La moissonneuse trévire

La moissonneuse trévire

Trévire, ou gallo-romaine ? La moissonneuse décrite par Pline l’Ancien, au premier siècle, conserve bon nombre de ses secrets. Une reproduction, fonctionnelle, en est visible à la ferme gallo-romaine de Malagne.

Pline l’Ancien, au première siècle, évoque l’outil dans son « Histoire naturelle » : « Dans les vastes domaines des Gaules, une grande caisse dont le bord est armé de dents et que portent deux roues, est conduite dans un champ de blé par un boeuf qui la pousse devant lui : les épis arrachés par les dents tombent dans la caisse. » Palladius, trois siècles plus tard, voit fonctionner le vallus décrit par Pline l’ancien : « Le bouvier, qui suit par derrière, dirige la marche du chariot en l’élevant ou en l’abaissant suivant le cas ». On en retrouve les traces épigraphiques à Trèves, Arlon, Coblence et Reims.

La moissonneuse en action

La moissonneuse reconstituée est visible en action à l’Archéoparc de Malagne, près de Rochefort.

 

Mais la découverte déterminante est faite par J. Mertens, en 1958, sur le site de Montauban (Buzenol). C’est elle qui permet d’établir la corrélation entre les textes et un autre bloc sculpté, découvert à Arlon en 1854, qui représente la partie arrière du dispositif.

Bloc calcaire sculpté à Montauban.

Bloc calcaire sculpté découvert – et toujours présent – à Montauban.

 

 

D’autres renseignements ont été obtenus depuis, grâce au moulage d’une pièce d’époque, découverte en Allemagne.

ÇA MARCHE !

Quoi qu’il en soit, à force d’essais, l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et la ferme gallo-romaine de Malagne (Rochefort) sont parvenues à réaliser une reconstitution de la moissonneuse trévire. Et ça marche : « L’âne est placé entre les brancards, la tête tournée vers la caisse. Le jouguet, placé sur son encolure, est attaché aux brancards au moyen de cordes. Lors du travail, le conducteur se tient à l’arrière et, outre son rôle de contrepoids, dirige la moissonneuse vers la droite, la gauche, le haut ou le bas. Un conpulsor, placé à l’avant, pousse, à l’aide d’un outil au long manche, les épis qui viennent engorger le peigne. Cette moissonneuse ne fonctionne qu’avec des céréales cassantes comme l’épeautre ou l’amidonnier. Les épis viennent se loger dans les fentes qui prolongent les dents. Ils se brisent à la base et tombent dans le bac de récupération. L’ouvrier devra effectuer un aller et un retour sur une même bande afin de ramasser les épis versés à contresens. Un récolte régulière est rapide, très efficace et ne laisse que peu d’épis sur le terrain ». La première moissonneuse sort de la nuit des temps. Et un pan de notre culture avec elle.

Patrick Germain 2007


Découvrir :

Archéoparc de Malagne : www.malagne.be

Les Musées gaumais : www.museesgaumais.be


Le Vallus en vidéo

 

Nous recommandons – Wij raden














La bataille des Ardennes – Vidéo

La bataille des Ardennes – Vidéo

Un long documentaire sur la bataille des Ardennes que les Ardennais nomment plus volontiers l' »Offensive ».
De nombreux interviews de vétérans américains, le tout traduit en français.

Durant l’un des hivers les plus rudes jamais connus, plusieurs divisions d’infanterie américaines, prises par surprise et mal armées, livrent une bataille épique contre l’armée allemande dans la campagne des Ardennes.

 

 

A visionner en plein écran : cliquez sur cet icône  qui apparait dans le fond à droite lorsque vous passez la souris sur la vidéo.


 

Bataille des Ardennes – Le cimetière allemand de Recogne

Bataille des Ardennes – Le cimetière allemand de Recogne

Depuis 1947, les corps de 6.807 soldats allemands reposent par groupes de six, sous de rustiques croix de petit granit, à Recogne. Avec Lommel (Léopoldsburg) c’est la plus grande nécropole du genre en Belgique.

 

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Le bloc de granit gravé à l’entrée du cimetière

 

Décembre 44 : Hitler lance l’offensive « Wacht am Rhein », qui va déboucher sur l’un des plus grands carnages de la seconde guerre mondiale du XXème siècle, sur le front occidental. Les pertes humaines, de chaque côté, dépassent celles enregistrées durant le débarquement en Normandie. Actuellement, on cite les chiffres, côté américain à 8.607 tués, 21.144 disparus et 47.139 blessés ; côté allemand à 17.236 tués, 16.000 disparus et 34.439 blessés. Sans commentaire.

 

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La chapelle accueille les visiteurs.

 

Le service d’inhumation américain aménage un cimetière de regroupement situé de part et d’autre de la route de Noville. On y enterre, séparément, 2.700 soldats américains et 3.000 allemands.
Durant les années 46 / 47, les morts américains sont transférés à Henri-Chapelle, tandis que les services d’inhumation belges réunissent les allemands à Recogne. Aux 3.000 du départ vont se joindre les soldats tués dans d’autres endroits de la province de Luxembourg, du sud de la province de Liège et des Cantons de l’Est. Y reposent également les dépouilles de militaires tués dès le début de la guerre, et l’occupation.

Réconciliation par-dessus les tombes

En 1956, un camp de jeunesse international fut organisé. Son thème : « Réconciliation par-dessus les tombes ». Ces jeunes, venus de six nations, aidèrent à l’aménagement du cimetière et à la construction du mur d’enceinte, en grès rose de l’Eifel. Le 25 septembre 1960, le cimetière fut officiellement inauguré.

 

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Sous chaque croix, gravée recto/verso, reposent six dépouilles de soldats. Beaucoup n’ont pu être identifiés.

 

Sous chaque stèle de petit granit, gravée recto-verso, reposent six corps, dont certains n’ont jamais pu être identifiés. Aucune distinction de grade : officiers et soldats sont ici réunis dans la mort.

D’une même sobriété, une chapelle a été élevée, dont les murs sont décorés de bas-reliefs : l’un représentant st Michel portant la balance, et l’archange Gabriel portant la lumière.

On pourrait gloser à l’infini sur les tenants et les aboutissants de cette tuerie qui, sous des dehors idéologiques, a bel et bien constitué un exploit de plus à mettre au crédit d’une certaine forme d’économie. Foutaises, que le reste ! Fables tragiques avalées par les peuples pour justifier, et commettre, l’injustifiable. Et les archives auront beau faire, révélant le cynisme sous-jacent des assassins aux mains blanches : l’humain, on peut le craindre, ne comprendra jamais.

Mais la paix de ce cimetière. Mais la lumière rasante qui joue sur les stèles. Un jour, peut-être…

 

Ecrit par Patrick Germain 07-11-2007


 

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Auteur : Méolice

Où est Recogne

Recogne

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Le cimetière allemand de Recogne

Bertogne


Vaux-sur-Sûre



Fauvillers


Décembre 1944, le massacre de Baugnez à Malmedy

Décembre 1944, le massacre de Baugnez à Malmedy

Outre les innombrables destructions et morts dues aux tirs d’artillerie et aux bombardements aériens, tant alliés qu’allemands, nombre de massacres furent commis durant l’offensive Von Rundstedt.
Leur liste s’égrène comme un chapelet : Baugnez, Bourcy, Noville, Wibrin, Stavelot, Bande, Steinbach …
Fait de troupes fanatisées, ivres de vengeance ou conscientes de l’inexorable échec du  » Reich millénaire « , ces massacres constituent un douloureux martyrologe ardennais.

La 1ere SS Panzer Division (LAH) commit de nombreux crimes de guerre lors de sa percée au Nord du saillant.
Celui de Baugnez, sur les hauteurs de Malmédy, est sans doute le plus connu : quatre-vingt-six GI’s y furent assassinés, dans une prairie située à l’angle des routes de Waimes et de Ligneuville.
La raison en demeure incertaine.

Les faits

Le 17 décembre 44, le 285eme bataillon d’observation d’artillerie de campagne US, aux ordres du lieutenant Lary arrive à Malmédy. Averti de la présence de blindés allemands à Bullange, celui-ci décide néanmoins de suivre la route qui lui a été assignée ; et l’unité s’engage sur la N 23.
Elle arrive au carrefour de Baugnez au moment même où une avant garde de la colonne Peiper y parvient.
Un violent engagement s’ensuit, et les véhicules sont bousculés par les blindés allemands de tête, qui poursuivent leur route. Mais le reste de la colonne est là, et Lary comprend que la situation de sa troupe est désespérée. Il décide de se rendre.
Le commandant Poetshke, qui est laissé avec les prisonniers, distrait deux Panzers de la colonne. Soptrott, commandant l’un des deux blindés, aurait alors reçu l’ordre d’ouvrir le feu. En tout cas, son canonnier, le soldat Fleps, abat le chauffeur du lieutenant Lary d’un coup de pistolet, puis les mitrailleuses des chars entrent en action. Des pionniers du génie allemand, de jeunes recrues, entrent ensuite dans le champ pour achever les survivants.

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Baugnez (source USArmy) : Enfouis sous la neige, les corps des soldats assassinés à Baugnez ne seront inhumés qu’une fois le carrefour repris par les alliés, un mois après les faits ; et le travail d’une commission d’enquête effectué.

La prairie Sacrée

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On dégagera plus de 80 corps de la neige

Volonté délibérée ? Effet d’entraînement, après le coup de feu de Fleps ? Que s’est-il passé, à Baugnez ? Les historiens eux-même s’y perdent. Restent les faits. Sans excuse.
Le procès de ce massacre eut lieu à Dachau en 1946, et Jochen Peiper fut condamné à mort. Il est prouvé aujourd’hui qu’il ne se trouvait pas à Baugnez au moment des faits.
La prairie abreuvée par le sang des malheureux fut longtemps laissée à l’abandon. Enfant, nous passions régulièrement à cet endroit, dont nos parents nous avaient maintes fois raconté l’histoire.
Elle était devenue sacrée, à nos yeux, et l’est restée.

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Un zoning artisanal est à présent établi derrière le monument commémoratif. Reste un souvenir tenace.

