l’épilobe à feuilles étroites

10 Mai, 17 | La flore

Commun sur toute l’Ardenne, l’épilobe – au masculin – fait partie de ces végétaux auxquels on ne prête guère attention. Pourtant, outre le joli rosé de ses colonies au moment de la floraison, il constitue sans aucun doute l’un de nos végétaux sauvages les plus utiles.

 

Sa robustesse et sa jolie couleur rose, alliées à une vivacité qui requerra une grande vigilance si l’on décide de l’inviter dans un coin du jardin, en font l’une des plantes les plus répandues en Ardenne. On y rencontrera généralement l’épilobe en lisière ou dans les coupes, et les forestiers l’appellent quelquefois « plante à feu » parce qu’il – épilobe est du genre masculin – est une des premières à réapparaître sur les terres brûlées.

Epilobe et miseà blanc

L’épilobe colonise rapidement les terrains incendiés, mais aussi les parcelles de bois mises à blanc.

 

La plante aurait permis de comprendre le phénomène du butinage.

La plante aurait permis de comprendre le phénomène du butinage.

Modeste mais point dépourvu de prestige, l’épilobe est une plante historique: en 1793, son observation permit au botaniste allemand Sprengel d’imaginer la théorie de pollinisation par les insectes, reprise et développée ensuite par Darwin. Il en existe une vingtaine d’espèces sous nos climats, auxquelles il conviendra d’ajouter bon nombre d’hybrides.

Très accommodant, on l’a vu, ce beau jeune homme au teint frais se dissémine le plus souvent en colonies, tant par l’expansion de longs rhizomes traçants que par les innombrables graines à aigrette que le vent d’automne emporte dans difficulté sur des distances parfois considérables.

Une santé dont on pourrait se plaindre si l’épilobe n’était l’un des végétaux sauvages les plus utiles, à défaut d’être de grande importance médicinale. Car si, à ce niveau, l’on se limitera à relever la forte teneur en tanins de sa racine, il n’en va pas de même pour ce qui concerne l’intérêt culinaire.
Ainsi la moelle de sa tige, une fois celle-ci épluchée, présente-t-elle une saveur sucrée dont on se régalera avant, par exemple, de consommer les jeunes pousses et les feuilles en salade, crues ou cuites. Feuilles dont on fera par ailleurs, une fois séchées, un thé de bonne tenue. Les fleurs, quant à elles, peuvent être infusées fraîches.

Les tiges sont sucrées

Les tiges sont sucrées.

Conservez donc à l’épilobe une place de choix dans un coin de votre mémoire, Pèlerins: les temps sont durs, mais finalement – comme toute période de crise – point inintéressants si l’on se prend à (re)trouver quelques « fondamentaux ». L’un d’entre eux consiste à ne pas chercher (ou pire, aller faire chercher) aux six-cents mille diables ce qu’on a sous la main.
Ecrit par :Patrick Germain 22-07-2008


 

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