Il était une fois les Fagnes – l’ABCDaire

Il était une fois les Fagnes – l’ABCDaire

Pendant plus de deux ans, Anne-Françoise Biet vous a proposé une exploration tous azimuts du Plateau des Hautes Fagnes à travers l’ « ABéCéDairE des Fagnes ». Lancée en janvier 2022, cette émission a séduit un large public. Aussi, profitant de la matière collectée et des connaissances glanées auprès des divers experts rencontrés au fil des tournages, Vedia a décidé de produire un documentaire de 52’ qui retrace l’histoire des paysages fagnards mais qui pose aussi la question de leur avenir !

 

 


 

N’hésitez surtout pas à regarder en grand.

6 vues

Le livre

A la suite de l’émission TV, à la suite  de la vidéo, C’est beau éditions vous présente le livre intitulé ABCDaire des Fagnes , travail collaboratif entre la journaliste Anne-Françoise Biet et 3 photographes autour de ce symbole du patrimoine naturel en Belgique : les FAGNES !
Sur le toit de la Belgique, ce haut plateau tourbeux et une réserve naturelle unique en Europe, riche d’un écosystème atypique et de paysages qui en font sa renommée.

Au fil des 26 lettres de l’alphabet et dans l’esprit de l’émission TV éponyme, ce livre nous emmène au travers de nombreuses thématiques à la découverte d’un territoire singulier ô combien pluriel !

Cet abécédaire est une très belle manière de parcourir les Fagnes à la rencontre de son histoire, de ses lieux méconnus ou emblématiques mais aussi de celles et ceux qui y œuvrent au quotidien.

Richement illustré, avec plus de 150 photographies signées Franck Renard, Martin Dellicour et Arnold Brotoka, l’ouvrage témoigne des mille et un visages du Haut-Plateau fagnard.

Le livre est édité, imprimé et relié en Belgique !
Couverture cartonnée, format 20,5 x 26 cm
240 pages richement illustrées
Impression sur un papier d’édition haut de gamme.

 

Trois observations de printemps sur des arbrisseaux de nos campagnes

Trois observations de printemps sur des arbrisseaux de nos campagnes

Trois observations de printemps sur des arbrisseaux de nos campagnes

Trois observations de printemps sur des arbrisseaux de nos campagnes

Les chatons du bouleau

Les chatons sont des inflorescences composées d’un assemblage de très petites fleurs. On trouve sur de nombreuses espèces d’arbres dont le noisetier, le charme, le bouleau…

Le bouleau est une espèce monoïque, ce qui signifie que le même arbre porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles.

Les chatons mâles libéreront le pollen en grande quantité pour féconder les fleurs femelles.
Les chatons mâles sont pendants et de couleur jaunâtres, car chargés de pollen, les femelles sont vert clair, restent dressés pour capter plus facilement les grains de pollen ; ils sont aussi un peu plus petits.

Gare aux personnes allergiques, car les grains de pollen du bouleau sont très fins et se comptent par millions dans chaque chaton. Le vent peut les disperser très loin.

 

Les chatons mâles et les chatons femelles sur un même arbre.

 

Prunellier et/ou aubépine

 

En hiver, ces deux arbustes ne sont pas faciles à différencier. Ils ont tous deux des épines très piquantes. Pour les reconnaître aux bourgeons, il faut une certaine expérience. Et même s’ils ont des fleurs, comme elles se ressemblent tellement, il faut pour le moins une loupe pour faire la différence.

Il y a un cependant indice assez simple pour le reconnaître selon les fleurs.

Un arbuste avec des épines pleines de fleurs blanches et pas encore de feuilles : c’est le prunellier.

L’aubépine quant à elle fera d’abord ses feuilles et les fleurs ensuite.

>>> Des fleurs et pas encore de feuilles : prunellier.

>>> Des feuilles et pas encore de fleurs : aubépine.

 

A la mi-mars, les fleurs de prunelliers sont déjà là alors que les feuilles arrivent très timidement.

Les lichens ne dérangent pas la floraison des prunelliers.

A la mi-mars, l’aubépine est déjà en feuilles, mais encore aucune fleur. Une cenelle a réussi à résister à l’hiver.

Un buisson d’aubépine parmi les autres arbrisseaux.

Les fleurs apparaissent début mai alors que les feuilles sont bien présentes depuis un moment déjà.

 

La viorne obier

En forêt ou des les jardins, la viorne est décidément un arbuste très précieux pour les oiseaux.

En hiver, la viorne obier est un des rares arbustes à conserver ses baies rouge vif (parfois jusqu’à la floraison suivante) que l’on repère dans le sous-bois dénudé.
Cela en fait un garde-manger pour les oiseaux qui passent l’hiver en Ardenne.

 

En automne, les baies de viorne sont en grande forme.

Les baies prennent un coup de froid mais elles persistent en hiver.

Fin avril, les feuilles s’ouvrent en grand et les baies de l’été dernier sont toujours là.

Quelques jours plus tard, les baies se fanent alors que les fleurs apparaissent déjà.

 

19 vues

Chercher un article sur MediArdenne
Laissez-nous un commentaire, une précision…

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

L’Arboretum Robert Lenoir, des couleurs en toute saison | Rendeux

L’Arboretum Robert Lenoir, des couleurs en toute saison | Rendeux

L’Arboretum Robert Lenoir, des couleurs en toute saison | Rendeux

L’Arboretum Robert Lenoir, des couleurs en toute saison | Rendeux

A Rendeux, près de La Roche en Ardenne, le long de l’Ourthe, il faut absolument découvrir le moulin de Bardonwez et l’arboretum Robert Lenoir.

 

Un collectionneur passionné

En 1937 Robert Lenoir, collectionneur passionné, acquiert le « Moulin de Bardonwez », vaste propriété comprenant les bâtiments construits en 1918, un moulin, une maison et ses dépendances, ainsi qu’une soixantaine d’hectares dont l’essentiel du bois d’Arlogne et une partie du bois Del Côre.

Devenu propriétaire forestier, Monsieur Lenoir s’intéresse tout naturellement à la sylviculture et, progressivement, se passionne pour la dendrologie. Il installe sur le site les premières collections qui s’enrichissent nettement entre 1951 et 1958 avec l’introduction de plus de 800 espèces et variétés différentes.

Selon les carnets de Robert Lenoir, plus de 5 000 végétaux ligneux sont plantés. Bon nombre d’entre eux se sont révélés rustiques alors que personne n’aurait osé les utiliser dans le climat rigoureux des contreforts ardennais.

En 1985, la Société belge de Dendrologie fait réaliser l’inventaire et le réétiquetage des plantes encore vivantes de la collection. Deux ans plus tard, Robert Lenoir décède et la famille décide d vendre le domaine. La Région wallonne et le Service public de Wallonie acquièrent le domaine avec l’essentiel des collections (environ 29 ha). Le Domaine du Moulin de Bardonwez est alors baptisé “Arboretum Robert Lenoir” selon les souhaits de la famille.

 

De nombreuses variétés d’essences venues du Monde entier.

Et aujourd’hui

L’arboretum est devenu un espace public riche d’une collection dendrologique de plus de 3 000 espèces et cultivars du monde entier, l’arboretum s’étend sur une superficie de 29 hectares comprenant prairies, forêts et zones humides. La priorité est donnée à une gestion écologique, sans utilisation de pesticides, laissant la nature s’installer. Cette gestion favorise la flore spontanée, elle vise à préserver les insectes butineurs et à offrir des refuges pour toute une série d’oiseaux et d’animaux.

La Direction de la Nature et des Espaces verts a entrepris de nombreux travaux depuis l’acquisition du domaine. Les plantes rares continuent à trouver refuge dans l’arboretum. Elles proviennent de collectionneurs privés et/ou d’achats réguliers du Service public de Wallonie.

La visite

Le site de Bardonwez se révèle unique; son aspect sauvage et la luxuriance des plantations compensent avantageusement une absence de rigueur dans la conception paysagère. Monsieur Lenoir n’était ni paysagiste ni botaniste. Ses plantations ont été réalisées au fur et à mesure des acquisitions, et les collections ne sont, par conséquent, pas forcément regroupées de manière thématique pour le visiteur.

Les plantes de collection et la flore spontanée se marient cependant parfaitement dans un ensemble naturel qui fait tout le charme de l’arboretum. L’arboretum abrite des biotopes très contrastés au sein desquels vous rencontrerez ça et là les genres phares de la collection.

L’Ourthe longe intimement le domaine, de nombreux îlots et presqu’îles abritent la partie la plus diversifiée de l ‘arboretum.

 

Dans un souci de protection des sols et des eaux, la gestion du parc se fait entièrement sans pesticides.

L’Ourthe longe le domaine et crée de nombreux îlots et presqu’îles.

Quand visiter pour ne pas manquer les principales floraisons

FÉVRIER/MARS :Floraison des bulbes mellifères

MARS/AVRIL : Floraison des cerisiers du Japon (Prunus)

MAI/JUIN : Floraison des rhododendrons et des iris

MAI/ AOÛT : Les prairies mellifères en fleurs

SEPTEMBRE : Fructification des sorbiers, des fusains et des pommiers d’ornement

TOUT AU LONG DE L’AUTOMNE : Les arbres de l’arboretum se parent de teintes flamboyantes, tout particulièrement les érables et les fusains.

Fr. Rion 2026 – d’après les documents SPW

 

 

Le moulin de Bardonwez

Sur le site se trouve également le vieux moulin de Bardonwez, qui accueille à la fois les bureaux du GAL Pays de l’Ourthe et le centre de documentation Lire au fil de l’Ourthe.

Ce dernier met à disposition des visiteurs une documentation variée et riche en connaissances liées au territoire de l’Ourthe. Une boîte à livres est également disponible pour encourager les échanges gratuits. De mai à octobre, des hamacs sont mis à disposition des visiteurs sur le magnifique site de l’Arboretum afin de leur permettre de lire sous les arbres.

Le Moulin de Bardonwez est une ruche multifonctionnelle qui accueille des événements variés et abrite des associations telles que le centre de documentation Lire au fil de l’Ourthe, le Cercle horticole de Rendeux, des ateliers de composition florale, de vannerie …

L'ancien moulin reconverti en lieu d'accueil culturel.

L’ancien moulin reconverti en lieu d’accueil culturel.

Infos:
Bardonwez 2, 6987 Rendeux
0478 28 25 00 (Arboretum) – 084 37 86 41 (Centre de documentation)
muriel.ringlet@gmail.com
info@ourthe-documentation.be

= Agrandir les images

L'Arborétum Robert Lenoir

35 vues

Chercher un article sur MediArdenne
Laissez-nous un commentaire, une précision…

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

Les arbres et leurs feuilles en automne

Les arbres et leurs feuilles en automne

Les arbres et leurs feuilles en automne

Photo : Phil Govaerts

Les arbres et leurs feuilles en automne

Photo : Phil Govaerts

  Dès la fin du mois de septembre, la transition automnale se fait de plus en plus perceptible, les jours ont déjà bien raccourci, la température a bien baissé, les premières feuilles commencent à jaunir au sommet des arbres. La saison que beaucoup de photographes adorent va commencer. Bientôt, leurs clichés seront saturés de couleurs jaunes, oranges, rouges, brunes.

 

Les feuilles changent de couleur et puis tombent, pourquoi ?

Avez-vous remarqué, l’automne est une saison de chutes ; chute des feuilles évidemment, chute de la température et chute de la luminosité avec des jours plus courts ?
C’est la rotation des saisons sous nos latitudes, rien d’anormal là-dedans. Les êtres vivants s’y sont adaptés depuis longtemps. Les arbres, comme les grenouilles, les couleuvres, les ours, les marmottes ou les coureurs cyclistes vont se préparer à entrer en hibernation. Pour les végétaux, on parlera d’une mise en dormance.

C’est la baisse de luminosité et de la température qui donne le signal.

La couleur des feuilles va changer progressivement. Le vert du feuillage activé par les pigments chlorophylliens va s’estomper pour rendre visibles d’autres pigments présents dans la feuille. La chlorophylle va se dégrader progressivement, les caroténoïdes et d’autres pigments vont occuper pleinement l’espace.

La chute suivra de peu. Tant qu’elles nous offrent de belles couleurs lumineuses, les feuilles vivent toujours. Mais cela ne va pas durer, à la base du pétiole (la tige qui relie la feuille à la branche), un bouchon de liège va se former. Il va empêcher la sève de gagner la feuille, elle va se dessécher, mourir et tomber sous l’effet du vent. Certaines feuilles s’accrochent plus que d’autres, c’est le cas des feuilles de hêtre qui, bien que sèches, restent sur l’arbre jusqu’à ce qu’elles soient chassées par les pousses de printemps ; c’est la « marcescence ».

L’arbre sera prêt à se reposer jusqu’à la pousse de nouveaux bourgeons au printemps.

Sous l’action de milliards de micro-organismes, la litière de feuilles tombées au sol se dégradera plus ou moins vite selon l’espèce d’arbre qui portait les feuilles et enrichira le sol forestier en humus.

 

 

Roncier en automne

À chacun ses goûts, la ronce préfère passer au rouge en automne.

 

chapelle automne 2022

Le charme quant à lui restera jaune et orange avant de se déplumer.

 

L’arbre entre en dormance, mais pourquoi ?

Que voilà une bonne question ! Il y a deux raisons principales qui ne sont en fait qu’une adaptation de l’arbre au milieu duquel il fait partie. Cela ne se passe pas de la même manière pour tous les arbres ni sous toutes les latitudes de la planète.

En ce qui nous concerne, nous sommes dans des forêts tempérées qui comptent des espèces caduques. C’est ainsi qu’on appelle les espèces qui perdent leurs feuilles, comme le chêne, le bouleau, le hêtre, etc.
Mais, vous avez bien entendu observé que tous les arbres ne se retrouvent pas tout nus en hiver. Les épicéas, les sapins restent verts. Si, si, j’ai bien vu que vous brûliez de faire la remarque. Et vous avez raison, la plupart des conifères sont des arbres à feuillage persistant. On y reviendra !

