Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Photo : Phil Govaerts

Arsène Soreil, né à Rendeux en 1893, écrivit Dure Ardenne en 1933.
C’est un roman, devenu un classique de la littérature ardennaise. L’auteur raconte la vie simple et rude d’une famille ardennaise au début du 20e siècle à travers le parcours du fils Antoine. Il ne fait aucun doute que l’écrivain devenu universitaire se soit inspiré de sa propre enfance et de celle de ses camardes de jeux.
Pour la petite histoire, signalons auprès de gens d’une certaine génération qu’Arsène Soreil est le grand-père de Philippe Soreil, animateur TV bien connu, et de son humoriste de frère Albert, mieux connu sous le nom D’Albert Cougnet.
Ci-dessous, une annonce littéraire écrite par Daniel-Rops pour saluer la sortie de Dure Ardenne. Impossible de savoir de quel journal est extraite la coupe de presse jaunie, mais une petite recherche nous apprend que sous le pseudonyme de Daniel-Rops, on retrouve l’écrivain français qu’était Henry Petiot de l’Académie française.

A la lecture de cet article, on se doute qu’il n’a pas été rédigé par un stagiaire.
Bonne lecture.

 

Pendant une longue semaine, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, je viens de battre ce pays d’Ardenne, si mal connu, et qui mériterait de l’être mieux. Certes, il n’offre point aux touristes de ces beautés faciles qui sont comme les petits pourboires du voyage, et son charme qui est grand et farouche. Plates, à peine ondulées, ces terres anciennes que des millions d’années ont usées depuis les temps hercyniens donnent l’impression de la haute montagne.

À 400 mètres d’altitude, on éprouve la même sensation qu’à mille dans nos Alpes. Le schiste ingrat, couvert de prairies et de bois de pin noir, impose au paysage une rudesse monotone et poignante à laquelle participe un ciel gris majestueux où souffle le vent du Nord. Parfois même, se faisant plus âpre encore, le sol tourne à la fagne, région de marais et de tourbes amères, où, le soir, d’épais brouillards s’accumulent dans les creux de terrain. Et parfois encore, s’élevant jusqu’à plus de 600 mètres, le dos du pays devient tout à fait sauvage, se dénude et livre aux yeux des horizons immenses des plateaux, les barres roides de l’Hertogenwald et de la Baracque-Michel.

Telle est la haute Ardenne, celtique et forestière, dont Pétrarque à dit «la solitaire horreur» et César «l’immense grandeur». Pays de préhistoire, où la trace de l’homme recule dans la nuit des temps, pays de légende, où les quatre fils Aymon rejoignent le Sanglier des Ardennes et où la moindre bosse rocheuse semble abriter la tombe d’un géant. Pays d’abbayes et de chapelles : Orval, trois fois renaissante ; Stavelot chartreuse du Mont-Dieu, plus loin Clervaux et Maredsous. Pays sévère à l’homme, où les maisons de schiste noir s’accroupissent pour lutter contre le vent d’hiver entre le fumier et le tas de bûches.

Ce pays, comme je comprends qu’on l’aime, il a une âme, rebelle et sévère, et les hommes qui lui doivent le jour la connaissent.

Un jeune écrivain, M. Arsène Soreil, a décrit il y a peu, cette dure Ardenne. En des termes émouvants, à travers les courtes nouvelles où il évoque ses souvenirs d’enfance, passe cette âme de la terre que le visiteur banal dédaigne et dont la découverte seule donne du prix à un voyage. On sent dans ce pays la grandeur et le tragique de la condition de l’homme, ce drame sans cesse renouvelé que les habitants de nos villes oublient, séparés qu’ils sont de toute réalité, déracinés de la nature et de la vie spontanée.

Qu’on ne croit pas, cependant, que l’Ardenne entière offre aux regards cet uniforme aspect de sévérité. Le contraste est grand, au contraire, entre le haut plateau et les multiples vallées qui y ont inscrit leur relief en creux, comme à l’eau-forte. Les méandres infinis de la Meuse et de ses affluents — en particulier les vallons sinueux de l’Amblève de la Semois, des deux Ourthes de la Lesse — présentent un grand nombre de sites riants, où, d’ordinaire, se blottissent les villages. Mais, pour agréables que soient bourgs et hameaux sous leurs grands toits d’ardoises et parmi la verdure, l’âme véritable du pays est ailleurs : sur ces plateaux, dans ces fagnes sévères, où l’on souhaiterait que quelque Émily Bronté ardennaise plaçât un jour le cadre de quelques Hauts de Hurle-Vent.

 Daniel-Rops, 1933

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Entre nuages et chlorophylle

Philippe Moës
C'est beau EDITIONS

Après « Arduinna » (éd. Forêt Nature), Philippe Moës nous emmène à nouveau en forêt ardennaise, mais avec une perspective totalement différente. Entre nuages et chlorophylle. Entre survol et immersion.

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ABCDaire des Fagnes

C'est beau EDITIONS

Travail collaboratif entre la journaliste Anne-Françoise Biet et 3 photographes autour de ce symbole du patrimoine naturel en Belgique : les FAGNES !
Sur le toit de la Belgique, ce haut plateau tourbeux et une réserve naturelle unique en Europe, riche d’un écosystème atypique et de paysages qui en font sa renommée.

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20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

François Rion / MediArdenne

Savez-vous quel est l’arbre le plus haut de Belgique ? Il est en Ardenne, la réponse en page 17 ...
Au fil des 106 pages, vous reconnaîtrez les principales espèces croisées en forêt et au détour des chemins bocagers qui desservent nos villages.

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Récolte de la sève de bouleau

Récolte de la sève de bouleau

Récolte de la sève de bouleau

Récolte de la sève de bouleau

La sève de bouleau est consommée de temps immémoriaux dans les régions sibériennes et scandinaves. Cette pratique ancestrale complète naturellement les très nombreux usages que les peuples nordiques faisaient du bouleau; jusqu’à en faire un arbre sacré tellement il était indispensable à la vie de ces régions. Si on ne fait plus de bougies en écorce de bouleau aujourd’hui, la consommation de sève perdure et la pratique est descendue jusqu’à nous.

kiitos pohjoisen ihmiset (ça veut dire “merci à vous peuples du Nord” en Finnois).

 

Son action diurétique et dépurative est connue pour éliminer les toxines accumulées durant l’hiver. Elle est un draineur activant l’élimination des déchets de l’organisme : acide urique, urée, cholestérol. Elle est également vermifuge dit-on.

Cet “élixir de printemps” peut être consommé frais à l’état pur à raison d’un verre par jour, de préférence à jeun.
Bien qu’elle puisse se conserver à l’aide de différents additifs (alcool), il est très simple de récolter la sève et de la consommer fraîche dès le début du mois de mars dans nos régions, avant l’apparition des bourgeons sur les arbres.

C’est à ce moment que, captée par les racines, elle prend littéralement l’arbre d’assaut pour acheminer la sève brute en direction du sommet. Là, dès qu’il éclora, le feuillage transformera cette sève brute en sève élaborée par le travail de la photosynthèse.

Cette sève montante que nous récoltons est donc composée en grande partie de l’eau du sol, mais enrichie d’une multitude de sels minéraux diversifiés; d’où son nom “d’eau de bouleau” parfois utilisé. On la récolte directement au jardin en forant un trou de faible diamètre dans le tronc (sur une profondeur de 2 à 5 cm.) et en y insérant un tuyau. Ce tuyau coule dans la bouteille de récupération et le tour est joué. L’écoulement est impressionnant, ce petit trou de 12 mm maximum de diamètre remplira votre bouteille d’un litre tous les matins. De quoi traiter quotidiennement toute la famille. Si le temps se refroidit brusquement, comme cela peut se produire au mois de mars, la montée de la sève ralentira, voire s’arrêtera. Cela ne signifie pas que la récolte est terminée, le flux reprendra avec la remontée de la température. La production dure à peu près trois semaines à un mois.

Lorsque la source ne coule plus, il faut reboucher le trou fait dans le tronc de notre cher bouleau au moyen d’une cheville de bois ; inutile de laisser la porte ouverte à l’entrée de bactéries ou champignons qui pourraient s’en prendre à notre « arbre de vie « .

La sève fraîche se conserve à peine quelques jours au frigo, elle devient rapidement trouble, elle fermente et devient acidulée. Il vaut mieux ne plus la consommer à ce stade, bien qu’il soit possible de la laisser fermenter pour en faire un « vin de bouleau » et même un « champagne de bouleau ». C’est évidemment une tout autre technique que nous laisserons aux spécialistes.

Bonne cure.

 

 

La mèche (10/12 mm), le tuyau de même diamètre que la mèche et enfin, lorsque la récolte sera terminée, un bout de branche pourra faire office de bouchon.

La sève est récoltée début mars, avant l’apparition des bourgeons.

Il est très simple de récolter la sève, même en grande quantité. N’oubliez pas de boucher les trous au moyen de chevilles de bois à la fin de la récolte.

 

Fr. Rion 2023
Sources : Le guide du bouleau  par Ph. Andrianne

 

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La forêt ardennaise – Ses gens

La forêt ardennaise – Ses gens

La forêt ardennaise – Ses gens

Photo : Jean-Pierre Ruelle pour Démo Forest à Libramont.

La forêt ardennaise – Ses gens

Au début du 21 ème siècle, la forêt reste indispensable à la vie des humains, tant pour ses ressources économiques que pour l’équilibre naturel qu’elle entretient en hébergeant une riche biodiversité et en régulant le climat.

On avait un peu oublié tout cela.

Ruraux et citadins redécouvrent une forêt enrichie de multiples fonctions jusqu’alors négligées. L’affluence lors des démonstrations forestières organisées tous les deux ans dans le cadre de la Foire de Libramont est un témoin de ce regain d’intérêt pour les diverses facettes du milieu forestier.

(Photo de titre de Jean-Pierre Ruelle – Démo Forest 2022)

A qui donc appartient la forêt ?

Les propriétaires forestiers se scindent en deux grandes catégories : les propriétaires particuliers et les propriétaires publics. Il est important de retenir que où que l’on se trouve en forêt on est sur un territoire qui appartient à une personne privée ou à une structure publique.

Les propriétaires privés

Ce sont des citoyens, des entreprises (banques…) ou encore des structures comme les associations environnementales détenant des réserves naturelles en zones forestières…

Un propriétaire peut orienter sa gestion vers une production de bois d’œuvre ou au contraire convertir son bien en réserve naturelle ou en territoire consacré plus spécialement à la chasse.
Les propriétaires privés gèrent leur bien comme bon leur semble, A CONDITION que cette gestion ne soit pas contraire au CODE FORESTIER. Le code forestier est un ensemble de conditions émises par les états respectifs (France Grand-Duché, Région Wallonne) qui peut intervenir sur certains points de la gestion privée au nom du bien commun.

La forêt privée est en général très morcelée, la superficie moyenne de la propriété forestière privée en Belgique est de 2,5 Ha. Au fil des héritages familiaux et des découpages qui s’ensuivent, il n’est pas rare que des propriétaires aient complètement oublié leur propriété. Lorsque le bien repose, comme c’est parfois le cas, sur quelques ares de forêt, on peut comprendre.

 

Outre la prise en compte économique des intérêts privés, la forêt apparait de plus en plus comme un « bien commun » par son influence capitale sur l’état de l’environnement. Les propriétaires particuliers – grands ou petits – sont confrontés à des impératifs de gestion de plus en plus complexes à organiser. Des structures de soutien se mettent en place partout en Europe afin d’appuyer la gestion des forêts privées. Ici, les propriétaires wallons échangent avec leurs homologues suisses.