 

Un long chemin d’horreur

Mais les massacres ne se limitèrent pas à celui de GI’s désarmés. Les civils payèrent également un lourd tribut à la folie meurtrière des SS les plus fanatiques, dans le secteur.
La liste n’est pas exhaustive : sur la route, entre Stavelot et Trois-Ponts, vingt personnes – hommes, femmes et enfants – sont abattues. Vingt-quatre, à Parfondruy, dont deux femmes enceintes. A Reharmont, une douzaine de civils trouve la mort.
Plus loin, sur la route de Coo, les nazis abattent encore une vingtaine de personnes.
Un long chemin d’horreur, dont toute l’atrocité nous a sauté au visage, par delà l’espace et le temps, lors d’un reportage dans la Bosnie ravagée.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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Stavelot, cité martyre. Quelles que puissent être les circonstances, rien n’excusera, jamais, les massacres commis au nom d’une idéologie. Quelle qu’elle soit.


Peiper

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La condamnation à mort de Jochen Peiper fut commuée, le 30 janvier 1951, en détention à perpétuité. Le 22 décembre 1956, il était libéré sur parole jusqu’au 21 juin 1958, date à laquelle cette mesure prit fin. Le 14 juillet 1978, celui qui n’a jamais renié son attachement au nazisme était assassiné à Tarves (France) et sa maison incendiée.

Ecrit par le major anglais Reynolds, le livre  » L’adjudant du diable  » (De krijger – 2000 – ISBN 90-72547-97-7) retrace le parcours de Peiper, tout particulièrement lors de l’offensive. Ce livre, particulièrement fouillé, en dira plus au lecteur intéressé.


Virgil Lary mourut d’un cancer, en 1981. Dans une lettre à un ami, il confiait que, de toute manière, il était déjà mort dans le champ de Baugnez, en 1944.
Textes : Patrick Germain | Crédit(s) photographique(s):US NARA


 

Liens intéressants

Sur les archives audiovisuelles de la Sonuma

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Aux Etats-Unis, Baugnez est l’épisode le plus tristement célèbre de la Bataille des Ardennes : le 17 décembre 1944, un convoi de l’artillerie US est arrêté par la colonne allemande de Joachim Peiper. Faits prisonniers, les GI sont brutalement fusillés par les SS. Ce crime de guerre coûte la vie à 84 soldats. Mais que s’est-il réellement passé au carrefour de Baugnez? L’Américain George Fox, vétéran de la 285ème artillerie miraculeusement rescapé du massacre, et l’Allemand Rolf Ehrhardt, vétéran de la 1ère Panzer SS, donnent chacun leur version des faits.

 

Sur Youtube

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Des interviews (en anglais) de vétérans qui ont connu cet épisode dramatique. Quelques images d’archive des faits sont mixées, probablement, avec des images de propagande. Les films de propagande étaient très utilisés, tant dans le camps US que dans le camp Allemand.

 

 


 

Où est Baugnez et la commune de Malmedy

Baugnez

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Les corps des GI’s enfouis sous la neige

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Dormir, manger, bouger en Ardenne

L’Ardenne couvre en Belgique, la province du Luxembourg, le sud et l’est de la province de Liège et le sud de la province de Namur. En France elle s’inscrit dans le département des Ardennes. Elle se prolonge au Grand-Duché de Luxembourg sur la province du nord, l’Oesling.

Vous trouverez sur les sites ci-dessous toutes les adresses afin de passer un bon séjour touristique en Ardenne.

Le site officiel du tourisme dans les Cantons de l'Est
Le site officiel du tourisme en province de Liège

Le site officiel du tourisme en province de Liège

Le site officiel du tourisme en province de Namur

Le site officiel du tourisme en province de Namur

Le site officiel du tourisme en Ardenne française

Le site officiel du tourisme en Ardennes française

Le site officiel du tourisme en Ardennes luxembourgeoises

Les Ardennais n'oublieront jamais - Tome 1

 

Les Ardennais n'oublieront jamais! - 2 Tomes

Philippe Carrozza Weyrich édition Dix-neuf Ardennais racontent leur guerre, ils ont été interviewés par Philippe Carrozza.


Martelange-Bastogne-Houffalize.
Noël 1944. La bataille vue du ciel.

Musée en Piconrue

45 photos aériennes analysées et commentées.
La Bataille des Ardennes telle que vous ne l’avez jamais vue.


Le G.I. Face à la Ve armée Panzer (4 tomes)

Henri Castor
Editions Weyrich

Passionné par la bataille des Ardennes, le commandant Henri Castor raconte avec une grande précision les événements tragiques qui se sont déroulés du 16 au 24 décembre 1944.


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McAULIFFE celui qui a dit : Nuts!

René Höjris
Editions Weyrich

Ce mot de quatre lettres était une réponse. Une réponse qui fut donnée le 22 décembre 1944 pendant la bataille des Ardennes, en Belgique, à Bastogne.


Les fortifications celtes du Cheslé à Bérismenil

Les fortifications celtes du Cheslé à Bérismenil

L’Ardenne regorge de sites jadis occupés par les Celtes aux différentes époques. Nombre d’entre eux restent sans doute à découvrir. Ce n’est pas le cas du Cheslé, à Bérismenil (La Roche en Ardenne), l’une des forteresses les plus vastes de la Belgique actuelle.

Texte : Patrick Germain 2007
Photos : Fr. Rion 2016

L'accès au Cheslé nous fait emprunter ce chemin forestier taillé dans le schiste.

L’accès au Cheslé nous fait emprunter ce chemin forestier taillé dans le schiste.

Au départ de l’église de Bérismenil, c’est à une remontée dans le temps que nous convient les Celtes, et, surtout, les archéologues: à quelques deux kilomètres de là se trouvent les vestiges de l’une des plus vastes enceintes fortifiées d’origine celtique recensées dans la Belgique actuelle.
Porté sur la carte Ferraris en 1777, reconnu en 1867 par Sulbout, le Cheslé – vocable dérivé de « châtelet » ou « château » – a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles, depuis 1905 (Loë). Le site, sur lequel les recherches se poursuivent, a livré un matériel archéologique varié, dont la datation de certaines pièces au carbone 14 fait remonter la première occupation aux alentours de 519 avant notre ère. Au premier âge du Fer, donc, ou Hallstatt. Elle est donc antérieure d’au moins 400 ans aux écrits de César, sur lesquels nous reviendrons plus loin.

Situation topographique et stratégique

Au fond de la vallée, l'Ourthe coule..., pas toujours paisiblement.

Au fond de la vallée, l’Ourthe coule…, pas toujours paisiblement.

Le Cheslé est juché au sommet d’un éperon rocheux étranglé, en aval du Hérou. Les versants y sont raides, avec des dénivelées de l’ordre de 70 mètres. Il s’agit donc d’un site isolé, mais qui n’occupe pas une position prédominante : son sommet est situé sous l’altitude du plateau ardennais, qui l’entoure. Le contrôle qu’il a pu exercer, s’étonne-t-on parfois, n’a dès lors pu s’exercer que sur les versants du méandre, et sur le « gué des Haches ».
C’est faire peu de cas de l’importance stratégique de l’Ourthe, et de cet endroit en particulier. Quelles que puissent avoir été les qualités – avérées – des voies celtiques majeures, à la mauvaise saison les routes d’Ardenne deviennent généralement impraticables. C’est une des raisons qui peuvent expliquer l’utilisation de l’Ourthe, pourtant tortueuse et dangereuse, comme voie de communication. Et d’invasion.

Disposition, architecture

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Les fortifications réhabilitées s’étendent sur deux sites. Ici, la « porte » sur le versant le plus accessible.

Le rempart est long de 1700 mètres, et ceint quelque 13 hectares de terrain rocheux
En 1997, sous la houlette du professeur Bonenfant, de l’Université libre de Bruxelles, le site fait l’objet de fouilles. Dans sa publication, le scientifique mentionne que : « Le réexamen d’une coupe stratigraphique a monté trois états : une petite construction limitée à un chemin de ronde palissadé, dominant la longue pente dévalant à 45° vers l’Ourthe ; une construction plus élevée, bâtie en pierre et bois, formée d’une maçonnerie de moellons bruts assemblés à sec, raidie par des poteaux en façade et des traversines engagées dans l’œuvre ; en troisième lieu, une construction plus importante, mais de même style (…). Ces trois états s’étagent de bas en haut, ce qui paraît bien correspondre à leur ordre chronologique relatif. »

De la

De la « porte », on peut néanmoins surveiller l’Ourthe. Au fond, l’île du Meunier.

Un type de construction étendu à une grande partie du territoire celtique, et qui semble n’avoir guère du subir de modifications puisque, dans le livre VII, chapitre 23 de sa « Guerre des Gaules », César écrit : « Telle est à peu près la forme des murailles dans toute la Gaule: à la distance régulière de deux pieds, on pose sur leur longueur des poutres d’une seule pièce ;  on les assujettit intérieurement entre elles, et on les revêt de terre foulée. Sur le devant, on garnit de grosses pierres les intervalles dont nous avons parlé.  Ce rang ainsi disposé et bien lié, on en met un second en conservant le même espace, de manière que les poutres ne se touchent pas, mais que, dans la construction, elles se tiennent à une distance uniforme, un rang de pierres entre chacune. Tout l’ouvrage se continue ainsi, jusqu’à ce que le mur ait atteint la hauteur convenable. Non seulement une telle construction, formée de rangs alternatifs de poutres et de pierres, n’est point, à cause de cette variété même, désagréable à l’oeil ; mais elle est encore d’une grande utilité pour la défense et la sûreté des villes ; car la pierre protège le mur contre l’incendie, et le bois contre le bélier ; et on ne peut renverser ni même entamer un enchaînement de poutres de quarante pieds de long, la plupart liées ensemble dans l’intérieur. »

Restauration, fouilles

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Le rempart principal, le premier a avoir été restauré. Au pied de ce talus, caché par les fougères, un fossé ralentit d’autant plus la progression des agresseurs.

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La construction volontairement inachevée illustre bien la technique. Un squelette de poutres entrecroisées traversant l’épaisseur des murs de pierre et de terre. Indestructible.