Plus on s’éloigne de l’équateur et plus on grimpe en altitude, plus il neige. Enfin, c’était le cas jusqu’à présent, on suppose qu’il neigera encore un peu même avec quelques degrés planétaires de plus.
Imaginez donc un chêne séculaire, avec une couronne magnifique et des branches secondaires qui s’étirent à près de dix mètres du tronc. Et tout cela couvert de feuilles qui accumulent la neige.

Crac ! Les branches cassent évidemment. Puis l’arbre déchiré meurt rapidement.
Il se protège en s’allégeant de ses feuilles, c’est bien trouvé.

C’est une première raison.

 

Feuillage de hêtre en début d'automne

On comprend pourquoi c’est la saison préférée des artistes !

 

 

Comment fonctionne l’arbre ?

Nous allons avoir besoin d’un peu de botanique pour comprendre la deuxième raison.
La chlorophylle, dont nous avons parlé un peu plus haut, joue un rôle indispensable. C’est elle qui est le moteur chimique de la photosynthèse en utilisant la lumière du soleil pour transformer le gaz carbonique (le CO2) et la sève brute puisée dans le sol en sève élaborée qui donne l’énergie à la plante.
Le gaz carbonique est capté par les stomates des feuilles, la sève brute composée d’eau et de minéraux (beaucoup, beaucoup d’eau) est pompée dans le sol par les racines et arrive dans les feuilles.
Les stomates sont des organes à double effet, ils laissent entrer le CO2, et ils laissent évaporer l’eau inutilisée par le processus, exactement comme les pores de la peau humaine. C’est pour cela qu’on dit que l’arbre respire.

Voilà donc les bases de la deuxième raison de la mise en dormance, l’eau monte des racines, redescend en partie sous forme de sève élaborée et le reste est exsudé par les stomates des feuilles. C’est un cycle.

Si, normalement, il neige comme on l’a dit plus haut, et bien, normalement, il gèle aussi. Et si le sol est bien gelé, l’eau ne sait plus monter jusqu’aux feuilles. Mais la fonction de respiration de l’arbre ne s’arrête pas aussi net, il continue à rejeter de la vapeur d’eau et risque alors d’épuiser ses réserves jusqu’à en mourir.

Les espèces végétales situées das les régions « à risque » de neige et de gel se sont donc adaptées au fil des millénaires et ont évolué vers des processus qui les protégeaient, c’est ainsi que les espèces caduques ont choisi de se défaire de leurs feuilles.

 

Ecorce éclatée par le gel

Il a gelé beaucoup trop fort et trop tôt pour cet arbre isolé. Gorgé d’eau, son bois pris par le froid a éclaté. C’est ce que les forestiers appellent une gélivure. Il y a déjà quelques années que c’est arrivé à en juger par le bourrelet de cicatrisation.

 

Quid des résineux ?

On y revient, vous aviez fait remarquer qu’ils ne perdent pas leurs feuilles et restent verts en hiver. C’est vrai.
Ils craignent moins la neige, ils n’ont pas la même forme que les feuillus, ils ont un profil beaucoup plus conique et dès lors, le poids de la neige est mieux réparti sur chacune des branches.

Vu leur forme, la surface totale qu’offrent les aiguilles au gel et à la neige est bien moindre que des grandes feuilles plates. Et vous aurez également remarqué que ces aiguilles sont beaucoup plus rigides que les feuilles, jusqu’à devenir de vraies épines piquantes chez certaines espèces. Elles sont recouvertes d’une forme de cire qui épaissit leur structure et limite l’évaporation en hiver.
Même en restant verts, faute de lumière et de chaleur, la croissance des arbres s’arrête pourtant en hiver.

 

Colline enneigée

Les épicéas ardennais peuvent s’accommoder d’une couche de neige, elle glissera facilement des aiguilles si le soleil brille un peu.

 

Ce serait trop simple s’il n’y avait pas d’exception

Dans nos régions, il existe pourtant un résineux (ou conifère) qui perd ses aiguilles : le mélèze.
C’est, à l’origine, un arbre de haute montagne, là où la saison hivernale est plus longue et plus rude qu’aux altitudes plus basses. Le mélèze s’est donc adapté en s’inspirant des feuillus et en perdant ses aiguilles. D’ailleurs, si on passe la main sur un rameau de mélèze, on se rend compte que ses aiguilles sont beaucoup plus douces, donc moins cireuses, que les autres conifères.

Les feuillus aussi ont leurs exceptions. Le houx et le lierre, fréquents dans nos forêts, portent des feuilles persistantes. Tentez l’expérience là aussi, palpez les feuilles, elles sont beaucoup plus épaisses et cireuses que tous les autres feuillus.

Ces dernières années, on remarque fréquemment que même au plus fort de l’été, les feuillages ont tendance à jaunir. C’est un mécanisme d’autoprotection que les arbres adoptent sur le même principe que l’arrêt de végétation automnal. L’eau du sol ne risque pas de geler au mois d’août, mais se raréfie sous l’effet de la sécheresse et des canicules récurrentes. Pour ne pas transpirer l’eau qu’il ne sait pas pomper, l’arbre met sa fonction chlorophyllienne en pause.

 

Mélèzes et lierre en automne

Un paradoxe, voici les aiguilles des mélèzes toutes jaunes qui vont bientôt tomber, tandis que le lierre qui s’accroche aux mélèzes reste vert.

Enfin, sous d’autres latitudes, où les saisons sont moins marquées, en région méditerranéenne et plus bas encore, des espèces se sont développées sans se soucier de la chute des feuilles. Le chêne vert et l’olivier, qui n’ont que très vaguement entendu parler de la neige et du gel, restent verts toute l’année.

Voilà, profitez bien des couleurs et laissez traîner vos bottes dans le tapis de feuilles, c’est si gai.

La photo d’entête est de Phil Govaerts – Phil Photography
https://www.facebook.com/PhilGVS

Texte : François Rion – Octobre 2025

2 038 vues

Chercher un article sur MediArdenne
Laissez-nous un commentaire, une précision…

ABCDaire des Fagnes

C'est beau EDITIONS

Travail collaboratif entre la journaliste Anne-Françoise Biet et 3 photographes autour de ce symbole du patrimoine naturel en Belgique : les FAGNES !
Sur le toit de la Belgique, ce haut plateau tourbeux et une réserve naturelle unique en Europe, riche d’un écosystème atypique et de paysages qui en font sa renommée.

VOIR EN LIBRAIRIE >>


20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

François Rion / MediArdenne

Savez-vous quel est l’arbre le plus haut de Belgique ? Il est en Ardenne, la réponse en page 17 ...
Au fil des 106 pages, vous reconnaîtrez les principales espèces croisées en forêt et au détour des chemins bocagers qui desservent nos villages.

VOIR EN LIBRAIRIE >>


Entre nuages et chlorophylle

Philippe Moës
C'est beau EDITIONS

Après « Arduinna » (éd. Forêt Nature), Philippe Moës nous emmène à nouveau en forêt ardennaise, mais avec une perspective totalement différente. Entre nuages et chlorophylle. Entre survol et immersion.

VOIR EN LIBRAIRIE >>

Blanc, jaune, pourpre – les lamiers des champs, des bois et des jardins

Blanc, jaune, pourpre – les lamiers des champs, des bois et des jardins

Blanc, jaune, pourpre – les lamiers des champs, des bois et des jardins

Les lamiers des champs, des bois et des jardins, selon l’endroit où on a le plus de probabilité de les retrouver.
Le lamier blanc (Lamium album).
Le lamier jaune (Lamium galeobdolon).
Le lamier pourpre (Lamium puprupreum).

La famille botanique des lamiacées (qui comprend les lamiers) regroupe beaucoup d’espèces sauvages particulièrement aromatiques, la menthe, le thym, l’origan.

Le nom de lamiacée rappelle la déesse Lamia dont le bébé fut assassiné. Par vengeance, elle se transforma en ogresse et dévora tous les bébés qui lui tombaient sous le dent. Il faut un peu d’imagination pour comparer la forme particulière des fleurs du lamier qui donnerait l’impression d’un bouche grande ouverte, comme une gueule d’ogresse prête à avaler tout ce qui passe. Plus prosaïquement, ce sont des fleurs bilabiées composées d’une lèvre supérieure et d’une lèvre inférieure, que ne craignent d’ailleurs pas les insectes qui explorent volontiers l’intérieur des ces gueules connues comme mellifères.

Lamiers et orties

Par l’aspect de leurs feuilles, les lamiers sont souvent confondus avec des orties. D’ailleurs, l’ortie blanche, l’ortie jaune et l’ortie rouge (pour le pourpre) font partie des noms populaires les plus utilisés.
Mais contrairement aux orties, ils ne piquent pas du tout puisqu’ils ne possèdent pas de poils urticants.

Où les trouver ?

Les trois espèces sont relativement fréquentes en Ardenne, mais ne se partagent pas nécessairement les mêmes milieux. Le lamier blanc est une espèce dite « rudérale » qui prend volontiers place sur des endroits modifiés par l’homme, souvent en compagnie des vraies orties, ce qui renforce la confusion. Le lamier jaune, quant à lui, est clairement forestier, plus à la recherche d’ombrage. Le pourpre s’implante rapidement sur des terrains cultivés, plus riches en fumures.

Le blanc et le jaune se ressemblent physiquement, à l’exception d’un indice notoire ; la couleur des fleurs évidemment. Sinon, la forme des feuilles et des fleurs est très semblable. Les feuilles qui s’implantent sur des tiges carrées sont opposées et décussées, c’est-à-dire qu’à chaque étage de deux feuilles, l’axe des feuilles opposées tourne à 90 degrés (voir dessin).
Au printemps, les fleurs apparaissent juste au-dessus des feuilles et se répartissent tout autour de la tige en groupe de cinq à quinze. Il y a ainsi plusieurs étages de fleurs que l’on appellera des verticilles.

Le lamier pourpre est un peu plus petit, les fleurs roses sont groupées au sommet des tiges. Ce sont les feuilles supérieures qui présentent une couleur pourpre plus ou moins prononcée. Ses jolies couleurs et sa floraison précoce en font une plante décorative appréciée.

Ces trois variétés de lamier sont comestibles.

 

feuilles de lamiers

= Agrandir les images

Photo de lamier jaune  by Teun Spaans – Self made picture, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org

143 vues

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

Le Lamier Jaune |
Gîte pour 16 personnes |
Logbiermé | Trois-Ponts

Le petit village de Logbiermé sur les hauteurs au milieu du triangle Vielsalm – Trois-Ponts – Stavelot se trouve sur une route en cul de sac. Quand vous arrivez dans la clairière de Logbiermé, vous êtes agréablement surpris par la quantité d’arbres qui peuplent le paysage, ...

Laissez-nous un commentaire, une précision…

Rechercher un article sur MediArdenne

Récolte de la sève de bouleau

Récolte de la sève de bouleau

Récolte de la sève de bouleau

Récolte de la sève de bouleau

La sève de bouleau est consommée de temps immémoriaux dans les régions sibériennes et scandinaves. Cette pratique ancestrale complète naturellement les très nombreux usages que les peuples nordiques faisaient du bouleau; jusqu’à en faire un arbre sacré tellement il était indispensable à la vie de ces régions. Si on ne fait plus de bougies en écorce de bouleau aujourd’hui, la consommation de sève perdure et la pratique est descendue jusqu’à nous.

kiitos pohjoisen ihmiset (ça veut dire “merci à vous peuples du Nord” en Finnois).

 

Son action diurétique et dépurative est connue pour éliminer les toxines accumulées durant l’hiver. Elle est un draineur activant l’élimination des déchets de l’organisme : acide urique, urée, cholestérol. Elle est également vermifuge dit-on.

Cet “élixir de printemps” peut être consommé frais à l’état pur à raison d’un verre par jour, de préférence à jeun.
Bien qu’elle puisse se conserver à l’aide de différents additifs (alcool), il est très simple de récolter la sève et de la consommer fraîche dès le début du mois de mars dans nos régions, avant l’apparition des bourgeons sur les arbres.

C’est à ce moment que, captée par les racines, elle prend littéralement l’arbre d’assaut pour acheminer la sève brute en direction du sommet. Là, dès qu’il éclora, le feuillage transformera cette sève brute en sève élaborée par le travail de la photosynthèse.

Cette sève montante que nous récoltons est donc composée en grande partie de l’eau du sol, mais enrichie d’une multitude de sels minéraux diversifiés; d’où son nom “d’eau de bouleau” parfois utilisé. On la récolte directement au jardin en forant un trou de faible diamètre dans le tronc (sur une profondeur de 2 à 5 cm.) et en y insérant un tuyau. Ce tuyau coule dans la bouteille de récupération et le tour est joué. L’écoulement est impressionnant, ce petit trou de 12 mm maximum de diamètre remplira votre bouteille d’un litre tous les matins. De quoi traiter quotidiennement toute la famille. Si le temps se refroidit brusquement, comme cela peut se produire au mois de mars, la montée de la sève ralentira, voire s’arrêtera. Cela ne signifie pas que la récolte est terminée, le flux reprendra avec la remontée de la température. La production dure à peu près trois semaines à un mois.

Lorsque la source ne coule plus, il faut reboucher le trou fait dans le tronc de notre cher bouleau au moyen d’une cheville de bois ; inutile de laisser la porte ouverte à l’entrée de bactéries ou champignons qui pourraient s’en prendre à notre « arbre de vie « .

La sève fraîche se conserve à peine quelques jours au frigo, elle devient rapidement trouble, elle fermente et devient acidulée. Il vaut mieux ne plus la consommer à ce stade, bien qu’il soit possible de la laisser fermenter pour en faire un « vin de bouleau » et même un « champagne de bouleau ». C’est évidemment une tout autre technique que nous laisserons aux spécialistes.

Bonne cure.

 

 

La mèche (10/12 mm), le tuyau de même diamètre que la mèche et enfin, lorsque la récolte sera terminée, un bout de branche pourra faire office de bouchon.

La sève est récoltée début mars, avant l’apparition des bourgeons.

Il est très simple de récolter la sève, même en grande quantité. N’oubliez pas de boucher les trous au moyen de chevilles de bois à la fin de la récolte.

