Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Dure Ardenne d’Arsène Soreil lu par l’académicien Daniel Rops

Photo : Phil Govaerts

Arsène Soreil, né à Rendeux en 1893, écrivit Dure Ardenne en 1933.
C’est un roman, devenu un classique de la littérature ardennaise. L’auteur raconte la vie simple et rude d’une famille ardennaise au début du 20e siècle à travers le parcours du fils Antoine. Il ne fait aucun doute que l’écrivain devenu universitaire se soit inspiré de sa propre enfance et de celle de ses camardes de jeux.
Pour la petite histoire, signalons auprès de gens d’une certaine génération qu’Arsène Soreil est le grand-père de Philippe Soreil, animateur TV bien connu, et de son humoriste de frère Albert, mieux connu sous le nom D’Albert Cougnet.
Ci-dessous, une annonce littéraire écrite par Daniel-Rops pour saluer la sortie de Dure Ardenne. Impossible de savoir de quel journal est extraite la coupe de presse jaunie, mais une petite recherche nous apprend que sous le pseudonyme de Daniel-Rops, on retrouve l’écrivain français qu’était Henry Petiot de l’Académie française.

A la lecture de cet article, on se doute qu’il n’a pas été rédigé par un stagiaire.
Bonne lecture.

 

Pendant une longue semaine, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, je viens de battre ce pays d’Ardenne, si mal connu, et qui mériterait de l’être mieux. Certes, il n’offre point aux touristes de ces beautés faciles qui sont comme les petits pourboires du voyage, et son charme qui est grand et farouche. Plates, à peine ondulées, ces terres anciennes que des millions d’années ont usées depuis les temps hercyniens donnent l’impression de la haute montagne.

À 400 mètres d’altitude, on éprouve la même sensation qu’à mille dans nos Alpes. Le schiste ingrat, couvert de prairies et de bois de pin noir, impose au paysage une rudesse monotone et poignante à laquelle participe un ciel gris majestueux où souffle le vent du Nord. Parfois même, se faisant plus âpre encore, le sol tourne à la fagne, région de marais et de tourbes amères, où, le soir, d’épais brouillards s’accumulent dans les creux de terrain. Et parfois encore, s’élevant jusqu’à plus de 600 mètres, le dos du pays devient tout à fait sauvage, se dénude et livre aux yeux des horizons immenses des plateaux, les barres roides de l’Hertogenwald et de la Baracque-Michel.

Telle est la haute Ardenne, celtique et forestière, dont Pétrarque à dit «la solitaire horreur» et César «l’immense grandeur». Pays de préhistoire, où la trace de l’homme recule dans la nuit des temps, pays de légende, où les quatre fils Aymon rejoignent le Sanglier des Ardennes et où la moindre bosse rocheuse semble abriter la tombe d’un géant. Pays d’abbayes et de chapelles : Orval, trois fois renaissante ; Stavelot chartreuse du Mont-Dieu, plus loin Clervaux et Maredsous. Pays sévère à l’homme, où les maisons de schiste noir s’accroupissent pour lutter contre le vent d’hiver entre le fumier et le tas de bûches.

Ce pays, comme je comprends qu’on l’aime, il a une âme, rebelle et sévère, et les hommes qui lui doivent le jour la connaissent.

Un jeune écrivain, M. Arsène Soreil, a décrit il y a peu, cette dure Ardenne. En des termes émouvants, à travers les courtes nouvelles où il évoque ses souvenirs d’enfance, passe cette âme de la terre que le visiteur banal dédaigne et dont la découverte seule donne du prix à un voyage. On sent dans ce pays la grandeur et le tragique de la condition de l’homme, ce drame sans cesse renouvelé que les habitants de nos villes oublient, séparés qu’ils sont de toute réalité, déracinés de la nature et de la vie spontanée.