Photo : © Office économique wallon du bois

Les propriétaires publics

Ce sont des structures administratives : états, régions, communes, centres d’action sociale ou encore les «fabrique d’église»…
Dans ce cas, les bois et forêts sont gérés par une administration spécifique : l’Office National des Forêts (ONF) en France, le Département de la Nature et des Forêts (DNF) en Région wallonne et l’Administration de la nature et des forêts au Grand-Duché de Luxembourg.

On dit des forêts publiques que ce sont des forêts soumises. Parce qu’elles sont « soumises au régime forestier », c’est-à-dire gérées par les administrations nationales (régionale dans le cas de la Wallonie). Les agents délégués par les administrations ont la charge de la gestion des propriétés : la production de bois, l’exploitation forestière, la chasse, le tourisme, la conservation de la nature. Ces « gardes forestiers » jouissent du statut d’Officier de Police Judiciaire à compétence limitée et à ce titre ont l’autorité de faire respecter la loi forestière.

Vers la réglementation de la circulation en forêt wallonne >>

 

Le « garde forestier » comme on l’appelle traditionnellement est responsable d’un triage, une superficie forestière publique de plusieurs centaines d’hectares. Il gère la production de bois, l’espace naturel et l’accès à la forêt.

On peut être très content de le voir arriver si on est perdu au milieu des bois, moins content si on dissimule sous sa casquette des grives prise au collet.

 

La forêt et ses usagers

Si les paysages forestiers ardennais se sont transformés au cours des siècles, la perception de celle-ci par les humains a également évolué.
Depuis Ambiorix, et même bien avant lui, les Ardennais sont restés dépendants de la forêt ; elle était – et est toujours – leur lieu de vie et leur principale ressource. Elle fournissait le bois pour l’habitat, pour le chauffage, pour les outils agricoles… Elle fournissait la nourriture grâce au gibier (on chassait le sanglier à coups de poings comme il se doit), grâce aux cueillettes (champignons, myrtilles…), grâce aux poissons des rivières vives et transparentes, ou servait-elle encore de pâturage aux animaux domestiques.

Elle était une forêt nourricière, un garde-manger ainsi qu’un toit et un feu.

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale et les transitions sociales profondes qui se sont opérées dans la société contemporaine, la forêt s’est ouverte aux loisirs. Grâce à la prise de conscience environnementale face à l’impact écologique de l’être humain et le constat de la nécessité absolue de conserver la biodiversité et de protéger les écosystèmes,  le rôle de la forêt s’est enrichi de nouvelles fonctions.

Elle était nourricière, donc économique. Elle s’est chargée de nouvelles responsabilités : un rôle social et un rôle écologique.

 

 

Fonction économique

La forêt fournit toujours du bois pour nos maisons, pour nos feux, pour la pâte à papier et tous les usages développés à travers l’histoire et ceux, nouveaux, à venir.
Le pâturage en forêt a disparu, la cueillette relève désormais plus d’un loisir que d’une nécessité, ainsi que la chasse. Cette dernière est devenue un pur loisir mais garde un pied dans la catégorie économique par les revenus qu’elle génère auprès des propriétaires forestiers. Les loyers perçus par les communes n’ont rien de négligeable.

Les sylviculteurs cultivent la forêt. Ils sont entre-autres responsables de la production de bois er de leur délivrance au reste de la « Filière Bois » qui exploitera, transformera ou exportera les produits de la forêt.

Ces opérations économiques se sont très fortement mécanisées depuis les dernières années du siècle précédent. Jusqu’alors, rares étaient les jeunes ardennais qui, en attendant le service militaire ou un premier emploi, n’avaient pas passé quelques mois ou quelques années dans un boulot forestier. Il y avait à faire : plantation, dégagements, élagage, abattage, débardage, sciage, fendage…
A l’époque toute récente de l’exploitation encore artisanale de la forêt, la Wallonie pouvait s’enorgueillir de gérer une forêt comptant parmi les plus productives du monde, proportionnellement à la surface disponible évidemment. Car la valorisation des grumes exploitées était poussée à un point tel qu’aucun gaspillage n’était commis.
Est-ce toujours le cas avec la mécanisation et la standardisation actuelle des produits forestiers ?

 

L’exploitation forestière s’est très fortement mécanisée.

 

Fonction sociale

Le développement du chemin du début de l’ère industrielle avait déjà amené un public plutôt privilégié vers les lieux de villégiature comme on disait alors. Spa et ses promenades furent certainement les premiers pôles de rendez-vous ardennais d’une noblesse, puis d’une haute bourgeoisie un peu désœuvrée et trop bien nourrie. Ce n’est pas vraiment la magie des forêts d’Ardenne qui attirait ces premiers touristes, ou alors pour aller se consoler (ou se pendre) dans les bois après avoir perdu une fortune au casino. C’est un peu déplacé de parler de fonction sociale dans le cas de ce public privilégié, nous le concédons.

C’est avec l’avènement de la société des loisirs dès les années d’après-guerre que les portes des forêts se sont ouvert toutes grandes. La petite auto familiale permit les promenades dominicales pour toute la famille. A la belle saison, il était coutume de rentrer en ville avec un bouquet de genêts accroché au pare-chocs de la Renault 4 ou de la Deuche (traduction à l’intention des jeunes générations : la 2 CV  Citroën).

Avec la société qui s’urbanisait de plus en plus, un besoin pressant de ressourcement grandissait en parallèle ; la forêt devint le remède tout indiqué. Au cœur des forêts, on rencontre désormais plus d’aires touristiques que de huttes de charbonnier. Plus de promeneurs que de braconniers – ce n’est pas plus mal – et plus de VTT que de bûcherons.

Parce qu’elle est accueillante et pleine de vie, la forêt est une école de vie ; les mouvements de jeunesse ne nous contrediront pas. De plus en plus, des classes vertes et plus récemment, des Ecoles du dehors  gagnent le couvert pour se reconnecter à la nature.

L’activité touristique (ainsi que la chasse), chevauche le rôle social et le rôle économique ; l’aspect économique de la forêt-loisir est également significatif.

Les trois fonctions de la forêt contemporaine décrétées par l’homme s’entrecroisent intimement, comme la vie de la forêt, elles  sont interdépendantes.

 

Les aménagements touristiques ne sont pas rares en forêt. Les différents utilisateurs doivent se partager l’espace forestier.

Fonction écologique

Il n’est pas nécessaire d’être un écolo radical pour affirmer aujourd’hui que les actions humaines ont un impact tellement important sur la planète que celle-ci est en train de nous exploser à la figure. BOUM, PAF, CRAC, c’est violent !
Pourtant, l’école nous enseigne depuis très longtemps l’importance des forêts sur la régulation du cycle de l’eau et du climat. Le réchauffement climatique, les sécheresses à répétition suivies des inondations tout aussi répétitives, l’effondrement de la biodiversité, nous éclairent sur le rôle de plus en plus évident de la fonction écologique des forêts.

Durant des siècles, l’homme a façonné la forêt selon ses besoins, sans le moindre souci de l’impact créé sur l’environnement, c’est-à-dire sur la nature, c’est-à-dire sur la vie et sa formidable complexité.

En gestion forestière, en sylviculture donc, un grand, très grand pas en avant est en train de se produire en faisant… marche arrière.
Un certain nombre de principes du passé sont très largement remis en cause. Les renards et autres martres et blaireaux ne sont plus qualifiés d’animaux nuisibles. Des arbres morts sont désormais conservés pour servir de refuge à la biodiversité alors que quelques décennies auparavant, ils étaient éliminés pour éviter, justement, d’attirer les insectes. Les zones humides sont protégées et non plus asséchées. Le renouvellement des propriétés forestières après l’exploitation des arbres est de plus en plus conduite par une régénération naturelle plutôt que par plantation systématique de la même espèce…
Alors que, en forêt comme ailleurs, l’homme n’eut de cesse de combattre la nature ; le tournant semble bien amorcé, la nature devient maintenant un allié de l’espèce humaine. Il était temps de comprendre que la forêt est une véritable source de vie du sous-sol à la canopée.

Pourvu qu’il ne soit pas trop tard, pourvu que nous l’ayons compris à temps, l’avons-nous suffisamment compris ?
Rendez-vous dans quelques temps pour le constater !

 

Il n’y a pas si longtemps, un tel arbre cassé et porteur de champignons aurait été évacué rapidement, de crainte qu’il n’attire de « la vermine ».
Aujourd’hui, ce genre de chablis est conservé au bénéfice de la biodiversité.

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

Cohabitation

La forêt remplit donc plusieurs fonctions simultanées. Ces rôles sont tenus par différents acteurs revêtant chacun son propre costume : le chasseur, le promeneur, l’artiste photographique, le marchand de bois, le naturaliste. On parle donc bien de priorités différentes selon l’acteur et l’usage qu’il fait de la forêt.

La cohabitation n’est pas toujours simple.

Si on prend la peine d’essayer de comprendre le fonctionnement le la vie sur la planète, plus spécialement la vie de la forêt puisque nous y sommes, on ne tarde pas à se rendre compte de l’extême complexité des échanges entre tous les éléments de la vie forestière. Chaque acteur le la vie, du champignon microscopique au cerf majestueux, entretient des relations intimes et discrètes avec son voisin. D’une manière ou d’une autre, ils créent ensemble un équilibre, un milieu qui permet à chacun d’y trouver son compte.

Les événements climatiques qui frappent à nos portes (et même qui enfoncent nos portes) nous apprennent qu’il faut aborder autrement les relations entre les hommes et la forêt.
On sait – il ne manquerait plus que cela – qu’une forêt naturelle favorise la biodiversité. On apprend qu’une forêt gérée selon des principes plus respectueux des équilibres naturels se révèle être plus résistante aux aléas climatiques. Elle est plus résiliente selon le terme qui s’impose de plus en plus dans notre vocabulaire courant.

Une forêt en bonne santé écologique gardera des arbres en bonne santé économique dont le bûcheron bénéficiera à son tour. Les intérêts économiques, sociaux et environnementaux interragissent sans cesse.

Le tout est une question d’équilibre, une fois de plus !

Nous laisserons les derniers mots à Gérard Jadoul qui concluait sa participation à la dernière édition (2017) du Grand Livre de la Forêt sur ces questions pertinentes:

Que vaut la protection des sols ?
Que rapporte la rétention des eaux ou quels coûts en catastrophes naturelles permet-elle d’éviter ?
Quels dommages futurs la société épargne-t-elle en captation de CO2 ?
Combien « vaut » un paysage ?

Bonne question : combien « vaut » un tel paysage ?

Cette photo sélectionnée pour le concours Agrinature 2022 est de Phil Govaerts (>> FB Phil Photography)

Textes : Fr. Rion – Mediardenne -Octobre 2022

 

La photo du titre est de de Jean-Pierre Ruelle à Démo Forest 2022

Merci à Jean-Pierre Offergeld pour la relecture et les précisions techniques.

Pour aller plus loin :

  • Le grand livre de la forêt wallonne – Collectif – Ed. Mardaga 1985
  • Le grand livre de la forêt – Collectif – Ed. Forêt Nature 2017
  • La forêt – Bary-Lenger, Evrard, Gathy – Ed. Vaillant Carmanne 1979
  • L’Ardenne et l’Ardennais – G. Hoyois 1948 (Collector)
  • Terre ardennaises / Revue d’histoire et de géographie locale – L’homme et la forêt – n°8, sept. 1984
Technique
Tourisme

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En forêt | Pirsch ou mirador ?