 

Fr. Rion 2023
Sources : Le guide du bouleau  par Ph. Andrianne

 

481 vues

Chercher un article sur MediArdenne

Laissez-nous un commentaire, une précision…

Le bouleau, l’avant-garde d’une forêt renouvelée

Le bouleau, l’avant-garde d’une forêt renouvelée

Le bouleau, l’avant-garde d’une forêt renouvelée

Le bouleau, l’avant-garde d’une forêt renouvelée

 

Il est le premier arbre que les enfants arrivent à nommer tant son écorce noire et blanche est reconnaissable. Il fait partie de l’avant-garde, car il est le plus téméraire pour recoloniser une forêt décimée par une catastrophe naturelle ou les espaces naturels dont l’homme s’était emparé.

Il s’accrochera aux anciens terrils des charbonnages, sera le premier arbre sur les remblais de carrières, il sortira sa blanche silhouette par la cheminée d’une maison abandonnée. En Ardenne, avec le genêt à balais et quelques autres, ils sont les pionniers pour remettre la forêt à la place qui lui a été dérobée par l’activité humaine. Cette faculté qu’il a de prendre place rapidement sur les sols déboisés est facilitée par le fait que deux espèces sont très courantes chez nous; le bouleau verruqueux et son cousin le bouleau pubescent se partagent ainsi les espaces. Il se reproduit très jeune, sa maturité sexuelle apparaît avant l’âge de dix ans, c’est évidemment un facteur favorable pour diffuser l’espèce.

Ils possèdent de surcroît cette propriété botanique de produire énormément de petits grains de pollen qui peuvent se disperser très loin avec le vent. Une caractéristique très efficace pour diffuser l’espèce mais qui, malheureusement, ne fait pas la joie des personnes allergiques. De mars à fin mai, durant la dispersion du pollen, il vaut mieux ne pas oublier les anti-histaminiques pour les personnes sensibles.

 

Au mois de mai, les chatons* libèrent le pollen. Gare aux allergies.
* Regroupement de petites fleurs en forme de cylindre pendant aux rameaux

On le voit, tout est fait chez lui pour qu’il soit l’avant-garde d’une forêt nouvelle.

Le bouleau est partout au cœur des forêts tempérées de l’hémisphère nord jusqu’à la Taïga, aux portes de la zone arctique. Il demande une humidité ambiante suffisante; les climats trop secs et trop chauds ne l’intéressent pas. Il n’est pas méditerranéen, c’est un nordique et un montagnard.

En Europe du Nord et de l’est, ainsi qu’au Canada, on peut parler de véritable civilisation du bouleau. Il sert (servait) à tous les usages, son écorce principalement, qui peut se décoller en larges plaques fines, permet de confectionner des canoës, de couvrir des toitures, de s’enrouler pour faire des bougies ou des rouleaux de papier à écrire, et même des chaussures.
En Ardenne, c’est surtout son bois et ses rameaux qui ont été utilisés abondamment.

Son bois est un combustible reconnu, on sait qu’il se consume vite, mais il dégage une puissante chaleur rapidement. Il est apprécié chez les boulangers qui cuisent encore au bois et, bien-entendu, les pizzerias sont intéressées ainsi que les utilisateurs de poêles de masse qui réclament une flamme vive et brève pour bien fonctionner. Les petits objets en bois de nos parents (ou grands-parents) étaient souvent en bouleau, les cuillères ou encore les bobines de fil à coudre.

Chez les fabricants de sabots – les sabotiers* – le bouleau était fréquemment préféré au hêtre, car il est plus léger et se fend moins rapidement selon la section de grume choisie par l’artisan.

N’oublions les rameaux du bouleau dont la souplesse permettait de confectionner des balais dans toutes les fermes ardennaises.

C’est aussi cette souplesse des rameaux qui a donné au bouleau le sobriquet “d’arbre de la sagesse”. Cette flexibilité était mise à profit pour servir de verge destinée à corriger les garnements et les ramener sur le droit chemin.
C’était un temps où les instituteurs étaient moins flexibles que leur arsenal d’outils d’éducation.

*En 1896, il y avait 262 entreprises sabotières rien qu’en Province de Luxembourg. (L’industrie sabotière dans la Province de Luxembourg – Louis BANNEUX – 1902)

 

Un balais  de bouleau et la presse qui permet de serrer les rameaux autour du manche.

Le polypore du bouleau (Photo : Luc Dethier) est un champignon qui s’installe sur les arbres affaiblis. Dans le cas du bouleau, un manque de lumière suffit à perturber la bonne santé de l’arbre car c’est une espèce qui réclame beaucoup de luminosité pour s’épanouir.

En 1991, on découvrit la momie d’un homme préhistorique dans les Alpes italiennes, à proximité de la frontière autrichienne. On s’aperçut qu’Ötzi (c’est le nom donné à la momie) transportait des champignons. De l’amadou, très certainement pour allumer du feu, et des parties de polypore du bouleau. On reconnaît en effet à celui-ci des pouvoirs cicatrisant, vermifuge, antibiotique… Est-il possible que ces pouvoirs soient connus à l’époque d’Ötzi, il y a 5.000 ou 6.000 ans.

+ sur le polypore

 sur Ötzi

Le bouleau redécouvert

Les industries contemporaines ont un peu négligé l’utilisation du bouleau, on ne fait plus des sabots et le plastique a remplacé le bois dans le tiroir des ustensiles de cuisine ou le coffre de la couturière. Pourtant, peu à peu, il remonte dans l’estime des producteurs forestiers. Le placage de tranches de bois de bouleau sur des panneaux de particules est apprécié en parqueterie et en ameublement.

Parallèlement à ses usages économiques, c’est son haut potentiel écologique qui éveille aujourd’hui l’intérêt des sylviculteurs, il compte en effet parmi les essences forestières les plus accueillantes pour la biodiversité. Il ouvre grandes ses ramures aux nids de nombreuses espèces d’oiseaux, plus de 300 espèces d’insectes lui sont associées, ainsi que des champignons.

A l’heure où la préservation de la biodiversité s’affirme être une condition de survie de l’humanité, la participation du bouleau semble être un atout de premier plan.
Et, vu sa propension à occuper l’espace, l’arbre ne s’y opposera pas.

 

Leur rôle d’accueil de la biodiversité est désormais reconnu.
Photo : Ann/Pixabay

Le bouleau “rejette de souche”.
A partir de la même souche d’arbre abattu, plusieurs troncs renaissent. Les bases incurvées de ces rejets sont très difficiles à fendre et les bourrelliers les utilisaient pour confectionner l’armature des colliers des chevaux de trait.

En Ardenne, deux espèces se croisent tous les jours :
le bouleau pubescent et le bouleau verruqueux.

 

 

 

1- Le bouleau pubescent
(Betula pubescens)

Les rameaux sont franchement dirigés vers le haut.
Les jeunes rameaux de l’année sont légèrement pubescents (garnis de poils), d’où le nom de l’arbre.

 

 

Les feuilles : de forme plutôt ovale à losange. Denture assez régulière.

 

 

 

L’écorce du bouleau pubescent reste plus lisse même sur un arbre âgé. Elle peut devenir plus grise.

 

2- Le bouleau verruqueux
(Betula pendula)

L’extrémité des rameaux a tendance à retomber vers le bas. Les jeunes rameaux de l’année sont légèrement verruqueux (garnis de verrues), d’où le nom de l’arbre.

 

 

Les feuilles sont plus triangulaires, la denture est également plus irrégulière.

 

 

 

L’écorce du bouleau verruqueux s’épaissit et se crevasse fortement vers la base du tronc avec l’âge.

Notons que le bouleau pubescent se trouvera plus facilement sur les terrains tourbeux et que les deux espèces peuvent s’hybrider, ce qui ne facilite pas toujours une identification certaine. (Cf : Flore écologique de Belgique)

Fr. Rion 2023

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

En savoir un peu plus sur les usages du bouleau >>>

La récolte de la sève de bouleau

La sève de bouleau est consommée de temps immémoriaux dans les régions sibériennes et scandinaves. Cette pratique ancestrale complète naturellement ...+

1 216 vues

Laissez-nous un commentaire, une précision…

Rechercher un article sur MediArdenne

Le mélèze

Le mélèze

ips (bostryche) typographe

Le mélèze

Il est aisé de distinguer le mélèze des autres résineux en automne et en hiver : il est le seul résineux européen à perdre ses aiguilles lorsque les frimas s’annoncent. Il prend des couleurs de feu en octobre, passe rapidement du vert tendre au jaune flamboyant.

Impossible de le confondre avec un autre résineux en automne. Il est le seul à perdre ses aiguilles.

 

Comme les autres résineux qu’on peut croiser en Ardenne, les mélèzes ont été introduits dans le courant de la deuxième moitié du 19éme siècle.

Le mélèze d’Europe (Larix decidua) nous vient principalement des Alpes. Son bois est très durable, probablement le plus durable de tous les résineux européens. Dans sa région d’origine, il était prisé dans la construction et utilisé en couverture de toitures sous forme de bardeaux.

Il fut introduit en Ardenne lors des grands programmes de régénération forestière du 19 ème siècle.
On l’introduit en forêt mais également dans les parcs mettant ses couleurs automnales à profit en décorant les espaces publics. Il fut assez répandu à l’époque mais se vit très attaqué par un champignon, le chancre du mélèze qui contraria son développement et sa diffusion.

Les sylviculteurs se tournèrent alors vers une autre région du monde et une autre variété de mélèze : le Japon, plus précisément l’île de Honshu. Le mélèze du Japon ( Larix leptolepis) résiste mieux aux agressions naturelles, pousse plus vite, mais présente deux inconvénients par rapport à la variété européenne : son bois est moins durable lorsqu’il est mis en œuvre et il développe de plus grosses branches, donc de plus gros nœuds sur les pièces sciées.

Là encore, pleins de ressources, les scientifiques ne tardèrent pas à mettre au point une variété croisée entre les deux origines : le mélèze  hybride. C’est lui qu’on rencontre le plus fréquemment. Il fait une bonne moyenne entre ses deux parents, son bois est un peu moins durable que le mélèze d’Europe mais ses branches forment moins de gros nœuds. Et surtout, suprême qualité en production de bois, il pousse très vite.

Malgré la qualité de son bois et la rapidité de sa croissance (donc sa productivité), le mélèze n’est pas une essence très recherchée par les sylviculteurs, peut-être est-ce dû au fait que les jeunes sujets ne poussent pas très droit, il est donc difficile de bien valoriser les jeunes arbres d’éclaircies.
Par contre, les grumes de bonnes dimensions qui sont dirigées vers la scierie sont appréciées pour les usages en menuiserie intérieure comme extérieure. Le cœur rouge du bois y est pour quelque-chose, il donne une belle couleur aux planches et surtout reste très durable. Il est donc conseillé en bardages ou en bois de terrasse.

 

Contrairement à l’épicéa, le mélèze est une essence qui a besoin de lumière pour se développer. On dit que c’est une essence « héliophile ». Les peuplements sont clairsemés, souvent éclaircis par les forestiers, ce qui permet de développement de végétation sous les arbres.

Les aiguilles du mélèze disposées en « bouquets » ou « rosettes » sur les rameaux.

L’écorce peut être très épaisse au pied des arbres âgés. Pour l’anecdote, notons que les bûcherons aiment travailler dans les mélèzes, les bois clairsemés tombent facilement et, comportant peu de branches basses, l’ébranchage est vite réalisé. Par contre, l’arbre n’est pas agréable à écorcer à la main au moyen de la « rasette », les petites aiguilles urticantes occupent le dessous de l’écorce et irritent les mains si l’ouvrier ne porte pas de gants.

Fr. Rion 2022

361 vues

Chercher un article sur MediArdenne

Laissez-nous un commentaire, une précision…

La forêt ardennaise – Ses arbres

La forêt ardennaise – Ses arbres

ips (bostryche) typographe

La forêt ardennaise – Ses arbres

 « L’Ardenne est toute en sa forêt », ou encore «  La forêt,  vérité première et dernière de l’Ardenne », et bien sûr « Au pays de mon père on voit des bois sans nombre… ».

Les auteurs ont le sens de la formule pour décrire d’un trait la marque de la forêt sur la personnalité de la région ardennaise. Tant il est vrai qu’avec le sol schisteux qui forme le massif, la forêt est la principale caractéristique de l’Ardenne. Elle est aux Ardennais ce que la mer est aux Bretons, ce que la banquise est aux Inuits.

Il suffit d’ouvrir une carte routière entre le carré formé par Bruxelles, Cologne, Reims et Luxembourg pour que la tache vert foncé figurant les surfaces forestières saute aux yeux.
La tache verte n’est pas uniforme, elle est morcelée, tranchée de routes importantes, parsemée de nombreux villages et villettes et des espaces agricoles qui ceinturent les centres d’habitat. Depuis quelques décennies, des centres industriels plus ou moins importants s’implantent, profitant de la proximité de la ressource forestière pour les uns, mais surtout du faible coût immobilier. Quitte à percer encore un peu plus les forêts par de nouvelles routes.

La première description de l’Ardenne et sa forêt est fort ancienne et très brève. Jules César dut venir au Pays ; non pas pour profiter des thermes de Spa ou cueillir des myrtilles, mais pour vaincre Ambiorix le Gaulois qui s’était révolté et prit le maquis dans la forêt d’Ardenne. Relisez bien, il est écrit Ambiorix, ne confondez pas avec l’autre petit Gaulois breton, celui qui devient très fort en buvant un truc spécial; zut, j’oublie son nom.  Nom d’un petibonum !

C’est dans ses notes sur la « Guerre des Gaules » (58 à 52 av. J.-C.) que César relata son épopée ardennaise.

Au pays de mon père on voit des bois sans nombre,
Là des loups font parfois luire leurs yeux dans l’ombre
Et la myrtille est noire au pied du chêne vert.

Paul Verlaine trouvait ses racines paternelles à Paliseul. Comme César (et tant d’autres), il fut marqué par la forêt ardennaise.

La photo est de Thierry Michel > FB / visitez la page

La plus grande forêt de Gaule selon César

César, en bon méditerranéen, aimait forcer un peu le trait. Selon lui, l’Arduenna Sylva (la forêt ardennaise dans la langue des conquérants romains) s’étendait des rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu’au territoire des Nerviens, les actuelles Flandres de Belgique. Il parlait d’une distance qui correspondait plus ou moins à 750 kilomètres de long.
Ca fait beaucoup !

