La forêt ardennaise – Ses arbres

La forêt ardennaise – Ses arbres

ips (bostryche) typographe

La forêt ardennaise – Ses arbres

 « L’Ardenne est toute en sa forêt », ou encore «  La forêt,  vérité première et dernière de l’Ardenne », et bien-sûr « Au pays de mon père on voit des bois sans nombre… ».

Les auteurs ont le sens de la formule pour décrire d’un trait la marque de la forêt sur la personnalité de la région ardennaise. Tant il est vrai qu’avec le sol schisteux qui forme le massif, la forêt est la principale caractéristique de l’Ardenne. Elle est aux Ardennais ce que la mer est aux Bretons, ce que la banquise est aux Inuits.

Il suffit d’ouvrir une carte routière entre le carré formé par Bruxelles, Cologne, Reims et Luxembourg pour que la tache vert foncé figurant les surfaces forestières saute aux yeux.
La tache verte n’est pas uniforme, elle est morcelée, tranchée de routes importantes, parsemée de nombreux villages et villettes et des espaces agricoles qui ceinturent les centres d’habitat. Depuis quelques décennies, des centres industriels plus ou moins importants s’implantent, profitant de la proximité de la ressource forestière pour les uns, mais surtout du faible coût immobilier. Quitte à percer encore un peu plus les forêts par de nouvelles routes.

La première description de l’Ardenne et sa forêt est fort ancienne et très brève. Jules César dut venir au Pays ; non pas pour profiter des thermes de Spa ou cueillir des myrtilles, mais pour vaincre Ambiorix le Gaulois qui s’était révolté et prit le maquis dans la forêt d’Ardenne. Relisez bien, il est écrit Ambiorix, ne confondez pas avec l’autre petit Gaulois breton, celui qui devient très fort en buvant un truc spécial; zut, j’oublie son nom.  Nom d’un petibonum !

Cest dans ses notes sur la « Guerre des Gaules » (58 à 52 avant JC) que César relata son épopée ardennaise.

Au pays de mon père on voit des bois sans nombre,
Là des loups font parfois luire leurs yeux dans l’ombre
Et la myrtille est noire au pied du chêne vert.

Paul Verlaine trouvait ses racines paternelles à Paliseul. Comme César (et tant d’autres), il fut marqué par la forêt ardennaise.

La photo est de Thierry Michel > FB / visitez la page

La plus grande forêt de Gaule selon César

César, en bon méditerranéen, aimait forcer un peu le trait. Selon lui, l’Arduenna Sylva (la forêt ardennaise dans la langue des conquérants romains) s’étendait des rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu’au territoire des Nerviens, les actuelles Flandres de Belgique. Il parlait d’une distance qui correspondait plus ou moins à 750 kilomètres de long.
Ca fait beaucoup !

Et en bon conquérant, de ceux qui commençaient déjà à manier l’outil de communication, il cherchait sans doute à laisser un souvenir plus glorieux en ayant vaincu une forêt encore plus gigantesque, peuplée de barbares encore plus sauvages. Il n’est pas impossible que, dans son esprit, il ait lié les forêts vosgiennes et alscaciennes avec le massif ardennais.
Mettons au crédit de notre ami Jules qu’il ne disposait pas, lui, de la carte routière que nous proposions d’ouvrir au paragraphe précédent.

Il n’avait pas non plus de manuel de géologie qui aurait pu lui expliquer que la forêt ardennaise repose sur le socle schisteux qui forme la région naturelle de l’Ardenne ou des Ardennes puisque ce socle traverse les frontières de France, de Belgique, du Luxembourg et même de l’Allemagne là où l’Ardenne quitte son nom latinisé pour devenir l’Eifel.

En réalité, la forêt ardennaise s’étire légèrement à l’est de Rocroi en France, s’incline vers le nord-est en suivant les plissements géologiques, elle traverse le nord du Grand-Duché de Luxembourg  (l’Oesling) pour arriver entre Aix-la-Chapelle et Düren dans la forêt allemande de Hurtgen. La forêt se prolonge également sur les versants du plateau ardennais, la Gaume et  le Pays d’Arlon à l’extrême sud de la Belgique, la Famenne calcaire à l’ouest et l’Eifel volcanique en Allemagne.

Cet axe oblique du sud-ouest au nord-est couvre tout au plus une distance de 160 à 180 km à vol d’oiseau.

Ce n’est pas vraiment une forêt discontinue de 750 kilomètres : vas-y mollo César, tu exagères!

Un peu de chiffres

Les régions du sud de la Belgique, l’Ardenne, et ses versants de Gaume et de Famenne rassemblent plus de 75 % de la surface forestière de la Région Wallonne. (Source SPW Wallonie.be)

Plus de 60% du territoire ardennais est boisé en y incluant l’important massif le l’Ardenne primaire du département des Ardennes en France.

Une forêt qui perd et puis qui gagne

Il est fréquent de croire que la vie moderne ronge peu à peu la superficie des forêts. C’est vrai et faux à la fois. Les statistiques officielles de l’occupation des sols, qu’elles émanent des administrations belges ou françaises démentent l’érosion supposée des forêts. En chiffres, les forêts augmentent en surface et en volume de bois produit.

Tout dépend évidemment du point de départ statistique que l’on choisit. Il faut se rappeler que les surfaces forestières productives ont fortement diminué au cours des siècles précédents. L’exploitation abusive due principalement à la fabrication de charbon de bois au service de la sidérurgie avait transformé de grands espaces boisés en landes dites « incultes ». Depuis cette désertification, en effet, la forêt reprend des plumes et continue à s’agrandir. Mais cette augmentation reste toute relative, il est évident que nous ne retrouverons pas l’océan vert que César décrivait, même s’il exagérait un peu.

La véritable agression perpétrée envers la forêt est plutôt le quadrillage continu que celle-ci doit subir du fait des aménagements routiers, industriels et même touristiques.

Mise à feu de la meule de charbon de bois

Ca n’a l’air de rien, mais cette activité de charbonnier pour fournir la sidérurgie avait ruiné la forêt d’Ardenne.

Les arbres qui font la forêt

Cela n’étonnera personne : en 2000 ans, la forêt s’est beaucoup transformée.

Si les armées romaines ont découvert une forêt vierge de toute transformation humaine, ou presque, le paysage d’aujourd’hui est bien différent. Les Celtes qui occupaient l’Ardenne n’ont connu que les hêtres, les bouleaux, les chênes sur lesquels l’histoire – à moins que ça ne soit la légende – nous apprend qu’ils coupaient le gui. C’était ce qu’on appelle une forêt primaire, composée d’essences feuillues poussant à l’état totalement naturel. Les Ardennais d’alors – les Ardenniens de l’âge du fer – ne connaissaient aucune forme de « sapin » hormis le genévrier et l’if.

Si l’image des profondes forêts sombres composées d’épicéas rectilignes  s’impose au visiteur, ces  paysages n’ont commencé à prendre forme que depuis la moitié du 19ème siècle. Autant dire hier.

Ces essences étrangères au plateau ardennais ont été introduites afin de reconstituer au plus vite une forêt complètement dévastée par l’exploitation du charbon de bois nécessaire à la sidérurgie. Au 19ème siècle, malheureusement pour le climat mais heureusement pour la forêt, les mines de charbon de terre (les houillères, le coke)) ont supplanté l’usage du charbon de bois, mais la forêt était déjà vidée de ses arbres et transformée en lande à cause des usages abusifs des siècles précédents.

C’est surtout en Ardenne du nord, en province de Liège et au nord de la province de Luxembourg,  que les plantations résineuses sont plus nombreuses. La présence importante de l’épicéa s’explique par la volonté farouche des anciens gestionnaires forestiers de boiser toutes les surfaces dites « incultes ». Ce sont les régions fagnardes du nord-est qui ont été les plus touchées par cette démarche qui serait aujourd’hui considérée comme une erreur de gestion. L’enrésinement (le fait de planter des résineux) des zones humides est désormais proscrit dans les forêts publiques. Mieux, des projets européens tels les projets LIFE visent à retirer les résineux de ces sites et à leur rendre le rôle de réservoir d’eau et de biodiversité car les résineux, l’épicéa surtout, sont très gourmands en eau et assèchent le sol.

En Ardenne belge, la proportion entre les surfaces plantées de résineux et les forêts feuillues donne un avantage aux résineux. Ce qui contredit la situation globale de la Belgique et même de la Wallonie qui dans l’ensemble montre une légère prépondérance des surfaces feuillues. Ceci étant dû, comme expliqué plus haut, aux reboisements de grande ampleur opérés dès le 19ème siècle, y compris en zones humides. Par ailleurs, les résineux originaires des régions montagneuses, s’adaptent beaucoup mieux à l’altitude de la Haute-Ardenne et ne sont donc pas techniquement recommandés à une altitude inférieure à 400 ou 450 mètres. Le sud de l’Ardenne et la Gaume sont plus riches en forêts feuillue, la forêt d’Anlier est réputée pour la majesté de ses grands hêtres tandis que l’Hertogenwald, tout au nord en bordure des Hautes-Fagnes, est une forêt à prédominance résineuse.

Au Grand-Duché de Luxembourg également, la balance plaide légèrement en faveur des feuillus.

C’est surtout en Ardenne française, au sein du Parc naturel régional et autour de celui-ci, le massif géologique de l’Ardenne primaire comme disent les spécialistes, que les boisements feuillus sont prépondérants, et donc plus proches de la forêt originelle. Là, le chêne domine largement les résineux.