En forêt | Pirsch ou mirador ?

ips (bostryche) typographe

En forêt | Pirsch ou mirador ?

Ces points d’observation (miradors) placés en hauteur sont souvent appelés à tort « cabanes de pirsch ». En effet, le pirsch est une méthode de chasse individuelle qui se fait au sol, en recherchant les traces de l’animal : l’approche.

Au contraire, la chasse à l’affût se pratique, à partir de miradors placés sur les parcours habituels des animaux à l’aube et en soirée, jusqu’au crépuscule.

Ces deux méthodes sont des méthodes de chasse individuelle.

Lorsque la chasse se mène en groupe, il peut s’agir
– Soit de battue : procédé de chasse à tir pratiqué par plusieurs chasseurs attendant le gibier rabattu par plusieurs hommes s’aidant ou non de chiens ;
– Soit de botte : procédé de chasse à tir devant soi, pratiqué en parcourant, seul ou à plusieurs, le territoire à la recherche du gibier, éventuellement avec l’aide d’un ou plusieurs traqueurs ou rabatteurs, et avec ou sans l’aide d’un ou plusieurs chiens broussailleurs, d’arrêt ou de rapport.

 

= Agrandir les images

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3 balades en forêt

Des caillebotis adaptés aux promenades PMR à Vielsalm

Des caillebotis adaptés aux promenades PMR à Vielsalm

Des caillebotis adaptés aux promenades PMR à Vielsalm

Superbe idée que de permettre à des personnes à mobilité réduite de profiter d’une belle balade au milieu des arbres et des taillis et d’être ainsi en contact direct avec les bruits de la forêt, le murmure et le frémissement des arbres, le chant des oiseaux. Des banalités ? Peut-être pour celles et ceux qui peuvent marcher et courir mais c’est une extraordinaire et bénéfique immersion dans la nature pour les autres…

(extrait de www.salmiens.be)

Au printemps 2019, l’ASPH (Association Socialiste de la Personne Handicapée) et le DNF (gestionnaire de la forêt domaniale) ont créé ce parcours sensoriel adapté. Parce que ce tracé de près d’un kilomètre est spécialement dédié aux personnes à mobilité réduite, les promoteurs ont tenu à ce qu’il soit réalisé par des personnes en situation de handicap de l’asbl des Hautes Ardennes.
Le circuit est parsemé de silhouettes d’animaux en bois à identifier et de plate-formes entourant les arbres.
Le tronçon de caillebotis, long de 200 mètres, est construit en bois de «Douglas», une essence résineuse originaire d’Amérique du nord mais très répandue en Ardenne. Outre que dans ce cas précis, les caillebotis facilitent la progression des voiturettes (fauteuil roulant), ils sont souvent installés pour baliser les chemins de promenade sur des sols qui demandent à être protégés. On les trouve fréquemment dans les réserves naturelles accessibles au public.

 

 

Sur la carte

Les caillebottis de Bêchefa

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Balades à proximité

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

La forêt ardennaise est accueillante. Son accès est largement ouvert au promeneur, pourtant, si on trouve rarement des clôtures ou des barrières sur notre chemin, ces espaces forestiers sont bel et bien la propriété de quelqu’un : la Région, une commune, un agriculteur, un groupe d’investisseurs ou elle fait partie de l’héritage familial d’une longue lignée de propriétaires terriens. Tant en Belgique qu’en Ardennes françaises, le domaine forestier se répartit approximativement pour moitié au domaine public (Etat, communes) et pour moitié aux propriétaires privés.

 

Forêt privée ou forêt publique

Lorsqu’on circule en forêt, il est souvent impossible de savoir si on se trouve dans une forêt privée ou dans une forêt publique.

Au demeurant, pour le passant, cette nuance ne présente aucune importance, le même principe s’applique à chaque propriété privée ou publique. Sachant que la loi donne à chacun le droit d’autoriser ou d’interdire l’accès à sa propriété, c’est le caractère apparent de l’accessibilité qui détermine si la voirie est ouverte ou non au public. Si aucun signal d’interdiction ou barrière ne ferme le passage et que des traces de fréquentation sont présentes, on considère que la voie est accessible au public.

C’est simple, et en peu flou en même temps.

Il faut surtout retenir que, même dans les espaces dont l’Etat (ou la Région) est propriétaire, l’accès peut-être strictement interdit, c’est le cas de certaines zones de la réserve naturelle des Hautes-Fagnes. Ces zones de haute protection sont évidemment dûment signalées sur le terrain et renseignées sur les cartes touristiques.

 

Ce panneau d’information signale qu’on pénètre dans une forêt domaniale (dont l’Etat ou la Région Wallonne est propriétaire). C’est toujours bon à savoir, mais pas indispensable.

 

 

Qui peut aller où ?

On distingue plusieurs types de voyageurs : les piétons, les cyclistes, les véhicules à moteur, les cavaliers, les skieurs…

Et on distingue trois catégories de voiries forestières : la route, le chemin et le sentier

LA  ROUTE

Il s’agit d’une “voie publique dont l’assiette est aménagée pour la circulation des véhicules en général”. Les routes se caractérisent par leur largeur (au minimum celle d’un véhicule), mais également par leur revêtement. Les routes sont ainsi généralement pavées, goudronnées, bétonnées ou asphaltées. Les routes sont accessibles à tous, y compris les véhicules à moteur – Sauf si une signalisation spécifique limite l’accès.

LE  CHEMIN

C’est une “voie publique plus large qu’un sentier et qui n’est pas aménagée pour la circulation des véhicules en général”. Sa largeur est suffisante pour laisser passer un véhicule, mais il n’est pas aménagé dans ce but. Les chemins sont généralement en terre ou empierrés. Les cyclistes, skieurs, cavaliers et les piétons se partagent les chemins en forêt.

LE  SENTIER

Il s’agit d’une “voie publique étroite dont la largeur n’excède pas celle nécessaire à la circulation des piétons”. La taille du sentier ne permet pas le passage de deux piétons de front. Seuls les piétons peuvent circuler en forêt sur les sentiers. Les autres utilisateurs ne sont pas autorisés à les emprunter sauf si un balisage le précise.


On l’aura compris, d’une manière générale, les véhicules à moteur (motos, quad, 4×4 etc…) sont proscrits dans l’espace forestier. Seules les routes publiques qui traversent les forêts leur sont ouvertes, et encore, à condition qu’aucune signalisation ne limite cet accès.

Les moyens de locomotion lente (chevaux, vélos,…) sont acceptés sur les chemins, et sur les routes évidemment.

Enfin, les piétons peuvent se déplacer partout. Mais, la forêt constitue un écosystème fragile, peuplé de nombreux animaux sauvages et parfois d’une flore rare. La forêt reste un milieu à protéger. Donc, même à pied, Il est interdit de quitter sentiers, chemins et routes ouverts à la circulation. Pas question de traverser les bois en tous sens pour y laisser nos odeurs, piétiner les jeunes plantes ou surprendre l’un ou l’autre animal.

Par ailleurs, une trouée dans un peuplement forestier ne doit pas nécessairement être interprétée comme un chemin accessible. Il peut s’agir d’un coupe-feu, d’une voie de débardage ou d’un sentier dégagé par un chasseur pour accéder à un poste de chasse. Ce n’est donc pas un chemin à suivre par le promeneur.

 

Une route en forêt domaniale. Ici, le panneau est clair et net, même s’il s’agit d’une route asphaltée, la circulation des véhicules à moteur y est interdite.

 

A droite un chemin, il est large et empierré, il permet le passage des cyclistes et des cavaliers. A gauche, un sentier, seuls les piétons peuvent s’y aventurer. Il faut reconnaitre que la différence entre chemin et sentier n’est pas toujours évidente et que cette confusion possible crée parfois des malentendus entre cyclistes et responsables forestiers.

 

Les chemins balisés

Le meilleur moyen de rester sur la bonne voie étant de suivre les itinéraires balisés proposés par de nombreuses organisations touristiques.

Tous les chemins balisés permanents sont signalés au moyen de signes conventionnels appelés les signes vosgiens.

Les formes appliquées sur des petites plaquettes signalent à quel type d’utilisateur le circuit s’adresse, piéton, cavalier, etc.. Ces itinéraires ne sont bien sûr pas obligatoires, ils ne constituent que des indications sur le parcours proposé par l’organisateur du balisage (les Maisons du tourisme, syndicats d’initiative, etc…). On peut faire confiance à ces structures locales qui connaissent les ressources de leur territoire et les itinéraires les plus adaptés à la découverte de  l’endroit.

Le balisage n’a donc pas pour effet de limiter la circulation, de plus, il permet parfois de déroger à la règle générale. Par exemple un sentier peut être balisé pour des VTT ; l’organisateur du tracé a dans ce cas obtenu une dérogation pour permettre l’accès au sentier à des cyclistes normalement cantonnés sur des chemins.

Les itinéraires internationaux peuvent utiliser des balises spécifiques : les plus connus sont les GR – Sentiers de Grande Randonnée – (bandes blanches et rouges superposées). Les itinéraires GR sont des itinéraires balisés pour piétons. Les cavaliers, cyclistes et skieurs ne peuvent les emprunter en forêt que sur les tronçons empruntant les chemins. Ils ne peuvent suivre le GR sur les sentiers.

 

 

Itinéraire à suivre, ne vous inquiétez pas pour les clous. Ce sont des clous en aluminium, sans danger pour l’arbre ni pour la scie du bûcheron.

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

Les fermetures temporaires

Les services forestiers peuvent fermer temporairement des voiries vicinales si la circulation présente un danger pour les personnes ou pour la forêt elle-même.
Les plus fréquentes et les plus connues de ces interdictions sont les périodes de chasse.

D’autres fermetures liées aux risques d‘incendies se généralisent par le fait des sécheresses à répétition. La région des Fagnes est particulièrement concernée, un drapeau rouge hissé en bordure des chemins signifie que l’accès est interdit durant cette période, soyez attentif.

Ces fermetures sont motivées et limitées aux périodes strictement nécessaires à la protection des raisons évoquées ci-dessus.

Ces interdictions sont annoncées et signalées au moyen par affichage. Les communes diffusent également les dates de battues sur leur territoire, les syndicats d’initiative et les Maisons du tourisme sont également en mesure de signaler ces dates.

 

Les chiens en forêt

Les chiens en forêt font fuir le gibier, ils dérangent les mises bas ainsi que les couvaisons. Ils peuvent aussi incommoder les autres promeneurs et spécialement les jeunes enfants. C’est pourquoi il est obligatoire que les chiens soient tenus en laisse.

 

Le bivouac en forêt

Les feux et le bivouac sauvage sont également interdits. Certains itinéraires organisés proposent des aires de bivouac, vous les retrouverez sur  l’excellent site de Trekking et Voyage :
https://www.trekkingetvoyage.com/bivouac-en-belgique-ou-camper-librement/

 

La cueillette en forêt 

Pour pouvoir récolter quoi que ce soit en forêt, il convient d’avoir l’accord du propriétaire. Pour les forêts domaniales (propriétés de la Région wallonne), la Région wallonne a donné son accord pour la récolte de champignons ou de myrtilles dans les bois dont elle est propriétaire, aux conditions suivantes :

  • La récolte n’est autorisée qu’entre le lever et le coucher du soleil
  • La quantité maximum autorisée est de 10 litres par personne.
  • L’autorisation est suspendue en période de chasse les jours durant lesquels la chasse a effectivement lieu, et pour autant que cela soit clairement annoncé par voie d’affichage.
  • L’autorisation n’implique en aucun cas l’autorisation d’utiliser un véhicule à moteur sur les chemins forestiers.