Et en bon conquérant, de ceux qui commençaient déjà à manier l’outil de communication, il cherchait sans doute à laisser un souvenir plus glorieux en ayant vaincu une forêt encore plus gigantesque, peuplée de barbares encore plus sauvages. Il n’est pas impossible que, dans son esprit, il ait lié les forêts vosgiennes et alscaciennes avec le massif ardennais.
Mettons au crédit de notre ami Jules qu’il ne disposait pas, lui, de la carte routière que nous proposions d’ouvrir au paragraphe précédent.

Il n’avait pas non plus de manuel de géologie qui aurait pu lui expliquer que la forêt ardennaise repose sur le socle schisteux qui forme la région naturelle de l’Ardenne ou des Ardennes puisque ce socle traverse les frontières de France, de Belgique, du Luxembourg et même de l’Allemagne là où l’Ardenne quitte son nom latinisé pour devenir l’Eifel.

En réalité, la forêt ardennaise s’étire légèrement à l’est de Rocroi en France, s’incline vers le nord-est en suivant les plissements géologiques, elle traverse le nord du Grand-Duché de Luxembourg  (l’Oesling) pour arriver entre Aix-la-Chapelle et Düren dans la forêt allemande de Hurtgen. La forêt se prolonge également sur les versants du plateau ardennais, la Gaume et  le Pays d’Arlon à l’extrême sud de la Belgique, la Famenne calcaire à l’ouest et l’Eifel volcanique en Allemagne.

Cet axe oblique du sud-ouest au nord-est couvre tout au plus une distance de 160 à 180 km à vol d’oiseau.

Ce n’est pas vraiment une forêt discontinue de 750 kilomètres : vas-y mollo César, tu exagères!

Un peu de chiffres

Les régions du sud de la Belgique, l’Ardenne, et ses versants de Gaume et de Famenne rassemblent plus de 75 % de la surface forestière de la Région Wallonne. (Source SPW Wallonie.be)

Plus de 60% du territoire ardennais est boisé en y incluant l’important massif le l’Ardenne primaire du département des Ardennes en France.

Une forêt qui perd et puis qui gagne

Il est fréquent de croire que la vie moderne ronge peu à peu la superficie des forêts. C’est vrai et faux à la fois. Les statistiques officielles de l’occupation des sols, qu’elles émanent des administrations belges ou françaises, démentent l’érosion supposée des forêts. En chiffres, les forêts augmentent en surface et en volume de bois produit.

Tout dépend évidemment du point de départ statistique que l’on choisit. Il faut se rappeler que les surfaces forestières productives ont fortement diminué au cours des siècles précédents. L’exploitation abusive due principalement à la fabrication de charbon de bois au service de la sidérurgie avait transformé de grands espaces boisés en landes dites « incultes ». Depuis cette désertification, en effet, la forêt reprend des plumes et continue à s’agrandir. Mais cette augmentation reste toute relative, il est évident que nous ne retrouverons pas l’océan vert que César décrivait, même s’il exagérait un peu.

La véritable agression perpétrée envers la forêt est plutôt le quadrillage continu que celle-ci doit subir du fait des aménagements routiers, industriels et même touristiques.

Mise à feu de la meule de charbon de bois

Ca n’a l’air de rien, mais cette activité de charbonnier pour fournir la sidérurgie avait ruiné la forêt d’Ardenne.

Les arbres qui font la forêt

Cela n’étonnera personne : en 2000 ans, la forêt s’est beaucoup transformée.

Si les armées romaines ont découvert une forêt vierge de toute transformation humaine, ou presque, le paysage d’aujourd’hui est bien différent. Les Celtes qui occupaient l’Ardenne n’ont connu que les hêtres, les bouleaux, les chênes sur lesquels l’histoire – à moins que ça ne soit la légende – nous apprend qu’ils coupaient le gui. C’était ce qu’on appelle une forêt primaire, composée d’essences feuillues poussant à l’état totalement naturel. Les Ardennais d’alors – les Ardenniens de l’âge du fer – ne connaissaient aucune forme de « sapin » hormis le genévrier et l’if.

Si l’image des profondes forêts sombres composées d’épicéas rectilignes  s’impose au visiteur, ces  paysages n’ont commencé à prendre forme que depuis la moitié du 19ème siècle. Autant dire hier.

Ces essences étrangères au plateau ardennais ont été introduites afin de reconstituer au plus vite une forêt complètement dévastée par l’exploitation du charbon de bois nécessaire à la sidérurgie. Au 19ème siècle, malheureusement pour le climat, mais heureusement pour la forêt, les mines de charbon de terre (les houillères, le coke)) ont supplanté l’usage du charbon de bois, mais la forêt était déjà vidée de ses arbres et transformée en lande à cause des usages abusifs des siècles précédents.

C’est surtout en Ardenne du nord, en province de Liège et au nord de la province de Luxembourg  que les plantations résineuses sont plus nombreuses. La présence importante de l’épicéa s’explique par la volonté farouche des anciens gestionnaires forestiers de boiser toutes les surfaces dites « incultes ». Ce sont les régions fagnardes du nord-est qui ont été les plus touchées par cette démarche qui serait aujourd’hui considérée comme une erreur de gestion. L’enrésinement (le fait de planter des résineux) des zones humides est désormais proscrit dans les forêts publiques. Mieux, des projets européens tels les projets LIFE visent à retirer les résineux de ces sites et à leur rendre le rôle de réservoir d’eau et de biodiversité, car les résineux, l’épicéa surtout, sont très gourmands en eau et assèchent le sol.

En Ardenne belge, la proportion entre les surfaces plantées de résineux et les forêts feuillues donne un avantage aux résineux. Ce qui contredit la situation globale de la Belgique et même de la Wallonie qui dans l’ensemble montre une légère prépondérance des surfaces feuillues. Ceci étant dû, comme expliqué plus haut, aux reboisements de grande ampleur opérés dès le 19ème siècle, y compris en zones humides. Par ailleurs, les résineux originaires des régions montagneuses, s’adaptent beaucoup mieux à l’altitude de la Haute-Ardenne et ne sont donc pas techniquement recommandés à une altitude inférieure à 400 ou 450 mètres. Le sud de l’Ardenne et la Gaume sont plus riches en forêts feuillues, la forêt d’Anlier est réputée pour la majesté de ses grands hêtres tandis que l’Hertogenwald, tout au nord en bordure des Hautes-Fagnes, est une forêt à prédominance résineuse.

Au Grand-Duché de Luxembourg également, la balance plaide légèrement en faveur des feuillus.

C’est surtout en Ardenne française, au sein du Parc naturel régional et autour de celui-ci, le massif géologique de l’Ardenne primaire comme disent les spécialistes , que les boisements feuillus sont prépondérants, et donc plus proches de la forêt originelle. Là, le chêne domine largement les résineux.

Mise à feu de la meule de charbon de bois

Au nord de l’Ardenne, dans la région des Hautes-Fagnes, les résineux dominent.

Photo de Yves jacques

Mise à feu de la meule de charbon de bois

Les hêtres majestueux de la forêt d’Anlier.

 

La photo du titre est de Jean-Marie Henrotte – Vidjanma’s photos > FB / visitez la page

Merci à Jean-Pierre Offergeld pour la relecture et les précisions techniques.

Pour aller plus loin :

  • Le grand livre de la forêt wallonne – Collectif – Ed. Mardaga 1985
  • Le grand livre de la forêt – Collectif – Ed. Forêt Nature 2017
  • La forêt – Bary-Lenger, Evrard, Gathy – Ed. Vaillant Carmanne 1979
  • L’Ardenne et l’Ardennais – G. Hoyois 1948 (Collector)
  • Terre ardennaises / Revue d’histoire et de géographie locale – L’homme et la forêt – n°8, sept. 1984
  • Pour des statistiques précises :
    Office Economique Wallon du bois / Panorabois
    Office National des Forêts (France)
Tourisme

3 392 vues

Chercher un article sur MediArdenne

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

Laissez-nous un commentaire, une précision…

En forêt | La loupe sur les arbres

En forêt | La loupe sur les arbres

ips (bostryche) typographe

En forêt | La loupe sur les arbres

Une loupe est une boule, parfois énorme, qui pousse sur un tronc ou sur une maîtresse branche.

Elle ne cause aucun dégât à l’arbre. C’est simplement le cambium qui, devenu subitement fou, s’est mis à produire une prolifération tourbillonnaire de cellules ; des millions de fibres enchevêtrées. On peut dire que c’est une forme de « cancer » bénin.

Les loupes sont très recherchées par les ébénistes car elles présentent, à la coupe, des motifs intéressants pour la marqueterie, la fabrication de meubles de luxe, le placage.

La loupe du noyer est bien connue des armuriers pour la fabrication des crosses de fusil de luxe.
Elles sont utilisées également sur les pièces en bois des voitures de luxe, comme les pommeaux de levier de vitesse ou les tableaux de bord.

Source principale : www.lahulotte.fr

 

= Agrandir les images

563 vues

Chercher un article sur MediArdenne

Laissez-nous un commentaire, une précision…

3 balades en forêt

Les scolytes: petites bêtes, grands dégâts en forêt

Les scolytes: petites bêtes, grands dégâts en forêt

ips (bostryche) typographe

Les scolytes: petites bêtes, grands dégâts en forêt

Ils ont beaucoup fait parler d’eux lors des étés de 2017 et 2018. Les traces de leur passage ne passent pas inaperçues en forêt. Sans réaction rapide des gestionnaires forestiers, ils ne laissent que désolation derrière eux. Qui sont ces redoutables monstres des forêts ?

 

 

bois scolytés

Partout en Ardenne, on rencontre ce genre de tableau.

 

 

Les scolytes sont de petits insectes xylophages de la famille des coléoptères. Ils sont attirés par les hormones de stress émises par des arbres malades ou déshydratés. Il en existe plusieurs variétés qui s’attaquent à différentes essences d’arbres. Bien que les hêtres ardennais soient également ciblés par certaines variétés, c’est surtout l’ips typographe qui nous intéresse beaucoup en Ardenne.

 

L’ips typographe, appelé aussi le bostryche typographe

Sa victime : l’épicéa commun.
Lorsqu’on sait que la moitié de la surface forestière ardennaise est plantée d’épicéas, nous avons bien des raisons de nous inquiéter des invasions de cette variété de scolytes.
La présence de l’insecte est cependant naturelle, il trouve son rôle en milieu forestier en décomposant les bois morts, participant ainsi à la régénération forestière.
Mais trop, c’est trop !

Ce petit insecte d’une taille d’environ 5mm, pond à l’intérieur de l’écorce des arbres (plus exactement dans le cambium : l’écorce interne). On trouve de très petits trous entourés de sciure sur les arbres fraichement attaqués. Les arbres plus atteints voient leur écorce se décoller du tronc.

Les larves circulent dans les couches extérieures de l’arbre détruisant de la sorte les canaux véhiculant la sève. L’arbre est alors privé de nourriture et meurt rapidement.

L’insecte ne s’attaque pas aux arbres en bonne santé. Les résineux sont bien protégés par leur défenses naturelles, tout particulièrement la résine des … résineux.

 

Galeries de scolytes sous l'écorce

1 – L’ips typographe, ainsi appelé car en circulant sous l’écorce, il grave le bois à la manière des premiers fabricants de lettres typographiques. Photo de Gilles San Martin.

Des sécheresses assassines

Les scolytes se sont trouvé un allié solide avec le réchauffement climatique, les hivers plus doux qui ne détruisent pas les pontes et les sécheresses estivales qui suivent. L’épicéa, c’est bien connu est un grand buveur.

Buveur d’eau s’entend.

Depuis quelques étés, le grand buveur est en manque presque chronique. Il souffre ; le scolyte l’a compris et se rue sur les arbres épuisés.

Après tout, il ne fait que jouer son rôle de régulateur naturel ; on a oublié de lui expliquer que nous, les hommes, avions besoin de ces arbres pour faire des planches et toute une série d’usages dont l’insecte se fout éperdument.
Un arbre infecté peut héberger jusqu’à 30 000 insectes par an (en 3 cycles de ponte qui s’accélèrent lorsque la température monte au-delà de 20°).

 

L’ips lui-même a ses parasites. Ici, le scolyte est attaqué par un champignon. Photo de Gilles San Martin.

Un combat inégal entre l’insecte et la forêt

Voici une très mauvaise nouvelle, il n’y a pas de parade aux invasions. Pas d’arme, pas de missile disponible contre cette armée minuscule mais efficace. Quelques pièges à insectes peuvent être installés, mais aucun ne semble efficace. La seule solution, abattre rapidement et évacuer les arbres atteints et chargés de leurs insectes afin de diminuer leur prolifération.

C’est une catastrophe économique.
L’importance des volumes de bois concernés (on parle de près de 500 000 mètres cube en 2018) et l’obligation légale de les abattre dans un délai bref ont des conséquences importantes sur le prix de l’épicéa et la filière bois.

 

épicéas attaqués par les scolytes

Il faut évacuer les arbres atteints au plus vite, même si leur valeur économique est tombée au plus bas.

 

Pourtant, certains, et pas seulement des naturalistes radicaux, y voient une opportunité. L’idée est de remplacer les épicéas (qui sont une essence importée) par d’autres essences plus intégrées au milieu ardennais. Et de préférence, les essences locales traditionnelles telles le hêtre ou le chêne. L’objectif est de reconstituer une forêt plus résiliente, plus résistante, plus durable et plus ouverte à la biodiversité. C’est totalement louable, et c’est probablement le seul chemin à suivre.

Souhaitons que cette voie ne soit pas déjà entravée par de nouveaux obstacles dus aux changements climatiques. On n’en sait trop rien en fait. Si la voie est barrée, ça va être compliqué. Quel sera le futur visage de la forêt d’Ardenne ?

