle était censée avoir vécu du moins, car de mémoire d’homme, personne ne se souvient d’un quelconque aïeul qui l’aurait connue.

Bien entendu, les légendes locales qui revisitent sans cesse l’histoire donnent au cours des siècles une multitude de versions. Ainsi, Marguerite ne serait certainement pas morte en Orient mais bien là où elle avait passé la majeure partie de sa vie, dans la grotte (une légère excavation en réalité) creusée sous la « cresse », un mot wallon qui signifie « crête ».

Il se dit que, à sa mort, les habitants d’Ortho (ah ! les vauriens) auraient voulu déplacer le corps de la défunte sur un char que les chevaux de l’attelage, pourtant nombreux,  n’arrivèrent pas à déplacer. Il se dit dans d’autres chaumières que ce sont les habitants d’Hubermont (ah ! les chenapans) qui auraient tenté d’emporter la dépouille ; qu’ils échouèrent également. Ce qui rassemble les conteurs autour des âtres villageois d’Ollomont, est que, seul un paysan du hameau put, avec un attelage très léger, déplacer le corps jusqu’au cimetière que nous connaissons bien désormais.

Mais, sans doute, l’appel des racines tenaillait-il Marguerite, même morte. Car le lendemain de son déplacement au village, son corps disparut du cimetière et à la place, on trouva une lourde statue de bois. Ce serait celle qui accueille maintenant les fidèles à l’église de Nadrin.

La petite balade de 4,5 km, au départ du centre de Nadrin, passe par là. Nous passerons sur le seuil de ce qui fut l’habitat de Marguerite, et longerons l’Ourthe sur sa rive droite. Puis il nous faudra remonter vers la route du Hérou. Nous aurons le choix de rentrer par le chemin le plus court pour boucler les 4,5 km, ou de bifurquer vers le Rocher du Hérou qui prolongera un peu la balade. C’est peu praticable avec une poussette, surtout dans la première partie entre Ollomont et la rive de l’Ourthe qui descend par un chemin un peu escarpé.

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Edmond Dauchot, le photographe de l’Ardenne d’autrefois.

 

Edmond Dauchot à sa table de travail – page extraite de “Edmond Dauchot – le photographe de l’Ardenne d’autrefois”

 

Né en 1905 dans la province du Hainaut, au sein d’une famille de petits industriels, Edmond Dauchot ne se sentait pas imprégné du  sens des affaires. L’entreprise, les chiffres ne l’intéressaient guère, il se classait plutôt parmi le « contemplatifs ».

En 1930, avec sa jeune épouse, il quitta la briqueterie familiale et trouva à s’installer dans un petit, très petit, hameau de la commune de Nadrin. Le presbytère d’Ollomont  était inoccupé, il l’acheta et s’y posa.

Il n’était pas fortuné, mais pouvait se prévaloir d’une certaine aisance qui lui permettait de vivre sans excès. On se doute que l’héritier d’une famille de bonne bourgeoisie qui s’installe à Ollomont ne cherche pas la vie de château. Ce qui motive Edmond, c’est l’observation, oui décidément, c’est bien un contemplatif. S’il contemple son nouvel environnement et ses nouveaux voisins, il est amusant de deviner combien il dut lui-même être observé, analysé, jaugé même, par les villageois. Dame, à l’époque, les villages ardennais vivaient en vases clos.

La simplicité, et très probablement la discrétion du nouveau venu durent plaire aux rudes Ardennais. L’intérêt qu’il portait à la vie et aux activités du village l’aida sûrement à passer l’examen d’admission au sein de la petite communauté.

Il tâta un peu de la peinture, fréquenta – toujours un peu – quelques artistes ardennais, mais c’est avec sa découverte de la photographie que son appétit d’observation prit toute sa dimension et s’assouvit. S’il était motorisé – une motocyclette d’abord, une petite automobile par la suite – c’est surtout à pied qu’il se déplaçait. Les quelques clichés rapportés d’une ou l’autre excursion au Grand-Duché sont rares. Par contre, c’est plus de 18.000 négatifs qu’il a laissés de ses expéditions locales. Il avait bien conscience qu’il fallait, d’urgence, immortaliser un monde qui changeait très vite, un monde qui disparaissait.

« Elle [l’Ardenne] vécut ou fut vécue, elle se meurt ou elle est morte sous beaucoup de ses aspects. L’intensif progrès matériel ne l’a pas encore définitivement anéantie, mais il l’a amoindrie, altérée jusqu’à n’en plus laisser subsister que des restants. A preuve, ces bouquets de photographies d’un passé proche, comme des touffes d’immortelles qui se dessèchent lumineusement dans des vases : curieuses, jolies, vives encore et émouvantes de souvenirs. Elles rappellent une belle saison en allée. » (1971)  (note d’Edmond Dauchot relevée par Jacques Cornerotte dans Regards d’Ardenne n°3 – 2013)

Ceux qui aiment l’Ardenne, sa terre, son mirage,  ne lui seront jamais assez reconnaissants d’avoir écrit en images cette vie âpre et paisible que le temps a laissé filer entre nos doigts.

Edmond Dauchot disparut en 1978.