Pour les forêts appartenant à d’autres propriétaires, aussi bien publics (par ex. les forêts communales) que privés, l’autorisation du propriétaire est requise. Avant de procéder à la cueillette, il est d’abord nécessaire de connaître le propriétaire de la forêt et d’avoir son accord. Les administrations communales pourront vous renseigner à ce sujet.

 

Important : dans les réserves naturelles, tout prélèvement est interdit.

Sinon,
crac dedans!

D’après la brochure « Circulation en forêt » de la Région Wallonne.
Photo du titre : Danielle Gevaerts / GEIE Destination Ardenne

Les fermetures abusives

Un propriétaire (que ce soit un particulier, la commune ou la Région) a toujours le droit de fermer une voirie dont l’assiette lui appartient. L’interdiction doit être marquée clairement soit par un panneau, soit par une barrière, soit aussi par une perche placée en travers de la voie.

Même les grands domaines forestiers privés sont traversés par des voiries publiques, consacrées par l’usage, et reprises dans le très officiel « Atlas des voieries vicinales » qui date de 1841. Sauf pour des fermetures temporaires décrites plus haut, ces chemins ne peuvent pas être condamnés par le propriétaire des parcelles riveraines. Seule une décision du Conseil communal local peut décider de déclasser ces voiries, c’est extrêmement rare et la décision doit être dûment argumentée. Les fermetures illégales sont cependant assez fréquentes, plus souvent sur les chemins agricoles que sur les voieries forestières. La bonne foi celui qui ferme un chemin n’est pas nécessairement mise en cause ; un grand nombre de passages n’étant plus utilisés depuis longtemps, les traces de fréquentation ayant disparu, un nouveau propriétaire peut ignorer qu’un passage public traverse sont bien. A fortiori si le vendeur a omis de le signaler…

L’asbl « Chemins de wallonie » veille à la défense des chemins et des sentiers publics:

https://chemins.be


 

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La frisée aux lardons, un classique de la table familiale

La frisée aux lardons, un classique de la table familiale

La frisée aux lardons, un classique de la table familiale

La frisée aux lardons, patates et côtelettes, voilà un souper très classique sur les tables modestes. Facile à réaliser et délicieux à condition d’avoir les bons ingrédients, comme toujours les plus frais possibles.

Il existe plusieurs variantes de ce repas des plus classiques. Nous avons choisi la méthode paysanne la plus simple, celle qui évite tout gaspillage puisque la graisse du lard fondu est récupérée dans le plat. Ce n’est pas la préparation la plus light, on en convient.

Ingrédients

Pommes de terre, salade, lardons, vinaigre, oignons, crème fraiche.

Les patates

Il vaut mieux choisir une variété qui se tient bien. Contrairement aux potées diverses où la pomme de terre est cuite dans le même pot que les autres ingrédients (d’où le nom potée), celles-ci sont cuites à part et puis mélangées aux autres ingrédients. Pour notre plat, ce sont des patates de la variété Nicolas. Les pommes de terre qui maintiennent bien leur forme conservent bien le croquant de la salade frisée.

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Il faut évidemment une salade frisée. Nous allons la cueillir au potager en ce début du mois d’octobre. Nous en utiliserons la moitié pour la recette.

Les lardons.

Nous avons pris une tranche de lard fumé (1/2 cm d’épaisseur) par personne, ce qui correspond plus ou moins à 200 grammes  pour 3 personnes. C’est suffisant puisqu’on accompagne le mélange salade-patates-lardons de côtelettes. On peut prévoir plus de lard si on ne prépare pas de côtelette.

Des oignons ciboule qui viennent également du potager.

Puisque nous sommes allés au potager, nous en avons profité pour cueillir dans la serre les tomates cerise qui étaient mûres. On peut les ajouter au plat lorsqu’il est terminé, mais nous les avons dégustées à l’apéritif. Les rouges sont de la variété « Philamina », les jaunes des « Cocktail Clémentine », terrrribles ces dernières.

Sur la planche, les oignons ciboule attendent d’être découpés.

Préparation

Cuire les patates à part en les salant normalement. Quantité à prévoir en fonction de l’appétit familial. Les photos illustrent la quantité que nous avons prise pour 3 personnes, des bons mangeurs.

Faire fondre le lard coupé en dés.

Dans un saladier, déposer les patates cuites, ajouter la salade découpée et les oignons hachés. Verser les lardons chauds sur la salade.
La subtilité c’est de conserver la graisse de lard dans la poêle, de recuire cette graisse (ou jus de lard) en ajoutant 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre et
de la crème fraiche. Vérifier l’assaisonnement. Le tout est reversé sur les patates, salade et lardons puis mélangé.

Remarquez l’intérêt grandissant du chien lorsqu’on dépose le lard fumé !

Servir chaud.

Variantes : nous avons utilisé du vinaigre de cidre, mais il existe des recettes au vinaigre de framboise et miel. D’autres déposent également un oeuf poché sur la préparation, il peut remplacer la côtelette.

 

Déposer les patates dans un grand saladier.

Verser les lardons chauds sur les patates et la salade. Le chien a senti les lardons…

La frisée et les oignons

Recouvrir les patates de la demi salade et des oignons ciboule.

Après avoir mis le chien dans l’arrière-cuisine et recuit la graisse des lardons, ajouter le vinaigre et la crème fraiche. Puis mélanger le tout.

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Voilà, si vous avez des variantes ou suggestions, nous serons heureux de les entendre via les commentaires.

Le charbonnier : mi homme – mi démon

Le charbonnier : mi homme – mi démon

Le charbonnier : mi homme – mi démon

Le charbonnier : mi homme – mi démon

Il y a quelques décennies déjà que la forêt ne connaît plus l’odeur des fauldes, et qu’il ne reste plus guère du charbonnier que quelques expressions dont l’origine est en passe de devenir définitivement incompréhensible pour ceux-là même qui les emploient à l’occasion. Allons donc à la rencontre des charbonniers, maîtres chez eux, avant que la mémoire se perde.

 

Si tous les métiers de la forêt recèlent leur part de mystère, souvent entretenue par l’environnement forestier lui-même, celui de charbonnier occupe une place particulière entre toutes. Car ceux-là vivaient en forêt plusieurs mois par an, farouches et ressemblant à autant de démons avec lesquels ils partageaient la science du feu.

Dans la hutte qu’il construisait, le charbonnier était bel et bien « maître chez lui », s’affairant nuit et jour autour de la faulde tandis que sa famille procédait aux activités parallèles, conduisant les brouettes, réparant les sacs, sciant les bois destinés à être transformés, cordant les stères et veillant sur le quotidien. Rude quotidien, on s’en doute, dans une promiscuité qui ne laissait guère de place aux grandes envolées lyriques.

 

Hutte de charbonnier, de bûcheron, de sabotier

Hutte de charbonnier, de bûcheron, de sabotier. Les travaux forestiers se faisaient en équipe, et en famille.

 

La plupart des charbonniers exerçaient, hors saison, la profession de sabotier ou de bûcheron. Et certains villages se vidaient littéralement lorsque celle-ci arrivait, à l’image de Presgaux (Thiérarche), où 31 ménages émigraient alors vers les huttes de la forêt.

Tout près de celles-ci, la faulde était tenue à l’œil sans relâche : il ne faut pas confondre quelques morceaux de bois carbonisé avec du charbon de bois. La confection de celui-ci répondait à un savoir-faire précis ne laissant aucune place à l’improvisation.

 

LA FAULDE SANS FAUTE

Le charbonnier délimitait tout d’abord la surface de base de la faulde en plantant un bâton en son centre et, au départ de celui-ci, en comptant un nombre égal de pas déterminant autant de rayons permettant de tracer la circonférence de base. L’aire était alors ratissée, égalisée, et la faulde toujours replacée au même endroit par la suite. Ce qui explique la présence – de plus en plus résiduelle, il est vrai – d’espaces circulaires à la flore particulière dans nos forêts.

 

Hutte d'ouvrier des bois

Les travailleurs des bois installaient toute la famille dans la hutte durant la période d’exploitation de coupe forestière.

 

L’opération suivante consistait à planter trois piquets de la hauteur terminale de la faulde, entourés de rondins empilés triangulairement (croisades) constituant la cheminée autour de laquelle une trentaine de stères étaient empilées verticalement, en bûches de 80 à 90 cm. Le fourneau était ainsi formé, dont les bois les plus fins formaient une manière de coque recouverte de feuilles puis enfin d’une couche de terre. Le charbonnier avait entre temps ôté les piquets centraux et recouvert la cheminée par une tôle ou un gazon.

Pour la mise à feu, il montait à l’échelle, ouvrait la cheminée, prenait une pelle de feu et la descendait, puis il faisait glisser au fond un premier sac de braisettes enfoncées jusqu’au fond à l’aide d’un pieu appelé « avalwè » (avaloir). Cette opération était renouvelée une seconde fois deux ou trois heures plus tard.

La mise à feu terminée, l’évolution du feu devait être surveillée nuit et jour par les charbonniers qui montaient sur la faulde deux ou trois fois par jour, recouvrant la cheminée pour éviter toute entrée d’air. Au bout du deuxième jour, le feu devait être arrivé au sommet de la faulde, qui commençait à fumer.

Le troisième jour, les fauldeurs grimpaient sur la meule et marchaient sur toute la surface. Si celle-ci s’affaissait, ils comblaient les défoncements avec de la terre pour éviter le feu. Le soir, ils veillaient l’apparition des « feuwèes » signalant l’activation du feu à un endroit précis. Celui-ci était dirigé par une douzaine de « trous de pied » à la base de la faulde, ouverts ou bouchés en fonction de l’activation. La faulde était protégée du vent par de grands cadres recouverts de paille ou de sacs : les paillassons.

Le quatrième jour, le feu était cuit et les charbonniers veillaient à ce qu’il n’y ait aucune « feuwette » jusqu’au complet refroidissement. la tête centrale annonçait la qualité du charbon de bois : si elle était trop grosse, le feu avait été trop vite et le charbon serait de moindre qualité.

Une fois la faulde refroidie, les morceaux de bois du pied (piétons) étaient enlevés, la butte peignée et frappée à l’aide d’un râteau à tête large (buchwè) de manière à l’égaliser. Une fois la poussière enlevée, le charbon était prêt à être tiré.

 

EXTINCTION DES FEUX

Comme on peut s’en douter, la confection de savants barbecues dominicaux ne constitua longtemps qu’une partie très anecdotique de l’utilisation du charbon de bois. Celui-ci servait surtout pour la cuisine, le repassage (dans ce type de fer à repasser à couvercle que l’on retrouve encore quelquefois sur les brocantes), le zingage et l’usinage du cuivre.

 

Meule de charbon de bois

La meule est terminée, on va pouvoir la couvrir de terre et y bouter un feu doux. Et puis, l’homme de droite pourra allumer sa pipe 🙂

 

Après la guerre de 14-18, l’électricité et le gaz ont commencé à le supplanter. Et si la guerre suivante rendit un peu d’air aux charbonniers, ce ne fut que de manière très provisoire : le progrès technique a mis petit à petit un terme à cette activité comme à tant d’autres.

Aujourd’hui, ce sont des fours industriels qui produisent le charbon de bois. La masse y a gagné, mais ce fut au détriment de la qualité.