Qu’on ne croit pas, cependant, que l’Ardenne entière offre aux regards cet uniforme aspect de sévérité. Le contraste est grand, au contraire, entre le haut plateau et les multiples vallées qui y ont inscrit leur relief en creux, comme à l’eau-forte. Les méandres infinis de la Meuse et de ses affluents — en particulier les vallons sinueux de l’Amblève de la Semois, des deux Ourthes de la Lesse — présentent un grand nombre de sites riants, où, d’ordinaire, se blottissent les villages. Mais, pour agréables que soient bourgs et hameaux sous leurs grands toits d’ardoises et parmi la verdure, l’âme véritable du pays est ailleurs : sur ces plateaux, dans ces fagnes sévères, où l’on souhaiterait que quelque Émily Bronté ardennaise plaçât un jour le cadre de quelques Hauts de Hurle-Vent.

 Daniel-Rops, 1933

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Entre nuages et chlorophylle

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ABCDaire des Fagnes

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Sur le toit de la Belgique, ce haut plateau tourbeux et une réserve naturelle unique en Europe, riche d’un écosystème atypique et de paysages qui en font sa renommée.

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20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

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Savez-vous quel est l’arbre le plus haut de Belgique ? Il est en Ardenne, la réponse en page 17 ...
Au fil des 106 pages, vous reconnaîtrez les principales espèces croisées en forêt et au détour des chemins bocagers qui desservent nos villages.

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Beho : les couleurs du choeur | Gouvy

Beho : les couleurs du choeur | Gouvy

Beho : les couleurs du choeur | Gouvy

Beho : les couleurs du choeur | Gouvy

La Chronique rapporte que le cheval de Herman II, comte de Salm retour des croisades et bellement pourvu en reliques, refusa obstinément de laisser le village de Beho derrière lui.  Venant d’une destrier rôdé en Palestine, pareil caprice ne pouvait être naturel. Le bagage sacré n’irait donc  pas plus loin : Herman décida d’ériger une chapelle pour y exposer lesdites reliques à la vénération, donnant naissance à la première église de Beho.

Plusieurs siècles durant, le reliquaire va attirer les pèlerins, les trois premiers jours de mai, Durant ces journées solennelles, le desservant  exhibe les reliques une par une depuis la bretèche à loggia qui s’avance toujours à la proue de l’édifice.

Supporté par de bien grimaçantes consoles en mascaron, cet ensemble original est  accolé à une imposante tour carrée dont l’origine remonterait au XI ème siècle, et dont la flèche – bien que redressée lors de la restauration de 1949 – a conservé une inclinaison destinée à mieux résister aux vents violents de S – S-O.

 

 

RELIQUAIRE

 

La première reconstruction de la nef remonte à 1712. Quelques années plus tard, des vandales s’emparent du reliquaire, qu’ils abandonnent dans la campagne voisine après l’avoir saccagé. En foi de quoi les autorités ecclésiastiques ne permirent plus l’ostentation de reliques dont on ne savait plus trop bien à qui, ou à quoi, elles correspondaient.

En 1865, toutefois, le curé obtint l’autorisation d’exposer à nouveau trois d’entre elles : une parcelle de la Sainte Croix, une relique de saint Pierre et une de saint Laurent.

Restaurées pour le dernière fois en 1924 par les Soeurs Victimes de Bommel, elles sont toujours visibles au travers des vingt oculus de la châsse due à Scholtus.

Omniprésent dans les églises et châteaux d’Ardenne à l’époque, le Maître bastognard livre ici, dans son style si particulier où le moindre centimètre d’espace se doit d’être comblé, un mobilier homogène sculpté en bois de chêne de 1713 à 1724.

 

 

LES FEUX DU DESTIN

 

À l’écart des grands axes, cet étonnant condensé de patrimoine ardennais n’échappe pas pour autant aux aléas de l’Histoire et du destin. Deux guerres mondiales, et le feu, ont passé par là.

Ainsi, lors de l’offensive de l’hiver 44 – 45, l’église subit-elle d’importants dégâts, à l’instar de l’ensemble du village. Restaurée en 1949, elle n’est pas quitte pour autant. Le pire, même, reste à venir.

 

 

Car durant la nuit du 14 au 15 février 1954, le curé est réveillé par la sonnerie des heures, au clocher. Six coups. Puis la demie. Puis sept. Or la montre du prêtre indique 4 heures 20 ! Pensant à une panne du système électrique, il décide d’aller couper le courant : on verra bien ensuite.