Les livres consacrés à Edmond Dauchot

Ardenne, 35 photographies sur des textes d’Octave Servais – éd. PIM services 1938 (plusieurs bibliographies annoncent la date de 1958, peut-être est-ce une réédition)

Ardenne bien aimée, préface d’André D’Hotel, Duculot 1976

Ardenne Buissonnière, Jean-Pierre Orban, Edmond Dauchot, journal et photos 1937-1971, Duculot 1984

Edmond Dauchot, Le photographe de l’Ardenne d’autrefois, René Hénoumont, introduction de Georges Vercheval – La Renaissance du livre 2000

L’Ardennais, photographies d’E. Dauchot, commentaires d’A. Moxhet, Bastogne Musée en Piconrue 2012

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En 2011, la famille d’Edmond Dauchot a confié la gestion du fonds photographique de son aïeul au Musée de la Grande Ardenne en Piconrue à Bastogne.
Le désir de la famille était de permettre la valorisation de cette oeuvre composée de plus de 18.000 négatifs.

Depuis, le musée relève le défi au travers de publications dont « l’Ardennais », ouvrage de plus de 300 pages publié en 2012 et déjà réédité depuis. Le texte a été confié à un spécialiste de l’Ardenne : Albert Moxhet. Quant aux images, le regard, c’est celui d’Edmond Dauchot, le grand photographe qui sut voir et donner à voir l’Ardenne d’autrefois dans sa vérité singulière.

Vers le musée En Piconrue

Omer Englebert, romancier, essayiste et biographe.

Edmond Dauchot ne fut pas le seul artiste renommé ayant occupé les lieux. Omer Englebert naquit à Ollomont en 1893. À 16 ans, il quitte son village pour faire des études en divers établissements franciscains. Il mena une carrière ecclésiastique, fit de nombreux voyages et donna de nombreuses conférences.

En traversant le village, en parcourant les ouvrages consacrés aux photos de Dauchot, on comprendra pourquoi le « Père Omer » n’a pas pu oublier son village natal. Ses nombreux écrits comptent deux romans dont le titre ne laisse aucun doute sur l’origine géographique qui les a inspirés : « Le curé Pecquet (1934) » suivi de « La sagesse du curé Pecquet (1935) ». Lorsqu’on sait que le nom de famille apparait sur les tombes du vieux cimetière et que ce patronyme si sympathique aux Ardennais et aux Liégeois*  est encore bien ancré dans le village, il n’y a aucun doute sur les modèles qui ont servi au romancier.

* de Pecquet à Peket, il n’y a qu’un pas, à peine une goutte

Anecdote

Pour compléter la série de photos d’illustration, nous sommes passés deux fois à Ollomont. En automne, un jour de semaine en matinée. Là, il était possible de s’immerger dans le calme du lieu, de papoter avec trois ou quatre habitants sympathiques qui vaquaient à leurs occupations. C’est ainsi que j’ai rencontré René, qui me raconta la découverte d’un puits maçonné de six mètres de profondeur alors qu’il aménageait la vieille étable en gîte rural. René a eu le bon goût de préserver ce témoin de l’incroyable labeur dont étaient capables les « anciens ». Où allaient-ils chercher le courage de s’attaquer à de tels travaux, équipés d’un outillage qui paraîtrait dérisoire aujourd’hui ? Le puits fut probablement condamné lorsque les canalisations d’eau courante furent installées.

www.facebook.com/AuVieuxPuitsOllomont

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Rédaction et photos : Fr. Rion – 2020
Sources : La chapelle Sainte-Marguerite à Ollomont – Rapport de fouilles – Ardenne et Famenne n°1 – 1966  /  Trésors d’Ardenne- Musée En Piconrue -1987  /  Service du Livre Luxembourgeois
Syndicat d’Initiative de Nadrin  /  Les ouvrages consacrés à Edmond Dauchot
Merci à Pierre Nicolas pour la relecture

Ollomont

Ollomont

Houffalize


La Roche




Tenneville


Manhay


Vielsalm




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3 balades à proximité de Nadrin et Ollomont

La promenade de la Croix des fiancés à la Baraque Michel

La promenade de la Croix des fiancés à la Baraque Michel

La promenade de la Croix des fiancés à la Baraque Michel

Certainement la balade en Hautes-Fagnes la plus pratiquée. Elle fait la boucle à partir de la célèbre Baraque Michel et la chapelle Fischbach, puis, passe par ce qui est sans aucun doute la croix la plus célèbre des Hautes-Fagnes, “la croix des fiancés”.

Cette balade commentée et photographiée s’est déroulée en août 2020. Il est possible que le paysage ait subi quelques modifications lorsque vous réaliserez vous-même la rando.
En forêt, les mises à blanc modifient sensiblement le paysage, les jeunes plantations sont devenues de belles forêts, un mirador a été construit ou démonté,…
A moins que vous ne fassiez la rando dans quelques millions d’années, le relief devrait en revanche rester identique.

Allons-y, bonne balade !

 

Le tracé est aisé, sans dénivelé important. Attention cependant, si nous avons réalisé le parcours pendant une période particulièrement sèche, il pourrait être plus difficile d’emmener une poussette par temps humide. Rappelons par ailleurs qu’il est toujours possible que les trajets en fagnes soient interdits en cas  de sécheresse prolongée,… ce qui semble devenir une habitude. Notons également que les inscriptions « zone b » sur les cartes locales signalent que nous sommes en réserve naturelle dont l’accès est permis sous certaines conditions : rester sur les chemins balisés, chiens en laisse, ne pas fumer, à fortiori lorsqu’il fait sec.