Au détriment d’un type bien particulier de forestier, aussi. Restent quelques sites remarquables par la persistance des traces, quelques reconstitutions plus ou moins heureuses, et, surtout, une légende.

Rencontrant naguère un vieux paysan, je lui demandai ce qu’il pensait de l’évolution des métiers de la terre. La réponse fut sans équivoque : « Plus dur, ça oui. Plus physique. Mais il y avait tout le temps du monde dans la campagne et dans les bois. On s’entraidait, on causait, et ça t’obligeait à réfléchir avant de te mettre en brouille avec quelqu’un. Et puis, surtout, on avait le temps : tu ne savais pas aller plus vite que les saisons, ou que ton cheval. Aujourd’hui, tu ne vois plus grand monde et quand tu vois quelqu’un c’est en coup de vent, à travers une cabine de machine ».

Nostalgie ? Chaque époque a les siennes. Mais il est clair que la mécanisation – contrairement à sa vocation première – ne libère que très relativement les individus. Et qu’elle tue les personnages. Le charbonnier en était un, de fameuse stature.

 

Ecrit par :Patrick Germain 11-11-2008
Source :« En Fagne et Thiérarche » – T 11 – 1970 – Cercle d’histoire régionale de Presgaux.
La photo de l’entête appartient à la collection personelle de Mr Lemaire de Stavelot. L’origine des autres photos est inconnue.

 

Agapit Delmont, le dernier faudeu

 

Agapit Delmont, le dernier faudeu

Agapit, fut très certainement le dernier charbonnier d’Ardenne à produire le charbon de bois de façon artisanale. Il vécut dans les bois des Hauts-Buttés en Ardenne française jusqu’en 1979.

Voyez un reportage de 35 minutes diffusé sur la RTBF en 1978 :

https://www.sonuma.be/archive/chants-de-la-foret-d_ardenne-du-13011979

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Le sorbier des oiseleurs

Le sorbier des oiseleurs

Le sorbier des oiseleurs

Le sorbier des oiseleurs

 

De tous les arbres du genre « sorbus », le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est certainement un des plus présent en Ardenne(s), et certainement le plus apte à se développer dans les landes et les forêts locales. C’est un arbre un peu timide et sans prétention, il se montre discret, sauf lors des années de forte fructification ; alors, ses baies rouges éclatent en feu d’artifice aux yeux des promeneurs.

 

Le régal des oiseaux

 

Répondons immédiatement à la question principale : pourquoi « des oiseleurs ? ».
En été, le sorbier se distingue par ses fruits que sont les petites baies rouges qui crèvent parfois le vert forestier ou le bleu du ciel. Ces baies qui peuvent persister jusqu’aux gelées de l’hiver ont un grand pouvoir attractif sur différentes espèces d’oiseaux, principalement à l’occasion de leurs longues migrations. Parmi ces espèces, les grives qui traversent nos régions par centaines de milliers dès septembre pour rejoindre leurs quartiers d’hiver. Dans le passé, les grives étaient très prisées par les tendeurs pour leur goût délicat au palais des gourmets. Les baies de sorbier constituaient donc l’appât idéal pour les tendeurs aux grives qui utilisaient des collets (appelés aussi des lacets) pour capturer cruellement ces oiseaux par étranglement. Comme c’est sympathique ! La tenderie aux grives est désormais interdite en Belgique mais une pratique encore plus inhumaine, la chasse à la glu, se perpétue hélas encore en France au nom de la tradition. Nous vous laissons le soin de juger le bien-fondé de l’argument.
Un commerce de baies s‘était d’ailleurs développé à l’usage des tendeurs. Un commerce suffisamment florissant pour que le gouvernement prussien, qui au 19 ème siècle occupait les régions à l’est de Malmedy, encourage la plantation de sorbiers le long des routes afin de tirer un revenu de la vente des baies.

 

 

Un grive dans son garde-manger de baies de sorbier

Les baies de sorbier persistent longtemps après fructification, une aubaine pour les grives. Photo de Harry Mardulyn.

 

Le merle au sorbier

Une aubaine pour les grives,… et pour les merles. « Faute de grive, on photographie des merles », c’est bien connu – Photo de Harry Mardulyn.

 

 

 

… et le régal des abeilles

 

Le sorbier est également un arbre mellifère, il attire volontiers les abeilles et autres insectes qui participent à la pollinisation des plantes. Ces visiteurs sont bien-entendu suivis par d’autres oiseaux qui s’intéressent plus à la chasse aux insectes qu’à la consommation des baies.
Par ses propriétés favorisant la biodiversité, le sorbier est remonté dans l’estime de l’administration forestière qui en a longtemps négligé la culture.

 

 

 

Sorbier et gelées

Les baies de sorbier résistent bien aux gelées hivernales

 

 

Le bois du sorbier

 

Le sorbier est plutôt considéré comme un grand arbuste, une hauteur de dix à quinze mètres est la hauteur de maturité. Il aime la lumière pour se développer, c’est la raison pour laquelle on le trouve souvent en lisière de parcelle forestière, dans les landes et les fagnes ou encore comme recru naturel sur les parcelles d’épicéa exploitées en mise à blanc (parcelles où tous les arbres sont abattus en une fois lorsqu’ils sont arrivés à maturité commerciale). Son bois est peu valorisé, pourtant il n’est pas dépourvu de qualités. Par sa dureté et sa compacité, avec un aubier légèrement rougeâtre et un cœur brun plus sombre il est apprécié en sculpture. Il pouvait être également utilisé pour fabriquer des engrenages et des moyeux de roues en bois, à condition de trouver des arbres d’un diamètre suffisant. Sa texture douce au toucher en fait un matériau idéal pour les outils en bois ; enfin, c’est dans la fabrication d’instruments de musique qu’il est encore souvent utilisé.

 

Un sorbier vénérable

Qui a dit que les sorbiers n’étaient pas longévifs ? Voici un vieux spécimen dans la région de Lierneux. Vu son âge, il y a fort à parier que son tronc est creux

 

Le sorbier à la cuisine et dans la pharmacie

Si les baies de sorbier sont un régal pour les grives, les gouter crues ne nous fera pas chanter de joie comme la grive musicienne; ce n’est pas très bon. Ce n’est pas non plus un poison violent, un enfant ne courra pas grand risque à en ingérer quelques-unes, un effet laxatif apprendra aux gamins qu’il vaut mieux cueillir des myrtilles. Cependant, une ingestion en grande quantité pourrait provoquer une détresse respiratoire. Le risque est toutefois limité puisque manger les fruits n’est pas du tout agréable.
Ce sont surtout les fruits des cousins du « sorbier aux grives », les cormiers et autres alisiers, qui peuvent être utilisés cuits en compotes ou marmelades, mais ce n’est pas très courant. La cuisson rend inoffensive l’action des légers poisons qui causent les effets décrits plus haut.

 

Baies et feuilles de sorbier des grives

Baies et feuilles de sorbier des oiseleurs. Les feuilles sont dites pennées. Elles sont composées de 10-15 folioles finement dentées jusqu’à la base.

Les peûs d’havurna, les peûs d’tchampinne

En Belgique, la tenderie spécifique aux grives est interdite depuis les années ’60. En 1993, l’interdiction de la capture s’est étendue à toutes les espèces d’oiseaux migrateurs, par quelque technique que ce soit.
Jusqu’alors, la tenderie était un loisir de petites gens. Les bourgeois chassaient, les ouvriers tendaient.
C’est de cette époque, celle où papa tendait le dimanche, que m’est restée dans l’oreille la formule des « peûs d’havurna », les pois de sorbier qui étaient toujours mis à sécher au grenier et utilisés pour attirer les oiseaux. Pauvres oiseaux.

La prise de conscience environnementale, les empoisonnements causés par les pesticides agricoles et les larges abus perpétrés par les braconniers ont amené à interdire la pratique.
Si la tenderie officielle est devenue prohibée en Ardenne belge et dans tout le pays, le braconnage subsiste. En 2018 encore, une saisie record de 670 oiseaux eut lieu en région verviétoise. Il existe encore de véritables réseaux organisés pour écouler les prises.

Tout ça est bien loin de la tenderie de Papa ou de mon vieux voisin décédé aujourd’hui, que je voyais de temps en temps revenir discrètement du bois avec une petite besace récupérée de l’armée américaine. Que pouvait-elle bien contenir ? Une grive ou deux et un « lacet » fait de crin de cheval, certainement. Mon vieux voisin est pardonné, il était de cette génération qui cultivait un autre rapport avec la nature. Autres temps, autres mœurs. C’est différent maintenant, et c’est bien ainsi.

 

Il est appelé  « Branzière » en Ardennes françaises et « Pêtchi » en wallon de Saint-Hubert.

François Rion – Mediardenne 2020

Sources et biblio :
2014 l’année du sorbier – SPW éditions
Arbres et arbustes de nos forêts – Vedel, Lange & Luzu – Editions Fernand Nathan
La flore médicale wallonne – Robert Boxus (1939)
Les plantes de la Wallonie malmédienne – Abbé Joseph Bastin (1939)

Merci à Harry Mardulyn pour les corrections, les conseils et les photos.

Voir la vidéo de Harry Mardulyn et Lohan Duchâteau : Les baies d’automne.

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Les grandes heures de Spa, histoire d’une ville d’eaux

Les grandes heures de Spa, histoire d’une ville d’eaux

Les grandes heures de Spa, histoire d’une ville d’eaux

Un très bon film historique sur Spa proposé par l’univeresité d’Evry ( Paris) sous la conduite du professeur Stéphane Blond.

Après un rappel historique sur Spa au 18ème siècle, le film suit une promenade virtuelle de plus de cinq kilomètres à travers l’environnement naturel de l’Ardenne belge avant le 20 ème siècle, avec pour étapes les sources et les fontaines !

Les objectifs scientifiques et historiques de ce projet portent sur l’analyse de l’exceptionnelle attractivité dont bénéficie la ville de Spa au cours du XVIIIe siècle. En effet, chaque année, la cité de la principauté de Liège accueillait des centaines de visiteurs provenant du continent européen, avec à la clé une croissance spectaculaire qui lui vaudra le surnom de « Café de l’Europe ».

Fondé sur l’analyse de nombreuses sources historiques, le travail de recherche et de restitution comprend plusieurs volets : un travail d’inventaire par l’accumulation de plusieurs centaines de documents de nature variée (ouvrages, gravures, plans, cartes, listes de visiteurs…) ; la réalisation d’une base de données iconographiques et textuelles; l’analyse comparée des documents ; la restitution en trois dimensions du centre de Spa et des huit sources et fontaines les plus fréquentées (le Pouhon de Spa, le Tonnelet, Nivezé, Watroz, la Sauvenière, Groesbeek, la Géronstère et Barisart).


La photo du titre représente le Pouhon Pierre le Grand vers 1900. L’illustration est issue de Wikipédia, cette image est disponible sur la Prints and Photographs division de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis. Auteur inconnu.

 

Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.

Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.

Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.

Flanqué en lisière de la forêt domaniale du Grand-Bois, le village compte une soixantaine de « feux ». C’est sans doute parce qu’il était à l’écart des voies de communication de grande et moyenne importance et par sa proximité avec la forêt que ses habitants ont hérité du sobriquet de « Leus » (les loups en wallon).

Nous avons deux excellentes raisons de vous présenter Burtonville. D’abord parce que c’est un très charmant village, ensuite  parce que c’est là que siège MediArdenne.