Les photos 1 et 2, ainsi que la photo du titre sont de Gilles San Martin  https://www.flickr.com/photos/sanmartin/

Texte: Fr. Rion

Sources :
Crise du scolyte, Forêt et Naturalité – https://www.foret-naturalite.be/
https://www.notrenature.be
Wikipedia.org
www.scolytes.be

884 vues

Rechercher un article sur MediArdenne

« Bois sous les Granges », la réserve naturelle de Huguette et ses moutons Herdwick  | Vresse Sur Semois

« Bois sous les Granges », la réserve naturelle de Huguette et ses moutons Herdwick | Vresse Sur Semois

« Bois sous les Granges », la réserve naturelle de Huguette et ses moutons Herdwick | Vresse Sur Semois

Marguerite, Dorine, Digitale, Dauphinelle…

… Nous sommes ? Nous sommes ? Nous sommes ? Nous sommes ? Des moutons british de race HERDWICK.

Si vous passez un jour du côté de Chairière, près de Vresse Sur Semois… venez nous compter (cela vous permettra de mieux vous endormir le soir !), ou conter fleurette (bêêêêh oui… «marguerite», «digitale», «dauphinelle» !)…

 

Parole de mouton

Depuis plusieurs années, nous paissons dans la réserve naturelle Natagora dite : « Bois sous les Granges ». Notre race est très rustique et sommes les phénix des zones humides… Notre troupeau a été choisi par Huguette – notre bergère – pour participer, avec des « Volon-Terre » de votre espèce, à la gestion du site. Mais notre pâturage extensif, notre métier de tondeuse naturelle… nous l’effectuons 24 h/24h et cela, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente !

Notre domaine vital se compose d’un petit marécage initialement voué à un lotissement et d’une belle prairie arrachée à l’agriculture intensive. Cela, c’est grâce à cette sacrée volontaire dynamique de Natagora Semois ardennaise qu’est Huguette ! Elle a personnellement acheté les terrains et les a cédés sous la forme d’un bail emphytéotique à Natagora – qui leur a accordé l’en-VIE-able statut de « réserve naturelle ».

Appelé « Bois sous les Granges », notre domaine compte un bel ensemble d’habitats : mares (où les « berges rient » quand nous nous y abreuvons), pelouses et parcelles boisées. Nous le partageons avec de nombreux voisins, comme plusieurs espèces d’amphibiens mais également un sympathique reptile : la couleuvre à collier. Celle-ci est particulièrement chouchoutée, car les « Volon-Terre » de Natagora Semois ardennaise laissent à disposition de la Belle, des tas de bois et de foin pour hiverner.
Elle, et toute sa petite tribu ne se réveilleront qu’au printemps, lorsque nous passerons devant leur couette et que nous leur demanderons : « Quelle heure reptile ? » tongue-out   (© Jean-Luc Fonck – ce jeu de mots, j’aurais aimé l’avoir déniché moi-même).

 

 

Bien sûr, de nombreuses autres espèces animales partagent notre quotidien… Et parmi elles : VOUS ! Méchoui, mais oui, vous : Grands «Bedots»* que vous êtes à saccager notre bêêêlle petite planète bleue ! Chez Natagora Semois ardennaise, ils veulent pourtant y croire ! Ils sont persuadés que l’éducation est un levier efficace pour changer le monde ! Alors, ils vous ouvrent les portes, ou plutôt les clôtures ! Et vous disent : « Bienvenue chez nous » !

Via des chemins balisés agrémentés de panneaux explicatifs et l’organisation de visites guidées, « Bois sous les Granges » permet la découverte de la faune et de la flore ardennaises. Des activités sont régulièrement organisées pour des petits groupes et le site est en permanence accessible au public. Un circuit sécurisé a été aménagé sur caillebotis et permet de profiter de cette belle zone marécageuse sans l’abîmer, ni se mouiller les pieds. Elle est pas bêêêêlle la Vie ?

*Bedot : mouton en wallon. (NDLR :ne le prenez pas mal, mais ça veut dire que les moutons qui vous qualifient ainsi vous trouvent un peu bêtas ) wink

La Maison de la Semois ardennaise

Plus fort encore… un centre éducatif baptisé « Maison de la Semois ardennaise » – à la forme d’un séchoir à tabac – a été érigé avec des matériaux de récupération. C’est écologique, durable, solidaire et … « Peuchère »… ! De nombreuses activités y sont organisées pour et par vos pairs : conférences, formations, ateliers de bricolage nature pour enfants… et parce que vous aimez lire, décorer votre intérieur, chiner, planter… une boutique vous accueille librement les vacances et les week-ends de beau temps…

 

 

Et comme Dorine, Digitale, Dauphinelle et moi sommes des adeptes du développement durable… nous acceptons avec félicité que notre toison soit tondue, filée, tissée et vendue sur place ! Pas de made in China chez nous. Mais tout made in Chairière ! Notre laine est ainsi utilisée par nos artisans bénévoles pour réaliser de sympathiques peluches gris souris. Vraiment, nous sommes les championnes du circuit court : du producteur au consomm-acteur… en quelques centaines de mètres à peine! En plus, les prix sont à défier toute concurrence… mais chaque euro récolté permet cependant aux membres de la Régionale Semois ardennaise d’acquérir et d’entretenir de nouvelles réserves naturelles le long de la plus belle rivière du petit royaume de Belgique…

On vous attend ! Bêêêêêlle journée à vous!

Rédaction : Marguerite, Dorine, Digitale, Dauphinelle, avec l’aide de Thierry Gridlet – 2021
Photos : Thierry Gridlet
Le parcours balisé dans la réserve dure environ 45 min.
Entrée : rue Lieutenant Colas n° 46 – 5550 Chairière (Vresse-sur-Semois).

La Maison de la Semois ardennaise est située rue Saint Walfroid, également à Chairière.

= Agrandir les images

Huguette Reynaerts… une fille des réserves naturelles au … naturel réservé !

En 2005, Huguette Reynaerts a choisi de s’installer en Ardenne namuroise, dans le petit village de Chairière, sis à quelques clapotis de la Semois.

 

Huguette est originaire de Gand. Dès sa plus tendre enfance, elle est plongée dans la nature ! Avec ses parents, Liliane et Maurice, et ses sœurs Ingrid et Carine, Huguette participe en famille à la création de plusieurs réserves naturelles : Bourgoyen Ossemeersen, Assels, Kalevallei, Vinderhoutse bossen (dans la vallée de la Lys). Comme elle le fera, avec l’équipe de Natagora Semois ardennaise à la réserve Bois sous les Granges quelques décennies plus tard, Huguette et sa famille animeront à Elzenhoeve un Centre éducatif. Son papa y donnera des formations… et l’équipe féminine créera de nombreux objets artisanaux pour la petite boutique verte… L’Histoire n’est donc qu’un éternel recommencement !

En 2005, Huguette s’installe à Chairière, dans la commune de Vresse-sur-Semois. Là, elle  fonde la réserve naturelle « Bois sous les Granges » qu’elle a acquise sur fonds propres avant de la céder par bail emphytéotique à Natagora. Durant les années 2008 à 2016, elle occupe la fonction de présidente de la régionale Natagora Semois ardennaise. Naturaliste chevronnée, elle  dispense  de nombreuses formations, effectue d’innombrables recensements au niveau de la faune et de la flore de la région de la Semois, organise de nombreux chantiers de gestion dans les réserves naturelles locales (avec les bénévoles locaux, des volontaires néerlandophones, les Compagnons bâtisseurs…), initie de nombreux achats de terrains, anime le Centre éducatif Bois sous les granges, réalise des ateliers éducatifs et créatifs pour les enfants, crée des milliers d’objets artisanaux avec le groupe Artistes et artisans du Bois sous les Granges (que l’on peut toujours rejoindre)…

 

Huguette, la bienveillante bergère de la réserve du Bois sous les Granges

 

S’il te plait, Huguette… dessine-moi quatre moutons… 

Tout autour de sa charmante habitation, s’étend une zone naturelle de plus d’un hectare. Celle-ci est un havre de biodiversité. Afin de gérer le site, Huguette et l’équipe de Natagora Semois ardennaise sont épaulées par quatre paisibles moutons à la bouille craquante. Huguette nous les présente…

Huguette, pourquoi des moutons dans cette petite forêt marécageuse ?

La réserve Bois sous les granges s’étend sur une superficie d’un peu plus d’un hectare. Afin de gérer le site, le choix d’une gestion par pâturage extensif a été posé. Sur une telle surface, on pouvait y placer une vache de type Highland ou Galloway. En effet, il faut compter environ 1 hectare par tête de bétail. Mais avouons-le, ces animaux étant grégaires, il aurait été triste de laisser un individu isolé sur cet espace. Dès lors, notre choix s’est orienté sur le pâturage par des espèces ovines.

Et c’est de l’autre côté de la Manche que vous avez déniché la perle rare ?

Effectivement ! La plupart des espèces de moutons ne supportent pas des terrains aussi marécageux comme l’est la réserve Bois sous les granges. Cela étant dit, la race Herdwick – originaire du Lake District en Angleterre – est parfaitement adaptée à ce type de milieu. Les Herdwick possèdent de grosses pattes qui leur permettent de ne pas s’enfoncer dans les sols spongieux. De plus, ils disposent de poils entre les ongles, ce qui leur évite de se couper aux laiches, nombreuses dans nos marais. Nos moutons rustiques possèdent également diverses caractéristiques très intéressantes : les femelles mettent bas sans intervention humaine et l’espèce est particulièrement adaptée aux conditions météo plus délicates (intempéries, neige…). Par contre, en été, nos moutons aiment se réfugier entre les pilotis du Centre éducatif de la réserve : ils n’apprécient pas outre mesure la chaleur et … les taons.

L’expérience de pâturage de la réserve Bois sous les granges par des Herdwick est-elle une « première » en Belgique?

Non, absolument pas ! C’est d’ailleurs par des expériences précédentes menées par Natuurpunt à Gand que j’ai eu connaissance de l’efficacité de cette espèce. Les « Bergers bénévoles » de l’association gantoise (n.d.l.r. l’homologue de Natagora en Wallonie et à Bruxelles) sont allés chercher des animaux en Grande-Bretagne et actuellement, disposent d’un troupeau d’une trentaine de têtes. Certains individus paissent notamment dans les prairies humides de Latem, immortalisées par de nombreux artistes-peintres… du moins avant qu’elles n’aient disparu presque totalement sous le béton des lotissements…

A propos de cheptel, quelle est la genèse du petit troupeau du Bois sous les granges ?

Au printemps 2010, le bélier Chardon est arrivé à Chairière, accompagné de ses brebis – Aubépine et Cardamine – ainsi que les agnelles  Massette et Marguerite. L’année suivante, trois autres agnelles naquirent : Dauphinelle, Digitale et Dorine. A leur naissance, les moutons Herdwick sont noirs… sauf leurs oreilles qui sont blanches. Mais avec le temps, leur laine devient de plus en plus claire. Nous avons arrêté l’élevage pour plusieurs raisons. Le site étant assez restreint, nous ne pouvions imposer à l’hectare disponible une surcharge d’individus. Chardon est ainsi retourné du côté de Gand. A la grande joie des voisins de la réserve de Chairière, car notre cher bélier était un animal impressionnant, n’ayant aucun scrupule à franchir clôtures et muret (sans s’élancer… Chardon était monté sur ressorts ! ) afin de s’offrir une petite escapade en rue – d’où le danger qu’il représentait – ou dans les potagers alentours afin de se gaver de délicieux légumes. Ce qui n’était pas de nature à lui faire des amis…

Huguette, parlez-nous de la laine de vos protégées… ?

Chaque année, les moutons sont tondus à la fin du mois de mai ou début juin. Pour cela, nous sommes attentifs à la météo : les journées de fin de printemps – donc assez chaudes – sont attendues et la tonte n’est pas réalisée en cas de pluie le jour-même. Le matin du « jour J », les moutons sont  enfermés dans leur enclos. C’est une des raisons pour lesquelles ils reçoivent un peu à manger (n.d.l.r. deux poignées de granulés) à cet endroit durant toute l’année. Ainsi,  ils entrent sans se méfier dans l’enclos de contention avant que nous ne fermions la barrière. Une fois la laine récupérée, nous la traitons de deux façons : le filage ou le feutrage. Dans le cas de la première méthode, on ne lave pas la laine afin qu’elle reste  « grasse », ce qui permet de la filer plus aisément. Cela dit, le travail de filage débute par le cardage : il s’agit d’une étape qui permet aux poils d’être placés de façon bien parallèle. A titre d’information, la forme la plus « primitive » du filage s’effectue à l’aide d’un fuseau. Naguère, les bergères emportaient cet objet et vaquaient à cette activité pendant qu’elles surveillaient le troupeau. Une fois, l’opération de filage terminée, nous lavons les pelotes obtenues. Nous pouvons ensuite crocheter, tricoter ou tisser (n.d.l.r. les enfants aussi peuvent s’adonner à cette activité à l’aide d’un métier très simple à construire). Le feutrage est la seconde façon de traiter la laine. Dans ce cas de figure, celle-ci est lavée dans un premier temps. Une fois séchée, je pique dans la laine avec des aiguilles spéciales ce qui permet de la durcir. A noter qu’il est possible de feutrer de la laine avec de l’eau chaude et du savon, mais personnellement, je ne pratique pas cette technique.

Propos recueillis par Thierry Gridlet

La réserve du Bois sous les Granges

Chairière | Vresse sur Semois

Retrouvez nos amies dans le dossier pédagogique en collaboration avec la section Semois ardennaise de Natagora

Rédigé par Thierry Gridlet et mis en page par Mathieu Gillet, le dossier pédagogique est destiné à des élèves de fin de sixième primaire ou de première année de l’enseignement secondaire. Il aborde diverses matières de géographie, de sciences, d’art plastique, de français… Une version traduite en néerlandais est prévue prochainement.

1 172 vues

La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

Située sur les hauteurs de la commune de Vielsalm, à une altitude de 521 mètres, la réserve des Quatre -Vents est une des rares réserves naturelles privées que compte le pays.

Créée en 1987 par un propriétaire passionné de nature, agrandie en 2013, elle couvre une surface d’un peu moins de quatre hectares.