 

Clic sur les images pour agrandir.

Suivre ce fléchage:

Les balises rouges

Au départ de la chapelle Fischbach, le sentier s’enfonce directement dans la fagne et sa flore caractéristique. D’anciennes bornes de pierre nous rapellent que nous longeons ce qui fut la frontière entre la Belgique et la Prusse avant la première guerre mondiale. Les bornes sont gravées d’un B côté belge et d’un P côté prussien. La plupart portent également un numéro.
D’emblée, les premières tourbières nous mettent en garde contre les dangers de la Fagne. S’enliser dans une tourbière peut être mortel.

Un majestueux “sorbier des oiseleurs” nous ouvre la voie. C’est décidément une année de belle fructification. Les merles et les grives friands de ces baies rouges seront à la fête toute l’année.

Après un premier tronçon facile à travers les étendues de la Fagne, nous voici face à la Croix des fiancés, à côté d’une borne frontière.

C’est ici qu’en hiver 1871 on retrouva le corps sans vie de Marie Solheid, la jeune fagnarde de 24 ans. Elle et François Reiff son fiancé allaient bientôt se marier. Afin de remplir les formalités nécessaires, ils décidèrent de se rendre de Jalhay à Xhoffraix où Marie était née. Sans écouter les conseils avisés, ils voulurent traverser la Fagne. La tempête de neige les surprit, ils se perdirent. Marie mourut à cet endroit, François parti à la recherche de secours périt à son tour à quelques encablures de sa fiancée.

Depuis son installation quelques temps après le drame, la pauvre croix de bois est régulièrement entretenue par des bénévoles et remplacée lorsque nécessaire. La croix actuelle date de 2019.

Face à elle, une stèle due aux « Amis de la Fagne » est dédiée à Henri Angenot qui fut un des premiers à éditer un guide de la Fagne en collaboration avec Albert Bonjean en 1912. Albet Bonjean, le « chantre de la Fagne »  a quant à lui son monument dédié de l’autre côté de la grand-route, en face du restaurant de la Baraque michel.

Quelques dizaines de mètres plus loin, nous obliquons à gauche et nous quittons la Vecquée, cette ancienne voie gauloise puis romaine. Elle était restée une route très fréquentée jusqu’au moyen-âge.

Un petit panneau indique que nous quittons la réserve naturelle pour entrer en forêt. Le petit logo PEFC signale que cette forêt est gérée durablement  selon le cahier des charges PEFC.

On s’en aperçoit immédiatement, le décor passe abruptement de la lande à la forêt. C’est sur ce petit tronçon que la circulation serait plus difficile par temps humide. Ca et là, des caillebotis sont d’ailleurs installés pour garder les pieds au sec. Nous retrouvons la compagnie des épicéas qui contribuent très largement à assécher les Fagnes.

Ce sentier rejoint une route asphaltée. Rassurez-vous, il n’y a pas de circulation, c’est une route réservée à l’exploitation forestière.
Nous d’abord longeons un petit bois de bouleaux (une boulaie) et ensuite une plantation d’épicéas derrière une haute clôture. On suppose que la clôture protège les jeunes épicéas du grand gibier friand des bourgeons et jeunes pousses. On comprend aisément que si le gibier décore les jeunes plants, la perte économique est sérieuse. Les fleurs mauves sont des épilobes, très fréquentes en Ardenne, et très décoratives en cette saison.

Après ce court passage sur la route, en suivant toujours les balises rouges, nous revoici sur un sentier qui nous ramène vers la chapelle Fischbach. Quelques hêtres torturés par le vent et les frimas témoignent à quel point  le climat fagnard est extrême.
Après 5,8 kilomètres, voici la chapelle. La boucle est bouclée.
Merci de nous avoir suivi.

Jalhay


Malmedy




Baelen


Theux




Rappel des liens :

La chapelle de Bon Secours, au hameau de Fischbach

C’est au chevalier Henri-Toussaint Fischbach que l’on doit l’érection de la chapelle qui porte son nom, à un jet de pierre de la Baraque Michel.

La Croix des fiancés

L'histoire tragique de Marie et François, les fiancés de la Fagne ...

L'épicéa

Ce sapin qui n'en est pas un!

Le sorbier des oiseleurs

De tous les arbres du genre « sorbus », le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est certainement un des plus présent en Ardenne(s), et certainement le plus apte à se développer dans les landes et les forêts locales.

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Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts

Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts

Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts

Il est des endroits discrets par nature et qui ne cherchent pas la notoriété bruyante et tapageuse. Haute-Bodeux fait partie de ces villages où tout semble paisible, tout spécialement sous la couche de neige qui a surpris les Ardennais en cette fin d’hiver.

 

Village ou hameau ?

Lorsque la grande sœur, Basse-Bodeux, était une commune à part entière, avant de devenir elle-même une des entités de Trois-Ponts, Haute-Bodeux était bien évidemment relié au bourg principal dont il est distant d’à peine deux kilomètres. Si l’administration et les activités se sont toujours concentrées en bas – à Basse-Bodeux – c’est pourtant en haut – à Haute-Bodeux – que se dresse le plus majestueux monument des deux Bodeux : le château.