La suite, en fait, s’avère dramatique. Car c’est un incendie, qui a déréglé le mouvement d’horlogerie. Les villageois luttent contre le feu avec les moyens du bord, en attendant les pompiers de Vielsalm. Lorsque ceux-ci arrivent sur place, le sinistre est pratiquement maîtrisé, découvrant d’impressionnants dégâts. Le maître-autel de Scholtus, entre autres, a particulièrement souffert.

 

 

UNE EXPLOSION DE COULEURS

Il sera restauré. Toute l’église le sera. Le 15 janvier 1955, les adjudicataires se mettent à l’ouvrage. Tandis que deux sociétés grand-ducales effectuent les travaux de sculpture dans l’esprit de Scholtus, l’entrepreneur local Peters attaque le gros oeuvre.

Et Félix Dederichs, sous la direction du coloriste Londot, entreprend de réaliser la polychromie projetée par celui-ci avec l’aval de la Commission des monuments et des sites. Car les travaux de restauration ont révélé la présence de plusieurs couches de couleurs, lors du décapage du mobilier.

 

 

 

Le résultat est celui que l’on découvre aujourd’hui, en pénétrant dans le sanctuaire auquel il donne un cachet incomparable. Car si la polychromie n’est pas exceptionnelle dans nos régions, Londot, en l’occurrence, n’a pas cherché à « faire ancien ». En choisissant de laisser le temps poser sa patine sur des couleurs vives, il a contribué à faire de la petite église de village une oeuvre d’art vivante dont la renommée dépasse le cadre régional.

Le reste est affaire de goûts… et de couleurs… lesquels, c’est bien connu, ne se discutent pas. Reste que, fut-ce par simple curiosité, le déplacement vaut son pesant d’Indulgences.

 

Ecrit par :Patrick Germain /2008

Photos : P.Y. Sougne – Morgane Pairoux 2016

 

Où est Beho

Beho

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20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais

NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS

Simple, convivial et bien illustré

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Edgard Schindeler, un témoignage photographique inédit

Edgard Schindeler, un témoignage photographique inédit

Edgard Schindeler, un témoignage photographique inédit

Edgard Schindeler, un témoignage photographique inédit

Le photographe Edgard Schindeler est membre d’une famille liégeoise plutôt aisée. Il vit le jour à Seraing en 1880 et décéda en 1951 après avoir laissé un témoignage photographique inédit.

Si son patronyme est de consonance bien peu wallonne, c’est qu’il le doit à l’aïeul fondateur de la famille, un militaire Suisse. Le soldat rencontra une belle hollandaise vers 1758 à Maastricht et fonda un foyer qui s’installa bientôt dans la cité Liégeoise. Sont-ce les origines suisses qui firent que le couple et ses descendants prospérèrent rapidement et, au fil des générations, devinrent fonctionnaires, occupés dans les métiers du droit, de la finance ou encore de la banque ?
Edgard naquit donc sous une bonne étoile mais ne semblait pas être intéressé par de hautes responsabilités, il devint modestement photographe. C’est à la Fabrique Nationale de Herstal (la F.N.) qu’il exerça sa profession de photographe industriel entre 1921 et 1937.

Mais son talent, c’est à travers tout le pays, et principalement en Ardenne qu’il le révéla.

 

Schindeler et l’Ardenne

 

Photo du château de Bouillon

L’ancien corps de garde du château de Bouillon. C’est ainsi que Schindeler a annoté cette photo dans son carnet de notes.
Photo de 1934

 

Grâce à la situation bourgeoise de la famille, et dit-on, grâce à un gain substantiel à la loterie (*voir note), il s’offrit en 1929 une belle automobile ; une FN évidemment. Durant ses temps libres, il sillonne le pays pour fixer, non pas sur pellicule, mais sur plaque de verre de nombreuses scènes de vie, des bâtiments et surtout, des paysages. Son œuvre exceptionnelle est reconnue et appréciée par ses collègues photographes dont la plupart exerce dans le milieu des cartes postales. Cette expression artistique n’a rien de dérisoire, car à l’époque, la carte postale est en effet un puissant vecteur de diffusion d’images.