Mise à feu de la meule de charbon de bois

Au nord de l’Ardenne, dans la région des Hautes-Fagnes, les résineux dominent.

Photo de Yves jacques

Mise à feu de la meule de charbon de bois

Les hêtres majestueux de la forêt d’Anlier.

 

La photo du titre est de Jean-Marie Henrotte – Vidjanma’s photos > FB / visitez la page

Merci à Jean-Pierre Offergeld pour la relecture et les précisions techniques.

Pour aller plus loin :

  • Le grand livre de la forêt wallonne – Collectif – Ed. Mardaga 1985
  • Le grand livre de la forêt – Collectif – Ed. Forêt Nature 2017
  • La forêt – Bary-Lenger, Evrard, Gathy – Ed. Vaillant Carmanne 1979
  • L’Ardenne et l’Ardennais – G. Hoyois 1948 (Collector)
  • Terre ardennaises / Revue d’histoire et de géographie locale – L’homme et la forêt – n°8, sept. 1984
  • Pour des statistiques précises :
    Office Economique Wallon du bois / Panorabois
    Office Nationale des Forêts
Tourisme

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En forêt | La loupe sur les arbres

En forêt | La loupe sur les arbres

ips (bostryche) typographe

En forêt | La loupe sur les arbres

Une loupe est une boule, parfois énorme, qui pousse sur un tronc ou sur une maîtresse branche.

Elle ne cause aucun dégât à l’arbre. C’est simplement le cambium qui, devenu subitement fou, s’est mis à produire une prolifération tourbillonnaire de cellules ; des millions de fibres enchevêtrées. On peut dire que c’est une forme de “cancer” bénin.

Les loupes sont très recherchées par les ébénistes car elles présentent, à la coupe, des motifs intéressants pour la marqueterie, la fabrication de meubles de luxe, le placage.

La loupe du noyer est bien connue des armuriers pour la fabrication des crosses de fusil de luxe.
Elle sont utilisées également sur les pièces en bois des voitures de luxe, comme les pommeaux de levier de vitesse ou les tableaux de bord.

Source principale : www.lahulotte.fr

 

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3 balades en forêt

En forêt | Pirsch ou mirador ?

En forêt | Pirsch ou mirador ?

ips (bostryche) typographe

En forêt | Pirsch ou mirador ?

Ces points d’observation (miradors) placés en hauteur sont souvent appelés à tort « cabanes de pirsch ». En effet, le pirsch est une méthode de chasse individuelle qui se fait au sol, en recherchant les traces de l’animal : l’approche.

Au contraire, la chasse à l’affût se pratique, à partir de miradors placés sur les parcours habituels des animaux à l’aube et en soirée, jusqu’au crépuscule.

Ces deux méthodes sont des méthodes de chasse individuelle.

Lorsque la chasse se mène en groupe, il peut s’agir
– Soit de battue : procédé de chasse à tir pratiqué par plusieurs chasseurs attendant le gibier rabattu par plusieurs hommes s’aidant ou non de chiens ;
– Soit de botte : procédé de chasse à tir devant soi, pratiqué en parcourant, seul ou à plusieurs, le territoire à la recherche du gibier, éventuellement avec l’aide d’un ou plusieurs traqueurs ou rabatteurs, et avec ou sans l’aide d’un ou plusieurs chiens broussailleurs, d’arrêt ou de rapport.

 

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3 balades en forêt

Des caillebottis adaptés aux promenades PMR à Vielsalm

Des caillebottis adaptés aux promenades PMR à Vielsalm

Des caillebottis adaptés aux promenades PMR à Vielsalm

Superbe idée que de permettre à des personnes à mobilité réduite de profiter d’une belle balade au milieu des arbres et des taillis et d’être ainsi en contact direct avec les bruits de la forêt, le murmure et le frémissement des arbres, le chant des oiseaux. Des banalités ? Peut-être pour celles et ceux qui peuvent marcher et courir mais c’est une extraordinaire et bénéfique immersion dans la nature pour les autres…

(extrait de www.salmiens.be)

Au printemps 2019, l’ASPH (Association Socialiste de la Personne Handicapée) et le DNF (gestionnaire de la forêt domaniale) ont créé ce parcours sensoriel adapté. Parce que ce tracé de près d’un kilomètre est spécialement dédié aux personnes à mobilité réduite, les promoteurs ont tenu à ce qu’il soit réalisé par des personnes en situation de handicap de l’asbl des Hautes Ardennes.
Le circuit est parsemé de silhouettes d’animaux en bois à identifier et de plate-formes entourant les arbres.
Le tronçon de caillebottis, long de 200 mètres, est construit en bois de «Douglas», une essence résineuse originaire d’Amérique du nord mais très répandue en Ardenne. Outre que dans ce cas précis, les caillebotis facilitent la progression des voiturettes (fauteuil rouant), ils sont souvent installés pour baliser les chemins de promenade sur des sols qui demandent à être protégés. On les trouve fréquemment dans les réserves naturelles accessibles au public.

 

 

Sur la carte

Les caillebottis de Bêchefa

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Les scolytes: petites bêtes, grands dégâts en forêt

Les scolytes: petites bêtes, grands dégâts en forêt

ips (bostryche) typographe

Les scolytes: petites bêtes, grands dégâts en forêt

Ils ont beaucoup fait parler d’eux lors des étés de 2017 et 2018. Les traces de leur passage ne passent pas inaperçues en forêt. Sans réaction rapide des gestionnaires forestiers, ils ne laissent que désolation derrière eux. Qui sont ces redoutables monstres des forêts ?

 

 

bois scolytés

Partout en Ardenne, on rencontre ce genre de tableau.

 

 

Les scolytes sont de petits insectes xylophages de la famille des coléoptères. Ils sont attirés par les hormones de stress émises par des arbres malades ou déshydratés. Il en existe plusieurs variétés qui s’attaquent à différentes essences d’arbres. Bien que les hêtres ardennais soient également ciblés par certaines variétés, c’est surtout l’ips typographe qui nous intéresse beaucoup en Ardenne.

 

L’ips typographe, appelé aussi le bostryche typographe

Sa victime : l’épicéa commun.
Lorsqu’on sait que la moitié de la surface forestière ardennaise est plantée d’épicéas, nous avons bien des raisons de nous inquiéter des invasions de cette variété de scolytes.
La présence de l’insecte est cependant naturelle, il trouve son rôle en milieu forestier en décomposant les bois morts, participant ainsi à la régénération forestière.
Mais trop, c’est trop !

Ce petit insecte d’une taille d’environ 5mm, pond à l’intérieur de l’écorce des arbres (plus exactement dans le cambium : l’écorce interne). On trouve de très petits trous entourés de sciure sur les arbres fraichement attaqués. Les arbres plus atteints voient leur écorce se décoller du tronc.

Les larves circulent dans les couches extérieures de l’arbre détruisant de la sorte les canaux véhiculant la sève. L’arbre est alors privé de nourriture et meurt rapidement.

L’insecte ne s’attaque pas aux arbres en bonne santé. Les résineux sont bien protégés par leur défenses naturelles, tout particulièrement la résine des … résineux.

 

Galeries de scolytes sous l'écorce

1 – L’ips typographe, ainsi appelé car en circulant sous l’écorce, il grave le bois à la manière des premiers fabricants de lettres typographiques. Photo de Gilles San Martin.

Des sécheresses assassines

Les scolytes se sont trouvé un allié solide avec le réchauffement climatique, les hivers plus doux qui ne détruisent pas les pontes et les sécheresses estivales qui suivent. L’épicéa, c’est bien connu est un grand buveur.

Buveur d’eau s’entend.

Depuis quelques étés, le grand buveur est en manque presque chronique. Il souffre ; le scolyte l’a compris et se rue sur les arbres épuisés.

Après tout, il ne fait que jouer son rôle de régulateur naturel ; on a oublié de lui expliquer que nous, les hommes, avions besoin de ces arbres pour faire des planches et toute une série d’usages dont l’insecte se fout éperdument.
Un arbre infecté peut héberger jusqu’à 30 000 insectes par an (en 3 cycles de ponte qui s’accélèrent lorsque la température monte au-delà de 20°).

 

L’ips lui-même a ses parasites. Ici, le scolyte est attaqué par un champignon. Photo de Gilles San Martin.

Un combat inégal entre l’insecte et la forêt

Voici une très mauvaise nouvelle, il n’y a pas de parade aux invasions. Pas d’arme, pas de missile disponible contre cette armée minuscule mais efficace. Quelques pièges à insectes peuvent être installés, mais aucun ne semble efficace. La seule solution, abattre rapidement et évacuer les arbres atteints et chargés de leurs insectes afin de diminuer leur prolifération.

C’est une catastrophe économique.
L’importance des volumes de bois concernés (on parle de près de 500 000 mètres cube en 2018) et l’obligation légale de les abattre dans un délai bref ont des conséquences importantes sur le prix de l’épicéa et la filière bois.

 

épicéas attaqués par les scolytes

Il faut évacuer les arbres atteints au plus vite, même si leur valeur économique est tombée au plus bas.

 

Pourtant, certains, et pas seulement des naturalistes radicaux, y voient une opportunité. L’idée est de remplacer les épicéas (qui sont une essence importée) par d’autres essences plus intégrées au milieu ardennais. Et de préférence, les essences locales traditionnelles telles le hêtre ou le chêne. L’objectif est de reconstituer une forêt plus résiliente, plus résistante, plus durable et plus ouverte à la biodiversité. C’est totalement louable, et c’est probablement le seul chemin à suivre.