 

 

 

Le château de Haute-Bodeux

 

 

 

Il est modeste et solide puisqu’il fut l’ancienne maison forte de la famille de Rahier. Cette très ancienne famille qui donna son nom au village de Rahier se développe considérablement au cours des siècles. Elle essaima jusqu’à donner naissance à la branche de Bodeux vers 1570. Le manoir est l’ancienne maison forte de la famille de Rahier. Il est de dimensions moyennes, en moellons de grès, avec une tour carrée rajoutée par la suite. La demeure seigneuriale est bien-entendu accompagnée d’une ferme à l’arrière dont l’ancrage porte la date de sa construction 1661. Le porche que nous apercevons du village est l’accès à la cour de la ferme. L’entrée principale du château se fait par un chemin privé de l’autre côté de la propriété.
Le manoir passa par plusieurs propriétaires après la Révolution pour entrer en possession de la famille Godin depuis le milieu du 20 ème siècle.
Aujourd’hui, sous le nom de « Castel Bodeux », il est transformé en location de vacance. Mais le bâtiment a conservé toute sa rusticité.

 

 

La chapelle

 

Il n’y a pas d’église ni de cimetière, il faut descendre à Basse-Bodeux. Pourtant, il y a bien une chapelle dédiée à Notre Dame des Pauvres. Elle fut inaugurée et bénie en 1957 grâce à une aide financière de la commune de Basse-Bodeux. Car jusqu’alors, les fidèles priaient dans un grange du village, Ils y récitaient le chapelet pendant les mois de Marie c’est-à-dire les mois de mai et d’octobre.
C’ est en 1956 que la commune de Basse·Bodeux accorda une aide financière de 100.000 francs pour la construction d’un sanctuaire à Haute- Bodeux. Différents corps de métiers et les habitants bénévoles construisirent cette chapelle au centre du village.
En 1959 arriva un nouvel habitant dans le patelin. C’était l’Abbé Gustave du MOULIN, un ancien prisonnier politique. Dans cette chapelle, il célébra la messe presque chaque jour pour le plus grand bonheur de tous, surtout pour les aînés. Le chapelet y était également récité comme d’habitude.
En 2007, fut fêté le cinquantième anniversaire de la bénédiction de cet édifice avec les anciens du village et des environs. Actuellement, une messe y est célébrée au moins une fois par an.

 

Le bureau de poste

 

Le bureau de poste, c’est malin, ne vous laissez pas prendre par ce titre à deux balles. Même avec la boite rouge accrochée au mur, ceci n’a évidemment jamais été un bureau de poste mais tout simplement une habitation traditionnelle ardennaise. Il y a un certain temps comme vous pouvez le constater.
S’il reste quelques traces des menuiseries, portes ou fenêtres, le remplissage des pans de bois a complètement disparu. La construction en colombages est la plus ancienne technique de construction en Ardenne où la pierre est certes bien présente, mais difficile à extraire. Pensons que nos ancêtres n’avaient que des pioches et des brouettes pour exploiter les carrières, il était plus simple d’abattre des chênes dans la forêt toute proche et de ramasser l’argile dont le sol ardennais est bien pourvu. Les colombages, ces espèces de châssis de bois, sont encore très souvent visibles dans toute la région que constitue l’ancienne Principauté de Stavelot-Malmedy. Entre les traverses verticales, horizontale et obliques qui constituent l’ossature, étaient enchevêtrées des branches de noisetier ou des lattes de chêne refendues. Le tout était bourré d’argile mélangée à de la paille et des poils d’animaux lorsqu’on en disposait.
Ici, ne subsiste que les grosses poutres de chêne, le reste a été emporté par les intempéries. On convient qu’il serait vraiment dommage de laisser ce témoin du passé se détériorer plus avant.

Les sorcières

Aux deux Bodeux aussi, il y eut des sorcières et des sorciers, ou en tous cas des manants condamnés pour être possédés. Ce fut le cas de Jeanne Serva condamnée par la cour de Bodeux en 1616 ; ou encore de Crespin le Laid jugé à Bra sur Lienne en 1619. Il raconta lui-même, sous la torture, tous les sabbats auxquels il avait participé. Il décrit le Diable avec beaucoup de précisions.
Entre mai et juin 1604, 143 personnes furent interrogées par la cour de justice de Bodeux. Nombreuse furent accusées d’avoir causé la mort d’enfants, de vaches par empoisonnement ou en répandant des maladies chez certaines familles.
Si votre potager produisait plus que celui du voisin, cela renforçait la suspicion à votre égard, c’est ce qui arriva à la fille de Jehenne, la veuve Grand Voick. La mère elle-même fut jugée pour d’autres faits. A l’époque, les titres étaient héréditaires, on dirait bien que la situation de « Macralle » également.