Le sol rocheux ardennais

Le sol rocheux naturel recouvert d’une couche d’argile imperméable fait de l’endroit une lande tourbeuse comme elles sont très nombreuses en Ardenne. Les plantations d’épicéas et leur exploitation qui eurent lieu avant la restauration du cadre naturel avaient bien-entendu largement transformé le couvert ainsi que les espèces animales présentes sur l’endroit. Un certain travail de réadaptation a donc été nécessaire pour favoriser le retour des espèces végétales et animales d’origine. C’est ainsi que des petites mares ont été creusées et que très régulièrement, un entretien est nécessaire afin d’éviter que les épicéas du voisinage ne recolonisent l’endroit. La réserve étant relativement petite, les épicéas qui la ceinturent auraient tôt fait de reprendre le dessus sur la flore locale.
Ces travaux sont effectués par des bénévoles de la « Trientale », la branche locale des Cercles des Naturalistes de Belgique. L’équipe de bénévoles a pu bénéficier du soutien logistique et scientifique du projet Life Ardenne Liégeoise. Clôturé en 2020, ce projet européen visait à restaurer les habitats naturels en Haute Ardenne et en Hautes Fagnes.

 

  = Agrandir les images

Les moutons, des travailleurs efficaces

 

Les moutons de la Reserve des Quatre-Vents

Les « Ardennais Roux » sont des alliés de choix pour l’entretien des réserves naturelles humides.

 

Mais pour faciliter le travail des hommes, la botte secrète réside dans le pâturage contrôlé de la zone humide par un troupeau de mouton. La race « Ardennais roux » a été choisie pour ses aptitudes à s’accommoder aux milieux humides. Le troupeau d’une trentaine de bêtes est adapté à la superficie de la zone et est géré, comme en agriculture de production, en fonction de la production du terrain, de la saison ou de la sécheresse. La sauvegarde de la biodiversité prime, on s’en doute sur la qualité nutritionnelle du pâturage. Les animaux sont présents du printemps à la fin de l’été.

Les attentes des gestionnaires sont rencontrées

Les résultats de la gestion sont très positifs, des espèces naturelles de libellules et de papillons se sont rapidement réinstallées. Le nombre de pieds d’orchidées sauvages est en constante augmentation. Bien-entendu, la bruyère omniprésente sur le sol acide fleurit à la fin de l’été. Le genévrier commun – qui avec l’If est le seul résineux indigène en Ardenne – fait également l’objet de soins particuliers. Ses recrus sont protégés de treillis afin que les moutons de n’y attaquent pas, les baies et les jeunes pousses sont particulièrement appétissantes pour eux.

Il va de soi que la réserve étant une propriété privée, clôturée pour la pâturage des moutons qui plus est, son accès ne peut se faire qu’avec l’autorisation du propriétaire.

 

Ci-dessous quelques espèces de libellules et papillons qui s’installent durablement dans la réserve.
Les photos d’insectes sont de Michel Humblet  – Visitez sa page Facebook

 

  = Agrandir les images

L’Ardennais roux

Tête d'ardennais

Comprenez-vous pourquoi on l’appelle l’Ardennais ROUX ?

 

Jusqu’à la fin du 19ème siècle en Ardenne, l’élevage du mouton était beaucoup plus répandu que l’élevage bovin. La rudesse du climat et la pauvreté du sol rocheux se montraient plus propices au pâturage des moutons qu’à l’engraissement des bovins. C’était une époque où les éleveurs travaillaient avec les races locales, non encore croisées ou sélectionnées par la science dédiée aux animaux de ferme, la zootechnie.
L’Ardennais roux était présent sur tout le territoire ardennais où il s’est façonné naturellement.
Son élevage a progressivement diminué au fur et à mesure que les landes ardennaises laissaient la place aux forêts de résineux pour une part et aux pâturages clôturés et de plus en plus soumis aux engrais chimiques.

Adieu berger, adieux moutons, le progrès est en marche.
A la fin des années ’50, il aurait disparu complètement si quelques exemplaires n’avaient été sauvegardés en Flandre sous le nom de « Ardense Voskop ».

C’est donc au départ de la Flandre que le Roux reprend actuellement possession de sa terre natale. Comme quoi, l’Union fait la Force. Le regain d’intérêt dont il bénéficie est dû à ses aptitudes de « rusticité » comme disent les éleveurs. L’Ardennais roux ne sera certainement pas une des races les plus productives en viande, mais il s’accommode parfaitement d’un un sol pauvre, sachant se contenter d’une nourriture maigre, des ronces, des orties. De plus, il résiste très bien aux maladies et surtout aux affections des pieds dont les ovins peuvent être très sensibles sur sols humides.

Voilà pourquoi on utilise de préférence les Ardennais roux pour l’entretien des réserves naturelles ardennaises souvent implantées en milieu humide.

Les projets LIFE en Wallonie:

>>> ICI <<<

Les Quatre-Vents

Les quatre-Vents

587 vues

3 balades à proximité

Le sorbier des oiseleurs

Le sorbier des oiseleurs

Le sorbier des oiseleurs

Le sorbier des oiseleurs

 

De tous les arbres du genre « sorbus », le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est certainement un des plus présent en Ardenne(s), et certainement le plus apte à se développer dans les landes et les forêts locales. C’est un arbre un peu timide et sans prétention, il se montre discret, sauf lors des années de forte fructification ; alors, ses baies rouges éclatent en feu d’artifice aux yeux des promeneurs.

 

Le régal des oiseaux

 

Répondons immédiatement à la question principale : pourquoi « des oiseleurs ? ».
En été, le sorbier se distingue par ses fruits que sont les petites baies rouges qui crèvent parfois le vert forestier ou le bleu du ciel. Ces baies qui peuvent persister jusqu’aux gelées de l’hiver ont un grand pouvoir attractif sur différentes espèces d’oiseaux, principalement à l’occasion de leurs longues migrations. Parmi ces espèces, les grives qui traversent nos régions par centaines de milliers dès septembre pour rejoindre leurs quartiers d’hiver. Dans le passé, les grives étaient très prisées par les tendeurs pour leur goût délicat au palais des gourmets. Les baies de sorbier constituaient donc l’appât idéal pour les tendeurs aux grives qui utilisaient des collets (appelés aussi des lacets) pour capturer cruellement ces oiseaux par étranglement. Comme c’est sympathique ! La tenderie aux grives est désormais interdite en Belgique mais une pratique encore plus inhumaine, la chasse à la glu, se perpétue hélas encore en France au nom de la tradition. Nous vous laissons le soin de juger le bien-fondé de l’argument.
Un commerce de baies s‘était d’ailleurs développé à l’usage des tendeurs. Un commerce suffisamment florissant pour que le gouvernement prussien, qui au 19 ème siècle occupait les régions à l’est de Malmedy, encourage la plantation de sorbiers le long des routes afin de tirer un revenu de la vente des baies.

 

 

Un grive dans son garde-manger de baies de sorbier

Les baies de sorbier persistent longtemps après fructification, une aubaine pour les grives. Photo de Harry Mardulyn.

 

Le merle au sorbier

Une aubaine pour les grives,… et pour les merles. « Faute de grive, on photographie des merles », c’est bien connu – Photo de Harry Mardulyn.

 

 

 

… et le régal des abeilles

 

Le sorbier est également un arbre mellifère, il attire volontiers les abeilles et autres insectes qui participent à la pollinisation des plantes. Ces visiteurs sont bien-entendu suivis par d’autres oiseaux qui s’intéressent plus à la chasse aux insectes qu’à la consommation des baies.
Par ses propriétés favorisant la biodiversité, le sorbier est remonté dans l’estime de l’administration forestière qui en a longtemps négligé la culture.

 

 

 

Sorbier et gelées

Les baies de sorbier résistent bien aux gelées hivernales

 

 

Le bois du sorbier

 

Le sorbier est plutôt considéré comme un grand arbuste, une hauteur de dix à quinze mètres est la hauteur de maturité. Il aime la lumière pour se développer, c’est la raison pour laquelle on le trouve souvent en lisière de parcelle forestière, dans les landes et les fagnes ou encore comme recru naturel sur les parcelles d’épicéa exploitées en mise à blanc (parcelles où tous les arbres sont abattus en une fois lorsqu’ils sont arrivés à maturité commerciale). Son bois est peu valorisé, pourtant il n’est pas dépourvu de qualités. Par sa dureté et sa compacité, avec un aubier légèrement rougeâtre et un cœur brun plus sombre il est apprécié en sculpture. Il pouvait être également utilisé pour fabriquer des engrenages et des moyeux de roues en bois, à condition de trouver des arbres d’un diamètre suffisant. Sa texture douce au toucher en fait un matériau idéal pour les outils en bois ; enfin, c’est dans la fabrication d’instruments de musique qu’il est encore souvent utilisé.

 

Un sorbier vénérable

Qui a dit que les sorbiers n’étaient pas longévifs ? Voici un vieux spécimen dans la région de Lierneux. Vu son âge, il y a fort à parier que son tronc est creux

 

Le sorbier à la cuisine et dans la pharmacie

Si les baies de sorbier sont un régal pour les grives, les gouter crues ne nous fera pas chanter de joie comme la grive musicienne; ce n’est pas très bon. Ce n’est pas non plus un poison violent, un enfant ne courra pas grand risque à en ingérer quelques-unes, un effet laxatif apprendra aux gamins qu’il vaut mieux cueillir des myrtilles. Cependant, une ingestion en grande quantité pourrait provoquer une détresse respiratoire. Le risque est toutefois limité puisque manger les fruits n’est pas du tout agréable.
Ce sont surtout les fruits des cousins du « sorbier aux grives », les cormiers et autres alisiers, qui peuvent être utilisés cuits en compotes ou marmelades, mais ce n’est pas très courant. La cuisson rend inoffensive l’action des légers poisons qui causent les effets décrits plus haut.

 

Baies et feuilles de sorbier des grives

Baies et feuilles de sorbier des oiseleurs. Les feuilles sont dites pennées. Elles sont composées de 10-15 folioles finement dentées jusqu’à la base.

Les peûs d’havurna, les peûs d’tchampinne

En Belgique, la tenderie spécifique aux grives est interdite depuis les années ’60. En 1993, l’interdiction de la capture s’est étendue à toutes les espèces d’oiseaux migrateurs, par quelque technique que ce soit.
Jusqu’alors, la tenderie était un loisir de petites gens. Les bourgeois chassaient, les ouvriers tendaient.
C’est de cette époque, celle où papa tendait le dimanche, que m’est restée dans l’oreille la formule des « peûs d’havurna », les pois de sorbier qui étaient toujours mis à sécher au grenier et utilisés pour attirer les oiseaux. Pauvres oiseaux.

La prise de conscience environnementale, les empoisonnements causés par les pesticides agricoles et les larges abus perpétrés par les braconniers ont amené à interdire la pratique.
Si la tenderie officielle est devenue prohibée en Ardenne belge et dans tout le pays, le braconnage subsiste. En 2018 encore, une saisie record de 670 oiseaux eut lieu en région verviétoise. Il existe encore de véritables réseaux organisés pour écouler les prises.

Tout ça est bien loin de la tenderie de Papa ou de mon vieux voisin décédé aujourd’hui, que je voyais de temps en temps revenir discrètement du bois avec une petite besace récupérée de l’armée américaine. Que pouvait-elle bien contenir ? Une grive ou deux et un « lacet » fait de crin de cheval, certainement. Mon vieux voisin est pardonné, il était de cette génération qui cultivait un autre rapport avec la nature. Autres temps, autres mœurs. C’est différent maintenant, et c’est bien ainsi.

 

Il est appelé  « Branzière » en Ardennes françaises et « Pêtchi » en wallon de Saint-Hubert.

François Rion – Mediardenne 2020

Sources et biblio :
2014 l’année du sorbier – SPW éditions
Arbres et arbustes de nos forêts – Vedel, Lange & Luzu – Editions Fernand Nathan
La flore médicale wallonne – Robert Boxus (1939)
Les plantes de la Wallonie malmédienne – Abbé Joseph Bastin (1939)

Merci à Harry Mardulyn pour les corrections, les conseils et les photos.

Voir la vidéo de Harry Mardulyn et Lohan Duchâteau : Les baies d’automne.

2 056 vues

L’épicéa, ce sapin qui n’en est pas un

L’épicéa, ce sapin qui n’en est pas un

L’épicéa, ce sapin qui n’en est pas un

Ce conifère familier que l’on voit partout en forêt occupe près de la moitié des surfaces forestières de l’Ardenne.
On le croise principalement en Haute-Ardenne, au-dessus de 400 mètres d’altitude où il trouve un sol et un climat très propices à son développement.

 

epicea_jeunes_pousses

Au printemps, les jeunes aiguilles donnent de très jolies couleurs aux lisières.

 

Si on reconnaît au chêne son appartenance à la noblesse forestière, l’épicéa incarne plutôt la classe laborieuse. Il se prête sans broncher à tous les usages. Il se laisse scier pour fabriquer du bois de charpente ou de menuiserie; très jeune, il se laisse déterrer pour porter les guirlandes et les boules de noël dans nos salons. Jeune, il se laisse découper pour se transformer en piquets, poteaux ou tuteurs. Il se laisse hacher et malaxer pour devenir pâte à papier ou panneaux de particules; et se laisse compresser pour se sacrifier au feu sous forme de pellets qui alimentent nos poêles ou nos chaudières industrielles.

Ce silencieux polyvalent pousse l’abnégation jusqu’à ne pas se plaindre lorsqu’on l’appelle “sapin”. Car l’épicéa n’est pas un sapin, il est un résineux certes, mais d’un autre genre botanique que les sapins. Les sapins vivent dans les sapinières, alors que l’épicéa forme des pessières.
Il porte ses graines dans des cônes qui pendent aux branches… et puis qui tombent. Ce sont ces cônes que les enfants ramassent au bois et ramènent aux parents en disant: « voici une pomme de pin ». L’épicéa passe maintenant pour un pin, et ne se plaint toujours pas, un caractère en or cet épicéa.

Un Ardennais d’adoption

 

epicea_parclle

Il pousse vite, et son tronc est droit.

 

Disons de l’épicéa qu’il s’est très bien intégré, car en fait d’Ardennais, il ne l’est pas depuis très longtemps. L’épicéa n’est pas une essence indigène, son implantation en Ardenne date de la moitié du 19 ème siècle seulement.
Son introduction fut très utile en ce temps-là pour reboiser rapidement l’Ardenne – car il pousse vite – que l’exploitation excessive des siècles précédents avait ruinée.