Une reconstitution, accessible au public, de l’ouvrage a été réalisée par la Société nationale des fouilles. L’effet est à la fois didactique et saisissant. Les photos utilisées dans cet article et dans la galerie d’images ci-dessous en témoignent à suffisance.

Légende et méditation

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Est-ce ce rocher ou un autre qui dissimule le repaire de la Gatte d’Or.

Un puits, dit la légende locale, se trouverait au centre de la forteresse. Gardé par une chèvre d’or, un trésor y sommeillerait, prêt à se livrer à celui qui, durant l’élévation de la messe de minuit – à Noël donc – offrira une poule noire, et ne profèrera aucune parole. Faute de quoi, le coffre contenant le trésor se transformera en une bête gluante, dont les yeux lancent des éclairs qui pulvérisent l’imprudent.

La légende est, tous les amateurs de ce genre de récit l’auront noté, de facture classique. Tout comme est classique, à proximité de ruines, la présence des Elfes. Les dieux ne meurent pas: ils se transforment.
Pour nous, cette visite aura surtout été l’occasion de retrouver des sensations ancrées tout au fond d’une mémoire plurielle qui ne manque jamais au rendez-vous, sur de tels sites. Qui ? Quoi ? Comment ? Tout ça importe peu, et nous appartient.
Reste que de tels lieux, chargés d’histoire et d’émotions, parlent à qui les veut écouter. Témoignent d’un passé qui fut nôtre et que, pour autant de raisons, l’Histoire de Belgique et d’ailleurs a longtemps – et sciemment – occulté. De nouvelles générations de chercheurs et d’historiens ont succédé aux Pirenne et consorts : puissent-ils être remerciés pour un travail que la topographie ardennaise ne simplifie pas ; comme ne les simplifient pas certaines difficultés d’un tout autre ordre – humaines, en l’occurrence – de moins en moins opérantes, il est vrai.

Puisse, par ce biais et par d’autres, l’Ardenne retrouver ses racines profondes. Tel est notre souhait, et, sans doute, celui de ceux qui, invisibles, poursuivent leurs vies dans le Sidh.
Ambiorix, par exemple, qui a peut-être fréquenté les lieux ?

________________________________________
Source :
•    Collectif : « Province de Luxembourg : Le pays des roches et des méandres » – Maisons du tourisme et SI


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Où est le Cheslé

Le Cheslé

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Les fortifications du Cheslé

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Tenneville


Bertogne


Nassogne


La Roche




Manhay


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La Porte de Trèves à Bastogne

La Porte de Trèves à Bastogne

Puissante tour carrée de quelques huit mètres de côté pour dix-sept de hauteur, la Porte de Trèves est un des derniers vestiges des fortifications qui entouraient Bastogne au Moyen Âge. Gros plan sur une vieille dame qui a beaucoup souffert.

porte_de_treves_bastogne-5389Par sa charte du 12 juin 1332, Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg et de La Roche, roi de Bohème et de Pologne, affranchit les bourgeois de Bastogne, confirmant ainsi la localité dans son statut de « Ville ». Le château ayant été détruit par les Liégeois en 1236, Bastogne est reconstruite et fortifiée dans la foulée. En échange de quoi, la Ville eut pour obligation d’entretenir les remparts et les bourgeois d’en assurer la garde.

La Porte Basse, comme son nom l’indique, constitue alors l’accès principal à la localité par sa partie basse.

En 1602, Louis de Nassau assiège vainement Bastogne. Les remparts tiennent bon. Quelques années plus tard, comme en tant d’autres lieux, ils seront pourtant démolis sur l’ordre de Louis XIV, alors occupé à asseoir son pouvoir.

porte_de_treves_bastogne-5395Les remparts détruits, il ne reste que la porte.

La Porte Basse est ensuite restaurée, au XVIIIème siècle, devenant «Porte de Trèves» puisqu’ ouvrant la route dans la direction de ce centre alors important. Elle est convertie en prison et maison de passage, jusqu’à la guerre de 14-18.

Une première série de travaux de restauration est effectuée au XIXème siècle ; et le 22 février 1938, la Porte de Trèves est classée monument historique. Mais le tragique épisode de l’hiver 44-45 la laisse en ruines.

Relevée depuis lors, et gérée par le Cercle d’Histoire local qui y propose un intéressant panoramique de la préhistoire au Moyen Âge, le monument peut être visité sur rendez-vous. Des expositions temporaires y sont également organisées.

Non loin, l’église Saint-Pierre – édifice des XIIè-XVIè siècles – inscrit le hourd de bois cernant sa massive tour carrée dans le paysage bastognard.


Ecrit par :Patrick Germain 10-01-2008

Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain sauf carte postale ancienne
Crédit(s) iconographiques :gravure : tirée de « La Belgique Illustrée »

Sources :
•    « Communes de Belgique » – Collectif – 1980 – Crédit Communal de Belgique à la Renaissance du Livre éditeurs –
•    « La Belgique illustrée » – 1890 – Bruxelles, chez Bruylant ed. –
•    « La Belgique pittoresque » F. Alexis – M.G. – 2ème édition Grand IN-8″ – 1905 – Liège H. Dessain, imprimeur – éditeur –


 

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Où est la Porte de Trèves

Porte de Trèves

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La porte de Trèves

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Bertogne


La glacière de Hermanmont – Vielsalm

La glacière de Hermanmont – Vielsalm

C’est dans la seconde moitié du 19ème siècle que fut édifiée la glacière de Hermanmont. Un édifice que d’aucuns confondent encore avec une chapelle, restauré à la fin du siècle dernier, et visible depuis la route menant à Recht, à la sortie de Vielsalm.

Jusqu’à la moitié du 19ème siècle, le « mont de Herman » ( du nom d’un comte de Salm de la deuxième moitié du 11e ou de la première moitié du 12e siècle) n’a comporté que les bâtiments d’une exploitation agricole. Peu après 1850 arrive à Vielsalm, où la chasse à courre s’implante,  monsieur Théophile Grart d’Affignies qui se loge d’abord dans la localité puis, dès 1854, à Hermanmont. Il devient propriétaire du domaine par acte du 16 novembre 1858 passé devant le  notaire Jacques  et pour un prix de 58.000 francs.
À son décès en 1879, le bien passe à Camille de Jacquier de Rosée et à son épouse Marie de Seyssel d’Aix. De plus ou moins 1858 à 1895 au plus tard, date du décès du baron, va s’aménager un fameux domaine qui comprend outre un réseau hydrographique assez particulier ( 3 étangs, 2 canaux, 1 mare, 1 cascade , l’alimentation de la roue du moulin) une série de constructions : une ferme, un château, un chenil, deux maisons, un pavillon, un moulin…et une glacière.

La glacière bordant la route vers ville-du-BoisLe principe de la glacière est simple et on en trouvait presque partout en Belgique ( et à l’étranger), en général à proximité des châteaux ou, comme à Spa, des hôtels. Il s’agit d’une construction, enterrée et isolée le mieux possible. Dans le fond, un système d’évacuation des eaux vers un puits perdu permet de conserver la glace prélevée aux étangs voisins jusqu’en été. La glacière permettait de présenter à table glaces, sorbets ou autres préparations et se montrait fort utile pour l’élaboration de compresses et médications diverses.

La baronne de Rosée écrivait dans ses souvenirs le mercredi 6 août 1914 : « J’ai été interrompue par les dames Beaupain qui venaient voir si j’avais encore un peu de glace pour une pauvre dame qui vient d’avoir une attaque d’apoplexie. » Et dans une note de fin d’ouvrage : « on venait parfois en demander pour l’asile des fous de Lierneux ».

SAUVÉE DE LA RUINE

glaciere_vielsalm_4Son petit-fils, Carlo Cardelli indiquait en note complémentaire aux souvenirs de sa grand-mère :  » Un escalier tournant conduisait à une basse terrasse couverte par le toit d’ardoises. Les feuilles mortes amoncelées par le vent sur les dalles en pierre offraient une belle tentation pour allumer un feu. La glacière proprement dite était en-dessous. La porte, arrachée, montrait un grand trou béant, duquel montait l’odeur nauséabonde de quelque animal, chat, oiseau taupe qui y avait trouvé la mort.
Autrefois, on y plaçait des gros blocs de glace, taillés dans l’étang, qui se conservaient jusqu’à l’été. Grand-papa en donnait généreusement à qui en demandait. Maman racontait que, souvent, on en envoyait quérir de l’hospice des fous de Lierneux. »

La glacière de Hermanmont est surtout connue pour sa partie visible, un petit édifice en briques avec toit pointu, sous des grands hêtres. En 1918 on vit des Allemands s’y agenouiller et prier, la prenant pour une chapelle.
Avec la généralisation de la distribution d’électricité, la glacière fut peu à peu délaissée dès après la première guerre. Lors de la seconde, elle subit certains dégâts puis le toit s’effondra, les arbres furent abattus, la route élargie, la végétation reprit ses droits si bien qu’au début des années nonante, la glacière n’était plus que ruines.

En 1992, sur proposition du Collège des Bourgmestre et Echevins, le Conseil communal de Vielsalm approuvait à l’unanimité l’achat par la Commune de ces ruines : les étapes de la restauration pouvaient s’enchaîner pour déboucher sur l’inauguration de la glacière restaurée lors des journées du Patrimoine des 9 et 10 septembre 1995. A cette occasion fut éditée une petite brochure reprenant toutes les données techniques aussi bien de la cuve que du petit édifice la surplombant.

Ecrit par :Robert Nizet 09-09-2008


 

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Où est la glacière

La glacière de Hermanont

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La glacière

Vielsalm




Lierneux




Le Boultê : histoire controversée d’un repère en Hautes-Fagnes.

Le Boultê : histoire controversée d’un repère en Hautes-Fagnes.

A quelques pas de la Baraque Michel, en contrebas de l’assiette de la grand-route qui traverse la Fagne, un curieux monument ne manque pas d’attirer l’attention. C’est « Le Boultê ». Une colonne en arkose de Waimes, haute de quelques 4,50 m et surmontée d’une pigne, dont la seule certitude est sa vocation de repère.

 

Un colone en arkoze.