L’Hostellerie du Doux Repos

C’est un hôtel-restaurant installé dans le village depuis plus de quarante ans. Treize chambres aux tonalités différentes sont disponibles, accès au jardin ou vue imprenable sur les alentours verdoyants.

www.douxrepos.com

 

 

 Mediardenne 2020

Sources : Travail fin d’études Ch. Gobbe  + www.https://paysdesaintremacle.wordpress.com/

 

Où est Haute-Bodeux

Haute-Bodeux

Trois-Ponts




Manhay


Vielsalm




Nous recommandons











La rando de Melo à proximité de Haute-Bodeux

A la base je m’étais rendue à cet endroit que je connais bien pour y faire des photos de brume, mon amour pour la nature a pris le dessus et je suis partie randonner dans le brouillard.
Mon plaisir fût à la hauteur de mes découvertes.
Cette sensation de “première fois” dans le silence feutré du brouillard était magique !
Que ce soit sous le soleil ou avec de la neige, ce petit coin paisible sur les hauteurs de Trois-Ponts est un joli écrin naturel de calme et de beauté. En se promenant le long des chemins, on ressent une atmosphère assez particulière. La brume ajoute une note mystérieuse assez envoûtante. Le lieu regorge d’ailleurs de légendes concernant les sorciers et sorcières au Moyen Age.Ce petit coin des Ardennes vaut vraiment le détour.

Une multitude sentiers et chemins vous emmènent dans toutes les directions, que ce soit vers Rahier, Trou de Bra, Stoumont ou LIerneux. Petit(e) randonneur(se) ou adeptes de grandes distances, cet endroit est fait pour y randonner avec plaisir.
La variété de la faune et de la flore ne décevra personne

Le 15 novembre 2020
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La vidéo

La rando

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Ce Kronenburg là n’est pas de la petite bière (Allemagne)

Ce Kronenburg là n’est pas de la petite bière (Allemagne)

Ce Kronenburg là n’est pas de la petite bière (Allemagne)

C’est à pied que l’on visite le coeur de Kronenburg, aux Marches de l’Est : à l’ombre des vestiges du burg, les maisons à colombage du XVII° et XVIII° siècle racontent l’histoire dans l’écho des pas sur les pavés, tandis qu’une silhouette s’efface dans l’angle d’une voûte. Celle d’un Templier, peut-être ?

(suite…)

Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret

Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret

Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret

Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret

L’idée de relier la Meuse au Rhin n’était pas tout à fait neuve lorsque Guillaume d’Orange Nassau se lança dans un des plus grands chantiers de son époque. L’entreprise avortée nous léguera un des sites les plus insolites de toute l’Ardenne : le souterrain de Buret ou canal de Bernistap.

De la France à la Belgique en passant par la Hollande

Et saut dans le temps, pour commencer : en 1814, l’Empire français commence à vaciller, l’empereur est exilé sur l’ile d’Elbe. Sans savoir que Napoléon reviendra un an plus tard et sera définitivement battu à Waterloo,  le congrès de Vienne confie les destinées de ce qui n’est pas encore la Belgique, ni le Grand-duché de Luxembourg  au roi Guillaume de Hollande. Un garçon bien sympathique, au départ, mais qui va mal tourner. Ses maladresses, comme disaient alors les diplomates, feront qu’il sera rapidement pris en grippe par ses nouveaux sujets. L’imposition du néerlandais comme unique langue nationale, les vexations infligées aux catholiques (les Hollandais sont majoritairement protestants), l’augmentation des impôts, la censure de la presse et la laïcisation de l’enseignement font déborder le vase. Par la révolution de  1830, les Belges et les Luxembourgeois boutent Guillaume dehors et prennent leur indépendance.

 

Un projet pour ouvrir la voie du développement

Guillaume, s’il n’était pas très psychologue avec la diversité de ses sujets, avait cependant une vision économique progressiste. Conscient que le développement passait nécessairement par un réseau de communication efficace, il engagea une série de grands travaux. Et certains, comme notre canal de Bernistap, accéderont au podium des “Grands travaux inutiles”.

Les voies de communication les plus faciles pour l’époque sont incontestablement les voies d’eau, car elles permettent le transport rapide de tonnages importants. Si on conçoit bien aujourd’hui, de développer  la mobilité par des liaisons entre deux autoroutes parallèles, il paraissait tout aussi évident au 19ème siècle de construire ces liaisons entre deux fleuves parallèles, tels que la Meuse et le Rhin.

Guillaume se donna corps et âme dans ce projet au point d’y investir une fortune de sa cassette personnelle.

La ferme de Bernistap

 

 

La ferme de Bernistap était le point de départ du chantier du canal. On y faisait la cuisine, on y blanchissait le linge des ouvriers. Elle était le “poste avancé” des gestionnaires du chantier. Elle a retrouvé sa pleine fonction d’exploitation agricole dès la fin du projet et cela perdure encore aujourd’hui. En face de la cour de la ferme, le passage qui permet la balade du canal. La balade est réservée aux piétons car l’endroit est désormais classé en zone de protection “Natura 2000”.

L’Ourthe, la Wolz puis la Moselle, et enfin le Rhin

Sur la carte, on voit la Meuse à l’ouest et son passage à Liège qui s’industrialisait déjà en ce début de 19ème siècle. On voit, à l’est, le Rhin qui traverse Bonn ou Cologne. Sur la carte, on a vite fait de tracer une ligne droite entre ces grandes cités.

Alors, grands Dieux, pourquoi passer en Ardenne, là où il y a encore des loups, où c’est plein de marécages dans les vallées, pratiquement montagneux, inaccessible, bref, presque la lune ?