Il faut attendre1574, pour trouver la première mention de Burtonville. Et le dénombrement de 1575 pour en obtenir la première description : «Burtonville, qui sont maisons nouvellement érigées»… disent les registres dans le langage de l’époque. Ces faits, nous dit Gaston Remacle, portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIème siècle.

 

 

Cette imposant bâtiment blanc à l’est du village abritait naguère les douaniers qui gardaient la frontière prussienne toute proche.

 

 

Burtonville serait, semble-t-il, le « village de Burton ». Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIème siècle, comme surnom de «Jehan marteau dicte Burthon», habitant et originaire de l’endroit, et souche de la famille Burton, de Burtonville. Ne faut-il pas y voir une déformation de « Breton » ? Nationalité de l’un des tout premiers habitants de la localité ? C’est ce que semble penser Remacle.
L’extrémité du village, côté Est, compte des maisons fort anciennes, situées au carrefour de deux voies dont l’origine se perd dans la nuit des temps, d’une source où abonde une eau de qualité, et d’un ruisselet issu de Laguespré. La logique tend à faire de ce quartier le plus ancien de Burtonville. Aujourd’hui, le ruisselet est capté et le Laguespré alimente en eau, non seulement le village, mais une bonne partie du centre de la commune.

Ce qui n’empêche nullement les autres parties de la localité de présenter de forts beaux exemplaires de patrimoine bâti régional, où la pierre d’arkose prédomine. Judicieusement restaurées, en activité ou à la retraite, toutes ces constructions témoignent du laborieux passé agricole du village.

 

 

Une restauration dans l’esprit du lieu. Les ardoises découpées en rond sont clouées sur l’extrémité des poutres portant le toit. Le bois est ainsi protégé de la pluie.

La chapelle Saint-Fiacre

Et, pour une fois, l’église est loin d’être au milieu du village.
Elle est toute petite, mais tellement jolie. Bâtie en pierres d’arkose elle aussi, avec des encadrements de fenêtres et du porche en pierre blanche de France et bien-entendu un toit en ardoises. Son architecture dégage de belles proportions, tandis que le ciselage des encadrements fait preuve de finesse et de modestie à la fois.

Elle fut inaugurée en 1880, sur l’emplacement d’une précédente chapelle bien plus modeste encore.

A peine fut-elle terminée qu’une anecdote la priva du vicaire qui avait lui-même initié la construction de l’édifice.

Nous sommes à la Saint-Isidore, une soirée dansante et un cabaret s’étaient organisés dans une grange à deux pas de la chapelle. Le vicaire Raskin  – puisqu’il s’agit de lui – était très strict sur la conduite à tenir par ses ouailles. Il se posta donc pour observer qui s’adonnait à ces festivités fort peu chrétiennes, et le dimanche suivant lors de la messe matinale, il enguirlanda et montra du doigt ces jeunes fêtards qu’il considérait comme dépravés.

Cela ne plut évidemment pas du tout à la jeunesse, dès les vêpres (la messe du soir) du même dimanche, ils menèrent un tel chahut, menaçant le prêtre que celui-ci dut interrompre l’office et décamper. Un des frondeurs aurait, dit-on, commis le sacrilège de cracher sur l’Autel.

Informé des faits, l’évêché prit la décision de déplacer le vicaire et de priver le village de la parole divine. Ce n’est que trente ans plus tard, en 1910 qu’un nouveau prêtre prit ses quartiers à Burtonville.

Aujourd’hui, une seule messe est encore célébrée dans l’année, appelée la « messe des morts », elle a lieu le lundi de la fête du village (la Saint-Fiacre), le premier lundi de septembre.

 

La chapelle Saint-Fiacre.

La chapelle Saint-Fiacre.

 

Le porche de la chapelle Saint-Fiacre

L’encadrement du porche, comme ceux des fenêtres sont en pierre de France et sculptés sans prétention mais avec très bon goût.

 

La bataille.

Comme tant d’autres villages ardennais, Burtonville fut ravagé lors de l’Offensive des Ardennes. Dès le début de la contre-attaque allemande (le 16 décembre 1944), le bruit des canons se fit entendre au loin ; jusqu’au 18 janvier 1945, date à laquelle les GI’s libérèrent définitivement le village. Plusieurs bâtiments furent atteints ou détruits, ainsi la ferme qui abrite aujourd’hui MediArdenne fut-elle entièrement rasée par un incendie et le cheptel périt dans les flammes. Les victimes civiles furent nombreuses dans tout le village, huit personnes seront atteintes par des obus ou fusillés sur les chemins et les ruelles. Le curé d’alors fut attaché à l’extérieur et abandonné au gel de l’hiver, il en mourut. Sa servante, choquée et probablement maltraitée le suivit rapidement.

 

 

La ferme incendiée

Celle que les voisins appelaient « la grosse ferme » ou « la ferme Lambert » fut incendiée volontairement par les soldats américains. Ils ignoraient que plus de 60 personnes civiles étaient réfugiées dans les caves. Tous les civils ont pu se sauver dans d’autres caves du village avant que les américains ne lancent l’attaque pour la reprise du village. C’est pour éclairer la scène d’action qu’ils avaient tiré des balles incendiaires vers le bâtiment.

 

La ferme rénovée

On distingue encore nettement le sous-bassement à partir duquel le bâtiment à été reconstruit.

 

En 2005, lors du centenaire de la fondation du comité des fêtes du village – qui porte toujours le même nom : l’Aurore – les habitants érigèrent un monument à la mémoire des victimes civiles et militaires tombées sur le territoire de Burtonville. Comme il se doit, le monument est constitué d’un piétement en pierres maçonnées et d’un énorme bloc d’arkoze. Sur celui-ci sont apposés les noms des habitants disparus ainsi qu’un hommage au soldats de la 75e division US qui libéra le village.

 

En 2015, le village participa activement aux commémorations du 70éme anniversaire de la Bataille des Ardennes qui eurent lieu à travers toute la région. De nombreuses personnes présentent à Burtonville durant ces événements tragiques avaient répondu à l’appel.


Téléchargez la brochure éditée lors des commémorations de l’Offensive en 2015

burtonville-brochure-commemoration-2015


La proximité de la forêt

 

 

Influencés par le cadre forestier qui baigne le village, de 1996 à 2006, les habitants organisèrent chaque année un concours de débardage au cheval. Dans une série d’épreuves d’adresse et de puissance, les concurrents reproduisaient le quotidien du couple homme-cheval qui sont chargés d’extraire de la forêt les grumes abattues par les bûcherons.

Près d’un siècle plus tôt, les agriculteurs s’étaient déjà réunis pour former une coopérative agricole, la bien nommée : « Les Bords de la Forêt. »

 

Dans les années ’70, l’agriculture était encore une activité familiale paisible. Les cruches à lait attendent l’heure de la traite. A coup sûr, le lait sera gardé au frais.


Fr Rion – 2017

Sources :
Vielsalm et ses environs – Gaston Remacle – Commune Vielsalm – 1957
Burtonville autrefois – Marcel Dewalque
… et le fait de se réveiller et de s’endormir tous les jours dans ce beau village…

 


Où est Burtonville

Burtonville

Burtonville

Burtonville

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Le genêt à balais, un colon ardennais

Le genêt à balais, un colon ardennais

Le genêt à balais, un colon ardennais

Le genêt à balais, un colon ardennais

Végétal du printemps, la floraison du rude genêt à balais parsème d’éclats jaunes plus ou moins étendus l’émeraude dominant les paysages d’Ardenne. Allons à sa rencontre.

Peut-on trouver végétal plus emblématique du printemps ardennais que le genêt à balais ? Il était naguère impensable, pour un visiteur s’en retournant vers les basses-terres, de ne point adorner la calandre de son automobile de quelques branches fleuries attestant son passage en Ardenne. La mode a passé avec celle des belles carrosseries dont les chromes rutilants faisaient la joie des petits et des grands.

 


Une pratique qui a disparu : décorer les pare-chocs des voitures d’un bouquet de genêts fraîchement cueilli.

 

Ceci dit, je ne surprendrai pas grand monde en énonçant que ledit genêt doit son qualificatif à l’intervention de ses rameaux séchés dans la confection des ramons (ou balais, en français commun) spécialisation qu’il partageait avec les ramilles de bouleau.
Moins nombreux sans doute sont ceux qui conservent le souvenir des abris recouverts de genêts, qu’un art consommé de l’agencement rendait  imperméables aux intempéries. Il en est encore, çà et là, mais le tour de main se perd et c’est ma foi bien regrettable.

Pour le reste, ce rude gaillard fait partie des colonisateurs-nés s’emparant allègrement des friches, essarts et autres bords de chemins auquel il apporte un son et lumière estival du meilleur aloi. Occupation des sols oblige, ces refuges deviennent moins courants et le genêt avec eux, dont le claquement des gousses fait partie des ambiances estivales au même titre que le froissement des sauterelles dans l’air brûlant chargé d’odeurs.
Il atteint une hauteur de 1 à 3 mètres, rarement davantage. Le diamètre des branches maîtresses peut atteindre de 5 à 10 centimètres, elles se ramifient d’abondance et portent de petites feuilles caduques tandis que la floraison s’étend de mai à juin.

 

D’un jaune presque aveuglant.

 

Côté médicinal, on lui reconnaît depuis toujours une efficace action tonicardiaque. Cette propriété a été confirmée depuis qu’on en retire la spartéine, alcaloïde fort précieux. C’est aussi un excellent diurétique permettant l’élimination des chlorures et on en recommande l’emploi contre la goutte, les rhumatismes, l’hydropisie ainsi que dans les affections pulmonaires comme les pleurésies et la pneumonie et enfin pour élever la tension artérielle trop basse.
Complet et utile, sans doute, mais à n’utiliser qu’avec précautions : la cytisine et la spartéines sont toxique pour l’homme même si le bétail s’en accommode très bien.

 

Il colonise volontiers les espaces déboisés. Ici, sur les hauteurs de La Gleize en montant vers Spa.

 

Et enfin, faut-il estimer rassurant, à l’heure où la chasse aux essences exogènes envahissantes sévit en Ardenne, de savoir que notre cher genêt à balais est considéré comme une vraie peste en Californie et en Nouvelle-Zélande ? Après tout, pour peu que l’on se penche sur les multiples disséminations végétales et animales consécutives aux croisades, par exemple, l’actuelle extension des berces du Caucase et autre balsamine de l’Himalaya n’a rien d’exceptionnel.

Patrick Germain

Le genêt et le bétail

Bien avant que les animaux d’élevage ne passent l’hiver dans des étables équipées de citerne à lisier directement sous les bêtes, la paille était rare en Ardenne. L’agriculteur offrait  un peu de confort à ses bêtes avec ce qu’il trouvait sur place, les fougères, les feuilles mortes, la bruyère et le genêt. Ces plantes étaient récoltées et séchées durant la bonne saison, comme la paille ou le foin. La dureté des tiges du genêt, si c’était une qualité pour la fabrication des balais, nécessitait un traitement « assouplissant ». Les fagots de la plante étaient étalés sur les chemins et dans les ornières creusées par le passage fréquent des chariots attelés. Ainsi, les pas des bœufs, des chevaux et les lourdes roues en bois écrasaient les tiges et en faisaient une litière d’une douceur acceptable et plus absorbante.

Bouquet de genêts

Nos lecteurs ont bien travaillé sur la page Facebook de Mediardenne.

Odile nous rappelle qu’on se servait des fagots bien séchés pour allumer les poêles et surtout les fours à pain. Avec les tiges défibrées, on pouvait aussi tresser des cordages.