S’il visite les grandes villes du pays, c’est souvent en Ardenne que son art (et son auto) le ramène. Bouillon, La Roche, Spa, Vielsalm sont devenus ses points de chute réguliers. A Vielsalm, sa fille Fanny épousa le propriétaire de l’Hôtel Belle-Vue qui brûla complètement en 1938, hélas. A La Roche en Ardenne, Edgard lui-même acheta l’Hôtel du Nord qu’il n’exploita cependant jamais personnellement. Il en confia la gestion à une famille rochoise chez qui il revenait souvent. C’est aussi à La Roche qu’il fit ses derniers clichés de la région en 1946, les plus tragiques également. Lors de l’Offensive des Ardennes, la cité fut dévastée par les bombardements de décembre 1944, le photographe fixe les ruines sur ses fidèles plaques de verre.

 

Hotel Belle Vue à Vielsalm

L’Hôtel de Belle Vue où sa fille vécut à Vielsalm. Le bâtiment à été détruit par un incendie et a aujourd’hui disparu.

 

Il décéda à Herstal en 1951, laissant près de 2000 clichés qui forment un témoignage direct et sincère du paysage ardennais de l’entre-deux guerres.
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* Note : L’idée de gain à la loterie bat un peu de l’aile lorsqu’on sait que la « Loterie coloniale », telle qu’elle était appelée à l’époque, fut créée en 1934 seulement.
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D’après le catalogue de l’exposition prévue à Herstal en 2020 : Jean-Claude Massart, Serge Alexandre, Anne-Marie André, Jean-Luc Devillers

Schindeler à La Roche-en-Ardenne en 1945

La Roche 1946

La Roche détruite par les bombardements durant l’Offensive des Ardennes.

En 2019, pour commémorer les 75 ans de la Bataille des Ardennes et la destruction de la cité, la ville de La Roche organisa une exposition des photos d’Edgard Schindeler : 75 photos pour 75 ans.
La salle du CPAS accueillit l’exposition qui retraçait ce qu’était la vie à La Roche avant la guerre. A l’extérieur des photos de plus grands formats illustraient les dégâts des bombardements. Ces photos placées sur les lieux même où elles ont été saisies par Edgard Schindeler permettaient de découvrir la cité rochoise avant et après les bombardements de décembre 44.
La commune de Herstal également se souvient de son citoyen photographe. Une exposition rétrospective prévue en 2020 dut être reportée faute de Covid 19. Partie remise !

Les plaques de verre en photo

Dès 1850, le verre sert de support aux négatifs photographiques. L’émulsion sensible adhère au support grâce à un liant, le collodion humide était le plus utilisé. La gélatine le remplace à la fin du 19ème siècle, elle permet l’utilisation de la plaque sèche rend la manipulation des négatifs beaucoup plus pratique et donc, plus abordable.
La photographie bénéficie de tous les progrès technologiques de l’époque. Les appareils peuvent devenir plus légers et être désormais tenus en mains, ils ne requièrent plus l’usage systématique du pied. La qualité des objectifs s’améliore et les appareils sont équipés d’un magasin à plaques. Edgard Schindeler continue cependant à travailler avec une chambre photographique sur pied. Peut-être est-ce une habitude prise dans l’exercice de sa profession de photographe industriel à la F.N. de Herstal? La qualité de ses cadrages et la précision de l’exposition montrent le soin dont il faisait preuve lors de ses prises de vues.

 

D’après J.L. Devilers

Photo du château de Bouillon

Edgard Schindeler, un témoignage photographique inédit

Schindeler à La Roche 1932/1946

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La galerie de Francis Gengoux

La galerie de Francis Gengoux

Trop tôt disparu en 2015, Francis Gengoux a toujours emporté un appareil photographique dans ses bagages lors de ses nombreux voyages vers des destinations lointaines et insolites.
Une habitude qui s’est muée en passion en 2004, lorsque le jardinier qu’il est au quotidien est devenu jardinier des images par amour des personnages et des sujets qu’il croise tout au long de ses pérégrinations en Ardenne ou aux antipodes.
Nous vous proposons de découvrir ici, régulièrement, une nouvelle photographie de cet artiste sensible et généreux « bien de chez nous ».