Et bien voilà : d’abord, Bonn ou Cologne sont en territoire prussien, pas hollandais. Peu d’intérêt donc pour Guillaume. Et puis, les voies d’eau les plus réalisables sont celle qui existent déjà. Vous êtes d’accord ? Evidemment, ce qui est fait n’est plus à faire !

Il fallait donc trouver un endroit où ces deux grands fleuves se côtoient par l’intermédiaire de leurs affluents. Quitte à remonter aux sous affluents, voire aux sous-sous affluents.

Et là, quelque part, à proximité villages de Tavigny, de Buret et de Hoffelt, le ruisseau de Tavigny prend sa source en direction de l’Ourthe puis de la Meuse. De l’autre côté de la ligne de crête, naît un autre ruisseau qui lui s’en va vers la Woltz. Il n’y a qu’un peu plus de cinq kilomètres qui séparent ces deux voies d’eau.

Le tracé est donc dessiné par la nature. Encore faut-il que ces rivières naissantes soient rendues navigables. Ce qui rend le projet ambitieux et même très ambitieux. Plus des deux cents écluses seront nécessaires entre Liège et Wasserbillig, des kilomètres de chemins de halage, un travail colossal.

Cependant le gros morceau des travaux reste quand-même de relier l’Ourthe et la Woltz ; là il faudra vraiment creuser un canal et entailler la colline pour que les rivières se rejoignent par l’intermédiaire de nos ruisselets découverts entre Tavigny et Hoffelt.

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de tunnel ?

Comprenons-nous bien !

Dans un sens comme dans l’autre, il faudra passer de l’autre côté de la ligne de crête en bateau. Par définition, une ligne de crête, c’est haut, bien plus haut que les deux ruisseaux que nous devons relier par un canal. Tellement haut qu’il faudrait au point culminant, creuser de 60 mètres pour rejoindre le niveau qui relierait nos deux sources. Soixante mètres, c’est quand-même fort haut pour celui qui doit grimper, et fort bas pour celui qui doit creuser.

Là où il y aurait trop de déblais à évacuer, il est bien plus facile de creuser SOUS la terre et de faire un tunnel.

Et voilà l’idée.

Les promoteurs eurent le bon goût de commencer ce grand projet par son passage le plus difficile : le tunnel qui devait s’étirer sur un tracé en ligne droite de 2528 mètres. Bien leur en prit car la liaison fluviale ne sera jamais terminée.

Peu de temps après les débuts du chantier, les Hollandais furent renvoyés chez eux avec leurs capitaux et leurs finances. Recapitaliser le chantier était en soi un grand casse-tête, mais surtout, le chemin de fer naissant rendait le transport fluvial beaucoup moins vital au développement économique. La liaison fluviale devenait inutile.

Ainsi donc, de la ferme de Bernistap s’en va un canal abandonné d’un peu plus d’un kilomètre pour arriver à l’entrée d’un tunnel qui devait traverser la colline sur deux kilomètres et demi pour rejoindre la tranchée de Hoffelt et relier l’Ourthe belge à la Wolz luxembourgeoise. Il fut creusé sur la moitié de sa longueur initiale avant l’abandon des travaux. Plus tard, un éboulement l’a bouché à trois cents mètres de l’entrée.

Que d’efforts, que de sueur pour rien, notre époque n’a pas inventé les « travaux inutiles ».

 

 

Le souterrain qui devait être creusé à 60 mètres sous le sommet de la crête ne sera jamais terminé et le rêve de Guillaume ne verra jamais le jour.

Le canal est devenu une réserve naturelle (classée Natura 2000)

 

 

De la ferme de Bernistap à l’entrée du tunnel, il y a plus ou moins 1 kilomètre de canal. Arrachés à la colline, les déblais étaient remontés par des femmes portant des paniers en osier sur leurs dos. Lorsqu’on progresse le long du canal, on chemine sur un sentier surélevé constitué de tout le schiste extrait de la tranchée. Il régnait sur le chantier, une agitation sans commune mesure avec la quiétude qui baigne les lieux aujourd’hui. Les castors, qui ont envahi l’endroit, semblent vouloir continuer la tâche en abattant les arbres qui ont pris possession des remblais.

Même l’eau du canal s’est endormie sur ce prestigieux projet. Sans courant, l’eau claire au printemps se couvre de mousse dès la venue de l’été.

Le souterrain, qu’on n’appellera tunnel que plus tard

 

 

Il devait trouer la colline sur exactement 2528 mètres. Les ouvriers progressant d’environ 1 mètre par jour avaient fait la moitié du travail avant l’abandon du projet. Plus tard, un éboulement s’est produit à trois ou quatre cents mètres de l’embouchure. On peut encore distinguer les attaches qui servaient aux bateliers à haler leurs embarcations.

Souterrain ou tunnel ?

Les contemporains des travaux – et la chose n’est pas interdite de nos jours – parlaient de souterrain, à propos de Buret : tunnel est un mot anglais qui n’est apparu que plus tard, dans le sillage du chemin de fer.

Draguer ?

L’entrée de l’ouvrage s’est progressivement envasée au fil du temps. Le tunnel haut de quatre mètres ne laisse plus qu’un passage très étroit. D’aucuns voudraient lui rendre son aspect original, mais le site est désormais rendu à la nature. Le souterrain devenu grotte abrite des espèces protégées de chauves-souris.