Souhaitons que cette voie ne soit pas déjà entravée par de nouveaux obstacles dus aux changements climatiques. On n’en sait trop rien en fait. Si la voie est barrée, ça va être compliqué. Quel sera le futur visage de la forêt d’Ardenne ?

Les photos 1 et 2, ainsi que la photo du titre sont de Gilles San Martin  https://www.flickr.com/photos/sanmartin/

Texte: Fr. Rion

Sources :
Crise du scolyte, Forêt et Naturalité – https://www.foret-naturalite.be/
https://www.notrenature.be
Wikipedia.org
www.scolytes.be

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Circulation en forêt wallonne – Réglementation

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

Circulation en forêt wallonne – Réglementation

La forêt ardennaise est accueillante. Son accès est largement ouvert au promeneur, pourtant, si on trouve rarement des clôtures ou des barrières sur notre chemin, ces espaces forestiers sont bel et bien la propriété de quelqu’un : la Région, une commune, un agriculteur, un groupe d’investisseurs ou elle fait partie de l’héritage familial d’une longue lignée de propriétaires terriens. Tant en Belgique qu’en Ardennes françaises, le domaine forestier se répartit approximativement pour moitié au domaine public (Etat, communes) et pour moitié aux propriétaires privés.

 

Forêt privée ou forêt publique

Lorsqu’on circule en forêt, il est souvent impossible de savoir si on se trouve dans une forêt privée ou dans une forêt publique.

Au demeurant, pour le passant, cette nuance ne présente aucune importance, le même principe s’applique à chaque propriété privée ou publique. Sachant que la loi donne à chacun le droit d’autoriser ou d’interdire l’accès à sa propriété, c’est le caractère apparent de l’accessibilité qui détermine si la voirie est ouverte ou non au public. Si aucun signal d’interdiction ou barrière ne ferme le passage et que des traces de fréquentation sont présentes, on considère que la voie est accessible au public.

C’est simple, et en peu flou en même temps.

Il faut surtout retenir que, même dans les espaces dont l’Etat (ou la Région) est propriétaire, l’accès peut-être strictement interdit, c’est le cas de certaines zones de la réserve naturelle des Hautes-Fagnes. Ces zones de haute protection sont évidemment dûment signalées sur le terrain et renseignées sur les cartes touristiques.

 

Ce panneau d’information signale qu’on pénètre dans une forêt domaniale (dont l’Etat ou la Région Wallonne est propriétaire). C’est toujours bon à savoir, mais pas indispensable.

 

 

Qui peut aller où ?

On distingue plusieurs types de voyageurs : les piétons, les cyclistes, les véhicules à moteur, les cavaliers, les skieurs…

Et on distingue trois catégories de voiries forestières : la route, le chemin et le sentier

LA  ROUTE

Il s’agit d’une “voie publique dont l’assiette est aménagée pour la circulation des véhicules en général”. Les routes se caractérisent par leur largeur (au minimum celle d’un véhicule) mais également par leur revêtement. Les routes sont ainsi généralement pavées, goudronnées, bétonnées ou asphaltées. Les routes sont accessibles à tous, y compris les véhicules à moteur – Sauf si une signalisation spécifique limite l’accès.

LE  CHEMIN

C’est une “voie publique plus large qu’un sentier et qui n’est pas aménagée pour la circulation des véhicules en général”. Sa largeur est suffisante pour laisser passer un véhicule mais il n’est pas aménagé dans ce but. Les chemins sont généralement en terre ou empierrés. Les cyclistes, skieurs, cavaliers et les piétons se partagent les chemins en forêt.

LE  SENTIER

Il s’agit d’une “voie publique étroite dont la largeur n’excède pas celle nécessaire à la circulation des piétons”. La taille du sentier ne permet pas le passage de deux piétons de front. Seuls les piétons peuvent circuler en forêt sur les sentiers. Les autres utilisateurs ne sont pas autorisés à les emprunter sauf si un balisage le précise.


On l’aura compris, d’une manière générale, les véhicules à moteur (motos, quad, 4×4 etc…) sont proscrits dans l’espace forestier. Seules les routes publiques qui traversent les forêts leur sont ouvertes, et encore, à condition qu’aucune signalisation ne limite cet accès.

Les moyens de locomotion lente (chevaux, vélos,…) sont acceptés sur les chemins, et sur les routes évidemment.

Enfin, les piétons peuvent se déplacer partout. Mais, la forêt constitue un écosystème fragile, peuplé de nombreux animaux sauvages et parfois d’une flore rare. La forêt reste un milieu à protéger. Donc, même à pied, Il est interdit de quitter sentiers, chemins et routes ouverts à la circulation. Pas question de traverser les bois en tous sens pour y laisser nos odeurs, piétiner les jeunes plantes ou surprendre l’un ou l’autre animal.

Par ailleurs, une trouée dans un peuplement forestier ne doit pas nécessairement être interprétée comme un chemin accessible. Il peut s’agir d’un coupe-feu, d’une voie de débardage ou d’un sentier dégagé par un chasseur pour accéder à un poste de chasse. Ce n’est donc pas un chemin à suivre par le promeneur.

 

Une route en forêt domaniale. Ici, le panneau est clair et net, même s’il s’agit d’une route asphaltée, la circulation des véhicules à moteur y est interdite.

 

A droite un chemin, il est large et empierré, il permet le passage des cyclistes et des cavaliers. A gauche, un sentier, seuls les piétons peuvent s’y aventurer. Il faut reconnaitre que la différence entre chemin et sentier n’est pas toujours évidente et que cette confusion possible crée parfois des malentendus entre cyclistes et responsables forestiers.

 

Les chemins balisés

Le meilleur moyen de rester sur la bonne voie étant de suivre les itinéraires balisés proposés par de nombreuses organisations touristiques.

Tous les chemins balisés permanents sont signalés au moyen de signes conventionnels appelés les signes vosgiens.

Les formes appliquées sur des petites plaquettes signalent à quel type d’utilisateur le circuit s’adresse, piéton, cavalier etc.. Ces itinéraires ne sont bien-sûr pas obligatoires, ils ne constituent que des indications sur le parcours proposé par l’organisateur du balisage (les Maisons du tourisme, syndicats d’initiative etc…). On peut faire confiance à ces structures locales qui connaissent les ressources de leur territoire et les itinéraires les plus adaptés à la découverte de  l’endroit.

Le balisage n’a donc pas pour effet de limiter la circulation, de plus, il permet parfois de déroger à la règle générale. Par exemple un sentier peut être balisé pour des VTT ; l’organisateur du tracé a dans ce cas obtenu une dérogation pour permettre l’accès au sentier à des cyclistes normalement cantonnés sur des chemins.

Les itinéraires internationaux peuvent utiliser des balises spécifiques : les plus connus sont les GR – Sentiers de Grande Randonnée – (bandes blanche et rouge superposées). Les itinéraires GR sont des itinéraires balisés pour piétons. Les cavaliers, cyclistes et skieurs ne peuvent les emprunter en forêt que sur les tronçons empruntant les chemins. Ils ne peuvent suivre le GR sur les sentiers.

 

 

Itinéraire à suivre, ne vous inquiétez pas pour les clous. Ce sont des clous en aluminium, sans danger pour l’arbre ni pour la scie du bûcheron.

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Les fermetures temporaires

Les services forestiers peuvent fermer temporairement des voiries vicinales si la circulation présente un danger pour les personnes ou pour la forêt elle-même.
Les plus fréquentes et les plus connues de ces interdictions sont les périodes de chasse.

D’autres fermetures liées aux risques d‘incendies se généralisent par le fait des sécheresses à répétition. La région des Fagnes est particulièrement concernée, un drapeau rouge hissé en bordure des chemins signifie que l’accès est interdit durant cette période, soyez attentif.

Ces fermetures sont motivées et limitées aux périodes strictement nécessaires à la protection des raisons évoquées ci-dessus.

Ces interdictions sont annoncées et signalées au moyen par affichage. Les commune diffusent également les dates de battues sur leur territoire, les syndicats d’initiative et les Maisons du tourisme son également en mesure de signaler ces dates.

 

Les chiens en forêt

Les chiens en forêt font fuir le gibier, ils dérangent les mises bas ainsi que les couvaisons. Ils peuvent aussi incommoder les autres promeneurs et spécialement les jeunes enfants. C’est pourquoi il est obligatoire que les chiens soient tenus en laisse.

 

Le bivouac en forêt

Les feux et le bivouac sauvage sont également interdits. Certains itinéraires organisés proposent des aires de bivouac, vous les retrouverez sur  l’excellent site de Trekking et Voyage :
https://www.trekkingetvoyage.com/bivouac-en-belgique-ou-camper-librement/

 

La cueillette en forêt 

Pour pouvoir récolter quoi que ce soit en forêt, il convient d’avoir l’accord du propriétaire. Pour les forêts domaniales (propriétés de la Région wallonne), la Région wallonne a donné son accord pour la récolte de champignons ou de myrtilles dans les bois dont elle est propriétaire, aux conditions suivantes :

  • La récolte n’est autorisée qu’entre le lever et le coucher du soleil
  • La quantité maximum autorisée est de 10 litres par personne.
  • L’autorisation est suspendue en période de chasse les jours durant lesquels la chasse a effectivement lieu, et pour autant que cela soit clairement annoncé par voie d’affichage.
  • L’autorisation n’implique en aucun cas l’autorisation d’utiliser un véhicule à moteur sur les chemins forestiers.