Brigitte nous parle de teinture à partir des fleurs, mais il semble qu’il s’agisse d’une autre variété de genêt:  Genista tinctoria, alors que notre genêt à balais porte le nom latin de Cytisus scoparius.

Agnès se souvient que es fleurs étaient récoltées pour les petites filles qui les lançaient lors des processions aux reposoirs dans les villages à la fête du Saint Sacrement. Les rameaux séchés étaient utilisés pour nettoyer les « buses » (les tuyaux) d’évacuation des fumées des poêles à bois.

Et, plus surprenant, Philippe note qu’il était aussi utilisé, non fleuri, dans les cas de diarrhées des lapins domestiques…

Genets sur une mise à blanc


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20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

Restauration d’un toit en chèrbins à la ferme de Filly – Vidéo

Restauration d’un toit en chèrbins à la ferme de Filly – Vidéo

Restauration d’un toit en chèrbins à la ferme de Filly – Vidéo

Le chèrbin, prononcé hèrbin en Ardenne liégeoise et dont le nom signifie « éclat » en allemand (« scherben »), est une pièce d’ardoise en forme d’écaille asymétrique dont la découpe implique une pose particulière : toujours entamée en bas de versant sur la droite, elle gravit la toiture en diagonales parallèles jusqu’au faîte sur la gauche en recouvrements progressifs, tout en diminuant la taille des chèrbins et du pureau (partie non recouverte de l’ardoise). Le chèrbin présente une courbure à son point inférieur, de manière à conduire l’eau du haut vers le bas.

Un film de l’asbl Cultura Europa en 1996

Durée : 8.43 mn.

 

A visionner en plein écran : cliquez sur cet icône  qui apparait dans le fond à droite lorsque vous passez la souris sur la vidéo.

 

Le goût de l’écorce

Le goût de l’écorce

Le goût de l’écorce

Le goût de l’écorce
Un poético-documentaire de Martin Dellicour

Martin Dellicour et son équipe nous emmènent chez Joost, aux sources de l’Ourthe, pour un somptueux film au cœur de l’Ardenne. Dix minutes (et quelques…) d’immersion totale là où vivent Joost et ses voisins : les blaireaux, castors, bernaches, chevreuils et renards. Ils partagent la forêt et la rivière en bonne entente. Les surprenantes images de castors ont demandé plus de quarante heures de « planque » au bord de l’eau. Avec ce poético-documentaire, Martin Dellicour entame une série qui nous conduira à la rencontre d’artistes et artisans qui puisent leur énergie et leur créativité dans la vie sauvage et les paysages de l’Ardenne.

A visionner en plein écran : cliquez sur cet icône icone-plein-ecran-blanc qui apparait dans le fond à droite lorsque vous passez la souris sur la vidéo.

Le goût de l’écorce : Avec Joost Vanvoorden | Réalisation : Martin Dellicour | Image & son : Anne Leidgens, Martin Dellicour | Musique : The Deranged Pinguins (Reprise de Timber Timbre), Tenacious Orchestra

www.ardennesauvage.be

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Le brame

Le brame

Le brame

Rendons une visite – distante – à Sa Majesté le cerf au moment où il fait trembler la forêt d’Ardenne au rythme d’une fête sauvage dont les échos venus du fond des âges réveillent, même chez l’homo internetus, d’étranges sensations.

“ La fièvre l’a saisi à l’improviste, un soir de septembre (…) il a senti l’odeur des biches, et l’impétueux instinct a soudain transformé son comportement. D’abord, il a apaisé sa nervosité avec de furieux coups de tête sur le premier arbuste qu’il a rencontré en quittant sa reposée (…) puis, il s’est brusquement retourné, a vu son compagnon habituel marcher sur ses talons. Pendant un long moment, il l’a toisé d’un regard dont toute aménité était absente. Voila que, subitement, cette présence, pourtant appréciée pendant tout l’été, lui était devenue insupportable „

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Ils se toisent

 

En quelques lignes, Roger Herman (1) vient de brosser le portrait psychologique du premier rôle de ce qui constitue sans doute l’événement le plus impressionnant de l’année ardennaise : au sombre des forêts le brame peut commencer ; drame épique dont les échos se répercutent depuis le fond des âges avec une même force brute, chargé d’émotions contradictoires auxquelles nul ne peut échapper en ses intimes

Sinon, comment expliquer cette mystérieuse pulsion qui, quelques semaines durant, va faire affluer vers l’Ardenne et ses forêts plusieurs milliers de personnes de tous âges et de tous sexes ? Comment expliquer que le plus blasé des coureurs de bois ne peut rester indifférent à ce qui, somme toute, ne constitue qu’un instant de l’année parmi d’autres sans cesse renouvelés?
Car, au fond, le brame n’est jamais que le rut du cerf. Notre plus grand mammifère sauvage, certes, et le plus expressif en la matière sans doute, mais encore ?

 

LE BRAME : MODE D’EMPLOI

 

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En voilà des manières !

 

Pour ce qui concerne les faits, le brame correspond à une période allant grosso modo du début septembre à la fin octobre, durant laquelle les cerfs en majesté rejoignent les hardes de biches en vue de s’accoupler. Le reste du temps, ils vivent seuls, ou en petits groupes.

D’un tempérament généralement flemmard, le cerf titillé par ses hormones devient alors un personnage irascible qu’il est très fortement déconseillé de rencontrer au détour d’un taillis sans avoir pris rendez-vous : quand quelque 150 à 200 kilos d’os et de muscles pour un mètre cinquante au garrot, surmontés d’une tête de furieux pourvue de bois redoutables quel que soit le nombre de leurs andouillers, décident de vous faire part de leur plus vif mécontentement, ça craint, croyez-m’en ! (voir anecdote)

 

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Lorsque vous assistez à une telle scène, il y a vraiment intérêt à rester à distance.

 

Bref, restez prudemment en-dehors du coup, laissant à ces messieurs le soin de s’expliquer en comité restreint. Un rituel immuable qui débute par un stade d’observation durant lequel les seigneurs en présence vont se jauger, avant de fuir ou de se rentrer littéralement dans le lard, entrechoquant leurs bois avec une violence inouïe car le combat ne mettra jamais en lice que des adversaires de puissances similaires. Il peut durer plus ou moins longtemps, selon la vigueur des cerfs aux prises et/ou la gravité des blessures reçues. Quelquefois, tous deux mourront d’épuisement, le bois inextricablement entremêlés. Tout qui, même à distance, a pu entendre le choc des ramures, peut se faire une idée de la sauvagerie de l’affrontement.

 

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Les grondements dans la forêt.

 

Les grondements rauques qui résonnent alors dans la forêt constituent à la fois une manière de revendiquer le territoire avec les femelles qui s’y trouvent, et de provocation envers les rivaux potentiels. Avec un peu d’oreille et de pratique, il est possible de les bien imiter à l’aide du verre d’une ancienne lampe à pétrole. Mais ne venez pas vous plaindre ensuite si vous vous retrouvez contraint de passer la nuit dans un arbre

 

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Le repos du seigneur

 

Ceci dit, vous y auriez tout le temps de compatir au sort du Seigneur de nos forêts qui, non content d’en prendre plein les ganaches pour conquérir son harem est ensuite contraint de veiller doublement au grain. Premièrement parce que les biches ne sont – individuellement – réceptives qu’une seule journée par an ; et deuxièmement parce que les cerfs plus jeunes, qui ont assisté de loin au choc des Titans, ne se privent pas de leur faire à l’occasion un (en)faon dans le dos.

 

LE GRAND CORNU

Voilà qui nous dresse le portrait d’un animal “ solaire „ brillant lors du brame d’un feu “ fixe „ qui, comme tous ceux de son espèce, peut à la fois être générant et destructeur dans un même élan. D’un animal qui impose le respect par sa stature et son allure, tout en représentant à bien des égards une puissante métaphore de la vie. De là à en faire un dieu il n’y a qu’un pas.

 

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Cernunos : la divinité

Franchi depuis plusieurs millénaires, les meilleures sources s’entendant pour prêter à la divinité celtique Cernunos une antériorité historique qui en fait sans doute, avec les divers avatars de la Terre-mère, l’une des plus anciennes du Panthéon occidental. Tout ceci pourrait n’être malgré tout que pure spéculation si Cernunos, avec quelques autres comme Épona, n’avait par ailleurs fait l’objet d’une christianisation insistante dont la figure la plus célèbre est sans conteste le cerf de saint Hubert. Et ça, c’est un indice de taille.
Quant à savoir s’il existe un lien entre le brame et le sabbat qui, avec ses bacchanales, ne serait que l’avatar dévoyé de rituels plus anciens, c’est une autre histoire. Reste qu’il existe de troublantes similitudes.

À titre purement personnel, mes affinités électives iraient plutôt dans le sens de la vision que Jean-Claude Servais a donné du brame au mois de septembre (2) de son “ Almanach „. Très émouvant.

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Jean-Claude Servais : « L’Almanach » – Septembre / Adrien

Alors, au bout du compte, trouvez donc votre chemin vous-mêmes dans l’infinité de lectures possibles qu’offre un symbole. Laissez-vous imprégner par l’ambiance du brame en commençant par les odeurs et le climat de la forêt d’Ardenne à l’automne ; montez en puissance avec le cerf en ne négligeant aucune sensation, fut-elle dérangeante pour la morale du temps, car nul ne connaît la lumière s’il n’a affronté l’ombre. Que chaque froissement, chaque odeur, chaque cri, chaque choc rapporté par l’écho, pénètre en vous jusqu’à en devenir intime. Vous fasse prendre conscience de votre unité avec le tout. Il se peut bien qu’alors des choses surprenantes se produisent en vous et autour de vous. Attentifs, Pèlerins, soyez attentifs.

 

AU CERF,  LA BIÈRE !

Bien-sûr, tout ceci suppose idéalement que vous ayez le bonheur de découvrir le brame seul, ou en compagnie d’un familier de la forêt qui saura vous guider et, le cas échéant, vous protéger.
Car on ne martèlera jamais assez, tout particulièrement à cette époque, le vieil adage de vénerie : “ au sanglier, le mire (médecin) ; au cerf, la bière (rien à voir avec le houblon) „ !

À défaut, il vaudra donc mille fois mieux rejoindre l’un des nombreux groupes de naturalistes qui organisent des soirées “ brame „ voire l’un des lieux de concentration tolérés par la DNF, que prendre des risques inutiles : l’instant recèlera de toute manière sa part d’intense magie.

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Texte Patrick Germain / 2007
Crédit(s) iconographiques :Jean-Claude Servais
Photos : Daniel Pigeon
Voir la page Facebook de Daniel
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Anecdote

Je dois au maître-traqueur José Léonard l’une des trouilles de ma vie lorsqu’un jour de battue en Hertogenwald il me chargea de “ rester pour retenir les chiens „ au sortir d’une clôture à gibier mal fermée dans laquelle il rentra en prononçant le “ on ne sait jamais… „ annonciateur des grands désastres. Quelques instants plus tard, au terme d’une fantasia de branches brisées, de cris et d’aboiements furieux, je me retrouvai nez à nez avec un cerf dont la seule chose que je puisse dire est qu’il était de très méchante humeur et qu’il me laissa juste le temps de me jeter à plat ventre dans un fossé dont je sortis ensuite couvert de boue et d’une verdure poisseuse qui seyait à merveille à mon teint du moment. C’était, me dit-on, un “ beau douze „ et j’avais tenu mon poste jusqu’à l’extrême limite : l’honneur était sauf. C’est fou ce qu’on vous observe, en forêt, dans ces instants de pur hasard…

Source :
•    (1)  “ Bêtes sauvages d’Ardenne „ – Roger Herman – Paul Legrain éd. 1976
•    (2)  “ L’Almanach „ – Jean-Claude Servais – Casterman 1988 – ISBN 2-203-38009-8
•    “ Les Celtes „ – Collectif – EDDL Paris éd. 2001 – ISBN 2-23700-484-6 et “ Chasse – Pêche „ – Cours technique secondaire de l’IPEAFP La Reid 1975


 

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Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Avant l’apparition des matériaux modernes, le schiste fut longtemps mis à toutes les sauces dans une grande partie de l’Ardenne, où on le rencontre à profusion. Cherbins et ardoises, bien-sûr, mais aussi pavements, bacs ou autres abreuvoirs – sans oublier l’art funéraire – contribuèrent ainsi au rayonnement de certains gisements bien au-delà de notre aire géographique. Plus discrets, mais combien typiques, sont les “ponts de chayes„.