Remettre le site en état ? C’est possible, selon un ingénieur retraité : “Tout est possible ! Certaines maçonneries pourraient être remises en valeur sans grande difficulté. Pour le reste, il faut draguer des tonnes de boue, et consolider des versants. Ca aussi, c’est possible, mais il faut amener les machines et le charroi sur place. Ce qui, moyennant une bonne coordination du chantier, pourrait se faire par une voie unique qui n’a pas besoin d’être une autoroute. Reste ensuite à savoir que faire des boues de draguage.

Bateaux

Les plus gros bateaux (des Bètchètes) destinés à naviguer sur le canal mesuraient 25 m de long, et 2 m 50 de large, pour un tirant d’eau de 80 cm. Charge comprise, leur poids maximum atteignait 60 tonnes. L’équipage était composé d’un batelier, de deux mariniers et d’un cheval. Dans les souterrains, la progression se faisait à l’aide de gaffes destinées à haler le bateau en s’accrochant aux barres et autres étriers disposés sur la voûte, à espaces réguliers.

L’illustration extraite de la brochure touristique présentant l’ouvrage montre bien par quelle méthode les bateliers faisaient progresser les “betchettes” à l’intérieur du tunnel.

En savoir plus

Couverture du roman : La rivière contrariée

La rivière contrariée : le roman de Gery de Pierpont

Sur fond de mission économico-politique à l’ancienne, La Rivière contrariée entraîne ses lecteurs dans une passionnante enquête à rebondissements. Ce récit d’aventures, tissé dans une page d’histoire aussi fascinante que méconnue, valut à son auteur le Prix Alex Pasquier (Roman historique) de l’Association des Écrivains belges (2003).

En version “papier” et en version numérique

http://larivierecontrariee.com/le-livre


 

canalmeusemoselle.wordpress.com
Le site du Cercle d’Etudes du Canal de Bernistap-Hoffelt

meuse-moselle1830.be
Le site des recherches historiques de l’auteur du roman


Où est caché ce tunnel ?

Bernistap

Bernistap

2 754 vues

 

 

Une brochure explicative et gratuite est disponible au Syndicat d’Initiative de Houffalize. Une balade de 15 Km est également proposée jusqu’à la découverte de l’entrée du canal.

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Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.

Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.

Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.

C’est peut-être la Semois qui s’écoule si paisiblement en bordure du village qui donne cette impression de sérénité à l’endroit. La photo qui illustre le titre ce cet article est sans-doute l’angle de prise de vue le plus utilisé des photographes pour immortaliser Chassepierre. S’il y a autant de photographes que de pêcheurs sur cette rive de Semois, c’est tout simplement parce que l’endroit est magnifique.

Pourtant, un dimanche matin de juillet, on aurait pu s’attendre à une effervescence touristique telle qu’on les connait dans les endroits reconnus comme les plus beaux de la région wallonne. Chassepierre, en effet, bénéficie du label officiel des « Plus beaux villages de Wallonie », depuis longtemps.

Ici, tout n’est que calme et volupté. Ce n’est pas toujours le cas, loin de là. En ce matin de juillet, on aperçoit déjà aux panneaux d’affichage et aux fenêtres des maisons, les affiches qui annoncent le prochain Festival des Arts de la Rue. Cet évènement de portée internationale, amorcé en 1974, draine chaque année au mois d’août plus de 50 compagnies d’artistes du monde entier près de 30.000 spectateurs de tous âges. Les 200 habitants du village doivent être sérieusement secoués par l’agitation qui règne durant la préparation, et bien entendu pendant le week-end que dure le festival. Secoués, mais heureux, car chaque année ils ouvrent leur village, ils accueillent les artistes, ils se mobilisent pour offrir d’année en année, un spectacle authentique toujours plus spectaculaire.

Le village

 

 

 

L’occupation permanente des lieux est très ancienne, au néolithique* probablement. Les premiers habitants s’installèrent dans une grotte, qui s’appelle aujourd’hui le « Trou des fées », en bas de l’église et sous les ruines aménagées de l’ancien moulin. Ces grottes calcaires ont donné les racines de son nom au village : « Casa petrea » (c’est-à-dire : Maison de pierre ») dont on trouve les premières transcriptions administratives vers l’an 715. On sait qu’une villa romaine s’y éleva, suivie d’un château médiéval détruit au XIVème siècle par le Prince-Evêque de Liège et que selon certaines sources, quelques 300 ans plus tard, Louis XIV fit détruire un bastion fortifié en même temps que les châteaux de Florenville et de Chiny.

*Néolithique : Débuts de l’agriculture et de l’élevage,
donc de la sédentarisation de l’espèce humaine. Entre 7.000 et  3.300 ans avant notre ère.

Les grottes de  « Trou des Fées » se visitent à la demande, le visiteur découvre qu’elles se confondent avec les caves de l’ancien presbytère. C’est une curiosité, mais pas vraiment exceptionnelle. Des milliers de visiteurs ont déjà découvert le site. Mais, un d’entre eux  aurait-il visité le sous-terrain qui relierait, dit-on, Chassepierre à Carignan distant d’une quinzaine de kilomètres? Enfin, c’est ce qu’on dit, le sous-terrain n’est sur aucune carte et les brochures touristiques en parlent fort peu ; on peut donc supposer qu’il n’existe pas.