Pour les forêts appartenant à d’autres propriétaires, aussi bien publics (par ex. les forêts communales) que privés, l’autorisation du propriétaire est requise. Avant de procéder à la cueillette, il est d’abord nécessaire de connaître le propriétaire de la forêt et d’avoir son accord. Les administrations communales pourront vous renseigner à ce sujet.

 

Important : dans les réserves naturelles, tout prélèvement est interdit.

Sinon,
crac dedans!

D’après la brochure “Circulation en forêt” de la Région Wallonne.
Photo du titre : Danielle Gevaerts / GEIE Destination Ardenne

Les fermetures abusives

Un propriétaire (que ce soit un particulier, la commune ou la Région) a toujours le droit de fermer une voirie dont l’assiette lui appartient. L’interdiction doit être marquée clairement soit par un panneau, soit par une barrière, soit aussi par une perche placée en travers de la voie.

Même les grands domaines forestiers privés sont traversés par des voiries publiques, consacrées par l’usage, et reprises dans le très officiel « Atlas des voieries vicinales » qui date de 1841. Sauf pour des fermetures temporaires décrites plus haut, ces chemins ne peuvent pas être condamnés par le propriétaire des parcelles riveraines. Seule une décision du Conseil communal local peut décider de déclasser ces voiries, c’est extrêmement rare et la décision doit être dûment argumentée. Les fermetures illégales sont cependant assez fréquentes, plus souvent sur les chemins agricoles que sur les voieries forestières. La bonne foi celui qui ferme un chemin n’est pas nécessairement mise en cause ; un grand nombre de passages n’étant plus utilisés depuis longtemps, les traces de fréquentation ayant disparu, un nouveau propriétaire peut ignorer qu’un passage public traverse sont bien. A fortiori si le vendeur a omis de le signaler…

L’asbl « Chemins de wallonie » veille à la défense des chemins et des sentiers publics:

https://chemins.be


 

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Quand les cerfs perdent leurs bois

Quand les cerfs perdent leurs bois

Quand les cerfs perdent leurs bois

 
 
Un cerf porte-t-il des cornes ? Bien sûr que non, il ne faut pas confondre les cornes et les bois.

Dès la fin de l’été, la saison des amours commence chez les cervidés, c’est la période du brame. Le cerf utilise sa ramure comme arme afin de s’imposer face à ses concurrents. Lorsque le rut est terminé, il n’a plus d’usage de ses bois. Ils tomberont dès l’automne pour repousser au printemps suivant.
C’est la testostérone qui régit leur cycle de croissance. Comme la concentration de cette hormone diminue en hiver en lien avec le raccourcissement des jours, les bois tombent chaque année entre décembre et janvier.

Savez-vous que ce grand et noble animal qu’est le cerf boisé peut devenir un mulet en automne. Un mulet ? La nature est bizarre quand-même. Voyez la vidéo

La vidéo est proposée par La Salamandre

www.salamandre.org

 

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Le charbonnier : mi homme – mi démon

Le charbonnier : mi homme – mi démon

Le charbonnier : mi homme – mi démon

Il y a quelques décennies déjà que la forêt ne connaît plus l’odeur des fauldes, et qu’il ne reste plus guère du charbonnier que quelques expressions dont l’origine est en passe de devenir définitivement incompréhensible pour ceux-là même qui les emploient à l’occasion. Allons donc à la rencontre des charbonniers, maîtres chez eux, avant que la mémoire se perde.

 

Si tous les métiers de la forêt recèlent leur part de mystère, souvent entretenue par l’environnement forestier lui-même, celui de charbonnier occupe une place particulière entre toutes. Car ceux-là vivaient en forêt plusieurs mois par an, farouches et ressemblant à autant de démons avec lesquels ils partageaient la science du feu.

Dans la hutte qu’il construisait, le charbonnier était bel et bien « maître chez lui », s’affairant nuit et jour autour de la faulde tandis que sa famille procédait aux activités parallèles, conduisant les brouettes, réparant les sacs, sciant les bois destinés à être transformés, cordant les stères et veillant sur le quotidien. Rude quotidien, on s’en doute, dans une promiscuité qui ne laissait guère de place aux grandes envolées lyriques.

 

Hutte de charbonnier, de bûcheron, de sabotier

Hutte de charbonnier, de bûcheron, de sabotier. Les travaux forestiers se faisaient en équipe, et en famille.

 

La plupart des charbonniers exerçaient, hors saison, la profession de sabotier ou de bûcheron. Et certains villages se vidaient littéralement lorsque celle-ci arrivait, à l’image de Presgaux (Thiérarche), où 31 ménages émigraient alors vers les huttes de la forêt.

Tout près de celles-ci, la faulde était tenue à l’œil sans relâche : il ne faut pas confondre quelques morceaux de bois carbonisé avec du charbon de bois. La confection de celui-ci répondait à un savoir-faire précis ne laissant aucune place à l’improvisation.

 

LA FAULDE SANS FAUTE

Le charbonnier délimitait tout d’abord la surface de base de la faulde en plantant un bâton en son centre et, au départ de celui-ci, en comptant un nombre égal de pas déterminant autant de rayons permettant de tracer la circonférence de base. L’aire était alors ratissée, égalisée, et la faulde toujours replacée au même endroit par la suite. Ce qui explique la présence – de plus en plus résiduelle, il est vrai – d’espaces circulaires à la flore particulière dans nos forêts.

 

Hutte d'ouvrier des bois

Les travailleurs des bois installaient toute la famille dans la hutte durant la période d’exploitation de coupe forestière.

 

L’opération suivante consistait à planter trois piquets de la hauteur terminale de la faulde, entourés de rondins empilés triangulairement (croisades) constituant la cheminée autour de laquelle une trentaine de stères étaient empilées verticalement, en bûches de 80 à 90 cm. Le fourneau était ainsi formé, dont les bois les plus fins formaient une manière de coque recouverte de feuilles puis enfin d’une couche de terre. Le charbonnier avait entre temps ôté les piquets centraux et recouvert la cheminée par une tôle ou un gazon.

Pour la mise à feu, il montait à l’échelle, ouvrait la cheminée, prenait une pelle de feu et la descendait, puis il faisait glisser au fond un premier sac de braisettes enfoncées jusqu’au fond à l’aide d’un pieu appelé « avalwè » (avaloir). Cette opération était renouvelée une seconde fois deux ou trois heures plus tard.

La mise à feu terminée, l’évolution du feu devait être surveillée nuit et jour par les charbonniers qui montaient sur la faulde deux ou trois fois par jour, recouvrant la cheminée pour éviter toute entrée d’air. Au bout du deuxième jour, le feu devait être arrivé au sommet de la faulde, qui commençait à fumer.

Le troisième jour, les fauldeurs grimpaient sur la meule et marchaient sur toute la surface. Si celle-ci s’affaissait, ils comblaient les défoncements avec de la terre pour éviter le feu. Le soir, ils veillaient l’apparition des « feuwèes » signalant l’activation du feu à un endroit précis. Celui-ci était dirigé par une douzaine de « trous de pied » à la base de la faulde, ouverts ou bouchés en fonction de l’activation. La faulde était protégée du vent par de grands cadres recouverts de paille ou de sacs : les paillassons.

Le quatrième jour, le feu était cuit et les charbonniers veillaient à ce qu’il n’y ait aucune « feuwette » jusqu’au complet refroidissement. la tête centrale annonçait la qualité du charbon de bois : si elle était trop grosse, le feu avait été trop vite et le charbon serait de moindre qualité.

Une fois la faulde refroidie, les morceaux de bois du pied (piétons) étaient enlevés, la butte peignée et frappée à l’aide d’un râteau à tête large (buchwè) de manière à l’égaliser. Une fois la poussière enlevée, le charbon était prêt à être tiré.

 

EXTINCTION DES FEUX

Comme on peut s’en douter, la confection de savants barbecues dominicaux ne constitua longtemps qu’une partie très anecdotique de l’utilisation du charbon de bois. Celui-ci servait surtout pour la cuisine, le repassage (dans ce type de fer à repasser à couvercle que l’on retrouve encore quelquefois sur les brocantes), le zingage et l’usinage du cuivre.

 

Meule de charbon de bois

La meule est terminée, on va pouvoir la couvrir de terre et y bouter un feu doux. Et puis, l’homme de droite pourra allumer sa pipe 🙂

 

Après la guerre de 14-18, l’électricité et le gaz ont commencé à le supplanter. Et si la guerre suivante rendit un peu d’air aux charbonniers, ce ne fut que de manière très provisoire : le progrès technique a mis petit à petit un terme à cette activité comme à tant d’autres.

Aujourd’hui, ce sont des fours industriels qui produisent le charbon de bois. La masse y a gagné, mais ce fut au détriment de la qualité.

Au détriment d’un type bien particulier de forestier, aussi. Restent quelques sites remarquables par la persistance des traces, quelques reconstitutions plus ou moins heureuses, et, surtout, une légende.