Une colonne en arkose de Waimes, haute de quelques 4,50 m et surmontée d’une pigne.

 

 

L’on s’entend généralement pour faire remonter son érection, en 1566, par les familles Hauptmann-Panhaus (Panhuys, en fait) dans la foulée d’autres colonnes et croix destinées à guider les voyageurs sur : «la grande Faigne au chemin royal tirant de Limbourg à Trèves». Certains historiens ajoutent que ces monuments seraient également liés à la Réforme, dont les familles Hauptmann et Panhuys avaient embrassé la foi. Ils auraient ainsi jalonné les itinéraires vers les lieux de rassemblement protestants.
D’autres prônent toutefois l’antériorité du Boultê, qui aurait servi de modèle aux colonnes Hauptman et Panhaus. Il semble néanmoins exclu que cette colonne ait pu constituer un milliaire, ou tout autre édicule romain.

Quant au vocable « Boultê », il faudrait y voir une corruption de la forme « boule », plutôt que de la  « baratte » parfois évoquée. Ce terme proviendrait de l’époque où, suite à la dégradation du monument, seule subsistait la partie inférieure, tronquée.

 

 

Le boulte surmonté de sa pigne

Un pigne dont l’origine n’est pas déterminée, et bien-entendu, une croix.

Brisée en 1749, la colonne est renversée en 1878 par l’administration allemande afin d’éviter toute confusion avec les bornes frontières. En 1905 ce qui reste du Boultê est à deux doigts de finir en caillasse. Mais quelques fagnards éclairés veillent. Aidés par les abbés Pietkin et Beeckman, ils obtiennent que le monument soit non seulement redressé, mais aussi restauré. C’est chose faite en 1906.
Il est alors couronné d’une pomme de pin et d’une petite croix. Cette pigne proviendrait de l’ancien perron de Malmédy ou de la Colonne Hauptman, selon les sources. En 1945, le Boultê est à nouveau renversé par les troupes américaines, lors des travaux de rectification de la route. « Les Amis de la Fagne » le redressent en 1947, et le déplacent ensuite lors de l’élargissement de la chaussée. Il figure depuis sur l’insigne de l’association.

Écrit par :Patrick Germain /2007

Source :
•    « Guide de la Fagne » – A.J. Freyens – Vème édition, chez Marabout (Ed Gérard, Verviers) –

 


 

Baraque Michel

Dormir, manger, bouger en Ardenne

L’Ardenne couvre en Belgique, la province du Luxembourg, le sud et l’est de la province de Liège et le sud de la province de Namur. En France elle s’inscrit dans le département des Ardennes. Elle se prolonge au Grand-Duché de Luxembourg sur la province du nord, l’Oesling.

Vous trouverez sur les sites ci-dessous toutes les adresses afin de passer un bon séjour touristique en Ardenne.

Le site officiel du tourisme dans les Cantons de l'Est
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Notre-Dame des malades, au Mont-Saint-Martin – Gouvy

Notre-Dame des malades, au Mont-Saint-Martin – Gouvy

Entre Beho et Bovigny, sur la rive droite du Glain, une route forestière escalade le Mont-Saint-Martin, conduisant au sanctuaire de Notre-Dame des Malades. Un lieu d’histoire, et de mémoire.

 

notre_dame_des_malades_mont_st_martin-42La vallée du Glain constitue une véritable mine d’or pour l’historien et l’archéologue Mine d’or qui est bien loin d’avoir livré tous ses secrets. L’occupation des lieux remonte à des temps immémoriaux. Bien avant qu’on ne parle de la villa royale de Glain, dont la première mention en tant que telle, date de 720, quand Charles Martel y rend sentence en faveur de l’abbé de Stavelot.
Le 1er octobre 814, la villa est à nouveau citée. Cet écrit révèle que la chapelle de Glain était non seulement église de chef-lieu, mais église régionale, au vu des dîmes. Les auteurs admettent généralement que cette chapelle se soit trouvée sur la colline devenue  » Mont-Saint-Martin « . Au fil des ans, le nom du patron de l’église aura prévalu sur celui du domaine qui, pour sa part, restera propriété des empereurs jusqu’au début du XIIIe siècle.

Jours de colère

notre_dame_des_malades_mont_st_martin_4921Guerre de trente ans, scission des Pays-Bas, contre-réforme… les temps sont troublés. Et la région voit se succéder les troupes en marche. Mal payées, quand elles le sont ; le plus souvent composées d’individus sans aveu aux ordres de capitaines peu regardants, ces bandes dévastent le pays.
Pour le territoire de la seule ancienne commune de Bovigny, on estime à une dizaine le nombre de villages et hameaux qui vont disparaître. Celui de Saint-Martin est du nombre.
C’est aux environs du lieu-dit  » Doyards  » que l’on situe Saint-Martin, autour de la butte où se dressait l’édifice du culte. Si l’on s’accorde pour laisser la date précise dans le vague, la tradition conserve mémoire des dernières heures du hameau, qu’elle rapporte en décrivant le massacre perpétré par des  » sarrasins  » armés de haches, se précipitant sur les habitants. Les quelques villageois qui se réfugient dans l’église n’auront pas plus de chance.

Notre-Dame des Malades

notre_dame_des_malades_mont_st_martin_4935Curieusement, l’édifice ne connaît pas l’incendie et la ruine. Et si le clergé, ne desservant guère que des villages déserts dans un pays soumis à la violence, décide de résider à Bovigny, diverses dépenses sont effectuées, qui attestent de la survie de l’église du Mont-Saint-Martin. On sait qu’en 1631, sa réédification est réalisée, grâce au prélèvement d’une taxe. Le 16 août 1717, toutefois, le Prince-Evêque de Liège, Archevêque de Cologne, désigne Bovigny en qualité d’ église mère. A partir de la translation, le temple va se vider de son contenu, et ses murs s’effondrer. En 1849, ses derniers vestiges sont démolis.

Sur cette élévation consacrée – est-ce un hasard ? – à Saint Martin, grand assimilateur des lieux de cultes anciens, l’appel semble venu de la nuit des temps, qui incite, dès 1850, l’abbé Debra et ses paroissiens à construire une chapelle. Elle sera dédiée, outre au patron traditionnel des lieux, à Notre-Dame des Malades.

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Un mur circulaire de pierres sèches restauré

Après avoir gravi le chemin menant au sanctuaire, bordé de croix de schiste, attestant le talent des Piette et autres artisans régionaux , le promeneur découvre un édifice à plan rectangulaire, et trois pans coupés, vers l’est. Au couchant, un petit porche, bordé d’une charmille, donne accès à la nef. Un clocheton surmonte la construction, dont le gris des ardoises tranche sur la blancheur du pignon. Dans son écrin de verdure, bordé d’un mur circulaire, en pierres sèches, restauré par les membres de l’asbl qui veille sur elle, Notre-Dame des Malades appelle au recueillement.

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Un autel extérieur, et une chaire, en pierre, complètent l’ensemble.

Les fouilles de 1968, et 1995, ont mis à jour les traces des configurations successives de l’église, et plusieurs sépultures. On enterrait probablement dès le VIII° siècle, autour du bâtiment, qui était déjà clôturé d’un mur, dont l’enceinte actuelle ne semble pas avoir repris les limites. Seules traces, discrètes dans la pelouse désormais régulièrement entretenue, quatre dalles sur lesquelles nous reviendrons prochainement.

La nef a retrouvé son cachet en l’an 2000. Deux séries de trois fenêtres y apportent la lumière du jour, on y pénètre par une porte encadrée en plein cintre. Un banc de communion sépare l’officiant des fidèles, donnant accès à l’autel, restauré  » à l’authentique  » par un artisan de Deux Rys, près de Manhay. Cette pièce est l’œuvre d’un nommé Valentin de Cierreux. Le meuble est surmonté d’un dais abritant une polychromie en plâtre, représentant Notre-Dame des Malades, un lambris le prolonge, de part et d’autre. A l’une et l’autre extrémité, saint Martin et saint Hilaire, crossés et mitrés, veillent.

À l’abri

notre_dame_des_malades_mont_st_martin-3Les temps ont passé, restent les  » sarrasins « . Pour les préserver des pilleurs d’art religieux, et du vandalisme, une Pieta, la statuette de sainte Anne Trinitaire et celle de saint Martin en Charité, ont été placées en lieu sur. Ce sont leurs reproductions que l’on peut découvrir dans la nef. Et pour donner à la visite l’attrait supplémentaire d’une petite chasse au trésor : à vous de découvrir leur emplacement actuel.

Les deux premières sont en bois polychrome, d’une hauteur de 60 cm environ. Toutes deux remonteraient au XVI° siècle. La statuette de saint Martin, pour sa part, est en chêne, porte les traces d’une ancienne polychromie, et mesure 97 cm. Elle est datée du XVII°. Seuls les drapés leur servant de support, lors des pèlerinages et autres festivités, se trouvent à demeure dans la chapelle. Faisant partie du mobilier de l’ancienne église, on ne sait quand, ni comment, ces objets sont parvenus dans les familles qui les ont été conservés durant deux siècles environ, à Beho, et à l’église d’Aldringen, s’agissant de saint Martin.

Ecrit par :Patrick Germain 06-11-2007
Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain

Note :
Si le site est classé, depuis 1973, l’idée de créer une asbl, en vue de l’entretenir et de le promouvoir, remonte aux lendemains des grandes tempêtes de 1990. Saint-Martin disparaissait sous la masse des frênes arrachés, d’autres arbres menaçaient de tomber : il était grand temps de se pencher au chevet d’un patrimoine qui se dégradait. En 1993, l’association existait effectivement. Petit à petit, grâce à ces bénévoles, la chapelle a retrouvé son lustre d’antan. Un pèlerinage y a lieu, le 16 août.
Source :
•     » De Saint-Martin à Bovigny « , que vous pouvez acquérir moyennant finances auprès de l’asbl Notre-Dame du Mont-Saint-Martin, Courtil 4b – B 6671 Bovigny – Belgique
•    Renseignements chez le secrétaire de l’association, au +32 (0) 80/214192


 

Galerie


 

Où est la Chapelle Saint-Martin

Chapelle Saint-Martin

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La Chapelle Notre Dame des Malades au Mont Saint-Martin

Vielsalm




Dormir, manger, bouger en Ardenne

L’Ardenne couvre en Belgique, la province du Luxembourg, le sud et l’est de la province de Liège et le sud de la province de Namur. En France elle s’inscrit dans le département des Ardennes. Elle se prolonge au Grand-Duché de Luxembourg sur la province du nord, l’Oesling.