Ce serait trop dommage de couper court à la légende, imaginons une “vraie” version

Chassepierre étant en Belgique et Carignan en France, l’entrée du sous-terrain fut masquée avec grand soin à la fin du 19ème siècle par les trafiquants de café et de tabac. Les zélés gabelous ne le découvrirent jamais. Qui sait si aujourd’hui encore, un ou l’autre ne passe pas”en douce” un peu de tabac de Semois dans un sens et un peu trop de pastis dans l’autre.

 

 

 

 

En fouinant dans le village, je suis tombé sur cette salle d’exposition ouverte ce dimanche matin. Je suis donc entré. Houlà, voyant les photos affichées aux cimaises, j’ai très vite remballé mon appareil photo dans son étui. Les images que j’avais faites ce matin ne pouvaient souffrir aucune comparaison avec les travaux de l’habitant des lieux. J’étais dans la galerie de l’Ancien Moulin, chez Etienne Lenoir un photographe animalier professionnel. A visiter absolument lorsque vous passerez à Chassepierre.

 

 

L’ancien moulin. Il en reste peu de choses, ici les meules en pierres. Les ruines sont sécurisées, on peut s’y promener sans danger.

 

 

 

Sur le haut du village, le marché fermier a lieu tous les dimanches matin. Marc Poncin (à droite sur la photo, en rouge) est un peu l’homme-orchestre des lieux. Il m’a fait goûter le ZOUP de Chassepierre, un apéritif à base de vin blanc et de … canelle. C’est délicieux.

 

 

 

passerelle du Breux

Reconstruite sur les ruines de l’ancien pont du tramway, la passerelle du Breux permet de relier les deux entrées basses du village, côté Semois. Cette passerelle crée une nouvelle voie “Ravel” et joue un rôle essentiel dans la circulation des personnes lors du fameux Festival international des arts de la rue. C’est en 2003, au vu du succès grandissant du Festival et de l’importance de pouvoir y dépêcher rapidement des secours en cas d’accident, que les autorités communales et provinciales décidèrent d’unir leurs efforts pour permettre cette reconstruction. Le choix des matériaux s’est orienté vers une réinterprétation des matériaux d’origine. Ce qui restait des éléments en pierre a été restauré au minimum et stabilisé, afin de laisser un témoignage patrimonial et historique. La structure même de la passerelle a, comme par le passé, été réalisée en acier, mais la forme, la hauteur et le système porteur ont été adaptés aux technologies et exigences nouvelles.

 

 


La pierre et l’ardoise

Des maisons en pierre, il en est toujours question aujourd’hui. Heureusement, les destructions de villas, châteaux et autres bastions ont cessé, et depuis plusieurs décennies, les habitants ont pris conscience de la valeur patrimoniale de leur village. Implantées dans un alignement tout gaumais, les constructions du 18e et 19e siècle accolées les unes aux autres forment le quadrilatère central qui fait face à l’église. De là, rayonnent quelques voiries rurales vers le village de Sainte-Cécile à l’ouest et celui de Lacuisine à l’est. Le village n’est pas directement impacté par la route nationale, quel bonheur.

L’église Saint Martin.

L’église ainsi que l’ancien cimetière et le mur de pierre qui ceinture le tout datent de 1702, le presbytère quant à lui fut construit en 1790. L’église et le cimetière sont classés par la Commission royale des monuments et sites depuis 1994. Le clocher de style qualifié de « baroque » présente une silhouette bulbeuse et prolongée par une élégante flèche à deux collerettes. C’est au 19 ème siècle que fut ajoutée l’horloge, d’une manière un peu maladroite, en plein centre de la date de construction en chiffres forgés dans le fer et ancrés dans la façade. Le bâtiment subit bien-entendu d’autres modifications et transformations au cours de siècles, c’est en 2015 que se terminait une grande campagne de restauration. Le bâtiment se dégradait de manière inquiétant suite aux attaques de l’humidité sur la toiture et les murs.

A l’origine, l’église était recouverte d’un enduit blanc, destiné à protéger la maçonnerie. Au fil du temps, le crépi s’est détérioré pour laisser apparaitre les pierres, si bien qu’il n’existe aucune photo de l’église blanche d’avant 2015 ;  tout au plus une ou l’autre peinture, dont une accrochée dans la salle du Collège de Florenville. Les restaurations de 2015, outre les rénovations classiques apportées à la toiture et aux corniches ont permis de rendre à l’église sont aspect originel en la recouvrant de nouveau d’un enduit blanc à la chaux laissant apparaître le relief des pierres.

 

 

Eglise Saint-Martin fleurie

Je croyais que c’était pour m’accueillir en Prince que le tapis rouge avait été déroulé et que l’église avait été si bien fleurie ce matin. Et bien non, la veille a eu lieu un prestigieux mariage. J’aurais quand-même un peu profité des fleurs… et vous aussi.

 

Le vieux cimetière de Chassepierre

Le vieux cimetière est désaffecté, il abrite une belle variété de croix funéraires, en fer, fonte, en schiste ou pierre calcaire.

 

L’église a retrouvé sa blancheur de jadis. Voyez le panneau indicateur qui indique Carignan. Par la route ou par le sous-terrain ? 😉

 

Texte et photos : François Rion 2017/2018


Où est Chassepierre

Chassepierre