Rencontrant naguère un vieux paysan, je lui demandai ce qu’il pensait de l’évolution des métiers de la terre. La réponse fut sans équivoque : « Plus dur, ça oui. Plus physique. Mais il y avait tout le temps du monde dans la campagne et dans les bois. On s’entraidait, on causait, et ça t’obligeait à réfléchir avant de te mettre en brouille avec quelqu’un. Et puis, surtout, on avait le temps : tu ne savais pas aller plus vite que les saisons, ou que ton cheval. Aujourd’hui, tu ne vois plus grand monde et quand tu vois quelqu’un c’est en coup de vent, à travers une cabine de machine ».

Nostalgie ? Chaque époque a les siennes. Mais il est clair que la mécanisation – contrairement à sa vocation première – ne libère que très relativement les individus. Et qu’elle tue les personnages. Le charbonnier en était un, de fameuse stature.

 

Ecrit par :Patrick Germain 11-11-2008
Source :« En Fagne et Thiérarche » – T 11 – 1970 – Cercle d’histoire régionale de Presgaux.
La photo de l’entête appartient à la collection personelle de Mr Lemaire de Stavelot. L’origine des autres photos est inconnue.

 

Agapit Delmont, le dernier faudeu

 

Agapit Delmont, le dernier faudeu

Agapit, fut très certainement le dernier charbonnier d’Ardenne à produire le charbon de bois de façon artisanale. Il vécut dans les bois des Hauts-Buttés en Ardenne française jusqu’en 1979.

Voyez un reportage de 35 minutes diffusé sur la RTBF en 1978 :

https://www.sonuma.be/archive/chants-de-la-foret-d_ardenne-du-13011979

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En quête de vie – Brame du cerf

En quête de vie – Brame du cerf

En quête de vie – Brame du cerf

Durant 2 mois, j’ai été au plus proche d’une nature rayonnante de vie. J’ai repéré, spéculé, patienté et jubilé d’une manière plus intense qu’auparavant.
 
 
Cette première année de brame fût pour moi indescriptible. Tant dis que j’assistais de façon innocente au spectacle de la forêt, je voyais une nouvelle génération être crée, une autre ayant du se préparer à partir de son confort familial et devenir indépendante et une dernière qui acta pour la énième fois dans ce processus de pérennité de l’espèce. Et autour de cela, des êtres tout autant spectateurs que moi m’offrirent des observations uniques et mémorables.
 
 

Je me sens vraiment privilégié, à la fois pour avoir vécu ces moments inoubliables et car j’ai pu en apprendre tellement sur moi-même et ma vision des choses quant à l’animalier. Quel en est le but? Une question dont les réponses sont multiples mais qui, pour ma part, est d’observer pour mieux comprendre afin de mieux protéger notre patrimoine et la vie sauvage.

 

  Julien Salaets
 
 
 

 

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La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

Située sur les hauteurs de la commune de Vielsalm, à une altitude de 521 mètres, la réserve des Quatre -Vents est une des rares réserves naturelles privées que compte le pays.

Créée en 1987 par un propriétaire passionné de nature, agrandie en 2013, elle couvre une surface d’un peu moins de quatre hectares.

Le sol rocheux ardennais

Le sol rocheux naturel recouvert d’une couche d’argile imperméable fait de l’endroit une lande tourbeuse comme elles sont très nombreuses en Ardenne. Les plantations d’épicéas et leur exploitation qui eurent lieu avant la restauration du cadre naturel avaient bien-entendu largement transformé le couvert ainsi que les espèces animales présentes sur l’endroit. Un certain travail de réadaptation a donc été nécessaire pour favoriser le retour des espèces végétales et animales d’origine. C’est ainsi que des petites mares ont été creusées et que très régulièrement, un entretien est nécessaire afin d’éviter que les épicéas du voisinage ne recolonisent l’endroit. La réserve étant relativement petite, les épicéas qui la ceinturent auraient tôt fait de reprendre le dessus sur la flore locale.
Ces travaux sont effectués par des bénévoles de la “Trientale”, la branche locale des Cercles des Naturalistes de Belgique. L’équipe de bénévoles a pu bénéficier du soutien logistique et scientifique du projet Life Ardenne Liégeoise. Clôturé en 2020, ce projet européen visait à restaurer les habitats naturels en Haute Ardenne et en Hautes Fagnes.

 

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Les moutons, des travailleurs efficaces

 

Les moutons de la Reserve des Quatre-Vents

Les “Ardennais Roux” sont des alliés de choix pour l’entretien des réserves naturelles humides.

 

Mais pour faciliter le travail des hommes, la botte secrète réside dans le pâturage contrôlé de la zone humide par un troupeau de mouton. La race “Ardennais roux” a été choisie pour ses aptitudes à s’accommoder aux milieux humides. Le troupeau d’une trentaine de bêtes est adapté à la superficie de la zone et est géré, comme en agriculture de production, en fonction de la production du terrain, de la saison ou de la sécheresse. La sauvegarde de la biodiversité prime, on s’en doute sur la qualité nutritionnelle du pâturage. Les animaux sont présents du printemps à la fin de l’été.

Les attentes des gestionnaires sont rencontrées

Les résultats de la gestion sont très positifs, des espèces naturelles de libellules et de papillons se sont rapidement réinstallées. Le nombre de pieds d’orchidées sauvages est en constante augmentation. Bien-entendu, la bruyère omniprésente sur le sol acide fleurit à la fin de l’été. Le genévrier commun – qui avec l’If est le seul résineux indigène en Ardenne – fait également l’objet de soins particuliers. Ses recrus sont protégés de treillis afin que les moutons de n’y attaquent pas, les baies et les jeunes pousses sont particulièrement appétissantes pour eux.

Il va de soi que la réserve étant une propriété privée, clôturée pour la pâturage des moutons qui plus est, son accès ne peut se faire qu’avec l’autorisation du propriétaire.

 

Ci-dessous quelques espèces de libellules et papillons qui s’installent durablement dans la réserve.
Les photos d’insectes sont de Michel Humblet  – Visitez sa page Facebook

 

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L’Ardennais roux

Tête d'ardennais

Comprenez-vous pourquoi on l’appelle l’Ardennais ROUX ?

 

Jusqu’à la fin du 19ème siècle en Ardenne, l’élevage du mouton était beaucoup plus répandu que l’élevage bovin. La rudesse du climat et la pauvreté du sol rocheux se montraient plus propices au pâturage des moutons qu’à l’engraissement des bovins. C’était une époque où les éleveurs travaillaient avec les races locales, non encore croisées ou sélectionnées par la science dédiée aux animaux de ferme, la zootechnie.
L’Ardennais roux était présent sur tout le territoire ardennais où il s’est façonné naturellement.
Son élevage a progressivement diminué au fur et à mesure que les landes ardennaises laissaient la place aux forêts de résineux pour une part et aux pâturages clôturés et de plus en plus soumis aux engrais chimiques.

Adieu berger, adieux moutons, le progrès est en marche.
A la fin des années ’50, il aurait disparu complètement si quelques exemplaires n’avaient été sauvegardés en Flandre sous le nom de « Ardense Voskop ».

C’est donc au départ de la Flandre que le Roux reprend actuellement possession de sa terre natale. Comme quoi, l’Union fait la Force. Le regain d’intérêt dont il bénéficie est dû à ses aptitudes de “rusticité” comme disent les éleveurs. L’Ardennais roux ne sera certainement pas une des races les plus productives en viande, mais il s’accommode parfaitement d’un un sol pauvre, sachant se contenter d’une nourriture maigre, des ronces, des orties. De plus, il résiste très bien aux maladies et surtout aux affections des pieds dont les ovins peuvent être très sensibles sur sols humides.

Voilà pourquoi on utilise de préférence les Ardennais roux pour l’entretien des réserves naturelles ardennaises souvent implantées en milieu humide.

Les projets LIFE en Wallonie:

>>> ICI <<<

Les Quatre-Vents

Les quatre-Vents

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L’épicéa, ce sapin qui n’en est pas un

L’épicéa, ce sapin qui n’en est pas un

L’épicéa, ce sapin qui n’en est pas un

Ce conifère occupe près de la moitié des surfaces forestières de l’Ardenne. Principalement en Haute-Ardenne, au-dessus de 400 mètres d’altitude, où il trouve un sol et un climat très propices à son développement.

 

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Au printemps, les jeunes aiguilles donnent de très jolies couleurs aux lisières.

 

Si on reconnaît au chêne son appartenance à la noblesse forestière, l’épicéa incarne plutôt la classe laborieuse. Il se prête sans broncher à tous les usages. Il se laisse scier pour fabriquer du bois de charpente ou de menuiserie; très jeune, il se laisse déterrer pour porter les guirlandes et les boules de noël dans nos salons. Jeune, il se laisse découper pour se transformer en piquets, poteaux ou tuteurs. Il se laisse hacher et malaxer pour devenir pâte à papier ou panneaux de particules; et se laisse compresser pour se sacrifier au feu sous forme de pellets qui alimentent nos poêles ou nos chaudières industrielles. Ce silencieux polyvalent pousse l’abnégation jusqu’à ne pas se plaindre lorsqu’on l’appelle “sapin”.

Car l’épicéa n’est pas un sapin, il est un résineux certes, mais d’un autre genre botanique que les sapins. Les sapins vivent dans les sapinières, alors que l’épicéa forme des pessières. Il porte ses graines dans des cônes qui pendent aux branches… et puis qui tombent. Ce sont ces cônes que les enfants ramassent au bois et ramènent aux parents en disant : “voici une pomme de pin”. L’épicéa passe maintenant pour un pin, et ne se plaint toujours pas, un caractère en or cet épicéa.

Un nouveau venu en Ardenne

 

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Il pousse vite, et son tronc est droit.

 

Il est très ardennais en fait, c’est à dire pas bavard. Disons plutôt qu’il s’est très bien adapté, car en fait d’Ardennais, il ne l’est pas depuis très longtemps. L’épicéa n’est pas une essence indigène, son implantation en Ardenne date de la moitié du 19 ème siècle.

Son introduction fut très utile en ce temps-là pour reboiser rapidement l’Ardenne – car il pousse vite – que l’exploitation excessive des siècles précédents avait ruinée. Avant l’utilisation du charbon, la métallurgie naissante, avait vidé l’Ardenne de ses forêts exploitées pour fabriquer du charbon de bois. Les hauts-fourneaux se sont ensuite déplacés vers les bassins houillers, mais la forêt était vide. Les mines de charbon réclamaient elles-aussi du bois en quantité, pour étançonner les galeries. L’épicéa convenait très bien avant d’être supplanté par le pin sylvestre. La haute-Ardenne était encore constituée de terrains dit “incultes”, les fagnes et les impressionnantes étendues de landes à bruyères considérées sans intérêt, qu’il fallait donc valoriser. L’entreprise de plantation de grande envergure prenait son envol, emportée par la fièvre du progrès.

 

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De belles grumes attendent le transport vers la scierie.

Mais trop, c’est trop.

L’épicéa, s’est avéré être une aubaine économique, c’est indiscutable et c’est toujours le cas. Il est apprécié des utilisateurs pour sa polyvalence, on l’a dit. Il grandit vite, c’est un avantage économique certain; et son tronc pousse particulièrement droit, ce qui facilite un sciage de qualité pour les bois d’oeuvre.

 

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En effet, il n’ y a pas beaucoup de lumière dans cette jeune pessière.

 

Ses désavantages reposent plus sur la manière par laquelle il est cultivé que sur l’arbre proprement dit.
Jusqu’à la fin du 20ème siècle, avant la prise de conscience environnementale, l’épicéa était planté en rangs très serrés. Les jeunes arbres, sous l’appel de la lumière et jouant sur la concurrence  grandissent plus vite. Dans l’ombre, les branches basses ne se développent pas et ne forment pas de noeuds dans le tronc. Tout cela est très utile économiquement, mais le résultat donne un couvert forestier dense à travers lequel la lumière ne passe pas.
Pas de lumière, pas de végétation sous les épicéas. Pas de végétation, pas de vie; pas de vie pas de biodiversité. Une parcelle d’épicéa est un désert disent les plus sévères.

 

Toujours soif cet épicéa

 

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L’épicéa est encore trop souvent exploité en « Mise à blanc ». La parcelle est complètement rasée avant la replantation; ce qui expose les parcelles voisines aux vents et peut provoquer la chute des jeunes arbres : des chablis.

 

Grand buveur (d’eau) c’est sur les écosystèmes humides que son impact s’est montré le plus significatif. Son installation massive dans les zones humides, principalement dans les Hautes-Fagnes, a sérieusement menacé les réserves hydriques que constituent ces biotopes particuliers. Au point que cent cinquante ans après la colonisation forcée des lieux par l’épicéa, l’action humaine amène à retirer l’espèce plutôt qu’à l’entretenir. La gestion des forêts se tourne désormais vers un équilibre plus fin entre la conservation des milieux naturels et la production économique.

Quoi qu’il en soit, l’épicéa a fait son lit en Ardenne et ses hautes ramures vert-foncé resteront une caractéristique familière du paysage ardennais.

Fr. Rion / 2016

 

 

Épicéa commun (Picea abies)

Croissance rapide, d’une durée de vie d’au moins 200 ans en Haute-Ardenne.

Il est exploité pour les scieries beaucoup plus tôt, vers 60 à 80 ans. A cet âge, la hauteur atteint près de trente mètres. Dans les Vosges, qui sont probablement le berceau des épicéas d’Ardenne (ainsi que la région des Carpathes), on trouve facilement des arbres de 50 mètres et plus.

Son enracinement est « traçant », les racines pénètrent peu dans le sol. Il peut donc tomber rapidement en cas de grands vents.

Bois blanc, considéré comme tendre et moyennement durable.
Son bois est très souvent utilisé traité superficiellement en charpente, ou imprégné en profondeur pour les usages extérieurs.
Très utilisé comme bois industriel, pour les pâtes à papier et panneaux divers, les piquets et les poteaux. Il est répandu en Europe dans les régions montagneuses, Alpes, Jura …, avec des variétés de plaine dans les pays nordiques d’où il est importé scié sous le nom de « Sapin blanc du Nord ».

Au canada, on le connait sous le nom d’Epinette.

Saviez-vous que …

L’épicéa est le bois le plus utilisé en lutherie.

On l’appelle « bois de lutherie » ou encore « bois de résonance » lorsque les planchettes d’épicéa sont utilisées pour fabriquer les instruments à corde, les violons, violoncelles, guitares, mandolines, ukulélés, luths etc…
Si l’érable est préféré pour confectionner les fonds de ces instruments, l’épicéa sert à fabriquer le corps et la tablette supérieure. Par sa légèreté et sa faible densité, il est tout à fait indiqué pour offrir la meilleure résonance aux notes composées par le musicien.

Il faut évidemment relever en forêt des troncs sans le moindre défaut physique. L’arbre doit présenter une forme conique irréprochable, il ne peut pas y avoir de tension entre les fibres du bois. Aucun nœud ne doit apparaître évidemment, ils déformeraient le son et fragiliseraient la structure très fine des pièces de bois utilisées sur les instruments.

Plus étonnant, les cernes de croissances qui, d’année en année, forment la matière ligneuse et font grossir l’arbre doivent être aussi régulières que possible. Ce qui n’est pas garanti lorsqu’on sait que la croissance des arbres est directement liée aux conditions climatiques subies par la forêt. Les sécheresses de 1976 et 2003 ont, par exemple, diminué très fortement la croissance des arbres. Ces différences de largeur  des cernes peuvent elles-aussi nuire à la sonorité.

Si vous saviez déjà tout ça, soit vous êtres un génie, un violoniste ou un luthier (on peut être à la fois génie ET violoniste ET luthier), soit vous aviez déjà lu la source principale ce paragraphe  dans le n° de janvier-mars 2020 de « Forêt Nature » :

https://foretnature.be

 

La photo d’illustration provient du site web de l’Ecole Internationale De Lutherie de Marloie (Marche-en-Famenne / Belgique).  Notons que les locaux de l’école présentent également une exposition permanente sur la construction des instruments du quatuor à cordes et vous emmène à la découverte d’instruments particuliers et des œuvres contemporaines du Maître luthier Gauthier Louppe.

https://www.ecoledelutherie.eu/

 

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Le brame

Le brame

Le brame

Rendons une visite – distante – à Sa Majesté le cerf au moment où il fait trembler la forêt d’Ardenne au rythme d’une fête sauvage dont les échos venus du fond des âges réveillent, même chez l’homo internetus, d’étranges sensations.

“ La fièvre l’a saisi à l’improviste, un soir de septembre (…) il a senti l’odeur des biches, et l’impétueux instinct a soudain transformé son comportement. D’abord, il a apaisé sa nervosité avec de furieux coups de tête sur le premier arbuste qu’il a rencontré en quittant sa reposée (…) puis, il s’est brusquement retourné, a vu son compagnon habituel marcher sur ses talons. Pendant un long moment, il l’a toisé d’un regard dont toute aménité était absente. Voila que, subitement, cette présence, pourtant appréciée pendant tout l’été, lui était devenue insupportable „

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Ils se toisent

 

En quelques lignes, Roger Herman (1) vient de brosser le portrait psychologique du premier rôle de ce qui constitue sans doute l’événement le plus impressionnant de l’année ardennaise : au sombre des forêts le brame peut commencer ; drame épique dont les échos se répercutent depuis le fond des âges avec une même force brute, chargé d’émotions contradictoires auxquelles nul ne peut échapper en ses intimes

Sinon, comment expliquer cette mystérieuse pulsion qui, quelques semaines durant, va faire affluer vers l’Ardenne et ses forêts plusieurs milliers de personnes de tous âges et de tous sexes ? Comment expliquer que le plus blasé des coureurs de bois ne peut rester indifférent à ce qui, somme toute, ne constitue qu’un instant de l’année parmi d’autres sans cesse renouvelés?
Car, au fond, le brame n’est jamais que le rut du cerf. Notre plus grand mammifère sauvage, certes, et le plus expressif en la matière sans doute, mais encore ?

 

LE BRAME : MODE D’EMPLOI

 

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En voilà des manières !

 

Pour ce qui concerne les faits, le brame correspond à une période allant grosso modo du début septembre à la fin octobre, durant laquelle les cerfs en majesté rejoignent les hardes de biches en vue de s’accoupler. Le reste du temps, ils vivent seuls, ou en petits groupes.

D’un tempérament généralement flemmard, le cerf titillé par ses hormones devient alors un personnage irascible qu’il est très fortement déconseillé de rencontrer au détour d’un taillis sans avoir pris rendez-vous : quand quelque 150 à 200 kilos d’os et de muscles pour un mètre cinquante au garrot, surmontés d’une tête de furieux pourvue de bois redoutables quel que soit le nombre de leurs andouillers, décident de vous faire part de leur plus vif mécontentement, ça craint, croyez-m’en ! (voir anecdote)

 

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Lorsque vous assistez à une telle scène, il y a vraiment intérêt à rester à distance.

 

Bref, restez prudemment en-dehors du coup, laissant à ces messieurs le soin de s’expliquer en comité restreint. Un rituel immuable qui débute par un stade d’observation durant lequel les seigneurs en présence vont se jauger, avant de fuir ou de se rentrer littéralement dans le lard, entrechoquant leurs bois avec une violence inouïe car le combat ne mettra jamais en lice que des adversaires de puissances similaires. Il peut durer plus ou moins longtemps, selon la vigueur des cerfs aux prises et/ou la gravité des blessures reçues. Quelquefois, tous deux mourront d’épuisement, le bois inextricablement entremêlés. Tout qui, même à distance, a pu entendre le choc des ramures, peut se faire une idée de la sauvagerie de l’affrontement.

 

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Les grondements dans la forêt.

 

Les grondements rauques qui résonnent alors dans la forêt constituent à la fois une manière de revendiquer le territoire avec les femelles qui s’y trouvent, et de provocation envers les rivaux potentiels. Avec un peu d’oreille et de pratique, il est possible de les bien imiter à l’aide du verre d’une ancienne lampe à pétrole. Mais ne venez pas vous plaindre ensuite si vous vous retrouvez contraint de passer la nuit dans un arbre

 

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Le repos du seigneur

 

Ceci dit, vous y auriez tout le temps de compatir au sort du Seigneur de nos forêts qui, non content d’en prendre plein les ganaches pour conquérir son harem est ensuite contraint de veiller doublement au grain. Premièrement parce que les biches ne sont – individuellement – réceptives qu’une seule journée par an ; et deuxièmement parce que les cerfs plus jeunes, qui ont assisté de loin au choc des Titans, ne se privent pas de leur faire à l’occasion un (en)faon dans le dos.

 

LE GRAND CORNU

Voilà qui nous dresse le portrait d’un animal “ solaire „ brillant lors du brame d’un feu “ fixe „ qui, comme tous ceux de son espèce, peut à la fois être générant et destructeur dans un même élan. D’un animal qui impose le respect par sa stature et son allure, tout en représentant à bien des égards une puissante métaphore de la vie. De là à en faire un dieu il n’y a qu’un pas.

 

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Cernunos : la divinité

Franchi depuis plusieurs millénaires, les meilleures sources s’entendant pour prêter à la divinité celtique Cernunos une antériorité historique qui en fait sans doute, avec les divers avatars de la Terre-mère, l’une des plus anciennes du Panthéon occidental. Tout ceci pourrait n’être malgré tout que pure spéculation si Cernunos, avec quelques autres comme Épona, n’avait par ailleurs fait l’objet d’une christianisation insistante dont la figure la plus célèbre est sans conteste le cerf de saint Hubert. Et ça, c’est un indice de taille.
Quant à savoir s’il existe un lien entre le brame et le sabbat qui, avec ses bacchanales, ne serait que l’avatar dévoyé de rituels plus anciens, c’est une autre histoire. Reste qu’il existe de troublantes similitudes.

À titre purement personnel, mes affinités électives iraient plutôt dans le sens de la vision que Jean-Claude Servais a donné du brame au mois de septembre (2) de son “ Almanach „. Très émouvant.

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Jean-Claude Servais : “L’Almanach” – Septembre / Adrien

Alors, au bout du compte, trouvez donc votre chemin vous-mêmes dans l’infinité de lectures possibles qu’offre un symbole. Laissez-vous imprégner par l’ambiance du brame en commençant par les odeurs et le climat de la forêt d’Ardenne à l’automne ; montez en puissance avec le cerf en ne négligeant aucune sensation, fut-elle dérangeante pour la morale du temps, car nul ne connaît la lumière s’il n’a affronté l’ombre. Que chaque froissement, chaque odeur, chaque cri, chaque choc rapporté par l’écho, pénètre en vous jusqu’à en devenir intime. Vous fasse prendre conscience de votre unité avec le tout. Il se peut bien qu’alors des choses surprenantes se produisent en vous et autour de vous. Attentifs, Pèlerins, soyez attentifs.

 

AU CERF,  LA BIÈRE !

Bien-sûr, tout ceci suppose idéalement que vous ayez le bonheur de découvrir le brame seul, ou en compagnie d’un familier de la forêt qui saura vous guider et, le cas échéant, vous protéger.
Car on ne martèlera jamais assez, tout particulièrement à cette époque, le vieil adage de vénerie : “ au sanglier, le mire (médecin) ; au cerf, la bière (rien à voir avec le houblon) „ !

À défaut, il vaudra donc mille fois mieux rejoindre l’un des nombreux groupes de naturalistes qui organisent des soirées “ brame „ voire l’un des lieux de concentration tolérés par la DNF, que prendre des risques inutiles : l’instant recèlera de toute manière sa part d’intense magie.

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Texte Patrick Germain / 2007
Crédit(s) iconographiques :Jean-Claude Servais
Photos : Daniel Pigeon
Voir la page Facebook de Daniel
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Anecdote

Je dois au maître-traqueur José Léonard l’une des trouilles de ma vie lorsqu’un jour de battue en Hertogenwald il me chargea de “ rester pour retenir les chiens „ au sortir d’une clôture à gibier mal fermée dans laquelle il rentra en prononçant le “ on ne sait jamais… „ annonciateur des grands désastres. Quelques instants plus tard, au terme d’une fantasia de branches brisées, de cris et d’aboiements furieux, je me retrouvai nez à nez avec un cerf dont la seule chose que je puisse dire est qu’il était de très méchante humeur et qu’il me laissa juste le temps de me jeter à plat ventre dans un fossé dont je sortis ensuite couvert de boue et d’une verdure poisseuse qui seyait à merveille à mon teint du moment. C’était, me dit-on, un “ beau douze „ et j’avais tenu mon poste jusqu’à l’extrême limite : l’honneur était sauf. C’est fou ce qu’on vous observe, en forêt, dans ces instants de pur hasard…

Source :
•    (1)  “ Bêtes sauvages d’Ardenne „ – Roger Herman – Paul Legrain éd. 1976
•    (2)  “ L’Almanach „ – Jean-Claude Servais – Casterman 1988 – ISBN 2-203-38009-8
•    “ Les Celtes „ – Collectif – EDDL Paris éd. 2001 – ISBN 2-23700-484-6 et “ Chasse – Pêche „ – Cours technique secondaire de l’IPEAFP La Reid 1975


 

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Le pin sylvestre, le bois de mine

Le pin sylvestre, le bois de mine

Le pin sylvestre, le bois de mine

Le pin sylvestre (Pinus Sylvestris)

Comme presque tous les résineux qui peuplent les forêts d’Ardenne, le pin est une essence importée. Son aire de répartition naturelle est très étendue en Europe, particulièrement présent en Europe de l’Est.

En fait, il existe une controverse chez les spécialistes depuis peu de temps. Le pin sylvestre aurait été présent naturellement chez nous jusqu’à l’époque romaine puis aurait disparu pour enfin être réintroduit au cours du 17ème siècle. Mais, comme on l’a dit, laissons ce problème aux spécialistes.

Le bois de mine

plantation de pins sylvestres

De jeunes pins sylvestres (environ 25 ans). La lumière passe facilement à travers le feuillage et permet le développement d’un sous-étage. Ici, beaucoup d’orties, probablement par le fait que la plantation se trouve sur une ancienne pâture.

 

Il fut, tout comme l’épicéa, largement planté à partir de la moitié du 18 ème siècle pour valoriser les terres dites incultes de l’Ardenne.
Il s’adapte facilement sur les sols rocheux pauvres, résiste au froid mais peut se briser sous le poids de la neige collante. Il fut en son temps le bois privilégié pour constituer « le bois de mine », débité en courtes billes et écorcé ; peu fissile, il convenait parfaitement pour étançonner les galeries des nombreuses mines du Pays de Liège, du Hainaut et du Limbourg. Il présentait l’avantage considérable de « prévenir » avant de casser. Il crissait, criait, geignait, ce qui permettait aux hommes du fond de remplacer à temps les éléments qui risquaient de se rompre.

Il est une essence de lumière, son feuillage (ses aiguilles) peu dense laissant passer la lumière permet ainsi le développement de la flore au niveau du sol. Il grandit relativement vite, mais pas très droit. Ce qui n’avait pas une importance capitale pour l’utilisation dans les galeries de mines, les billons utilisés étant fort courts. Il est désormais largement supplanté par les cultures d’épicéas et de douglas, sa présence en Ardenne est en constante régression.

 

ecorce d'un jeune pin

Ecorce d’un jeune pin sylvestre, les écailles sont déjà bien distinctes.

 

Son écorce, structurée en espèces d’écailles, se colore progressivement de rouge-ocre avec l’âge.

Les pins se reconnaissent à leurs longues aiguilles souples (4 à 6 cm) rassemblées dans une même gaine ; le sylvestre possède deux aiguilles. C’est un « bois rouge », le cœur du tronc – le duramen – présente une couleur orangée, mais le bois peut facilement virer au gris-bleu lorsque l’arbre est abattu au printemps et gorgé de sève.

Ecorce pin âgé

Un pin âgé, l’écorce devient fort épaisse.

Sapin rouge du Nord

C’est sous le nom de « sapin rouge du nord » qu’il est connu en charpente et menuiserie, ce qui sous-entend que le bois vendu provient des régions nordiques où la croissance plus lente des arbres donne une fibre plus serrée, donc de meilleure qualité.
Pour la petite histoire, des pins sylvestre issus des forêts ardennaises, sciés sur place ont fait il y a quelques décennies, un petite balade en bateau, revenant au port d’Anvers habillés du cachet certifiant l’origine nordique des bois. Un petit trafic qui a été vite découvert, et qui serait sans doute plus difficile à mettre sur pied aujourd’hui vu la traçabilité imposée par la labellisation des produits forestiers.

En parallèle à l’usage de son bois, les huiles essentielles qui sont extraites du sylvestre, lui ont donné la réputation d’un puissant antiseptique pulmonaire.

pins sylvestres


 

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Le chevreuil, prince d’Ardenne

Le chevreuil, prince d’Ardenne

Le chevreuil, prince d’Ardenne

Moins majestueux que le cerf, le chevreuil n’en reste pas moins un magnifique petit cervidé dont l’agilité n’en finit pas de surprendre. Son tempérament peu farouche dans certaines circonstances pourrait faire accroire que l’on connaît tout de lui, et pourtant.

 

Dérivé du latin “ capra „, chèvre, le nom latin du chevreuil est Capreolus capreolus. C’est un petit cervidé dépassant rarement 80 centimètres au garrot et 1,30 m de longueur, pour une courte trentaine de kilos. Il peut vivre une quinzaine d’années, dans de bonnes conditions.
Plus légère que le mâle, la chevrette s’en distingue extérieurement par l’absence de bois – mais l’observation de ceux-ci n’est pas toujours aisée – un corps en cône tronqué s’élargissant vers les membres postérieurs et, lors de la fuite, une tache blanche (miroir) en forme de coeur au niveau de l’arrière-train. Le miroir est en forme de fève chez le mâle.

Si la chevrette conserve sa dénomination toute sa vie durant, le vocabulaire de vénerie en attribue plusieurs au mâle qui devient chevillard entre 6 mois et un an. La pousse des premiers bois en fait un broquart* – à moins que, comme chez le cerf, on préfère alors l’appeler “ daguet „ en référence au bois dépourvu de ramification – puis un vieux broquart à partir de deux ans.

 

 

Affaire de bois

C’est aux environs du septième mois de son existence que le chevillard voit apparaître sa “ première tête „ composée de deux pivots qui serviront de base aux dagues dépourvues de meules qui apparaîtront à un an.

 

 

Daguet en velours

Jeune daguet en velours à l’entrée du printemps – Photo de Quentin Sab

 

 

La partie centrale – perche – se garnira ensuite de deux andouillers. Un broquart, si vieux soit-il, ne possédera donc jamais plus de trois “ pointes „ : seule une perlure plus ou moins abondante viendra ensuite marquer des ans l’irréparable outrage. Encore conviendra-t-il de ne pas trop s’y fier, tant il est vrai qu’à ce niveau comme à tous les autres la qualité du biotope et l’état de santé de l’animal observé jouent un rôle déterminant.

Les bois tombent au début de l’hiver, laissant une plaie sanguinolente qui va cicatriser très rapidement avant la repousse d’une nouvelle couronne recouverte de velours. Vers la fin-mars, une fois la minéralisation terminée, les chevreuils mâles vont se débarrasser de cette pellicule désormais inutile en frottant leurs bois tout neufs contre les arbres : c’est la fraie, redoutée par les sylviculteurs.

 

Un faux faux-rut

D’autant que ce comportement va se poursuivre bien au-delà de la fraie. L’activité hormonale du boquart l’incite en effet à marquer son territoire de la sorte jusqu’au mois d’août !

 

Chevrettes en rut

 

 

Tiens, parlons-en, de ces hormones et de tout ce qui va de pair(e) … Car la reproduction de ce beau mammifère forestier n’est pas spécialement du genre commun. Ni, soit-dit en passant, un modèle de galanterie masculine : c’est du rude !
Le rut proprement dit couvre principalement, en Ardenne, une période comprise entre la mi-août et la fin-septembre. Toutefois, par un phénomène de gestation différée, les embryons fécondés ne se fixeront que quatre à cinq mois plus tard.

Un second rut survient entre octobre et décembre, que l’on appelle improprement “ faux-rut „. Faux, en ce sens qu’il constitue en quelque sorte un rattrapage pour les femelles non fécondées ou mal fécondées lors du premier rut. Et à la différence de ce qui se passe lors de ce dernier, la gestation est directe.

La gestation “ vraie „ durant quelque cinq mois, dans un cas comme dans l’autre, les faons naîtront donc en mai-juin. Une portée en comprend généralement deux, capables de se mouvoir quelques minutes plus tard. Une vitalité qui va leur permettre de suivre leur mère dans ses déplacements jusqu’au moment ou ils pourront à nouveau se rouler en boule bien à l’abri d’un pelage tacheté les fondant admirablement dans leur environnement.

 

 

Laissez les faons tranquilles !

L’allaitement dure de 2 à 3 mois durant lesquels la chevrette ne sera jamais bien loin de ses rejetons, qu’elle défendra avec acharnement contre les prédateurs.

Sauf si l’un ou l’autre promeneur inconscient aux moeurs quelque peu anthropomorphiques (ce qui constitue généralement un pléonasme, tous animaux confondus) n’a pu résister à l’envie de les toucher : l’odeur humaine que la mère retrouvera partout autour de ses jeunes et surtout sur leur pelage à son retour condamnera alors invariablement ceux-ci à une mort par abandon ! Ce qui n’arrive qu’exceptionnellement en d’autres circonstances !

 

 

deux jeunes faons et chevrette

Ces jeunes faons sont hors de danger

 

 

Une fois sevrés, les jeunes resteront au sein d’une harde regroupant plusieurs familles jusqu’aux naissances suivantes. Les mâles adultes sont en général absents de ces regroupements, menant une vie solitaire à l’exception des périodes de rut.

Pour le reste, le chevreuil est un animal essentiellement sédentaire et forestier. Ses déplacements couvrent un territoire restreint à une cinquantaine d’hectares en moyenne, sur lequel il dispose de reposées où il passe la moitié du temps. Et, en principe, son système digestif digère peu ou mal les graminées sèches, ce qui limite ses incursions en terrain cultivé.
En principe, car certaines populations semblent s’être adaptées et mènent des incursions dans les champs au moment des cultures d’hiver.

 

Timidité à géométrie variable

Pour ce qui relève de l’observation, celle du chevreuil est à la fois d’une grande simplicité et… d’une certaine complexité. En fait, sur un territoire restreint qu’il connaît comme sa poche, il vous observera plus souvent que vous l’observerez, tapi dans un buisson à l’abri de son pelage variant du roux vif au gris-fauve suivant l’âge et/ou le biotope.

En fait, l’ouïe, et surtout l’odorat, semblent être les éléments déterminants dont il faudra tenir compte pour l’approcher : il ne sait proprement pas “ piffer „ l’être humain, et le moindre craquement de branche le met sur la défensive. Ce qui, paradoxalement, ne sera pas le cas d’un feulement de tronçonneuse ou d’un ronronnement de moteur.
Pour ce qui est de la vue, si celle-ci est excellente et très sensible aux contrastes, la position des yeux sur la boîte crânienne provoque un angle mort dont savent profiter certains prédateurs au nombre desquels les chiens errants font figure de véritables terreurs.

 

chevrette curieuse

Vous êtes repéré

 

 

Profitons-en pour rappeler l’adage affirmant à juste titre que “ tout chien chasse„. Même s’il s’avère très sympathique et citadin, un chien que son maître laisse courir partout en forêt “ pour qu’il fasse de l’exercice „ y mettra une pagaille monstre s’il n’y commet pas de dégât à proprement parler. Alors même si vous rêvez – à tort ou à raison – “ d’enquiquiner les chasseurs „, n’oubliez pas que c’est surtout la faune sauvage que vous enquiquinez …

Particulièrement vif lorsqu’il fuit les intrus, le chevreuil communique par des cris (mp3) que plus d’un ont confondu avec des aboiements. Signalons enfin que la mythologie celtique voit dans le chevreuil (blanc) le symbole du voyage de l’âme vers un nouvel état, après la mort.

 

Jeune faon dans les hautes herbes

N’est-il pas mignon ?


Ecrit par :Patrick Germain 14-10-2008
Crédit(s) photographique(s): Francis Gengoux

La photo du daguet en velours est de Quentin Sab : www.facebook.com/quentin.mesphotos

 


Note :

Nous avons retenu l’orthographe “ broquart „ plutôt que “ brocard „, bien que cette dernière tende – malencontreusement – à s’imposer.  Outre que la graphie broquart possède le mérite de mieux situer l’origine étymologique du mot (broques – pointes), elle évite clairement la confusion avec le “ brocard „ de même orthographe désignant une saillie – une “ pique „. Le “ brocart „ étant quant à lui une étoffe de soie brochée d’or et/ou d’argent. Sources :  “ Le Littré „
En Ardenne, on parlera souvent d’une gade (phon. Gatte), d’une grosse gade si elle est gravide, et d’un bô (bouc) ; en wallon, le chevreuil devient tchivrou.
Source :
•    Cours de chasse-pêche IPEAFP La-Reid 1974
•    A et J de Bavière : ” À propos du chevreuil” Le Perron éditeur 1983 ISBN 2-87114-000-6


 

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