 

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Le pont d’Odrimont

 

C’est peu dire que l’aménagement des voiries a profondément remodelé le visage de la campagne ardennaise au fil du temps, et tout particulièrement ces dernières décennies. Quand ils n’ont pas été purement et simplement abandonnés ou intégrés plus moins légalement dans les propriétés riveraines, nombre d’entre eux sont devenus de larges assiettes empierrées, voire asphaltées, aux cours sévèrement rectifiés.
Quelques-uns, pourtant, poursuivent discrètement leurs carrières tout au long de tracés dont l’origine se perd souvent dans la nuit des temps. Voies de pèlerinages ou simples raccourcis entre hameaux, ils constituent autant de vestiges du maillage qui parcourait la campagne aux temps pas si lointains où elle se vivait à pied, ou au pas des chevaux.

 

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Le pont sur la Lienne

 

Les chemins de traverse

Le tourisme lent les a pris en affection, et rien n’interdit de penser qu’ils pourraient bien connaître un regain d’intérêt beaucoup plus basique avant longtemps. Quoi qu’il en soit, leurs cours sont généralement d’un grand intérêt : que ce soit en matière de biodiversité ou de préservation du petit patrimoine, vivre à l’écart de l’agitation ambiante présente quelque avantage.
Ainsi faudra-t-il emprunter les chemins de traverse pour découvrir, voisinant le plus souvent un gué, les derniers exemplaires de ces ponceaux typiques composés d’imposantes dalles de schiste posées sur des piliers de même nature ou de blocs de quartzite. Et les surfaces polies des “ ponts de chayes „, puisque c’est d’eux dont il s’agit, témoignent à suffisance de l’usage intensif dont ils firent longtemps l’objet.

 

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Le pont du Tienmesse, une carte postale de chez « Nels »

 

Certains d’entre eux sont célèbres. Ainsi le pont de chayes du Tiennemesse qui, à Vielsalm, connaît ses heures de gloire annuelles lors du Sabbat des Macralles et quand bien même sa configuration actuelle n’a plus grand rapport avec celle de son imposant aîné.
D’autres accueillent avec une ténacité bienveillante le pas des promeneurs modernes après avoir évité le bain de pieds aux voyageurs de jadis lors de leur traversée de la Lienne, par exemple. À l’occasion, ils permettent même quelques instants de rêverie.

 

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Le pont du Tienmesse aujourd’hui

 

Dans ce coin de Haute-Ardenne, leur imposantes couvertures proviennent des carrières de Joubiébal où l’on extrayait, aisément semble-t-il, des dalles de belles dimensions exportées dans une vaste zone géographique. Il est toujours possible de s’en faire une certaine idée en fréquentant le parc public qui, désormais, occupe une partie de leur emplacement au carrefour des routes de la Baraque de Fraiture et de Sart-Lierneux. Là ou ailleurs, les ponts de chayes auraient sans doute disparu l’un après l’autre si les collectivités locales n’avaient, depuis quelques années maintenant, pris conscience de l’importance de ce genre de témoin du quotidien de nos Anciens. N’hésitez pas à leur confier vos foulées, et à profiter des sensations générées par le cadre bucolique dans lequel ils s’inscrivent généralement.

Ecrit par Patrick Germain 09-01-2008

Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain (Région de Lierneux – et merci à Élisabeth Guillaume pour sa doublement gracieuse collaboration) Sauf reproduction de carte postale : Nels éd.
Source :
•    “ Autour et à l’entour du tram de Lierneux „ – Collectif – Robert Nizet éd. à Vielsalm – 1997 “ Vieilles images sur toits de cherbins „ – Robert Nizet – ibid 1986 – “ Vielsalm „ – Plaquette commémorative éditée à compte d’auteur par Jean-Marie Hurdebise – Vielsalm (année ?) – 129

 

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Le pont d'Odrimont

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Sur la lienne

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La truite, l’anneau et le miracle

La truite, l’anneau et le miracle

La truite, l’anneau et le miracle

Pâques 2016, la Fédération Sportive de Pêche Francophone Belge organise cinq jours de stage à destination des jeunes.
Les 24 stagiaires sont reçus à Engreux, près de Houffalize, mais les séances d’entraînement sont itinérantes. Un peu en eaux vives, au bord de l’Ourthe, un peu en étang.

C’est à l’étang de Basse-Bodeux, à Trois-Ponts que le miracle se produit pour un des plus jeunes stagiaires. Timour a dix ans seulement, mais le gamin est déjà sacrément doué et bardé d’une solide d’expérience (le lecteur pardonnera certaines familiarités de langage et une évidente propension aux superlatifs concernant le jeune pêcheur, mais l’auteur de ces lignes n’est autre que le grand-père du stagiaire…).

Pourtant, ce matin-là, et malgré le talent incomparable du jeune génie de la pêche… ça fait quand-même beaucoup de superlatifs… Soyons raisonnable, ce matin-là, ça ne marche pas très fort pour Timour, les touches se font attendre. Tout à coup, les poignets du garçon vibrent sous « un départ appuyé », une grosse touche courbe la canne. Un poisson de cette force et de cette taille, cela ne peut  être qu’une grosse carpe.

« Non, non c’est une énorme truite, s’écrie un des stagiaires, je viens de la voir »

Au bord de l’étang, y compris chez les moniteurs, l’incrédulité règne ; une truite de cette taille c’est rarissime.
Sous la terrrrible traction, la canne se tord et se courbe mais ne rompt point. La ligne se tend mais le fil résiste à la traction, alors que les nerfs du gamin résistent à la pression. Timour, entouré de ses congénères et rejoint par les moniteurs, travaille le poisson avec l’aide et les conseils des enseignants. Vingt minutes d’âpre lutte se sont écoulées. Tous revivent l’aventure du vieux pêcheur d’espadon qu’Ernest Hemigway a décrite dans le « Vieil homme et la mer ». C’est homérique. (Je rappelle à l’auteur qu’il faudrait y aller mollo avec les superlatifs…)

Et, catastrophe, une fois de plus, le matériel trahit l’homme. Dans un invraisemblable fracas (?), comme le déraillement d’une locomotive à vapeur, la ligne se brise. Ou plutôt, et plus simplement, l’anneau porteur de fil, au bout de la canne, se décroche. Ce qui fait nettement moins de bruit qu’un déraillement, mais pour les acteurs de la scène, le résultat a dû paraître identique.
Le moniteur, Julien, aux réflexes prompts comme doit les avoir un homme d’action, lance sa propre ligne. Il espère emberlificoter son fil à la ligne du malheureux stagiaire. Il y réussit, le diable d’homme (nous verrons plus bas que cette expression est un peu malheureuse). Ainsi à deux, les héros ramènent sur la berge, via une trop petite épuisette, une énorme truite mâle de soixante-trois centimètres. Soixante-trois centimètres ET DEMI précise Timour, en bon pêcheur qu’il est devenu.

C’est seulement à partir de cet instant que l’épopée devient miracle.

Reprenant leurs esprits, les stagiaires immortalisent l’exploit par quelques photos d’usage. La truite combattive retrouve le chemin de l’étang, fatiguée et vaincue mais libre et vivante.

Les pêcheurs entreprennent alors de démêler la victorieuse paire de fils emberlificotés à dessein.
Le croirez-vous : au moment où les cloches de l’église proche sonnaient l’Angélus, stagiaires et moniteurs découvrirent que les fils n’étaient pas le moins du monde emmêlés, mais…, mais… ( j’en perds le souffle) ; mais, que le crochet de l’hameçon de la ligne lancée à la rescousse, s’était glissé à l’intérieur de l’anneau défaillant. Il y avait à peu près une chance sur quinze milliards que cela puisse arriver. C’est arrivé, c’est un miracle, l’Angélus le confirme.

Est-ce étonnant, sachant qu’il y a quelques siècles déjà, à Orval, une truite rapporta l’anneau d’or que Mathilde avait laissé glisser dans l’onde de la fontaine. Décidément, les truites,  l’Ardenne et les miracles sont liés à jamais.


La photo est de Benoit Sottiaux.
Le reportage (plus objectif celui-là) est paru dans « le Pêcheur Belge »  de mai 2016
www.lepecheurbelge.be

 


 

La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

L’Ardenne tout entière est parsemée de croix. Votives ou commémoratives, elles font partie d’un petit patrimoine qui, indépendamment des convictions, vaut d’être protégé.

 

Le 7 juillet 1843, à l’endroit où est érigée la croix commémorative qui porte son nom, gît le corps ensanglanté du brigadier des douanes. Il s’appelait Jean Chmits selon l’épitaphe gravée sur la croix, ou Schmitz selon ce que disent les cartes géographiques. Il semblerait que les cartes géographiques aient raison, car l’acte de décès indique en effet que c’est bien Jean Schmitz qui est décédé ce jour-là.

Il est vrai que le nom de Schmitz – avec le S – est très répandu dans la région, tant dans les familles francophones que du côté germanophone. Le même acte de décès précise que l’infortuné habitait Petit-Thier.

À côté du malheureux douanier, son fusil de service.

Les circonstances restent d’autant plus floues que le temps a passé. Accident ? Suicide ? Ou crime, maquillé en accident ? L’ancienne frontière avec la Prusse se trouve à un jet de pierre : la fraude était alors une activité fort répandue. Les enjeux ne se limitaient pas à quelques paquets de tabac, et la lutte était rude, entre fraudeurs et douaniers. Au point de se terminer parfois tragiquement.

L’Histoire, dans ses zones d’ombre, voisine souvent avec l’imagination.

Il semblerait pourtant que cette histoire soit moins romantique que l’imagination le souhaiterait, Jean Schmitz a été manifestement la victime d’un coup de feu accidentel. De sa propre arme, de l’arme d’un collègue ?

Rien ne l’explique, mais, pourra-t-on prouver si un fraudeur surpris n’y est pas pour quelque chose ?

Puisque c’est à deux pas de là que Marcellin La Garde a situé la saga du « Fraudeur de Tinseubois ».

A vous de mener l’enquête…

 

Croix Schmitz dans le Grand-Bois

On parlera ici d’une « Croix d’Occis » dans la mesure où elle commémore un fait dont la nature criminelle peut être au moins soupçonnée. La croix en schiste, sur laquelle est gravé le nom de Jean Chmitz est solidement fichée dans un muret maçonné, en schiste lui-aussi.

Patrick Germain /Fr. Rion


 

La croix Schmitz

La croix en schiste.

La croix Schmitz

La chapelle de Tinseubois

Le crochet vers la chapelle de Tinseubois vaut le détour.

La chapelle de Tinseubois

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