Avant l’utilisation du charbon, la métallurgie naissante avait vidé l’Ardenne de ses forêts exploitées pour fabriquer du charbon de bois. Les hauts-fourneaux se sont ensuite déplacés vers les bassins houillers, mais la forêt était rasée. Les mines de charbon réclamaient elles aussi du bois en quantité, pour étançonner les galeries. L’épicéa convenait très bien à cet usage également avant d’être supplanté par le pin sylvestre. La haute-Ardenne était encore constituée de terrains dits « incultes », les fagnes et les impressionnantes étendues de landes à bruyères considérées sans intérêt, qu’il fallait donc valoriser. L’entreprise de plantation de grande envergure prenait son envol, entraînée par la fièvre du progrès.

 

epiceas_gros-bois

De belles grumes attendent le transport vers la scierie.

Mais trop, c’est trop.

L’épicéa s’est avéré être une aubaine économique, c’est indiscutable et c’est toujours le cas. Il est apprécié des utilisateurs pour sa polyvalence, on l’a dit. Il grandit vite, c’est un avantage économique certain; et son tronc pousse particulièrement droit, ce qui facilite un sciage de qualité pour les bois d’œuvre.

 

epiceas_sombres

En effet, il n’ y a pas beaucoup de lumière dans cette jeune pessière.

 

Ses désavantages reposent plus sur la manière par laquelle il est cultivé que sur l’arbre proprement dit.
Jusqu’à la fin du 20ème siècle, avant la prise de conscience environnementale, l’épicéa était planté en rangs très serrés. Les jeunes arbres, sous l’appel de la lumière et jouant sur la concurrence grandissent plus vite. Dans l’ombre, les branches basses ne se développent pas et ne forment pas de nœuds dans le tronc. Tout cela est très utile économiquement, mais le résultat donne un couvert forestier dense à travers lequel la lumière ne passe pas.
Pas de lumière, pas de végétation sous les épicéas. Pas de végétation, pas de vie; pas de vie pas de biodiversité. Une parcelle d’épicéa est un désert disent les plus sévères.

 

Toujours soif cet épicéa

 

epiceas-mise-a-blanc

L’épicéa est encore trop souvent exploité en « Mise à blanc ». La parcelle est complètement rasée avant la replantation; ce qui expose les parcelles voisines aux vents et peut provoquer la chute des jeunes arbres : des chablis.

 

Grand buveur (d’eau) c’est sur les écosystèmes humides que son impact s’est montré le plus significatif. Son installation massive dans les zones humides, principalement dans les Hautes-Fagnes, a sérieusement menacé les réserves hydriques que constituent ces biotopes particuliers. Au point que cent cinquante ans après la colonisation forcée des lieux par l’épicéa, l’action humaine amène à retirer l’espèce plutôt qu’à l’entretenir. La gestion des forêts se tourne désormais vers un équilibre plus fin entre la conservation des milieux naturels et la production économique.

Quoi qu’il en soit, l’épicéa a fait son lit en Ardenne et ses hautes ramures vert foncé resteront une caractéristique familière du paysage ardennais.

Fr. Rion / 2016

 

 

En 2 mots : Épicéa commun (Picea abies)

Une “pesse” ou “sapine”, un “spéciyâ” selon le wallon pratiqué.

Un peuplement d’épicéas s’appelle une pessière

Les aiguilles sont uniformément vertes sur les deux faces, longues de 15 à 25 mm. Les cônes pendent aux branches, ils mesurent une dizaine de centimètres.

Croissance rapide, d’une durée de vie d’au moins 200 ans en Haute-Ardenne. Il est exploité pour les scieries beaucoup plus tôt, vers 60 à 80 ans. A cet âge, la hauteur atteint près de trente mètres. Dans les Vosges, qui sont probablement le berceau des épicéas d’Ardenne (ainsi que la région des Carpathes), on trouve facilement des arbres de 50 mètres et plus.

Son enracinement est “traçant”, les racines pénètrent peu dans le sol mais s’étendent à l’horizontale à faible profondeur. Il peut donc tomber rapidement en cas de grands vents.

Bois blanc, considéré comme tendre et moyennement durable.
Son bois est très souvent utilisé traité superficiellement en charpente, ou imprégné en profondeur pour les usages extérieurs.
Très utilisé comme bois industriel, pour les pâtes à papier et panneaux divers, les piquets et les poteaux. Il est répandu en Europe dans les régions montagneuses, Alpes, Jura …, avec des variétés de plaine dans les pays nordiques d’où il est importé scié sous le nom de “Sapin blanc du Nord“.

Au canada, on le connaît sous le nom d’Epinette.

Saviez-vous que …

L’épicéa est le bois le plus utilisé en lutherie.

On l’appelle « bois de lutherie » ou encore « bois de résonance » lorsque les planchettes d’épicéa sont utilisées pour fabriquer les instruments à cordes, les violons, violoncelles, guitares, mandolines, ukulélés, luths etc…
Si l’érable est préféré pour confectionner les fonds de ces instruments, l’épicéa sert à fabriquer le corps et la tablette supérieure. Par sa légèreté et sa faible densité, il est tout à fait indiqué pour offrir la meilleure résonance aux notes composées par le musicien.

Il faut évidemment relever en forêt des troncs sans le moindre défaut physique. L’arbre doit présenter une forme conique irréprochable, il ne peut pas y avoir de tension entre les fibres du bois. Aucun nœud ne doit apparaître évidemment, ils déformeraient le son et fragiliseraient la structure très fine des pièces de bois utilisées sur les instruments.

Plus étonnant, les cernes de croissances qui, d’année en année, forment la matière ligneuse et font grossir l’arbre doivent être aussi réguliers que possible. Ce qui n’est pas garanti lorsqu’on sait que la croissance des arbres est directement liée aux conditions climatiques subies par la forêt. Les sécheresses de 1976 et 2003 ont, par exemple, diminué très fortement la croissance des arbres. Ces différences de largeur des cernes peuvent elles aussi nuire à la sonorité.

Si vous saviez déjà tout ça, soit vous êtres un génie, un violoniste ou un luthier (on peut être à la fois génie ET violoniste ET luthier), soit vous aviez déjà lu la source principale de ce paragraphe  dans le n° de janvier-mars 2020 de « Forêt Nature » :

https://foretnature.be

 

La photo d’illustration provient du site web de l’Ecole Internationale De Lutherie de Marloie (Marche-en-Famenne / Belgique). 

Le Cordaneum à Marche-en-Famenne

Gauthier Louppe formé en lutherie à l’école internationale de Crémone (Italie) transmet son savoir à Marche en Famenne depuis 2010. C’est la seule école du genre en Wallonie.
Les locaux du Cordaneum abritent également un centre d’exposition sur la lutherie. Une exposition permanente reconstitue l’atelier d’un luthier et présente la construction des instruments du quatuor à cordes, et vous emmène à la découverte d’instruments particuliers et des œuvres contemporaines du Maître luthier Gauthier Louppe. Des expos temporaires sur différents thèmes orientés vers la lutherie complètent la visite. À ne pas manquer !

https://www.ecoledelutherie.eu/

https://www.cordaneum.be/

9 015 vues


Le genêt à balais, un colon ardennais

Le genêt à balais, un colon ardennais

Le genêt à balais, un colon ardennais

Le genêt à balais, un colon ardennais

Végétal du printemps, la floraison du rude genêt à balais parsème d’éclats jaunes plus ou moins étendus l’émeraude dominant les paysages d’Ardenne. Allons à sa rencontre.

Peut-on trouver végétal plus emblématique du printemps ardennais que le genêt à balais ? Il était naguère impensable, pour un visiteur s’en retournant vers les basses-terres, de ne point adorner la calandre de son automobile de quelques branches fleuries attestant son passage en Ardenne. La mode a passé avec celle des belles carrosseries dont les chromes rutilants faisaient la joie des petits et des grands.

 


Une pratique qui a disparu : décorer les pare-chocs des voitures d’un bouquet de genêts fraîchement cueilli.

 

Ceci dit, je ne surprendrai pas grand monde en énonçant que ledit genêt doit son qualificatif à l’intervention de ses rameaux séchés dans la confection des ramons (ou balais, en français commun) spécialisation qu’il partageait avec les ramilles de bouleau.
Moins nombreux sans doute sont ceux qui conservent le souvenir des abris recouverts de genêts, qu’un art consommé de l’agencement rendait  imperméables aux intempéries. Il en est encore, çà et là, mais le tour de main se perd et c’est ma foi bien regrettable.

Pour le reste, ce rude gaillard fait partie des colonisateurs-nés s’emparant allègrement des friches, essarts et autres bords de chemins auquel il apporte un son et lumière estival du meilleur aloi. Occupation des sols oblige, ces refuges deviennent moins courants et le genêt avec eux, dont le claquement des gousses fait partie des ambiances estivales au même titre que le froissement des sauterelles dans l’air brûlant chargé d’odeurs.
Il atteint une hauteur de 1 à 3 mètres, rarement davantage. Le diamètre des branches maîtresses peut atteindre de 5 à 10 centimètres, elles se ramifient d’abondance et portent de petites feuilles caduques tandis que la floraison s’étend de mai à juin.

 

D’un jaune presque aveuglant.

 

Côté médicinal, on lui reconnaît depuis toujours une efficace action tonicardiaque. Cette propriété a été confirmée depuis qu’on en retire la spartéine, alcaloïde fort précieux. C’est aussi un excellent diurétique permettant l’élimination des chlorures et on en recommande l’emploi contre la goutte, les rhumatismes, l’hydropisie ainsi que dans les affections pulmonaires comme les pleurésies et la pneumonie et enfin pour élever la tension artérielle trop basse.
Complet et utile, sans doute, mais à n’utiliser qu’avec précautions : la cytisine et la spartéines sont toxique pour l’homme même si le bétail s’en accommode très bien.

 

Il colonise volontiers les espaces déboisés. Ici, sur les hauteurs de La Gleize en montant vers Spa.

 

Et enfin, faut-il estimer rassurant, à l’heure où la chasse aux essences exogènes envahissantes sévit en Ardenne, de savoir que notre cher genêt à balais est considéré comme une vraie peste en Californie et en Nouvelle-Zélande ? Après tout, pour peu que l’on se penche sur les multiples disséminations végétales et animales consécutives aux croisades, par exemple, l’actuelle extension des berces du Caucase et autre balsamine de l’Himalaya n’a rien d’exceptionnel.

Patrick Germain

Le genêt et le bétail

Bien avant que les animaux d’élevage ne passent l’hiver dans des étables équipées de citerne à lisier directement sous les bêtes, la paille était rare en Ardenne. L’agriculteur offrait  un peu de confort à ses bêtes avec ce qu’il trouvait sur place, les fougères, les feuilles mortes, la bruyère et le genêt. Ces plantes étaient récoltées et séchées durant la bonne saison, comme la paille ou le foin. La dureté des tiges du genêt, si c’était une qualité pour la fabrication des balais, nécessitait un traitement « assouplissant ». Les fagots de la plante étaient étalés sur les chemins et dans les ornières creusées par le passage fréquent des chariots attelés. Ainsi, les pas des bœufs, des chevaux et les lourdes roues en bois écrasaient les tiges et en faisaient une litière d’une douceur acceptable et plus absorbante.

Bouquet de genêts

Nos lecteurs ont bien travaillé sur la page Facebook de Mediardenne.

Odile nous rappelle qu’on se servait des fagots bien séchés pour allumer les poêles et surtout les fours à pain. Avec les tiges défibrées, on pouvait aussi tresser des cordages.

Brigitte nous parle de teinture à partir des fleurs, mais il semble qu’il s’agisse d’une autre variété de genêt:  Genista tinctoria, alors que notre genêt à balais porte le nom latin de Cytisus scoparius.

Agnès se souvient que es fleurs étaient récoltées pour les petites filles qui les lançaient lors des processions aux reposoirs dans les villages à la fête du Saint Sacrement. Les rameaux séchés étaient utilisés pour nettoyer les « buses » (les tuyaux) d’évacuation des fumées des poêles à bois.

Et, plus surprenant, Philippe note qu’il était aussi utilisé, non fleuri, dans les cas de diarrhées des lapins domestiques…

Genets sur une mise à blanc


Chercher un article sur MediArdenne

3 088 vues

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

l’épilobe à feuilles étroites

l’épilobe à feuilles étroites

l’épilobe à feuilles étroites

Commun sur toute l’Ardenne, l’épilobe – au masculin – fait partie de ces végétaux auxquels on ne prête guère attention. Pourtant, outre le joli rosé de ses colonies au moment de la floraison, il constitue sans aucun doute l’un de nos végétaux sauvages les plus utiles.

 

Sa robustesse et sa jolie couleur rose, alliées à une vivacité qui requerra une grande vigilance si l’on décide de l’inviter dans un coin du jardin, en font l’une des plantes les plus répandues en Ardenne. On y rencontrera généralement l’épilobe en lisière ou dans les coupes, et les forestiers l’appellent quelquefois « plante à feu » parce qu’il – épilobe est du genre masculin – est une des premières à réapparaître sur les terres brûlées.

 

 

L’épilobe colonise rapidement les terrains incendiés, mais aussi les parcelles de bois mises à blanc.

 

Modeste mais point dépourvu de prestige, l’épilobe est une plante historique: en 1793, son observation permit au botaniste allemand Sprengel d’imaginer la théorie de pollinisation par les insectes, reprise et développée ensuite par Darwin. Il en existe une vingtaine d’espèces sous nos climats, auxquelles il conviendra d’ajouter bon nombre d’hybrides.

Très accommodant, on l’a vu, ce beau jeune homme au teint frais se dissémine le plus souvent en colonies, tant par l’expansion de longs rhizomes traçants que par les innombrables graines à aigrette que le vent d’automne emporte sans difficulté sur des distances parfois considérables.

 

La plante aurait permis de comprendre le phénomène du butinage.

La plante aurait permis de comprendre le phénomène du butinage.