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L’ offensive en quelques lignes

L’ offensive en quelques lignes

Après les combats de Normandie, le rouleau compresseur allié s’est mis en route, et son avance est foudroyante. Elle se poursuit d’ailleurs au nord et au sud du front. Au centre : l’Ardenne, où quasiment personne n’envisage même l’éventualité d’une attaque.

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Le général Von Rundstedt fut chargé par Hitler de préparer le plan d’attaque. La bataille est aussi connue sous le nom d’Offensive Von Rundstedt. Photo: Deutsches Bundesarchiv

Pour défendre cette partie du dispositif, Middleton dispose d’un groupement de cavalerie muni d’armes légères, d’une division blindée et de quatre divisions d’infanterie. Les 99ème et 106ème ne comportent pratiquement aucun soldat aguerri ; les 28ème et 4ème sont au repos après avoir livré les violents affrontements de la forêt de Hürtgen.
De son côté, Hitler se rend compte que les armées alliées, bien que stoppées depuis septembre, vont venir à bout de ses forces.
Contre l’avis de la plupart de ses généraux, il prescrit une offensive par trois armées, sur un front de cent vingt kilomètres.
L’effort principal sera dirigé vers Anvers, et couvert par la 150ème brigade blindée S.S. commandée par Otto Skorzeny, revêtue d’uniformes américains, qui aura pour mission de désorganiser les lignes de communication ennemies.
D’autres opérations devront ensuite être lancées, au nord et au sud de la percée.
Le but recherché, outre de démoraliser des Alliés, est avant tout, en atteignant le port d’Anvers, de tarir leur approvisionnement.

Une contre-attaque

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Le terrible « Tigre Royal » allemand, il fera des ravages dans les lignes alliées.>>>

Hitler rassemble alors vingt-huit divisions, pour la percée des Ardennes ; et six pour attaquer en Alsace. Le 15 décembre 1944, 350.000 combattants, 1.900 canons, 970 chars et canons d’assaut sont en place, derrière le front.
Le plan est audacieux. Il aurait pu réussir, comme en 1940. A tel point que Patton, lui-même, va douter un moment de l’issue de la guerre.
Et les préparatifs Allemands vont être si bien gardés, que la surprise va être totale pour des troupes que rien ne prépare à soutenir une contre-attaque.
Eisenhower a disposé ses unités de façon offensive, laissant la portion de front qui va supporter la contre-attaque aux mains des 80.000 hommes de Middleton soutenus par 24O chars, 190 canons auto-tractés et 390 pièces d’artillerie.
Le rapport de forces est clair, et l’on a vu ce qu’il était des troupes de ce secteur. Pourtant, beaucoup de ces  » bleus  » et ces soldats épuisés vont aller jusqu’au bout de l’héroïsme.

Le 16 décembre 1944

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Des SS à l’approche de Malmedy. On a longtemps cru que l’officier portant le képi pouvait être Peiper lui-même, il n’en est rien.

L’offensive est lancée le 16 décembre entre Monschau et Echternach.
L’assaut de l’aile droite de la VI° panzers S.S. de Dietrich est stoppé par une vigoureuse résistance américaine devant Monschau. La colonne de tête, commandée par Peiper, atteint toutefois les faubourgs de Stavelot.
L’aile gauche perce. Elle contourne Malmédy et s’empare d’un point de traversée sur l’Amblève, le 18 décembre. Elle n’ira pas plus loin.

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Von Manteuffel, l’aristocrate qui donnera des conférence sur la stratégie déployée après la guerre, aux Etats-Unis. Photo: Deutsches Bundesarchiv.D’autres unités allemandes traversent l’Our, en direction de Bastogne.

A l’extrême sud du front, la VII° armée allemande (Brandenberger) doit progresser vers Mézières via Neufchâteau, pour protéger l’avance de Von Manteuffel.

Au sud, la V° Panzer de Von Manteuffel débute dans de bonnes conditions et perce le secteur du Schnee Eifel. Encerclés, deux régiments de la 106ème division US vont résister jusqu’à l’épuisement des munitions, avant de capituler le 19. Ce jour-là également, Saint-Vith est attaqué. Mais la 7ème division blindée US va s’y accrocher.

Réaction américaine

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Les GI’s réagissent. La neige et le froid seront des éléments omniprésents durant toute la bataille. Photo : Archives US Gov.

Ce n’est que le 17 au matin qu’Eisenhower prend conscience de l’importance de l’offensive Allemande. Bradley ordonne alors à la 10ème division blindée de faire route vers le nord et avalise la démarche du général W.Simpson, de la IX° armée, qui avait envoyé sa 7ème division blindée vers le sud, en direction de Saint-Vith, afin de canaliser l’avance Allemande dans un couloir étroit.
Seule réserve stratégique dont disposent les alliés, le 18ème corps aéroporté (Ridgway) est engagé : les paras quittent Mourmelon en toute hâte. Initialement dirigée sur le secteur de Bastogne, la 82° airborne (All Americans) est finalement acheminée vers Werbomont ; et c’est la 101° division aéroportée (Screaming Eagles), confiée au général Mac Auliffe, qui reçoit l’ordre d’avancer sur Bastogne.

Le tournant

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Mac Auliffe, le héros de Bastogne. Une formule très courte le rendra célèbre : « Nuts ». La place principale de la ville de Bastogne porte désormais son nom : la Place Mac Auliffe. Photo : Archives US Gov.

Les assauts des Allemands échouent, Von Manteuffel encercle la ville, puis la contourne pour reprendre sa progression. Cette défense l’oblige à distraire une part importante de ses forces de la percée vers la Meuse.
Le 22 décembre, Von Lüttwitz somme Mac Auliffe de se rendre. La réponse est entrée dans l’histoire : »Nuts ». Autrement dit :  » c’est la même chose qu’allez-vous faire foutre « , précise le colonel Harper à l’attention des émissaires.
Un détachement Allemand parvient le soir du 23 décembre à Dinant. Ces soldats seront les seuls à atteindre l’objectif. Ils y attendront des renforts et du ravitaillement qui ne viendront jamais.
Peiper, encerclé à La Gleize commence à se replier le 24 décembre en sabordant ses véhicules, eux aussi privés d’essence.
Sur le front commandé par H.Von Manteuffel, des éléments des 3ème et 7ème divisions blindées américaines s’interposent toujours, entre St Vith et Vielsalm. St Vith est enlevé par les Allemands, mais ce succès n’est pas exploité.
Le 20 décembre, Eisenhower place Montgomery à la tête des forces situées au nord.

Stoppés

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Le ciel s’est dégagé, l’aviation US peut enfin ravitailler Bastogne. Photo : Archives US Gov.

Le jour de Noël, les Allemands lancent toutes leurs forces pour s’emparer de Bastogne. En pure perte. Et le 26, vers 17 heures, la 4ème division blindée US, l’une des unités de Patton, opère sa jonction avec la garnison.
Au sud, la VII° armée Allemande est contrebattue et repoussée sur sa ligne de départ. La pointe extrême de l’avance de Von Manteuffel est arrêtée à Celles. Le 26, c’est le repli. De même, l’armée de Dietrich, qui avait reçu l’ordre d’avancer vers le sud-ouest, est épuisée par les terribles combats pour Manhay.
La situation devient intenable, et les Allemands réalisent qu’il va leur falloir retirer leurs troupes, pour leur éviter l’écrasement. Mais Hitler refuse. Pire : il ordonne la reprise de l’offensive. Le 3 janvier, un assaut spectaculaire est encore lancé, en vain, contre l’obsédante garnison de Bastogne.
Le même jour,  » Monty  » engage la contre-attaque au nord. Le 9, la 3ème armée Américaine contre-attaque elle aussi, en direction d’Houffalize ; sur ce qui constitue désormais les arrières allemandes. Car le 8 janvier, Model a enfin reçu la permission de reculer.
Le 16 janvier, les 1ère et 3ème armées américaines opèrent leur jonction à Houffalize, et poursuivent les Allemands battant en retraite. La 1ère armée reprend Saint-Vith, dévastée, le 23 janvier.
Plus d’un mois après le déclenchement de l’offensive, les Allemands se retrouvent sur leur ligne de départ.

Un bilan terrible

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Après la bataille, Eisenhower, Bradley et Patton à Bastogne. Photo : Archives US Gov.

Cette bataille, tant par les conditions climatiques que par la sauvagerie des combats, est l’une des plus terribles de celles livrées sur le front de l’Ouest.
Les Allemands y perdent environ 120 000 hommes, 600 tanks et camions, 1 600 avions et 6 000 véhicules. Les pertes Américaines sont aussi sévères: plus de 80 000 hommes ; soit environ 10 000 tués, 48 000 blessés, 23 000 prisonniers ou disparus. 733 chars et canons anti-tanks ont été perdus.
Les Allemands ont sacrifié leurs dernières réserves opérationnelles. Quelques semaines plus tard, les alliés seront au Rhin : Hitler a entraîné son peuple dans une spirale de mort, qui trouve son épilogue dans un Reich dévasté. La capitulation n’est plus qu’une question de temps.

Patrick Germain / 2007

Les photos proviennent des archives US et des archives de guerre allemandes.


Galerie

Nous recommandons – Wij raden














Décembre '44 | La Gleize

Des collections d’une richesse inégalée sur la Bataille des Ardennes.

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McAULIFFE celui qui a dit : Nuts!

René Höjris
Editions Weyrich

Ce mot de quatre lettres était une réponse. Une réponse qui fut donnée le 22 décembre 1944 pendant la bataille des Ardennes, en Belgique, à Bastogne.


Martelange-Bastogne-Houffalize.
Noël 1944. La bataille vue du ciel.

Musée en Piconrue

45 photos aériennes analysées et commentées.
La Bataille des Ardennes telle que vous ne l’avez jamais vue.


Le G.I. Face à la Ve armée Panzer (4 tomes)

Henri Castor
Editions Weyrich

Passionné par la bataille des Ardennes, le commandant Henri Castor raconte avec une grande précision les événements tragiques qui se sont déroulés du 16 au 24 décembre 1944.


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Dans le périmètre de Bastogne

Joss Heinz
Musée en Piconrue

A l’occasion du 60e anniversaire de la Bataille des Ardennes, le Musée en Piconrue a réédité le célèbre livre de Joss Heintz

 


V2 : une sinistre « première » à Sterpigny (Gouvy)

V2 : une sinistre « première » à Sterpigny (Gouvy)

Les faits rapportés ici sont strictement exacts et se sont déroulés quelques jours avant la première libération de septembre 1944. Ils sont le résultat d’une recherche par Lambert Grailet de documents dans les archives des armées allemandes et alliées et sont basés sur les témoignages de personnes qui assistèrent sans savoir ce qui se passait à la montée des premières fusées dans notre ciel. Un an après la première information donnée par L.Grailet, l’autorité allemande et les historiens confirmaient ces faits.

Le liégeois Lambert Grailet est l’auteur de nombreuses publications intéressantes sur les environs de Liège mais aussi sur ceux des Tailles dont il était devenu second résident. Il se mit sur la piste de révélations inédites à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire des événements de 1944-45 : ce fut la découverte et l’identification précise des sites de lancement mobiles des tout premiers V2 allemands.

v2_sur_siteContrairement à la fausse impression laissée par des clichés de l’époque, la retraite en septembre 1944 des Allemands ne s’opérait pas comme un recul désordonné mais la manœuvre s’accomplissait sans précipitation. Des groupuscules protégeaient les arrières et un système équivoque fait de harcèlements sur le flanc des colonnes libératrices et de décrochages après l’ébauche d’une contre-attaque attirait à sa suite depuis la France une avance américaine trop rapide qui étirait à l’extrême ses lignes d’approvisionnement : l’intendance US ne suivait plus. C’est à ce moment que l’ordre de se déployer à contresens du mouvement de repli général de l’armée allemande  était donné à un détachement d’artillerie mobile : les fusées balistiques allaient apparaître officiellement pour la première fois ! Et ce début de l’ère spatiale aurait pour théâtre notre Ardenne, terroir si réservé que les témoins ne se manifesteront qu’après un demi-siècle d’hésitations trop prudentes alors que la libération de 1944 aurait dû être marquée par la révélation de cet événement exceptionnel.

 

v2_sur_sdkfz8Le 2 septembre, un énorme convoi quitte Euskirchen pour gagner dans le plus grand secret les abords de la Baraque de Fraiture . Dans la file des camions s’intégraient des tracteurs qui tiraient une longue et robuste remorque d’une conception remarquable, aux nombreux trains de roues couplées, les Meillerwagen. Sur ces dernières reposaient des sortes de fuselages d’avion sans aile, recouverts de bâches épaisses sous lesquelles on devinait la forme des empennages. Suivaient dans la colonne des camions-citernes chargés de véhiculer les tonnes d’agents propulseurs (oxygène liquide et alcool), les réserves de carburant nécessaire au déplacement, l’explosif dont l’ogive des fusées serait pourvue, la logistique assurée par un détachement de techniciens très compétents formés notamment sous la direction de Werner von Braun, des camion –  ateliers. Enfin, la protection du convoi était assurée par des blindés légers. Des témoins virent passer, de nuit, cet impressionnant convoi entre Stavelot et Trois-Ponts et à Grand-Halleux.

 

v2_sur_rampe_mobileLe 6 septembre, deux Meillerwagen  portant chacune une fusée quittent leur cachette de La Baraque pour les environs de Petites-Tailles : pas besoin d’un grand mouvement de véhicules pour la mise en place et à la verticale, l’équipe est bien rôdée et a fait de nombreux essais. L’objectif visé n’est ni plus ni moins que Paris ! A 10 heures a lieu la mise à feu de la première fusée mais il ne se passe rien. Un heure plus tard, même chose avec la seconde. Les premiers essais tournent donc court en raison, semble-t-il, de l’humidité. Tout est remballé et les Allemands vont chercher un site de remplacement. Le convoi se retire partie à Aldringen et partie à Grûfflingen.

Le 7 septembre, le tout est ramené dans les environs de Gouvy et le 8 à l’aube, les Meillerwagen se dirigent vers Sterpigny et déposent leur chargement dans une chemin forestier à quelques mètres de la route principale, au lieu-dit â Beûlèu et les différentes phases de préparation des fusées telles qu’elles s’étaient déroulées aux  Petites-Tailles deux jours avant débutent.

 

v2_en_volTout à coup à 8h40, en ce vendredi 8 septembre 1944, un bruit terrifiant déchira le calme que connaît la région. D’après les témoignages, le vacarme inexplicable fut suivi d’un « coup de canon ». L’air ambiant vibrait comme si une catastrophe naturelle était en train de frapper le pays. Les témoins ( un groupe d’Allemands prenant son déjeuner dans une ferme de Halconreux et ignorant tout de ce que préparait leur propre camp juste à côté, des paysans au travail dans leur ferme et dans leurs champs, un groupe de maquisards cantonnant à 400 m, l’instituteur du village …) assistaient malgré eux à un spectacle des plus extraordinaires pour l’époque : ils furent les premiers civils dans le monde à pouvoir observer le tir d’une fusée balistique en campagne. Ils avaient fortuitement aperçu l’envol de la première des deux fusées qui avait surgi de derrière les frondaisons de la forêt. Alors que son grondement dantesque et le frémissement de l’air ambiant s’amenuisaient, elle filait de plus en plus vite avec son panache de flamme orange.

 

v2_impactL’impact de ce premier V2 n’a jamais été retrouvé : sans doute s’est-il désintégré en altitude.

Alors que le bruit se répandait dans les villages voisins qu’ « un énorme canon allemand du type Grosse Bertha de 14-18i avait tiré sur Paris depuis le Beûleû « , à 11 heures, la deuxième fusée était tirée, répandant la même terreur, non seulement cette fois sur le site du lancement mais, hélas, cinq minutes plus tard sur Maisons-Alfort au sud-est de Paris où six personnes étaient tuées et trente-six blessées. Cette réussite dramatique était donc une grande première mondiale.

 

Situation des sites de lancement

De tout ceci, on n’a rien su durant cinquante ans, jusqu’à ce que Lambert Grailet ne le révèle grâce à ses recherches. La rumeur se limitait à celle du gros canon. Il s’en était pourtant fallu de peu. Le 10 septembre, parmi les Américains libérant Houffalize se trouvait un correspondant de guerre particulier : le futur Prix Nobel de littérature 1954 Ernest Hémingway. Le lendemain, la progression américaine continuait vers Sterpigny mais à Cherain, donc à proximité du Beûleû,  Hémingway toujours à l’affût d’un scoop pour son journal, décide d’accompagner la colonne gauche qui libérera Courtil et Beho, ratant ainsi la possibilité d’annoncer au monde la première mondiale du V2. C’est ce  qui s’appelle rater la montre en or. Le hasard qui fait parfois bien les choses en avait, ce jour-là, décidé autrement.

 

Ecrit par :Robert Nizet 15-07-2008

Crédit(s) photographique(s):v2rocket.com
________________________________________
Note :
Note de la Rédaction
Beaucoup de sites ont pour objet l’histoire des fusées / missiles V 1 et 2, sur la Toile. Trop nombreux sont ceux qui se contentent d’aborder le côté technique, faisant fi de la réalité des souffrances physiques et morales engendrées par ce qui fut, il est vrai, l’ancêtre des premières fusées spatiales. Certes le temps a-t-il passé et, paraît-il, nombre de jeunes gens savent à peine qui fut Adolf Hitler, le nazisme et sa folie meurtrière. Ce n’en est que plus grave. Il est, à notre avis, trop facile et proprement criminel de faire l’impasse – quels qu’en puissent être les motifs – sur une réalité trop souvent occultée en ce cas comme en d’autres : le sang versé par le fait de ces petites merveilles de technologie ou par tel brillant stratège ne sort jamais, lui, d’une planche à dessins. Ne l’oublions jamais !
Source :
•    PREMIERE MONDIALE POUR LE V2 SUR PARIS, Le 8 septembre 1944 à Gouvy en Ardenne belge… par Lambert Grailet, 1996


 

Où est Gouvy

Sterpigny

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Aire de lancement

Dormir, manger, bouger en Ardenne

L’Ardenne couvre en Belgique, la province du Luxembourg, le sud et l’est de la province de Liège et le sud de la province de Namur. En France elle s’inscrit dans le département des Ardennes. Elle se prolonge au Grand-Duché de Luxembourg sur la province du nord, l’Oesling.

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Le mémorial du Mardasson | Bastogne

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C’est en 1950 que fut inauguré l’un des monuments les plus connus d’Ardenne : le Mardasson. Érigé en l’honneur des soldats américains tombés en Belgique durant toute la seconde guerre mondiale, il est généralement associé à la bataille « du saillant » dans la mémoire collective. Et pour cause : les pertes en vies humaines y furent plus importantes que durant les combats du débarquement en Normandie.

Le fait, tout déplorable soit-il, mérite d’être rappelé : les combats de l’Offensive des Ardennes furent les plus meurtriers qui se soient déroulés sur le front occidental durant la seconde guerre mondiale. Dans le triangle Elsenborn – Echternacht – Celles, les historiens militaires s’accordent généralement sur les chiffres, côté américain, de 8.607 tués, 21.144 disparus et 47.139 blessés.

mardasson-8Le Mémorial du Mardasson représente l’hommage du peuple belge à la nation américaine à travers celui rendu aux combattants tombés sur son sol. Sa réalisation est due à une initiative de l’ « Association Belgo-Américaine », groupement constitué en 1945 et comprenant diverses personnalités belges désireuses de perpétuer le souvenir.

Bastogne fut choisie pour ériger ce mémorial du souvenir, parce que l’effort américain y fut le plus décisif. Pour les Américains, Bastogne symbolise leur esprit légendaire de résistance, mais aussi leur sens de la contre-attaque victorieuse.

Le 4 juillet 1946, là où allait se trouver le point central du Mémorial, un peu de terre était prélevée et déposée dans un coffret, bientôt scellé en présence de l’ambassadeur des USA et expédié par avion spécial vers Washington. Une délégation belge, conduite par le ministre de la Défense Nationale, remit ce coffret sacré au président des États-Unis d’ Amérique, Harry Truman.
mardasson-5C’est au-dessus de ce point central que se trouvera la dalle en pierre du pays, portant l’inscription:
LIBERATORIBUS AMERICANIS
POPULUS BELGICUS MEMOR
4. VII. MCMXLVI
(Le peuple belge se souvient de ses libérateurs américains – 4 juillet 1946)

Le monument fut inauguré le 16 juillet 1950, en présence des plus hautes autorités belges et américaines; des délégations anglaise, française, hollandaise et luxembourgeoise renforçaient le caractère international de l’événement. Les associations de vétérans étaient évidemment du nombre. Sans oublier l’architecte, lauréat d’un concours de projets, Monsieur Georges Dedoyard et l’entrepreneur Monsieur Félicien Calay. Dans les fondations se trouve, scellé, un parchemin signé par différentes personnalités belges et américaines.

mardasson-14Le Mémorial affecte la forme de l’étoile de la Libération, à cinq branches dont chacune mesure 31m de longueur. Le diamètre de l’atrium central est de 20m et s’élève jusqu’à 12m; le sommet de l’édifice est parcouru par une galerie circulaire conduisant aux tables d’orientation, une par branche de l’étoile.

 

 

 

 

 

 

mardasson-17Sur la couronne figurent les noms des 48 États constituant les USA de l’époque. A l’extérieur également, les badges des différentes grandes unités ayant participé à la bataille du Saillant. Sur les parois internes, le déroulement de cette bataille est expliqué en langue anglaise et en dix tableaux.

 

 

 

mardasson_crypteUne crypte fut également creusée dans la roche; elle rappelle le sacrifice de 76.890 héros américains tués, blessés ou disparus dans cette bataille.

 

 

 

 

mardasson_11_mosaiques_crypteTrois autels sont consacrés respectivement aux cultes catholique, protestant et juif. Les mosaïques aux couleurs chatoyantes sont de l’artiste français Fernand Léger.

Tout proche, le Bastogne War muséum accueille les visiteurs désireux d’en savoir davantage sur les combats meurtriers qui se déroulèrent en Ardenne durant le terrible hiver 44-45.

 

Ecrit par :Patrick Germain 07-11-2007


 

Galerie


 

Où est Bastogne

Bastogne

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Le Mardasson

Vaux-sur-Sûre



Fauvillers


Bertogne


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L’or en Ardenne

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Au cours du XIXème siècle, des milliers de tertres jalonnaient les rives des maints ruisseaux de la haute Amblève, sans que personne ne puisse expliquer clairement leur origine mystérieuse. En 1841, le savant curé de Daleiden M. Bormann suggérait l’idée que tous ces chapelets de monticules représentaient les ruines d’une ligne défensive contre les invasions. Vingt-cinq ans plus tard, le médecin-historien Dr A. Hecking y voyait plutôt l’image d’une nécropole antique qui s’étendait, le long des cours d’eau, de Waimes à St-Vith. Enfin en 1880, le Dr. Q. Esser, inspecteur de l’enseignement au canton de Malmédy, mais aussi toponymiste-archéologue de renom, posait un premier jalon véridique.

Sur les lieux, sa trouvaille d’un fer à cheval exigu, d’époque celtique, autorisait le rapprochement avec les innombrables tas de déblais: les Celtes étaient les auteurs vraisemblables de l’orpaillage colossal du bassin de la haute Amblève, car les tertres s’avéraient être des Haldes! Les révélations savantes, même étonnantes, avaient alors une portée qui se limitait aux érudits de la région. Quant aux gens du cru, ces monticules qu’ils dénommaient «Hugelchen» s’intégraient à ce point dans le paysage, depuis la nuit des temps, qu’ils ne se posaient guère de questions sur leur origine. Alors que le Dr. Q Esser s’évertuait en vain à convaincre ses concitoyens, un prospecteur nommé Julius Jung, de passage à Montenau, avait discerné depuis 1875 la nature de ces tertres insolites, amassés le long des berges de l’Amblève et de ses vifs tributaires qui devaient en contrebas du Wolfsbusch. Gardant le secret de sa découverte à son profit personnel, «l’homme du terrain» n’avait eu qu’à se servir de sa batée pour prouver prosaïquement qu’il y avait de l’or en Ardenne-Eifel…

Julius Jung réapparaîtra à Montenau vingt ans plus tard, en 1895. Il était alors épaulé par son fils Friedrich, avec qui il déclenchera une «mini-ruée vers l’or» qui s’éteindra vers 1910. L’ensemble des contrées surnommées Wallonie malmédienne, Hoes Venn et Zwischen Venn und Schneifel garde le souvenir de cette saga eifeloise qui défraya la chronique locale en son temps, car elle avait éveillé la curiosité populaire, des recherches d’historiens du pays, des avis d’ingénieurs-géologues pour lesquels le sous-sol «métamorphique» de la région de Vielsalm, alors frontalière, semblait avoir livré tous ses secrets… mais encore l’étonnement des naturalistes qui comprenaient enfin la réelle signification de ces élévations artificielles le long des cours d’eau.

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F.Jung, M.Hertkamp et J. Paquay

Au début de notre XXème siècle

Sur la lancée des articles de presse et des avis scientifiques qu’avaient provoqués les déclarations spéculatives des Jung («Le filon d’or venant des environs de St-Vith se prolongerait au-delà de Poteau en territoire belge»!), le vénérable abbé Joseph Bastin présentait en 1911, au Congrès archéologique de Malines, un mémoire intitulé Anciennes mines d’or dans l’Ardenne septentrionale qui apparaîtra comme un raisonnement historique d’exception. En vingt courtes pages et sans possibilité de recourir à l’histoire restée muette pendant vingt siècles, ce document ne cessera d’étonner par sa prémonition insigne. «Des millions de tonnes de gravier ont changé la face de nos vallées sur une étendue de cent cinquante kilomètres carrés, sans attirer l’attention des historiens… Je crois pouvoir les reporter hardiment aux temps les plus reculés et les attribuer aux Gallo-Belges, aux Celtes. Cette hypothèse, certes osée, se vérifiera en 1979-80 grâce aux mesures de la radioactivité résiduelle relevées sur des tertres conservés dans nos réserves naturelles. Et comme s’il pressentait leur destruction progressive, inhérente au genre de vie dit moderne, l’abbé Bastin terminera sa construction historique par: «Les monticules eux-mêmes acquièrent l’importance de monuments archéologiques et méritent le respect à l’égal des tumulus de l’antiquité». Un raisonnement dont personne ne mésestimerait la sagesse, à l’aube du troisième millénaire!

Au fil du temps

Dès les années qui précédèrent la Guerre 1914-1918, des publications savantes vérifièrent peu à peu les vues prémonitoires de l’abbé-académicien. Les collections de haldes se limitaient pas à la haute Amblève, mais se rencontraient entre Faymonville et la Baraque de Fraiture. Si l’on pointe sur une carte de l’Ardenne septentrionale les sites, haldes et trouvailles d’or mentionnés depuis le début du siècle, on remarque combien l’ensemble de trois zones aurifères affecte la forme d’une bande étroite qui s’étend du nord-est au sud-ouest. Des environs du lac de Butgenbach, elle passe par la Warchenne, la haute Amblève et la haute Salm, pour se prolonger jusqu’à la Réserve naturelle domaniale du plateau des Tailles. L’exploitation globale de cette «étendue de cent cinquante kilomètres carrés» fut sans doute l’œuvre d’une colonie celtique dite «orientale», dont les vestiges (places fortes, tombelles, meules d’arkose), datés au Carbone-14, montrèrent que cette zone d’habitat était contemporaine des exploitations aurifères proches. Cette occupation remonte à l‘époque de La Tène. La situation d’une autre colonie celtique dite «occidentale» (Neufchâteau) autorise un rapprochement semblable: zone d’habitat et haldes avoisinantes.

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J.Paquay à la batée dans les années ‘30

Après la disparition des Celtes

L’Arduenna antiqua, prise dans son sens le plus large, connut le partage entre les Gallo-Belges. Ces derniers formaient l’arrière-garde de la nation gauloise, attardée en Germanie et qui achevait le vaste mouvement humain parti d’au-delà du Rhin. Trois tribus dominantes se réservèrent des parts du territoire ardennais où existaient les ressources métallifères. Les Trévires, Nerviens et Eburons réexploitèrent les aurières, d’autant qu’ils détenaient le privilège de battre monnaie, en l’occurrence des statères d’or frappés de leurs marques distinctives. En effet, la présence des haldes ne se limite pas à la zone qui joint les sommets ardennais et qui correspond à la frontière sud de l’antique Eburonie. Des tertres d’orpaillage existent en haute Lomme et à Suxy au sud de Neufchâteau en ex-territoire trévire, mais naguère aussi aux confins ouest de la Nervie, le long de l’Oise et de la Wartoise. Dès lors, comment expliquer ces diverses venues d’or en certains endroits précis du massif ardennais, si ce n’est par la géologie.

Le “long town” est soigneusement ratissé de ses pierres de petit calibre

Le “long town” est soigneusement ratissé de ses pierres de petit calibre

Le samedi 28 août 1920, la grande salle de l’hôtel ZU Hohen Venn à Sourbrodt accueillait une session plénière de la Société belge de géologie. Les congressistes y débattraient de l’hypothèse avancée par le grand physiologiste Léon Frédéricq qui, naturaliste et «défenseur de la Fagne», considérait le plateau humide et froid de la Baraque Michel comme le reliquat d’un glacier quaternaire. Ce programme, auquel assisteraient d’éminents représentants de diverses disciplines scientifiques, prévoyait aussi la démonstration pratique de l’existence de «l’or dans les alluvions de la Haute Belgique». Cette mission avait été confiée à l’ingénieur-géologue H. Rauw, assistant du professeur Maximin Lohest à la Faculté des Sciences (U.L.G). Le soir, à 20 hrs, en ouvrant les débats à Sourbrodt, ce dernier pouvait proclamer combien l’or de l’Ardenne était devenu une réalité aux yeux de ceux qui avaient suivi l’orpaillage, l’après-midi sur les rives de la Warchenne à Faymonville.

Les recherches de H. de Rauw avaient débuté en 1908

A la veille de la Grande Guerre déjà, il disposait d’une quantité d’or natif recueillie dans une zone qui se situe, géologiquement parlant, en bordure sud du massif cambrien de Stavelot, c’est-à-dire à la rencontre de celui-ci avec son pourtour gedinnien. En termes géographiques, on dirait donc «entre Faymonville et les Tailles». Ce chercheur d’or enthousiaste poursuivra ses recherches, afin de déterminer si le métal jaune ardennais provient du Cambrien ou du Gedinnien… Sur la voie tracée, s’ensuivra une longue série d’études qui, de 1921 à ces dernières années, ne feront état que de maigres trouvailles de paillettes. D’autres géologues s’efforceront de répondre à la question qui reste toujours pendante à l’approche du XXIème siècle: Les filons de quartz qui sillonnent le sous-sol de l’Ardenne sont-ils aurifères? Mais la pénurie chronique des subsides officiels décourage rapidement la poursuite de toute recherche faite «à compte d’auteur». Les chercheurs les plus décidés orientèrent finalement leur carrière vers des perspectives plus lucratives, en Afrique par exemple…

Ecrit par :Lambert Grailet 27-10-2001


 

or_en_ardenne_livre_lambert_graillet

 

Ces dernières années, des mémoires universitaires ont pourtant fourni des descriptions élaborées des sites aurifères de la haute Amblève et de la haute Lomme, au point d’apporter un éclairage nouveau sur les techniques utilisées par les Anciens. Elles donnent à penser que de réels filons peuvent avoir été exploités, aux temps protohistoriques… Des datations au C.14, les résultats des analyses palynologiques, les découvertes récentes de trésors enfouis à la hâte, permettent d’imaginer que les Romains ne profitèrent pas de l’or exploité par les Gallo-Belges ardennais… Après la lecture de l’histoire passionnante qu’a publiée Lambert GRAILET (en 1998), des réflexions viennent à l’esprit. Nos ancêtres auraient-ils remué des millions de tonnes d’alluvions pendant des siècles, pour n’obtenir que des paillettes? La nature aurifère de l’Ardenne est un fait plus réel que mythique.

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La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

L’Ardenne est parsemée de croix. Votives ou commémoratives, elles font partie d’un petit patrimoine qui, indépendamment des convictions, vaut d’être protégé. Histoire de la croix Chmits, dans le Grand-Bois de Vielsalm.

Le 8 juillet 1843, à l’endroit où est érigée la croix commémorative* qui porte son nom, est découvert le corps ensanglanté du brigadier des douanes Chmits (avec un « C » et un « s » : les cartes ne sont pas à une approximation près…). À côté de l’infortuné, son fusil de service.

Les circonstances restent d’autant plus floues que le temps a passé. Accident ? Suicide ? Ou crime, maquillé en accident ?

L’ancienne frontière avec la Prusse se trouve à un jet de pierre : la fraude était alors une activité fort répandue. Les enjeux ne se limitaient pas à quelques paquets de tabac, et la lutte était rude, entre fraudeurs et douaniers. Au point de se terminer parfois tragiquement.

L’Histoire, dans ses zones d’ombre, voisine souvent avec l’imagination : à vous de jouer. Mais sachez qu’un certain Marcellin La Garde vous a précédé, dans son recueil : « Le Val de la Salm ». C’est en effet précisément dans les environs qu’il a situé la saga du « Fraudeur de Tinseubois »

Écrit par : Patrick Germain /2007

Note :

*En l’occurrence, on parlera ici d’une « Croix d’Occis » dans la mesure où elle commémore un fait dont la nature criminelle peut être au moins soupçonnée

Source :

  • Remerciements à MM Legros, Noël et Nizet
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La croix en schiste, fixée solidement au monument, en schiste lui-aussi.


 

Où est la croix, près de Tinseubois

La croix Schmitz

La croix en schiste.

La croix Schmitz

La chapelle de Tinseubois

Le crochet vers la chapelle de Tinseubois vaut le détour.

La chapelle de Tinseubois

Vielsalm




Lierneux




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Le Königstiger de La Gleize

Le Königstiger de La Gleize

Abandonné par son équipage le 22 décembre 1944, le Tigre II « Royal » de La Gleize aurait fini dans une aciérie si une habitante du lieu ne l’avait troqué aux GI’s, dans un marché plutôt cocasse. Bien joué : il ne reste désormais que six exemplaires du Königstiger visibles de par le monde.

(suite…)

Le chasseur de char Achilles de La-Roche

Le chasseur de char Achilles de La-Roche

Le 11 janvier 1945, les éléments de pointe du 4ème groupe de Cavalerie US pénètrent dans La-Roche–en–Ardenne dévastée. Sur le coup de 11 heures, ils font jonction avec les Écossais de la 51ème « Highland » Division, soutenus par les chars du premier régiment de la Northamptonshire Yeomanry.

(suite…)

La chapelle de Bon Secours, au hameau Fischbach

La chapelle de Bon Secours, au hameau Fischbach

C’est au chevalier Henri-Toussaint Fischbach que l’on doit l’érection de la chapelle qui porte son nom, à un jet de pierre de la Baraque Michel. Un édicule dont la vocation, à l’origine, ne devait pas se limiter à accomplir un voeu et à guider les égarés.

 

chapelle fischbach DSC_4676

Consacré au culte le 14 juillet 1831, l’oratoire fagnard matérialise le voeu de M Rondchêne, un notable malmédien par ailleurs beau-père de Fischbach.
La Chronique rapporte en effet que Rondchêne, égaré en Fagne une dizaine d’années plus tôt, fut sauvé de justesse par les aboiements du chien de la Baraque Michel et recueilli par ses habitants après avoir invoqué Notre-Dame. Il mourut un peu plus tard, trop tôt pour lancer la construction d’une chapelle votive. Son gendre, homme pieux, prit la relève.

 

LE HAMEAU FISCHBACH

chapelle fischbach DSC_4706Pieux, sans doute, mais point seulement. Car Henri-Toussaint Fischbach, Chevalier de l’Aigle Rouge, industriel malmédien originaire de Stavelot et homme « bien en Cour » avait une petite idée derrière la tête.

En fait, il avait conçu le dessein de faire défricher les fagnes aux environs de la Baraque Michel, et d’y créer un hameau de cultivateurs. L’usage commençant à désigner le lieu sous le toponyme de « Baraque Michel », le chevalier obtint même que cette « chétive appellation » fût évincée au profit de « hameau Fischbach », nom qu’il porte encore – officiellement tout au moins – de nos jours. Mais les forces économiques ne se laissant pas convaincre, le projet fut sans lendemain, fors la chapelle.
Dédiée à Notre-Dame de Bon Secours, celle-ci était à l’origine pourvue d’une cloche et surmontée d’un fanal que la famille Schmitz alluma tous les soirs jusqu’en 1856, date de l’ouverture de la route Eupen-Malmédy.

chapelle fischbach DSC_4668En 1885 un narthex, au clocheton ajouré pourvu d’une cloche fondue à Metz en 1882, fut accolé à la nef à l’initiative du curé de Xhoffraix, lui donnant l’aspect que nous connaissons aujourd’hui.
À l’intérieur, deux plaques d’ardoise rappellent les raisons pour lesquelles la chapelle fut construite. L’autel est surmonté de la statue de Notre-Dame de Bon Secours, avec, de part et d’autre, les statues de St Henri, St Hubert et St Roch. Une statue de St Antoine a disparu.

PÈLERINAGE

La chapelle fut longtemps un but de pèlerinage pour les villages des alentours.
Chaque année, le 15 août, des pèlerins venus de Jalhay, Sart, Xhoffraix, Hockai, Membach et Goé s’y rendaient en procession.

L’origine de la procession des paroissiens de Solwaster vaut qu’on s’y attarde. Peu après la construction de la chapelle, une épidémie de dysenterie frappa la contrée, à laquelle Solwaster sacrifia. Resté pratiquement seul pour soigner les malades, le curé de la paroisse fit vœu d’organiser chaque année un pèlerinage à Notre-Dame de Bon Secours, si le mal était enrayé. Dès le 8 septembre suivant, en la fête  » del pitite Notru-Dame  » il tint parole et conduisit ses ouailles à travers la lande. L’épidémie quitta bientôt la contrée. Ceci dit, déférence gardée envers les mystères de la foi, la procession fut dit-on émaillée de nombreuses haltes durant lesquelles tous mangeaient force myrtilles et airelles. Ceci fischbach_5_carte_postale_ancienneexplique peut-être, aussi, cela.

Pour l’anecdote – et entre nous – j’ai fait mienne l’exécration suprême de grand-père : « Dji t’våreû so l’Fagne avoû l’hite sifflante ». En d’autres termes : « Je te souhaiterais sur la Fagne avec une chiasse carabinée ». Faut-il y voir un souvenir de l’épidémie ? Quoi qu’il en soit, la malédiction est terrible, vous en conviendrez ! :o)
Moins horrible (« quoi que », diront certains…) les femmes en mal d’épousailles ont le choix entre mordre la grille de la chapelle de Tancrémont, ou faire le pèlerinage à la chapelle Fischbach. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…
Quoi qu’il en soit, de nos jours et hormis les « Amis de la Fagne » qui y célèbrent la Messe de Minuit à chaque Noël, on ne voit plus guère de pèlerins du côté de la chapelle Fischbach.

Ecrit par :Patrick Germain /2007

Source :
•    « Guide de la Fagne » – Antoine J Freyens – Cinquième édition (1967) Marabout à Verviers –


 

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Où la Chapelle Fischbach

Chapelle Fiscbach

chapelle fischbach DSC_4678

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