La moissonneuse trévire

9 Avr, 17 | histoire

Trévire, ou gallo-romaine ? La moissonneuse décrite par Pline l’Ancien, au premier siècle, conserve bon nombre de ses secrets. Une reproduction, fonctionnelle, en est visible à la ferme gallo-romaine de Malagne.

Pline l’Ancien, au première siècle, évoque l’outil dans son « Histoire naturelle » : « Dans les vastes domaines des Gaules, une grande caisse dont le bord est armé de dents et que portent deux roues, est conduite dans un champ de blé par un boeuf qui la pousse devant lui : les épis arrachés par les dents tombent dans la caisse. » Palladius, trois siècles plus tard, voit fonctionner le vallus décrit par Pline l’ancien : « Le bouvier, qui suit par derrière, dirige la marche du chariot en l’élevant ou en l’abaissant suivant le cas ». On en retrouve les traces épigraphiques à Trèves, Arlon, Coblence et Reims.

La moissonneuse en action

La moissonneuse reconstituée est visible en action à l’Archéoparc de Malagne, près de Rochefort.

 

Mais la découverte déterminante est faite par J. Mertens, en 1958, sur le site de Montauban (Buzenol). C’est elle qui permet d’établir la corrélation entre les textes et un autre bloc sculpté, découvert à Arlon en 1854, qui représente la partie arrière du dispositif.

Bloc calcaire sculpté à Montauban.

Bloc calcaire sculpté découvert – et toujours présent – à Montauban.

 

 

D’autres renseignements ont été obtenus depuis, grâce au moulage d’une pièce d’époque, découverte en Allemagne.

ÇA MARCHE !

Quoi qu’il en soit, à force d’essais, l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et la ferme gallo-romaine de Malagne (Rochefort) sont parvenues à réaliser une reconstitution de la moissonneuse trévire. Et ça marche : « L’âne est placé entre les brancards, la tête tournée vers la caisse. Le jouguet, placé sur son encolure, est attaché aux brancards au moyen de cordes. Lors du travail, le conducteur se tient à l’arrière et, outre son rôle de contrepoids, dirige la moissonneuse vers la droite, la gauche, le haut ou le bas. Un conpulsor, placé à l’avant, pousse, à l’aide d’un outil au long manche, les épis qui viennent engorger le peigne. Cette moissonneuse ne fonctionne qu’avec des céréales cassantes comme l’épeautre ou l’amidonnier. Les épis viennent se loger dans les fentes qui prolongent les dents. Ils se brisent à la base et tombent dans le bac de récupération. L’ouvrier devra effectuer un aller et un retour sur une même bande afin de ramasser les épis versés à contresens. Un récolte régulière est rapide, très efficace et ne laisse que peu d’épis sur le terrain ». La première moissonneuse sort de la nuit des temps. Et un pan de notre culture avec elle.

Patrick Germain 2007


Découvrir :

Archéoparc de Malagne : www.malagne.be

Les Musées gaumais : www.museesgaumais.be


Le Vallus en vidéo