 

 

Une santé dont on pourrait se plaindre si l’épilobe n’était l’un des végétaux sauvages les plus utiles, à défaut d’être de grande importance médicinale. Car si, à ce niveau, l’on se limitera à relever la forte teneur en tanins de sa racine, il n’en va pas de même pour ce qui concerne l’intérêt culinaire.
Ainsi la moelle de sa tige, une fois celle-ci épluchée, présente-t-elle une saveur sucrée dont on se régalera avant, par exemple, de consommer les jeunes pousses et les feuilles en salade, crues ou cuites. Feuilles dont on fera par ailleurs, une fois séchées, un thé de bonne tenue. Les fleurs, quant à elles, peuvent être infusées fraîches.

 

 

Tiges d'épilobe

Les tiges sont sucrées

 

Conservez donc à l’épilobe une place de choix dans un coin de votre mémoire, Pèlerins: les temps sont durs, mais finalement – comme toute période de crise – point inintéressants si l’on se prend à (re)trouver quelques « fondamentaux ». L’un d’entre eux consiste à ne pas chercher (ou pire, aller faire chercher) aux six-cents mille diables ce qu’on a sous la main.

 


Ecrit par :Patrick Germain 22-07-2008


 

747 vues

Le pin sylvestre, le bois de mine

Le pin sylvestre, le bois de mine

Le pin sylvestre, le bois de mine

 

Le pin sylvestre (Pinus Sylvestris)

Comme presque tous les résineux qui peuplent les forêts d’Ardenne, le pin est une essence importée. Son aire de répartition naturelle est très étendue en Europe, particulièrement présent en Europe de l’Est.

En fait, il existe une controverse chez les spécialistes depuis peu de temps.
Le pin sylvestre aurait été présent naturellement chez nous jusqu’à l’époque romaine puis aurait disparu pour enfin être réintroduit au cours du 17ème siècle. Des graines retrouvées dans les tourbières profondes confirment cette théorie.

Le bois de mine

plantation de pins sylvestres

De jeunes pins sylvestres (environ 25 ans). La lumière passe facilement à travers le feuillage et permet le développement d’un sous-étage. Ici, beaucoup d’orties, probablement par le fait que la plantation se trouve sur une ancienne pâture.

 

Il fut, tout comme l’épicéa, largement planté à partir de la moitié du 19 ème siècle pour valoriser les terres dites incultes de l’Ardenne.
Il s’adapte facilement sur les sols rocheux pauvres, résiste au froid mais peut se briser sous le poids de la neige collante. Il fut en son temps le bois privilégié pour constituer « le bois de mine », débité en courtes billes et écorcé ; peu fissile, il convenait parfaitement pour étançonner les galeries des nombreuses mines du Pays de Liège, du Hainaut et du Limbourg. Il présentait l’avantage considérable de « prévenir » avant de casser. Il crissait, criait, geignait, ce qui permettait aux hommes du fond de remplacer à temps les éléments qui risquaient de se rompre.

Il est une essence de lumière, son feuillage (ses aiguilles) peu dense laissant passer la lumière permet ainsi le développement de la flore au niveau du sol. Il grandit relativement vite, mais pas très droit. Ce qui n’avait pas une importance capitale pour l’utilisation dans les galeries de mines, les billons utilisés étant fort courts. Il est désormais largement supplanté par les cultures d’épicéas et de douglas, sa présence en Ardenne est en constante régression.

 

ecorce d'un jeune pin

Ecorce d’un jeune pin sylvestre, les écailles sont déjà bien distinctes.

 

Son écorce, structurée en espèces d’écailles, se colore progressivement de rouge-ocre avec l’âge.

Les pins se reconnaissent à leurs longues aiguilles souples (4 à 6 cm) rassemblées dans une même gaine ; le sylvestre possède deux aiguilles. C’est un « bois rouge », le cœur du tronc – le duramen – présente une couleur orangée, mais le bois peut facilement virer au gris-bleu lorsque l’arbre est abattu au printemps et gorgé de sève.

Ecorce pin âgé

Un pin âgé, l’écorce devient fort épaisse.

Sapin rouge du Nord

C’est sous le nom de « sapin rouge du nord » qu’il est connu en charpente et menuiserie, ce qui sous-entend que le bois vendu provient des régions nordiques où la croissance plus lente des arbres donne une fibre plus serrée, donc de meilleure qualité.
Pour la petite histoire, des pins sylvestre issus des forêts ardennaises, sciés sur place ont fait il y a quelques décennies, un petite balade en bateau, revenant au port d’Anvers habillés du cachet certifiant l’origine nordique des bois. Un petit trafic qui a été vite découvert, et qui serait sans doute plus difficile à mettre sur pied aujourd’hui vu la traçabilité imposée par la labellisation des produits forestiers.

En parallèle à l’usage de son bois, les huiles essentielles qui sont extraites du sylvestre, lui ont donné la réputation d’un puissant antiseptique pulmonaire.

pins sylvestres

3 381 vues

Chercher un article sur MediArdenne

Balades en forêt

Laissez-nous un commentaire, une précision…

L’oxalis petite oseille, trois en une

L’oxalis petite oseille, trois en une

L’oxalis petite oseille, trois en une

 Chère surelle ! Combien de fois n’ai-je succombé au goût délicatement acidulé de tes feuilles ! Et médité sur elles, sur tes fleurs.

Bon, je vous préviens tout de suite : si, après avoir lu cet article, je vous surprends encore à pisser n’importe où, je vous mords sauvagement l’oreille ! C’est clair ? Non mais c’est vrai, quoi ! Est-ce que j’urine sur votre garde-manger, ou sur votre pharmacie, moi ?

Bref : l’oxalis (ou oxalide) petite oseille fait partie de ces trésors sur lesquels nous avons tous marché un jour ou l’autre, sans même nous en rendre compte. Et c’est bien dommage.
Car, en l’occurrence, les usages domestiques et médicinaux de cette plante commune sous nos latitudes sont innombrables.
Attention toutefois aux abus : le sel d’oseille, tiré de l’acide oxalique qui a donné son nom à la plante sert, entre autres, à effacer les taches d’encre ou à nettoyer les cuivres ; il attaque les teintures et serait… un bon détartrant pour les radiateurs d’automobiles. Besoin d’un dessin ? Par ailleurs, les personnes souffrant de lithiases et de la goutte s’en interdiront toute consommation.

Fleur de coucou

De jolies fleurs blanches, mais on pourrait confondre les feuilles avec du trèfle.

Ceci étant entendu, mâchonner quelques feuilles de surelle coupe la soif tout en chatouillant subtilement les papilles. Vous trouverez également, à la fin de cet article, la recette d’une infusion qui, bien fraîche, joindra l’utile à l’agréable en remplissant votre gourde.

La fleur de l’oxalis petite oseille est blanche, délicatement veinée de lilas, de mauve ou de bleu. Elle s’épanouit généralement aux environs de Pâques (d’où l’un de ses surnoms : « alléluia ») et, à l’instar de ses feuilles, se penche et se replie sur elle-même la nuit ; ou lorsque la lumière vient à manquer significativement, durant la journée.
La fleur ? La première. Car une seconde floraison, beaucoup plus discrète bien qu’abondante, a lieu durant l’été.

Tapis d'oxalis petite oseille

Un tapis d’oxalis au début du mois d’avril dans un trou de lumière laissé par quelques sapins qui n’ont pas voulu se développer.

La symbolique ? Au lieu de courir après Arduinna sait quoi, arrêtez-vous donc un instant et, si ce n’est qu’une fois dans votre vie, regardez bien. Ternaire des feuilles (en forme de cœur, qui plus est) ; bipolarité dans l’unité à travers les propriétés médicinales ; photopériodisme ; abondance dans ce qui est voilé…

Mais, bien sur, on peut parfaitement vivre sans ça. Et préférer signer des pétitions.org pour la protection du gnou en Patagonie orientale, avec la photo du Dalaï-lama en fond d’écran. Mais je m’égare, je m’égare : à bientôt en Ardenne, pèlerin. Et pas pipi partout, hein ! Sinon…

Ecrit par : Patrick Germain / 2007 – révision 2025

Note :
Oxalis acetosella L.
Surelle – Pain de coucou – Alléluia – Trèfle aigre – Oseille du bûcheron
Wallon : coucou
Infusion de surelle : 15 grammes de feuilles pour un litre d’eau bouillante. Infuser 5 minutes et laisser refroidir. Psst ! La gourde : en inox. Ou alors dans une bouteille thermos. Propres. J’dis ça , j’dis rien, hein…


 

1 745 vues

La linaigrette

La linaigrette

La linaigrette

Même si sa relative rareté lui confère un je-ne-sais-quoi de noblesse supplémentaire, la linaigrette partage avec le pissenlit un mode de reproduction anémophile (cul et chemise avec le vent, allez djan…) auquel on doit les jolis champs neigeux parsemant les habitats fagnards au mois de mai.

 

Dès le mois de mai, elles blanchissent les fagnes. On les trouve partout dans les Hautes Fagnes, ou ici, dans la Fagne des Tailles près de la Baraque de Fraiture.

Dès le mois de mai, elles blanchissent les fagnes. On les trouve partout dans les Hautes Fagnes, ou ici, dans la Fagne des Tailles près de la Baraque de Fraiture. Photo de Michel Humblet.

 

La faune et la flore de ce que Julos Beaucarne appelle plaisamment – et non sans raison – nos « petites Sibérie » fagnardes indique qu’elles ont constitué au fil des âges autant de refuges biologiques pour des espèces désormais confinées dans des habitats beaucoup plus nordiques, plus élevés, ou plus atlantiques. Relique parmi d’autres de ces époques successives de l’histoire ardennaise, la linaigrette compte au nombre des plus spectaculaires. Par ses graines.

Car ce sont bien aux graines que l’on doit les jolis champs neigeux qui parsèment les fagnes au mois de mai : au même titre que le pissenlit, la belle est anémophile et confie à des soies porteuses l’éolienne dissémination de sa descendance. La fleur à proprement parler, qui apparaît au début du printemps, est minuscule.

 

Les flocons du printemps en Fagne.

Les flocons du printemps en Fagne. Photo de Michel Humblet.

 

Trois espèces distinctes de linaigrettes adornent ainsi les âpres solitudes comme autant de transitions métaphoriques entre la supposée morte saison et celle de toutes les promesses : la linaigrette engainée (vaginatum), la linaigrette à plusieurs épillets (polystachium) et la linaigrette à larges feuilles (latifolium). Les deux dernières citées, par la multiplication de leurs épillets, s’avérant particulièrement douées pour le pointillisme paysager.

En des temps pas si lointains, il était de coutume de ramener quelques épis de ses incursions fagnardes quand, à l’instar de ce qui se pratiquait avec le genêt à balais, il ne s’agissait pas d’en témoigner avec plus ou moins de tapage sur la calandre des automobiles. Faut-il préciser que, les belles étant désormais protégées, la perpétuation de cet usage risque de valoir quelques ennuis à nos visiteurs s’en retournant vers les basses terres ?

 


Écrit par : Patrick Germain /2008
Photos : Pat. Germain et Michel Humblet > voir sa page Facebook

Note : Eriophorum vaginatum(L) – polystachium (Honckeny) – latifolium (Hoppe).
Oreiller du pauvre – jonc à coton
Wallon  : tchitchoûle

Source :
Fagne, mon pays – Freyens – Fédération du tourisme de la province de Liège – 2° Les Hautes Fagnes – Schumacker / Noirfalise – Ibid + ASBL Parc naturel des Hautes Fagnes Eifel – 1° Guide de la Fagne – Freyens – Marabout 1967


 

537 vues

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

La digitale pourpre, une redoutable enjôleuse

La digitale pourpre, une redoutable enjôleuse

La digitale pourpre, une redoutable enjôleuse

La digitale pourpre, une redoutable enjôleuse

Il est pratiquement impossible de passer à côté d’une touffe de digitales pourpres sans remarquer la belle prestance de leurs hampes florales dressées en pleine lumière tout au long des chemins d’Ardenne. Mais attention : la belle est redoutable !

 

(suite…)

La chicorée sauvage

La chicorée sauvage

La chicorée sauvage

Son nom vient d’Égypte, d’où cette belle orientale semble avoir conquis nos contrées : la longue floraison de la chicorée sauvage est de toute beauté, et sa descendance est nombreuse.

 

C’est dans l’un des plus anciens textes égyptiens connus que la chicorée sauvage est mentionnée pour la première fois, 4.000 ans avant l’ère chrétienne. Elle est, depuis, restée un bienfaisant remède auquel la phytothérapie est restée fidèle.

Mais, avant de nous pencher sur ces applications, arrêtons-nous un instant sur sa floraison qui – seuls quelques capitules s’ouvrant simultanément – se prolonge plusieurs mois durant, offrant aux bords des chemins de la Calestienne (dont elle apprécie les sols secs et calcaires) de lumineuses oasis d’un bleu inimitable. Photopériodique, la chicorée sauvage ouvre ses fleurs au lever du soleil, et les referme dès l’après-midi avancée, si elles ne restent purement et simplement fermées par temps couvert.

 

 

Il n’en fallait pas plus pour lui prêter des vertus curatives dans les affections des yeux. Ce qui, en fait, est beaucoup moins avéré que les vertus toniques, stomachiques, dépuratives et légèrement laxatives. Les feuilles stimulent par ailleurs la fonction du foie et sont diurétiques.

Mais notre chicorée ne s’arrête pas en si bonne voie : ses feuilles – récoltées avant la floraison, faute de quoi leur latex les rend incomestibles – sont utilisées en salade. C’est elle, par ailleurs, qui a donné naissance aux nombreuses variétés potagères que nous consommons sous les noms de scarole, frisée ou autre endive, moins amères et donc moins actives. Les racines torréfiées constituent un succédané du café très connu, vierge des défauts de celui-ci et apportant à l’organisme de précieux sels minéraux. On utilise aussi une variété cultivée pour produire les racines, utilisées après torréfaction : « Qui a bu boira, la chicorée Pacha »…

Écrit par : Patrick Germain 25-10-2007

Note :
Cichorium intybus L.
Chicorée amère, barbe de capucin, écoubelle bleue, yeux de chat, chicon, laideron
Wallon : cécorèye


 

707 vues

20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré