par Mediardenne | Mai, 4, 2026 | lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
L’odyssée du Hérou – Vidéo
Promenade dans les paysages mystérieux de la Haute Ardenne.
Un sombre sommet d’Ardenne en cette approche de l’hiver, nous retrouvons l’Ourthe et les ruisseaux qui l’alimentent. L’eau est furieuse, mais les pierres du Cheslé restent impassibles face au climat un peu boudeur de cette saison.
www.sentiersduphoenix.be : « L’aventure est un état d’esprit »
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par Mediardenne | Mai, 2, 2026 | Albums, Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Schindeler
Le photographe Edgard Schindeler à La Roche en Ardenne 1932/1946
Le photographe Edgard Schindeler à La Roche en Ardenne 1932/1946
Les fondateurs de la localité lui auraient donné ce nom à cause des roches abruptes de la montagne du Deister qui montent en falaises. Une des « Perles de l’Ardenne » (puisque plusieurs localités revendiquent cette distinction), La Roche est surtout connue pour son château féodal et la Légende de Berthe qui hante encore les lieux. L’Ourthe qui traverse nonchalamment la villette n’est pas étrangère à la renommée de celle-ci.
En arpentant le Pays, Edgard Shindeler est souvent passé par La Roche en Ardenne.
Il immortalise aussi bien les personnages que les paysages ou bâtiments de la perle de l’Ardenne, ville qu’il connaît depuis de nombreuses années. Ses premiers clichés remontent à 1932, les derniers à 1946. De nombreuses photos ont servi de cartes postales à la ville.
L’histoire rochoise se déchire entre le 26 décembre 1944 et le 1er janvier 1945, lorsque les alliés bombardent la ville occupée par les Allemands. Sur les 500 habitants que comptait la cité de Berthe durant la guerre, 144 périrent sous les trois vagues de bombardement. Edgard se rend sur place dès que possible et témoigne sur ses photos des dégâts matériels, c’est assez vite résumé, la ville est pratiquement détruite.
Durant l’hiver 2019/2020, une grande exposition a retracé la situation de La Roche avant et après les bombardements.
Découvrez ci-dessous les clichés d’Edgard Schindeler en quatre galeries. Les notes proviennent du carnet de l’auteur, il est probable que certaines légendes soient erronées (ou certaines datations) ; n’hésitez pas à nous le faire savoir si vous reconnaissez les lieux.
Les photos et les notes ont été prises bien avant la fusion des communes de 1976.
Donc, certains lieux sont incorrectement situés à La Roche. Rensiwez par exemple, se trouve sur la commune de Houffalize, ainsi que le rocher du Hérou…
Tous droits réservés : Bernard Hubin – L’usage en ligne est uniquement autorisé à des fins non commerciales.
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Entre nuages et chlorophylle
Philippe Moës
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Après « Arduinna » (éd. Forêt Nature), Philippe Moës nous emmène à nouveau en forêt ardennaise, mais avec une perspective totalement différente. Entre nuages et chlorophylle. Entre survol et immersion.
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20 arbres et arbustes des forêts et bocages ardennais
François Rion / MediArdenne
Savez-vous quel est l’arbre le plus haut de Belgique ? Il est en Ardenne, la réponse en page 17 ...
Au fil des 106 pages, vous reconnaîtrez les principales espèces croisées en forêt et au détour des chemins bocagers qui desservent nos villages.
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ABCDaire des Fagnes
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Travail collaboratif entre la journaliste Anne-Françoise Biet et 3 photographes autour de ce symbole du patrimoine naturel en Belgique : les FAGNES !
Sur le toit de la Belgique, ce haut plateau tourbeux et une réserve naturelle unique en Europe, riche d’un écosystème atypique et de paysages qui en font sa renommée.
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Les autres articles et photos d'Edgard Shindeler
par Mediardenne | Mai, 1, 2026 | La flore, lieux, nature, Parcourir l'Ardenne
L’Arboretum Robert Lenoir, des couleurs en toute saison | Rendeux
L’Arboretum Robert Lenoir, des couleurs en toute saison | Rendeux
A Rendeux, près de La Roche en Ardenne, le long de l’Ourthe, il faut absolument découvrir le moulin de Bardonwez et l’arboretum Robert Lenoir.
Un collectionneur passionné
En 1937 Robert Lenoir, collectionneur passionné, acquiert le « Moulin de Bardonwez », vaste propriété comprenant les bâtiments construits en 1918, un moulin, une maison et ses dépendances, ainsi qu’une soixantaine d’hectares dont l’essentiel du bois d’Arlogne et une partie du bois Del Côre.
Devenu propriétaire forestier, Monsieur Lenoir s’intéresse tout naturellement à la sylviculture et, progressivement, se passionne pour la dendrologie. Il installe sur le site les premières collections qui s’enrichissent nettement entre 1951 et 1958 avec l’introduction de plus de 800 espèces et variétés différentes.
Selon les carnets de Robert Lenoir, plus de 5 000 végétaux ligneux sont plantés. Bon nombre d’entre eux se sont révélés rustiques alors que personne n’aurait osé les utiliser dans le climat rigoureux des contreforts ardennais.
En 1985, la Société belge de Dendrologie fait réaliser l’inventaire et le réétiquetage des plantes encore vivantes de la collection. Deux ans plus tard, Robert Lenoir décède et la famille décide d vendre le domaine. La Région wallonne et le Service public de Wallonie acquièrent le domaine avec l’essentiel des collections (environ 29 ha). Le Domaine du Moulin de Bardonwez est alors baptisé “Arboretum Robert Lenoir” selon les souhaits de la famille.

De nombreuses variétés d’essences venues du Monde entier.
Et aujourd’hui
L’arboretum est devenu un espace public riche d’une collection dendrologique de plus de 3 000 espèces et cultivars du monde entier, l’arboretum s’étend sur une superficie de 29 hectares comprenant prairies, forêts et zones humides. La priorité est donnée à une gestion écologique, sans utilisation de pesticides, laissant la nature s’installer. Cette gestion favorise la flore spontanée, elle vise à préserver les insectes butineurs et à offrir des refuges pour toute une série d’oiseaux et d’animaux.
La Direction de la Nature et des Espaces verts a entrepris de nombreux travaux depuis l’acquisition du domaine. Les plantes rares continuent à trouver refuge dans l’arboretum. Elles proviennent de collectionneurs privés et/ou d’achats réguliers du Service public de Wallonie.
La visite
Le site de Bardonwez se révèle unique; son aspect sauvage et la luxuriance des plantations compensent avantageusement une absence de rigueur dans la conception paysagère. Monsieur Lenoir n’était ni paysagiste ni botaniste. Ses plantations ont été réalisées au fur et à mesure des acquisitions, et les collections ne sont, par conséquent, pas forcément regroupées de manière thématique pour le visiteur.
Les plantes de collection et la flore spontanée se marient cependant parfaitement dans un ensemble naturel qui fait tout le charme de l’arboretum. L’arboretum abrite des biotopes très contrastés au sein desquels vous rencontrerez ça et là les genres phares de la collection.
L’Ourthe longe intimement le domaine, de nombreux îlots et presqu’îles abritent la partie la plus diversifiée de l ‘arboretum.

Dans un souci de protection des sols et des eaux, la gestion du parc se fait entièrement sans pesticides.

L’Ourthe longe le domaine et crée de nombreux îlots et presqu’îles.
Quand visiter pour ne pas manquer les principales floraisons
FÉVRIER/MARS :Floraison des bulbes mellifères
MARS/AVRIL : Floraison des cerisiers du Japon (Prunus)
MAI/JUIN : Floraison des rhododendrons et des iris
MAI/ AOÛT : Les prairies mellifères en fleurs
SEPTEMBRE : Fructification des sorbiers, des fusains et des pommiers d’ornement
TOUT AU LONG DE L’AUTOMNE : Les arbres de l’arboretum se parent de teintes flamboyantes, tout particulièrement les érables et les fusains.

Fr. Rion 2026 – d’après les documents SPW
Le moulin de Bardonwez
Sur le site se trouve également le vieux moulin de Bardonwez, qui accueille à la fois les bureaux du GAL Pays de l’Ourthe et le centre de documentation Lire au fil de l’Ourthe.
Ce dernier met à disposition des visiteurs une documentation variée et riche en connaissances liées au territoire de l’Ourthe. Une boîte à livres est également disponible pour encourager les échanges gratuits. De mai à octobre, des hamacs sont mis à disposition des visiteurs sur le magnifique site de l’Arboretum afin de leur permettre de lire sous les arbres.
Le Moulin de Bardonwez est une ruche multifonctionnelle qui accueille des événements variés et abrite des associations telles que le centre de documentation Lire au fil de l’Ourthe, le Cercle horticole de Rendeux, des ateliers de composition florale, de vannerie …

L’ancien moulin reconverti en lieu d’accueil culturel.
Infos:
Bardonwez 2, 6987 Rendeux
0478 28 25 00 (Arboretum) – 084 37 86 41 (Centre de documentation)
muriel.ringlet@gmail.com
info@ourthe-documentation.be

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L'Arborétum Robert Lenoir
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par Mediardenne | Jan, 30, 2026 | Arts et culture, Comprendre l'Ardenne, lieux |
Beho : les couleurs du choeur | Gouvy
Beho : les couleurs du choeur | Gouvy
La Chronique rapporte que le cheval de Herman II, comte de Salm retour des croisades et bellement pourvu en reliques, refusa obstinément de laisser le village de Beho derrière lui. Venant d’une destrier rôdé en Palestine, pareil caprice ne pouvait être naturel. Le bagage sacré n’irait donc pas plus loin : Herman décida d’ériger une chapelle pour y exposer lesdites reliques à la vénération, donnant naissance à la première église de Beho.
Plusieurs siècles durant, le reliquaire va attirer les pèlerins, les trois premiers jours de mai, Durant ces journées solennelles, le desservant exhibe les reliques une par une depuis la bretèche à loggia qui s’avance toujours à la proue de l’édifice.
Supporté par de bien grimaçantes consoles en mascaron, cet ensemble original est accolé à une imposante tour carrée dont l’origine remonterait au XI ème siècle, et dont la flèche – bien que redressée lors de la restauration de 1949 – a conservé une inclinaison destinée à mieux résister aux vents violents de S – S-O.

RELIQUAIRE
La première reconstruction de la nef remonte à 1712. Quelques années plus tard, des vandales s’emparent du reliquaire, qu’ils abandonnent dans la campagne voisine après l’avoir saccagé. En foi de quoi les autorités ecclésiastiques ne permirent plus l’ostentation de reliques dont on ne savait plus trop bien à qui, ou à quoi, elles correspondaient.
En 1865, toutefois, le curé obtint l’autorisation d’exposer à nouveau trois d’entre elles : une parcelle de la Sainte Croix, une relique de saint Pierre et une de saint Laurent.
Restaurées pour le dernière fois en 1924 par les Soeurs Victimes de Bommel, elles sont toujours visibles au travers des vingt oculus de la châsse due à Scholtus.
Omniprésent dans les églises et châteaux d’Ardenne à l’époque, le Maître bastognard livre ici, dans son style si particulier où le moindre centimètre d’espace se doit d’être comblé, un mobilier homogène sculpté en bois de chêne de 1713 à 1724.

LES FEUX DU DESTIN
À l’écart des grands axes, cet étonnant condensé de patrimoine ardennais n’échappe pas pour autant aux aléas de l’Histoire et du destin. Deux guerres mondiales, et le feu, ont passé par là.
Ainsi, lors de l’offensive de l’hiver 44 – 45, l’église subit-elle d’importants dégâts, à l’instar de l’ensemble du village. Restaurée en 1949, elle n’est pas quitte pour autant. Le pire, même, reste à venir.
Car durant la nuit du 14 au 15 février 1954, le curé est réveillé par la sonnerie des heures, au clocher. Six coups. Puis la demie. Puis sept. Or la montre du prêtre indique 4 heures 20 ! Pensant à une panne du système électrique, il décide d’aller couper le courant : on verra bien ensuite.
La suite, en fait, s’avère dramatique. Car c’est un incendie, qui a déréglé le mouvement d’horlogerie. Les villageois luttent contre le feu avec les moyens du bord, en attendant les pompiers de Vielsalm. Lorsque ceux-ci arrivent sur place, le sinistre est pratiquement maîtrisé, découvrant d’impressionnants dégâts. Le maître-autel de Scholtus, entre autres, a particulièrement souffert.
UNE EXPLOSION DE COULEURS
Il sera restauré. Toute l’église le sera. Le 15 janvier 1955, les adjudicataires se mettent à l’ouvrage. Tandis que deux sociétés grand-ducales effectuent les travaux de sculpture dans l’esprit de Scholtus, l’entrepreneur local Peters attaque le gros oeuvre.
Et Félix Dederichs, sous la direction du coloriste Londot, entreprend de réaliser la polychromie projetée par celui-ci avec l’aval de la Commission des monuments et des sites. Car les travaux de restauration ont révélé la présence de plusieurs couches de couleurs, lors du décapage du mobilier.

Le résultat est celui que l’on découvre aujourd’hui, en pénétrant dans le sanctuaire auquel il donne un cachet incomparable. Car si la polychromie n’est pas exceptionnelle dans nos régions, Londot, en l’occurrence, n’a pas cherché à « faire ancien ». En choisissant de laisser le temps poser sa patine sur des couleurs vives, il a contribué à faire de la petite église de village une oeuvre d’art vivante dont la renommée dépasse le cadre régional.
Le reste est affaire de goûts… et de couleurs… lesquels, c’est bien connu, ne se discutent pas. Reste que, fut-ce par simple curiosité, le déplacement vaut son pesant d’Indulgences.
Ecrit par :Patrick Germain /2008
Photos : P.Y. Sougne – Morgane Pairoux 2016
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par Mediardenne | Oct, 30, 2025 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux |
Bastogne, au rythme de la Paix
Bastogne, au rythme de la Paix
Depuis 1984, trois cloches supplémentaires sont venues rejoindre celles de l’église Saint-Pierre, à Bastogne. Histoire d’un symbole.
(suite…)
par Mediardenne | Oct, 5, 2025 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux |
La Croix des fiancés de la Fagne à la Baraque Michel
Le samedi 21 janvier 1871, François Reiff et Marie Solheid quittent Jalhay pour se rendre à Xhoffraix. C’est là que Marie est née, le 10 octobre 1846. Là qu’il faut se rendre pour se procurer les documents indispensables en vue d’un prochain mariage. La Fagne est couverte de neige. Le ciel plombé, tourmenté de bourrasques qui balaient le plateau. Mais l’amour est aveugle, et Marie entêtée : les fiancés ne reviendront pas.
Les fiancés de la Fagne
Tout a pourtant bien commencé, quelques mois plus tôt à la kermesse de Jalhay : Marie Solheid, servante de ferme à Haloux, du côté de Limbourg, y fait la rencontre de François Reiff, un solide Bastognard âgé de 32 ans occupé à la construction du barrage de la Gileppe. Coup de foudre ! Et mariage à la clef. Le plus vite possible : Cupidon, à l’époque, rend des comptes à saint Pierre. Et saint Pierre à l’administration.
Ce samedi-là, François et Marie ont donc décidé de rejoindre Xhoffraix. Nul ne saura jamais pourquoi ils ont choisi de se lancer dans une équipée dont la jeune femme, enfant du haut-plateau, ne peut ignorer les périls : 16 kilomètres, au moins, à travers les tourbières enneigées! Quand ils eussent pu, en empruntant le chemin de fer via Pepinster et Hockai, couvrir ensuite sans danger les quelques lieues restantes. Bravade de jeunes amants ?
On sait qu’ils prennent le déjeuner à Jalhay, au Café Mixhe où travaille Lambert Solheid, frère de Marie. Celui-ci, à l’unisson des autres personnes présentes, tente de dissuader les deux jeunes gens. En vain. Sur le coup de midi, ils quittent l’auberge. Des témoins les voient passer peu après, luttant contre la tourmente, sur le chemin de Jalhay à Xhoffraix. Puis plus rien.
Les fiancés ne reviendront pas
Jusqu’au 16 mars 1871, où le journal verviétois « Le Nouvelliste » relate : « Lundi dernier, vers 5 heures du soir, à environ une lieue en amont de Solwaster, commune de Sart, on a découvert le corps d’un inconnu (…) Il était habillé d’un nouveau sarrau de lin, d’une casquette de velours et d’un pantalon de satin noir. Il portait une nouvelle chemise de lin fin, un gilet de coton rayé bleu et blanc et de légères chaussures à lacets presque neuves (…) Épuisée par une fatigue extrême, la victime a été tuée par le froid (…) » Le jour suivant, l’inconnu a un nom : François Reiff.
Une semaine plus tard, le 22 mars vers onze heures, un douanier prussien effectuant sa ronde découvre le corps sans vie de Marie Solheid au pied de la borne-frontière 151, sur le Sart Lehro. L’endroit est distant de quelques deux kilomètres de celui où François est tombé, et la tradition rapporte que le fonctionnaire trouve sur la jeune femme un mot griffonné au crayon par François :
« Marie vient de mourir et moi je vais le faire ».

Une modeste croix de bois rappelle la fin tragique des fiancés de la Fagne. Ils seront pourtant séparés à jamais, les parents de Marie firent enterrer leur fille à Xhoffraix, François fut enterré a Sart – Photo de Jacques Chouffart
Mais que s’est-il passé ?
Si l’inventaire des vêtements portés par François Reiff en dit long sur l’impréparation ayant préludé au drame, et que le curé de Xhoffraix note dans son livre de décès que le corps de Marie était « intact et bien conservé », on ne peut que conjecturer au sujet des dernières heures des fiancés.
François est-il aux côtés de Marie lorsque celle-ci meurt à quelques centaines de mètres de la Baraque Michel ? Auquel cas, pourquoi retourne-t-il sur ses pas, au lieu d’aller chercher secours auprès des habitants d’un refuge dont sa promise ne peut que lui avoir parlé ? Marie a-t-elle d’abord perdu connaissance plus tôt, sur le vieux chemin de Xhoffraix ? Revenue à elle, la jeune femme se serait alors traînée, seule, vers la Baraque Michel. Jusqu’à l’endroit où l’on allait découvrir sa dépouille.
Quoi qu’il en soit, persuadé – à tort ou à raison – que la femme qu’il aime vient de mourir ; désorienté en ces lieux inconnus noyés dans la tourmente ; trempé jusqu’à l’os, transi de froid et sans doute tenaillé par un lourd sentiment de culpabilité, François Reiff était devenu un oiseau pour le chat.
La croix du souvenir
Située à l’endroit où Marie Solheid rendit l’âme, près de la borne 151, la première « croix des fiancés », datant de 1893, fut remplacée par une autre qui résista jusqu’en 1931, année où le Touring Club offrit une nouvelle croix à laquelle, en 1984, fut substituée une suivante. Voici enfin cette que nous connaissons aujourd’hui, offerte par un groupe bénévoles date de 2019.

La croix de 2019, c’est près de la borne 151 que le corps de marie fut découvert.
Il s’agit là de l’un des monuments les plus connus et les plus visités des Hautes-Fagnes. Voire, en son genre, de l’Ardenne même. Sans doute la tragédie qui s’y rattache, tant humaine, n’est-elle pas étrangère au fait. Combien ont confié à la croix solitaire, l’espace d’un regard ou posant sur ses bras quelques brins de callune, le poids d’amours perdues aux tourbières du coeur et qu’on n’oublie jamais ?

Il est de coutume présenter un hommage aux fiancés. Cela peut être un simple rameau de bruyère accroché à la croix.
La tragédie des fiancés de la Fagne a marqué les esprits fagnards. La croix est depuis longtemps un lieu de recueillement pour les populations locales, mais aussi pour de nombreux touristes. Très tôt les éditeurs de cartes postales ont consacré des publications dédiées à ce lieu. On remarque qu’un brin de bruyère apparait sur une des cartes, mais surtout les crucifix qu’on ne remplacera pas avec le temps.
Les différentes publications de cartes postales permettent de mesurer l’évolution du paysage fagnard et de la place croissante de l’épicéa dans l’environnement.
(Clic sur les photos pour agrandir)
La photo du titre, ainsi que la seconde photo d’illustration sont dues à Jacques Chouffart.
Découvrir la page Facebook du photographe >>
Textes autres photos : Mediardenne et Patrick Germain 2020
Note :
*Selon les sources, les Fiancés ont quitté Jalhay le samedi 21, ou le dimanche 22 janvier 1871. La première date, retenue par Gielen et les Amis de la Fagne entre autres, paraît plus vraisemblable : quel qu’ait pu être le degré d’inconscience des deux infortunés – et à moins d’un suicide prémédité – il leur fallait sans aucun doute (Marie, en tout cas) être présents sur leurs lieux de travail dès le lundi.
Source :
- « La Croix des Fiancés – Quand Fagne et Forêt se souviennent… » Viktor Gielen (Traduit de l’allemand – Ed Markus à Eupen – 1976) « Guide de la Fagne » Antoine J. Freyens (Marabout, chez Gérard à Verviers Vème édition – 1967)
Où est la Croix des fiancés ?
La Croix des fiancés
Au départ de la chapelle Fischbach,
la croix se trouve à peu près un kilomètre plus loin,
le long de la balade qui porte son nom.
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par Mediardenne | Sep, 19, 2025 | histoire, lieux |
Le barrage de la Gileppe, son lac et son lion
Vers le milieu du 19° siècle, les besoins de son industrie textile et le défrichement de la forêt de l’Hertogenwald amènent la ville de Verviers à réclamer l’étude de travaux d’amélioration du régime de la Vesdre. Le barrage de la Gileppe va naître.

En décembre 1859, l’ingénieur Bidaut dépose un premier projet, mais ce n’est qu’en février 1867 que vont être donnés les premiers coups de pioche de ce qui va devenir le barrage de la Gileppe et dont la capacité initiale sera de 13,26 millions de m³.
Les travaux sont achevés le 1er novembre 1875, les vannes ayant été fermées pour la première fois le 9 mai 1875. Et le roi Léopold II se déplace, trois ans plus tard, pour une inauguration mémorable.
Le 8 juillet 1952, lors de la construction du tunnel de la Soor (long de quelque 2.500 mètres et destiné à capter les eaux du bassin versant de cette rivère), un violent orage surprit huit ouvriers, sept italiens et un belge, ayant décidé de revenir vers la Soor par le tunnel lui-même. Ils périrent engloutis. Une plaque commémorative figure à la sortie du tunnel, côté lac.
Le barrage, fatigué, sera ensuite consolidé et surhaussé entre 1967 et 1971.
RÉSERVE D’EAU POTABLE

Ce sont aujourd’hui 26,4 millions de m³, qui s’accumulent derrière l’épaisse muraille de ce barrage-poids (le plus ancien d’Europe en son genre) dont le mur, d’un volume 1,4 millions de m³, est complété par un enrochement de 1,2 millions de m³.
Deux tours de prise prélèvent l’eau à partir de quatre capteurs situés entre 260 et 290 mètres au-dessus du niveau de la mer, le fond du lac se trouvant pour sa part à 240 mètres.
En fonction des critères fournis par les appareils de mesure et les analyses, l’eau distribuée est celle qui présente les meilleures caractéristiques. Elle rejoint la station de traitement de Stembert, au-dessus de Verviers, via un aqueduc long de 9 km, haut de 2,4 m, large de 2,25 m et d’une pente de 15 cm/km. L’excédent disponible est pompé dans l’adduction reliant les installations du barrage de la Vesdre (Eupen) à l’agglomération liégeoise.
Le débit journalier distribuable est de 75.000 m³
UN LION DANS LA QUIÉTUDE

Le niveau maximum du lac est situé à 300 mètres, alors que le mur du barrage culmine à 305 m. Cette marge est calculée pour résister à une crue » millénaire » mais, pour parer à toute éventualité, un déversoir permet l’évacuation de 185 m³/sec. En cas de menace de rupture, glissement de terrain ou autre infiltration, le lac pourrait être vidé en trois jours.
Rafraîchi également, le lion du sculpteur Félix Bourré – fort de ses 13,5 mètres de hauteur et de ses 300 tonnes – continue inlassablement de porter son regard vers ce qui fut la Prusse voisine.
Mais si la réserve d’eau potable constitue sa fonction principale, le site vaut lui aussi le détour. Car avec ses 130 hectares enfouis dans la profonde forêt de l’Hertogenwald, le barrage et ses environs constituent un but de promenade qui satisfera à la fois l’amateur de sites grandioses et le promeneur avide de quiétude. Le chemin qui serpente sur ses rives préservées offre quelques heures de bonheur paisible.
Par ailleurs la tour panoramique, d’une hauteur de 77 mètres, et le belvédère, permettent une vue impressionnante sur l’ouvrage et ses environs tout en offrant une infrastructure d’accueil polyvalente.
Écrit par Patrick Germain /2008
photos 2016 : Fr. Rion
Anecdote
Il y a prescription
Comme on peut s’en douter, un tel ouvrage d’art ne va pas sans surveillance. Mais cette surveillance est-elle fiable, me direz-vous ?
Or donc, en ces temps là, j’œuvrais en qualité d’ouvrier forestier au service de ce que l’on n’appelait pas encore la Division nature et forêts.
Théâtre de combats durant la percée alliée vers l’Allemagne, la forêt de l’Hertogenwald restitue régulièrement quelques reliques de l’époque. C’est ainsi qu’un obus croisa un jour la route de l’équipe dont je faisais partie, et notre route commune celle – c’est sa faute – d’un magnifique brasier destiné à nettoyer une mise à blanc.
Faut-il préciser que la combinaison de ces trois ingrédients fut particulièrement détonante ? Et que, trop heureux de nous en être tirés sans mal, nous décidâmes de respecter l’omerta ?
L’engueulade – le terme est faible – du brigadier forestier de l’époque, Octave Techy, n’en fut donc que plus surprenante. Il y avait bien eu comme un bruit, mais…
Bref : je peux vous assurer qu’il y a bien des outils de mesure là-bas. Ils sont sensibles et précis… , la détonation n’a pas ébranlé l’ouvrage. Verviers et la vallée de la Vesdre peuvent dormir en paix.
Vidéo
Le lion comme vous ne l’avez jamais vu : Une vidéo de Jean Marc Charette / LZ créations
N’hésitez pas à regarder en plein écran, et mettez le son.
Où sont le lac et le barrage de La Gileppe
Lac et barrage de La Gileppe
La Gileppe
3 balades à proximité du barrage de La Gileppe
par Mediardenne | Mai, 5, 2025 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux |
Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize
Le hameau d’Ollomont, sa curieuse chapelle et son vieux cimetière – Nadrin/Houffalize
Si Ollomont est connu pour la physionomie intrigante de sa blanche chapelle et du vieux, très vieux cimetière qui en constitue le jardin, le hameau lui-même insuffle un sentiment de sérénité. Ici, tout est calme, luxe (pour qui convient que la sérénité est un luxe) et volupté (pour qui convient que la sérénité est volupté). Le gentil ruisseau qu’Edmond Dauchot a si souvent photographié s’en va vers l’Ourthe, parfois tumultueuse, parfois apaisée. Pour un explorateur de l’Ardenne, le passage à Ollomont s’impose.

Le hameau d’Ollomont, calme et ramassé, regarde un large horizon de brumes et de bois où l’Ourthe serpente entre les hauteurs. Une butte rocheuse, ceinturée par les vieux murs en schiste du cimetière, le termine à l’ouest. Au milieu des herbes et des tombes aux croix tordues ou droites, noires ou grises, s’élèvent des murs blancs qui intriguent, gais sous le soleil, un peu tristes sous la pluie. Ce sont les vestiges énigmatiques de la chapelle Sainte-Marguerite.
C’est ainsi que Francis Genicot présente le rapport de fouilles effectuées au milieu des années ’60 autour de cette mystérieuse chapelle.
L’auteur précise également que l’endroit est « attachant ». Et bien évidemment que l’endroit est « attachant », c’est le moins qu’on puisse dire. Du centre du village de Nadrin, la route qui rejoint le cœur d’Ollomont regroupe les constructions les plus récentes. Elles ne sont que quelques-unes, et encore, récentes est un grand mot, la plupart sont encore bâties en pierres du pays. Le vieux village s’ouvre très vite sur une placette fleurie et un vieux chariot en bois qui sert de pot de fleurs géant à la bonne saison. Il est vrai que le hameau est inscrit au concours des plus beaux villages fleuris organisé par la province du Luxembourg.
Une vingtaine de bâtisses, parfois fort bien restaurées, parfois pas, composent le quadrilatère de petites routes encerclant la chapelle et le cimetière. Beaucoup de ces maisons sont crépies et blanchies, ce qui est une caractéristique de l’architecture ardennaise ancienne. Les murs extérieurs étaient crépis à l’argile afin de protéger la maçonnerie dont le mortier était lui aussi fait d’argile, beaucoup plus friable que le ciment.
Ces bâtisses sont anciennes, ça se voit, ça se sent, c’est authentique. Mais elles ne sont certainement pas les constructions d’origine du lieu. Car si on ignore avec exactitude à quand remontent les premières habitations, il est établi qu’Ollomont est un des plus anciens villages de l’actuelle commune d’Houffalize. Des indices archéologiques parleraient de l’an 1015. Il n’y aurait rien d’étonnant puisqu’on sait que la région fut fréquentée bien avant cette période ; les traces de la « Villa romaine » de Nadrin en attestent.

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La chapelle Saint-Marguerite et le cimetière.

Installée sur un surplomb rocheux, la chapelle Saint-Marguerite est encadrée par le cimetière, lui-même ceinturé d’un mur en schiste très ancien dont les pierres du sommet sont mises sur chant (càd dressées plutôt que posées à plat).
L’aspect de cette chapelle est vraiment curieux, « on n’a jamais vu ces formes architecturales ailleurs » se dit le promeneur ou le photographe.
Et pour cause, l’explication est somme toute fort simple : cette chapelle affiche les vestiges conservés d’une église qui a été démontée pièce par pièce.
Car si l’édifice est un peu moins ancien que les premières habitations du village, l’église (romane) est quand même datée du 12ème ou 13ème siècle. Là encore, les origines restent très floues. La chapelle fut citée une première fois dans des documents de 1354 ; citée ne veut pas dire bâtie. Elle est certainement plus ancienne, probablement édifiée sur les ruines d’une autre église en bois encore plus ancienne. À moins qu’elle ne prenne place sur un ancien ermitage ? Mais que ferait un ermite sur un éperon rocheux, alors qu’un ermite a plutôt pour habitude de chercher solitude et discrétion ? Cet éperon rocheux, n’était-il pas auparavant un lieu fortifié ? Malgré les fouilles organisées en 1965, les questions restent extrêmement nombreuses, de quoi nourrir les discussions des archéologues et historiens, et de quoi – pourquoi pas – alimenter de nouvelles légendes ardennaises.
Durant sa longue vie de plusieurs siècles, la chapelle, ou plutôt l’église puisqu’elle avait les proportions d’une église avant qu’elle ne montrât son aspect actuel, a subi de nombreuses modifications. Transformée entre 1739 et 1745, elle fut encore agrandie en 1872-1873. Il existe des photos et des croquis présentant l’état du bâtiment de cette époque, c’était sans conteste la physionomie d’une vraie grande église de village.
En 1907, on la jugeait pourtant vétuste, et la paroisse divisée sur la question depuis quelques années prit clairement le parti de créer un nouveau lieu de culte à Nadrin. L’antique sanctuaire fut donc démonté, les matériaux servirent à l’édification de l’église de Nadrin. On ne conserva que la tour et le clocher ainsi que les absidioles qui l’encadraient.
Et patatras, après 1909, alors que le siège de la paroisse prenait définitivement place à Nadrin, le sommet de la tour s’effondra, sans doute affaibli par le démontage de l’architecture principale. Un toit à deux pans fut placé au niveau où les murs étaient restés debout.
Tant le cimetière que la chapelle sont classés sur la liste des monuments historiques de Wallonie. La chapelle bénéficia d’une réfection importante en 1961.

Restitution de l’église d’Ollomont réalisée par L.F. Genicot. En rouge, nous y avons superposé les volumes subsistants.

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Sainte-Marguerite, fêtée le 20 juillet, est patronne de la paroisse et de la chapelle.

Née en Syrie à l’époque où Rome et ses légions dominaient le monde connu, Marine comme elle s’appelait avant de devenir Marguerite, se convertit et souhaita vivre dans une communauté chrétienne. Son père outré de colère la chassa.
Après 2 ans de voyage, elle atteignit notre terre d’Ardenne très boisée, rude et sévère, où tout faisait contraste avec la patrie fleurie et riante d’où elle avait fui. Elle tint ce pays pour la borne du monde. En suivant les méandres de la rivière Ourthe, Marguerite parvint un jour à la partie la plus sauvage de la vallée (c.à.d. entre le confluent des deux Ourthes et Maboge). Là, elle rencontra, plantée au bord de l’eau, une haute aiguille de schiste ressemblant à un menhir.
Au pied de cette roche, elle remarqua une excavation assez vaste et haute et bien exposée au midi qui s’offrait à elle comme un gîte sûr. Elle connut à ce signe que là devait s’arrêter sa marche d’errante et que là se fixerait pour un temps sa destinée. Elle rencontra les habitants de l’endroit, des Celtes. Elle aida aux travaux des champs et des bois, donna de si bons conseils que les récoltes furent plus riches que jamais. Tous l’aimaient et la vénéraient.
Pourtant, elle annonça un jour qu’il lui faudrait rentrer dans son pays. Malgré les protestations de ses amis, elle partit.
Revenue en Orient, Olybrius préfet d’Antioche voulut en faire sa femme. Son refus la condamna à mort, le préfet la fit décapiter.
Cependant, si vous avez de mauvaises lectures, vous croiserez certainement un ou l’autre témoignage qui soutiendra que Marguerite n’est jamais passée par Ollomont. C’est faux évidemment. 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_d%27Antioche
La Cresse Sainte-Marguerite

En 1906 les habitants d’Ollomont déposèrent une statue de la Sainte sur la tête de rocher où elle vécut, à quelque pas du village. C’est là qu’elle était censée avoir vécu du moins, car de mémoire d’homme, personne ne se souvient d’un quelconque aïeul qui l’aurait connue.
Bien entendu, les légendes locales qui revisitent sans cesse l’histoire donnent au cours des siècles une multitude de versions. Ainsi, Marguerite ne serait certainement pas morte en Orient mais bien là où elle avait passé la majeure partie de sa vie, dans la grotte (une légère excavation en réalité) creusée sous la « cresse », un mot wallon qui signifie « crête ».
Il se dit que, à sa mort, les habitants d’Ortho (ah ! les vauriens) auraient voulu déplacer le corps de la défunte sur un char que les chevaux de l’attelage, pourtant nombreux, n’arrivèrent pas à déplacer. Il se dit dans d’autres chaumières que ce sont les habitants d’Hubermont (ah ! les chenapans) qui auraient tenté d’emporter la dépouille ; qu’ils échouèrent également. Ce qui rassemble les conteurs autour des âtres villageois d’Ollomont, est que, seul un paysan du hameau put, avec un attelage très léger, déplacer le corps jusqu’au cimetière que nous connaissons bien désormais.
Mais, sans doute, l’appel des racines tenaillait-il Marguerite, même morte. Car le lendemain de son déplacement au village, son corps disparut du cimetière et à la place, on trouva une lourde statue de bois. Ce serait celle qui accueille maintenant les fidèles à l’église de Nadrin.
La petite balade de 4,5 km, au départ du centre de Nadrin, passe par là. Nous passerons sur le seuil de ce qui fut l’habitat de Marguerite, et longerons l’Ourthe sur sa rive droite. Puis il nous faudra remonter vers la route du Hérou. Nous aurons le choix de rentrer par le chemin le plus court pour boucler les 4,5 km, ou de bifurquer vers le Rocher du Hérou qui prolongera un peu la balade. C’est peu praticable avec une poussette, surtout dans la première partie entre Ollomont et la rive de l’Ourthe qui descend par un chemin un peu escarpé.

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Edmond Dauchot, le photographe de l’Ardenne d’autrefois.

Edmond Dauchot à sa table de travail – page extraite de « Edmond Dauchot – le photographe de l’Ardenne d’autrefois »
Né en 1905 dans la province du Hainaut, au sein d’une famille de petits industriels, Edmond Dauchot ne se sentait pas imprégné du sens des affaires. L’entreprise, les chiffres ne l’intéressaient guère, il se classait plutôt parmi le « contemplatifs ».
En 1930, avec sa jeune épouse, il quitta la briqueterie familiale et trouva à s’installer dans un petit, très petit, hameau de la commune de Nadrin. Le presbytère d’Ollomont était inoccupé, il l’acheta et s’y posa.
Il n’était pas fortuné, mais pouvait se prévaloir d’une certaine aisance qui lui permettait de vivre sans excès. On se doute que l’héritier d’une famille de bonne bourgeoisie qui s’installe à Ollomont ne cherche pas la vie de château. Ce qui motive Edmond, c’est l’observation, oui décidément, c’est bien un contemplatif. S’il contemple son nouvel environnement et ses nouveaux voisins, il est amusant de deviner combien il dut lui-même être observé, analysé, jaugé même, par les villageois. Dame, à l’époque, les villages ardennais vivaient en vases clos.
La simplicité, et très probablement la discrétion du nouveau venu durent plaire aux rudes Ardennais. L’intérêt qu’il portait à la vie et aux activités du village l’aida sûrement à passer l’examen d’admission au sein de la petite communauté.
Il tâta un peu de la peinture, fréquenta – toujours un peu – quelques artistes ardennais, mais c’est avec sa découverte de la photographie que son appétit d’observation prit toute sa dimension et s’assouvit. S’il était motorisé – une motocyclette d’abord, une petite automobile par la suite – c’est surtout à pied qu’il se déplaçait. Les quelques clichés rapportés d’une ou l’autre excursion au Grand-Duché sont rares. Par contre, c’est plus de 18.000 négatifs qu’il a laissés de ses expéditions locales. Il avait bien conscience qu’il fallait, d’urgence, immortaliser un monde qui changeait très vite, un monde qui disparaissait.
« Elle [l’Ardenne] vécut ou fut vécue, elle se meurt ou elle est morte sous beaucoup de ses aspects. L’intensif progrès matériel ne l’a pas encore définitivement anéantie, mais il l’a amoindrie, altérée jusqu’à n’en plus laisser subsister que des restants. A preuve, ces bouquets de photographies d’un passé proche, comme des touffes d’immortelles qui se dessèchent lumineusement dans des vases : curieuses, jolies, vives encore et émouvantes de souvenirs. Elles rappellent une belle saison en allée. » (1971) (note d’Edmond Dauchot relevée par Jacques Cornerotte dans Regards d’Ardenne n°3 – 2013)
Ceux qui aiment l’Ardenne, sa terre, son mirage, ne lui seront jamais assez reconnaissants d’avoir écrit en images cette vie âpre et paisible que le temps a laissé filer entre nos doigts.
Edmond Dauchot disparut en 1978.

Les livres consacrés à Edmond Dauchot
Ardenne, 35 photographies sur des textes d’Octave Servais – éd. PIM services 1938 (plusieurs bibliographies annoncent la date de 1958, peut-être est-ce une réédition)
Ardenne bien aimée, préface d’André D’Hotel, Duculot 1976
Ardenne Buissonnière, Jean-Pierre Orban, Edmond Dauchot, journal et photos 1937-1971, Duculot 1984
Edmond Dauchot, Le photographe de l’Ardenne d’autrefois, René Hénoumont, introduction de Georges Vercheval – La Renaissance du livre 2000
L’Ardennais, photographies d’E. Dauchot, commentaires d’A. Moxhet, Bastogne Musée en Piconrue 2012

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Photographie d’Edmond Dauchot – Piconrue – Musée de la Grande Ardenne (Fonds E. Dauchot)
Photographie d’Edmond Dauchot – Piconrue – Musée de la Grande Ardenne (Fonds E. Dauchot)
Photographie d’Edmond Dauchot – Piconrue – Musée de la Grande Ardenne (Fonds E. Dauchot)
En 2011, la famille d’Edmond Dauchot a confié la gestion du fonds photographique de son aïeul au Musée de la Grande Ardenne en Piconrue à Bastogne.
Le désir de la famille était de permettre la valorisation de cette oeuvre composée de plus de 18.000 négatifs.
Depuis, le musée relève le défi au travers de publications dont « l’Ardennais », ouvrage de plus de 300 pages publié en 2012 et déjà réédité depuis. Le texte a été confié à un spécialiste de l’Ardenne : Albert Moxhet. Quant aux images, le regard, c’est celui d’Edmond Dauchot, le grand photographe qui sut voir et donner à voir l’Ardenne d’autrefois dans sa vérité singulière.

Vers le musée En Piconrue
Omer Englebert, romancier, essayiste et biographe.
Edmond Dauchot ne fut pas le seul artiste renommé ayant occupé les lieux. Omer Englebert naquit à Ollomont en 1893. À 16 ans, il quitte son village pour faire des études en divers établissements franciscains. Il mena une carrière ecclésiastique, fit de nombreux voyages et donna de nombreuses conférences.
En traversant le village, en parcourant les ouvrages consacrés aux photos de Dauchot, on comprendra pourquoi le « Père Omer » n’a pas pu oublier son village natal. Ses nombreux écrits comptent deux romans dont le titre ne laisse aucun doute sur l’origine géographique qui les a inspirés : « Le curé Pecquet (1934) » suivi de « La sagesse du curé Pecquet (1935) ». Lorsqu’on sait que le nom de famille apparait sur les tombes du vieux cimetière et que ce patronyme si sympathique aux Ardennais et aux Liégeois* est encore bien ancré dans le village, il n’y a aucun doute sur les modèles qui ont servi au romancier.
* de Pecquet à Peket, il n’y a qu’un pas, à peine une goutte
Anecdote
Pour compléter la série de photos d’illustration, nous sommes passés deux fois à Ollomont. En automne, un jour de semaine en matinée. Là, il était possible de s’immerger dans le calme du lieu, de papoter avec trois ou quatre habitants sympathiques qui vaquaient à leurs occupations. C’est ainsi que j’ai rencontré René, qui me raconta la découverte d’un puits maçonné de six mètres de profondeur alors qu’il aménageait la vieille étable en gîte rural. René a eu le bon goût de préserver ce témoin de l’incroyable labeur dont étaient capables les « anciens ». Où allaient-ils chercher le courage de s’attaquer à de tels travaux, équipés d’un outillage qui paraîtrait dérisoire aujourd’hui ? Le puits fut probablement condamné lorsque les canalisations d’eau courante furent installées.
www.facebook.com/AuVieuxPuitsOllomont

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Rédaction et photos : Fr. Rion – 2020
Sources : La chapelle Sainte-Marguerite à Ollomont – Rapport de fouilles – Ardenne et Famenne n°1 – 1966 / Trésors d’Ardenne- Musée En Piconrue -1987 / Service du Livre Luxembourgeois
Syndicat d’Initiative de Nadrin / Les ouvrages consacrés à Edmond Dauchot
Merci à Pierre Nicolas pour la relecture
NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS
Simple, convivial et bien illustré

Balades à proximité d’Ollomont
par Mediardenne | Juil, 21, 2024 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux |
Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret / Houffalize
Le canal de Bernistap et le tunnel de Buret / Houffalize
L’idée de relier la Meuse au Rhin n’était pas tout à fait neuve lorsque Guillaume d’Orange Nassau se lança dans un des plus grands chantiers de son époque. L’entreprise avortée nous léguera un des sites les plus insolites de toute l’Ardenne : le souterrain de Buret ou le canal de Bernistap.
De la France à la Belgique en passant par la Hollande
Et, saut dans le temps, pour commencer : en 1814, l’Empire français commence à vaciller, l’empereur est exilé sur l’île d’Elbe. Sans savoir que Napoléon reviendra un an plus tard et sera définitivement battu à Waterloo, le congrès de Vienne confie les destinées de ce qui n’est pas encore la Belgique, ni le Grand-duché de Luxembourg au roi Guillaume de Hollande. Un garçon bien sympathique, au départ, mais qui va mal tourner. Ses maladresses, comme disaient alors les diplomates, feront qu’il sera rapidement pris en grippe par ses nouveaux sujets. L’imposition du néerlandais comme unique langue nationale, les vexations infligées aux catholiques (les Hollandais sont majoritairement protestants), l’augmentation des impôts, la censure de la presse et la laïcisation de l’enseignement font déborder le vase. Par la révolution de 1830, les Belges et les Luxembourgeois boutent Guillaume dehors et prennent leur indépendance.
Un projet pour ouvrir la voie du développement
Guillaume, s’il n’était pas très psychologue avec la diversité de ses sujets, avait cependant une vision économique progressiste. Conscient que le développement passait nécessairement par un réseau de communication efficace, il engagea une série de grands travaux. Et certains, comme notre canal de Bernistap, accéderont au podium des “Grands travaux inutiles”.
Les voies de communication les plus faciles pour l’époque sont incontestablement les voies d’eau, car elles permettent le transport rapide de tonnages importants. Si on conçoit bien aujourd’hui de développer la mobilité par des liaisons entre deux autoroutes parallèles, il paraissait tout aussi évident au 19e siècle de construire ces liaisons entre deux fleuves parallèles, tels que la Meuse et le Rhin.
Guillaume se donna corps et âme dans ce projet.
L’Ourthe, la Wolz puis la Moselle, et enfin le Rhin
Sur la carte, on voit la Meuse à l’ouest et son passage à Liège qui s’industrialisait déjà en ce début de 19e siècle. On voit, à l’est, le Rhin qui traverse Bonn ou Cologne. Sur la carte, on a vite fait de tracer une ligne droite entre ces grandes cités.
Alors, pourquoi passer en Ardenne pour relier fleuves et rivières qui permettent les échanges commerciaux ? L’Ardenne est si éloignée des grandes activités commerciales.
Parce que, il fallait trouver un endroit où ces deux grands fleuves se rapprochent par l’intermédiaire de leurs affluents. Quitte à remonter aux sous-affluents, voire aux sous-sous affluents.
Et là, quelque part, à proximité des villages de Tavigny, de Buret et de Hoffelt, le ruisseau de Tavigny prend sa source en direction de l’Ourthe puis de la Meuse. De l’autre côté de la ligne de crête naît un autre ruisseau qui lui s’en va vers la Woltz, et puis la Sûre en direction de la Moselle pour rejoindre le Rhin. La liaison à créer entre les deux bassins fluviaux ne représentait donc que cinq kilomètres.
Le tracé est donc dessiné par la nature. Encore faut-il que ces rivières naissantes soient rendues navigables. Ce qui nécessite les grands travaux qui rendent le projet ambitieux et même très ambitieux. Plus des deux cents écluses seront nécessaires entre Liège et Wasserbillig, des kilomètres de chemins de halage, un travail colossal.
Cependant le gros morceau des travaux reste quand même de relier l’Ourthe et la Woltz ; là il faudra vraiment creuser un canal et entailler la colline pour que les rivières se rejoignent, renforcées par les ruisselets qui coulent entre Tavigny et Hoffelt.
Un canal, c’est entendu, mais pourquoi un tunnel ?
Pour joindre les deux bassins fluviaux, il faudra passer de l’autre côté de la ligne de crête en bateau. Par définition, une ligne de crête, c’est haut, à une altitude plus élevée que les deux ruisseaux que nous devons relier par un canal. Tellement haut qu’il faudrait au point culminant creuser de 60 mètres pour rejoindre le niveau qui relierait nos deux sources. Creuser sur soixante mètres de profondeur et sur plusieurs kilomètres, de long c’est un travail énorme avec les moyens techniques disponibles à l’époque. Les ouvriers et ouvrières étaient équipés de pioches, de pelles, de paniers en osier et de brouettes…
Là où il y aurait trop de déblais à évacuer, il est bien plus facile de creuser SOUS la terre et de faire un tunnel pour rejoindre les portions du canal venant de Bernistap à l’ouest et du village de Hoffelt à l’est.
Et voilà l’idée.
Les promoteurs eurent le bon goût de commencer ce grand projet par son passage le plus difficile : le tunnel qui devait s’étirer sur un tracé en ligne droite de 2528 mètres. Bien leur en prit, car la liaison fluviale ne sera jamais terminée.
Peu de temps après les débuts du chantier, les Hollandais furent renvoyés chez eux par les révolutionnaires de la future Belgique. Ils emmenèrent leurs capitaux et leurs finances, laissant le projet de Guillaume d’Orange en plan.
Recapitaliser le chantier par le nouvel état belge était en soi un grand casse-tête, mais surtout, le chemin de fer naissant rendait le transport fluvial beaucoup moins vital au développement économique. La liaison fluviale devenait inutile.
Ainsi donc, de la ferme de Bernistap s’en va un canal abandonné d’un peu plus d’un kilomètre pour arriver à l’entrée d’un tunnel qui devait traverser la colline sur deux kilomètres et demi pour rejoindre la tranchée de Hoffelt et relier l’Ourthe belge à la Wolz luxembourgeoise. Il fut creusé sur la moitié de sa longueur initiale avant l’abandon des travaux. Plus tard, un éboulement l’a bouché à trois cents mètres de l’entrée.
Que d’efforts, que de sueur pour rien, notre époque n’a pas inventé les « travaux inutiles ».

Le souterrain qui devait être creusé à 60 mètres sous le sommet de la crête ne sera jamais terminé et le rêve de Guillaume ne verra jamais le jour.
100 après
À la fin des années 1920, le canal était devenu ce qu’on appelait alors « un lieu de villégiature ».
Le canotage était une activité très à la mode.
(Photos : Collection Marian Struzik)
La ferme de Bernistap

La ferme de Bernistap était le point de départ du chantier du canal. On y faisait la cuisine, on y blanchissait le linge des ouvriers. Elle était le « poste avancé » des gestionnaires du chantier. Elle a retrouvé sa pleine fonction d’exploitation agricole dès la fin du projet et cela perdure encore aujourd’hui. En face de la cour de la ferme, le passage qui permet la balade du canal. La balade est réservée aux piétons car l’endroit est désormais classé en zone de protection « Natura 2000 ».
La tornade de juin 2021
Nous ne verrons plus jamais la ferme de Bernistap telle qu’on l’a connue depuis l’époque de la réalisation du canal et du tunnel.
Ni depuis que nous avons réalisé ce reportage en 2018.
Le 27 juin 2021, une terrible tornade s’abattit sur la ferme. En quelques minutes, les bâtiments de la ferme furent jetés à terre comme un château de cartes. Par miracle, il n’y eut pas de victime humaine, mais les bâtiments historiques furent complètement ravagés.
Ci-dessous, quelques photos comparent la situation d’avant (les photos du haut) la tempête et ce qui reste après (les photos du bas). Seul le logis de Monsieur Gerardy a été préservé et la toiture refaite, le reste n’a pas pu être reconstruit. Tout est détruit !
Merci à Monsieur Gerardy et à sa sœur de nous avoir un peu parlé de cet évènement dramatique. Nous pensons profondément au choc qu’ils ont subi ainsi qu’à la perte historique qu’a causée cette tornade.
Le canal est devenu une réserve naturelle (classée Natura 2000)

De la ferme de Bernistap à l’entrée du tunnel, il y a plus ou moins 1 kilomètre de canal. Arrachés à la colline, les déblais étaient remontés par des femmes portant des paniers en osier sur leurs dos. Lorsqu’on progresse le long du canal, on chemine sur un sentier surélevé constitué de tout le schiste extrait de la tranchée. Il régnait sur le chantier, une agitation sans commune mesure avec la quiétude qui baigne les lieux aujourd’hui. Les castors, qui ont envahi l’endroit, semblent vouloir continuer la tâche en abattant les arbres qui ont pris possession des remblais.
Même l’eau du canal s’est endormie sur ce prestigieux projet. Sans courant, l’eau claire au printemps se couvre de mousse dès la venue de l’été.
Le souterrain, qu’on n’appellera tunnel que plus tard

Il devait trouer la colline sur exactement 2528 mètres. Les ouvriers progressant d’environ 1 mètre par jour avaient fait la moitié du travail avant l’abandon du projet. Plus tard, un éboulement s’est produit à trois ou quatre cents mètres de l’embouchure. On peut encore distinguer les attaches qui servaient aux bateliers à haler leurs embarcations.
Souterrain ou tunnel ?
Les contemporains des travaux – et la chose n’est pas interdite de nos jours – parlaient de souterrain, à propos de Buret : tunnel est un mot anglais qui n’est apparu que plus tard, dans le sillage du chemin de fer.
Draguer ?
L’entrée de l’ouvrage s’est progressivement envasée au fil du temps. Le tunnel haut de quatre mètres ne laisse plus qu’un passage très étroit. D’aucuns voudraient lui rendre son aspect original, mais le site est désormais rendu à la nature. Le souterrain devenu grotte abrite des espèces protégées de chauves-souris.
Remettre le site en état ? C’est possible, selon un ingénieur retraité : “Tout est possible ! Certaines maçonneries pourraient être remises en valeur sans grande difficulté. Pour le reste, il faut draguer des tonnes de boue, et consolider des versants. Ça aussi, c’est possible, mais il faut amener les machines et le charroi sur place. Ce qui, moyennant une bonne coordination du chantier, pourrait se faire par une voie unique qui n’a pas besoin d’être une autoroute. Reste ensuite à savoir que faire des boues de dragage.
Bateaux
Les plus gros bateaux (des Bètchètes) destinés à naviguer sur le canal mesuraient 25 m de long, et 2 m 50 de large, pour un tirant d’eau de 80 cm. Charge comprise, leur poids maximum atteignait 60 tonnes. L’équipage était composé d’un batelier, de deux mariniers et d’un cheval. Dans les souterrains, la progression se faisait à l’aide de gaffes destinées à haler le bateau en s’accrochant aux barres et autres étriers disposés sur la voûte, à espaces réguliers.

L’illustration extraite de la brochure touristique présentant l’ouvrage montre bien par quelle méthode les bateliers faisaient progresser les « betchettes » à l’intérieur du tunnel.
En savoir plus

La rivière contrariée : le roman de Gery de Pierpont
Sur fond de mission économico-politique à l’ancienne, La Rivière contrariée entraîne ses lecteurs dans une passionnante enquête à rebondissements. Ce récit d’aventures, tissé dans une page d’histoire aussi fascinante que méconnue, valut à son auteur le Prix Alex Pasquier (Roman historique) de l’Association des Écrivains belges (2003).
En version « papier » et en version numérique
http://larivierecontrariee.com/le-livre
canalmeusemoselle.wordpress.com
Le site du Cercle d’Etudes du Canal de Bernistap-Hoffelt
meuse-moselle1830.be
Le site des recherches historiques de l’auteur du roman
Bernistap
Bernistap

Une brochure explicative et gratuite est disponible au Syndicat d’Initiative de Houffalize. Une balade de 15 Km est également proposée jusqu’à la découverte de l’entrée du canal.
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(extrait de www.salmiens.be)
Au printemps 2019, l’ASPH (Association Socialiste de la Personne Handicapée) et le DNF (gestionnaire de la forêt domaniale) ont créé ce parcours sensoriel adapté. Parce que ce tracé de près d’un kilomètre est spécialement dédié aux personnes à mobilité réduite, les promoteurs ont tenu à ce qu’il soit réalisé par des personnes en situation de handicap de l’asbl des Hautes Ardennes.
Le circuit est parsemé de silhouettes d’animaux en bois à identifier et de plate-formes entourant les arbres.
Le tronçon de caillebotis, long de 200 mètres, est construit en bois de «Douglas», une essence résineuse originaire d’Amérique du nord mais très répandue en Ardenne. Outre que dans ce cas précis, les caillebotis facilitent la progression des voiturettes (fauteuil roulant), ils sont souvent installés pour baliser les chemins de promenade sur des sols qui demandent à être protégés. On les trouve fréquemment dans les réserves naturelles accessibles au public.

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Loin de l’agitation du siècle, le coquet village de Wathermal préserve ses petites et grandes histoires sur l’un des versants de la vallée de l’Ourthe Orientale naissante, où de nombreux vestiges témoignent d’une occupation humaine fort ancienne. Nous nous trouvons ici, il est vrai, sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et du Rhin, et sur le tracé de l’immémoriale voie reliant Cologne à Reims.
L’endroit est cité pour la première fois au IXème siècle en tant que villa royale carolingienne, et la tradition rapporte que le lieu dit « Grafen Garten » – jardin du comte – aurait vu s’ériger un château dont on n’a toutefois pas retrouvé de trace physique.
Côté étymologie, mieux vaut marcher sur des oeufs. Car même si l’origine germanique est peu douteuse, les thèses s’affrontent dont les plus communes lisent : limite des eaux, gardien du lieu de justice ou gardien de la montagne. Sans parler du souk invraisemblable qui a chamboulé l’orthographe des lieux – quand ce n’est leur dénomination – ici comme ailleurs, lors des derniers travaux officiels en la matière. Mais ça, c’est une autre – lamentable – histoire belge.
UNE CHAPELLE

Quoi qu’il en soit, la chronique rapporte qu’un comte de Salm, menacé par un violent orage, fit voeu de bâtir une chapelle dédiée à saint Donat à l’endroit même où la foudre venait de l’épargner. Telle serait donc l’origine de la chapelle de Wathermal, désormais placée sous l’invocation des Saints Hubert et Antoine mais dont les cloches – datées de 1369 – sont réputées écarter les feux du ciel.

Juché sur son éperon rocheux, l’édifice actuel a été consacré en 1769. D’aucuns font toutefois remonter l’origine de la tour à l’époque romane. L’inclinaison de son clocher, contrant les vents dominants, tendrait par ailleurs à en prêter la paternité au même auteur que celui de Beho.
L’ensemble ne manque pas de cachet, qui abrite entre autres un aigle-lutrin du XVIIème, un tabernacle initialement placé à Beho, et un bel ensemble de vitraux restauré après la seconde guerre mondiale. Mais la principale curiosité du lieu se situe à l’entrée du cimetière qui ceint la chapelle.

Là, on découvre le couvercle tumulaire, en dos d’âne, d’une tombe chrétienne du Moyen-âge. Ce couvercle, marqué d’une simple croix presque effacée, ne recouvrait pas la tête du défunt. Les tombes de ce genre furent employées durant toute la période romane, et jusqu’au XIVème siècle pour les sépultures non apparentes. Elles sont extrêmement rares en Belgique.
Dans le même champ de repos, un quartier a été aménagé où s’inscrivent une pierre tombale armoriée portant la date de 1652, et un bel ensemble de croix en schiste bleu typiques de la région.
ET DES TRUITES
Voilà pour l’histoire. Mais l’originalité de Wathermal ne s’arrête pas là, tant s’en faut.
Ainsi, le déclin des activités agricoles n’a-t-il pas annoncé pour le village le début d’un tsunami de mauvais goût en matière de restauration qui en a submergé plus d’un. Le village y a échappé, le fait est assez remarquable pour être souligné et le résultat permet de se faire une bonne idée de ce que pouvait être la physionomie d’un village ardennais voici quelques décennies encore.
Sans doute le dynamisme du groupement local des « Amis de Wathermal » n’y est-il pas étranger, auquel on doit de nombreux aménagements contribuant à la qualité de la vie au village et, point d’orgue, une « Fête de la truite » de derrière les fagots qui attire chaque année plusieurs centaines de visiteurs pour un week-end d’animations diverses, et de dégustations dont lesdits salmonidés – invités à table – sont bien les seuls à se plaindre.
Servez le tout sur écrin de verdure : à découvrir d’un pas tranquille en suivant les belles promenades balisées du Syndicat d’initiative de Gouvy.
Ecrit par :Patrick Germain / 2008>
Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain, François Rion, Les Amis de Wathermal.
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La rando de Melo entre Ourthe et Wathermal
8,37 km.
01h.46
110m.
110m.
Balades à proximité de Wathermal et Gouvy
par Mediardenne | Avr, 28, 2021 | Balades, lieux, nature, Parcourir l'Ardenne |
La Calestienne, serpent d’Ardenne
La Famenne schisteuse est séparée de l’Ardenne par une bande relativement étroite (quelques kilomètres) mais continue, s’étendant de Trélon (F) à Louveigné, formée de roches calcaires d’âge dévonien appartenant au flanc sud du synclinal de Dinant : c’est la Calestienne, serpent d’Ardenne.
La Calestienne est une région étroite intercalée entre la Fagne-Famenne au Nord et l’Ardenne au Sud. Elle est caractérisée par la présence dans son sous-sol de roches calcaires mises en place dans les mers chaudes de l’ère primaire (au dévonien moyen c’est à dire il y a 370 millions d’années).
Elle s’étend sur quelque 130 kilomètres depuis Trélon (France) jusqu’à Louveigné en passant par Chimay, Givet, Han-sur-Lesse, Rochefort, Barvaux, Remouchamps.

La Calestienne du nord, vue sur le village de Wéris

La Calestienne du sud, le « Fondry des chiens » et ses roches calcaires. Photo : Wikimedia Commons, Dorian Claeys
L’origine du mot Calestienne est souvent attribuée au toponyme » tienne « . Les tiennes sont des collines calcaires autrefois tapissées de pelouses sèches sur lesquelles les moutons pâturaient. En fait ce terme dérive du wallon » calistiène » lui-même provenant de l’allemand » kalkstein » (pierre calcaire = pierre à chaux).
La Calestienne présente des paysages beaucoup plus variés que l’Ardenne forestière située au Sud ou la Fagne-Famenne schisteuse, dépression humide et bocagère, située au Nord.

La Calestienne du nord, la route vers Durbuy.

Le Viroin de passage à Treignes
P@3ck
3 balades à vélo en Calestienne
par Mediardenne | Avr, 20, 2021 | Comprendre l'Ardenne, Contes et légendes, lieux |
La gatte d’or du château de Logne | Ferrières
La gatte d’or du château de Logne | Ferrières
Sur les rives de l’Ourthe, le château de Logne occupe un piton rocheux surplombant la rivière. L’emplacement est, comme il se doit pour une forteresse, choisi afin d’offrir un site dominant les alentours et difficilement accessible. En ce temps-là, les châteaux-forts faisaient la guerre, pas du tourisme.
En 1521, Charles-Quint, excédé par les meurtres et les rapines de la famille de La Marck, celle du Sanglier des Ardennes, fit raser le château.
Mais bien plus tôt, en l’an 1100, Waleran, duc de Luxembourg habitait les lieux et régnait sur la région. A quelques lieues de là, son vassal le seigneur de Bierloz avait la charge de sécuriser le domaine car le brigandage était fréquent. De Bierloz remplissait sa mission de police avec une certaine aisance, il avait par contre, beaucoup plus de difficultés à surveiller et protéger sa fille Marthe.
Marthe de Bierloz était d’une beauté fascinante. Son teint légèrement bistré, sa noire et abondante chevelure, ses grands yeux bruns d’où jaillissaient des éclairs, sa taille haute et fine, son port de reine, tout contribuait au prestige d’une merveille devant laquelle on se sentait pris d’une vive admiration.
Ainsi, les prétendants étaient-ils nombreux à s’attarder aux environs de Bierloz. Les palefrois* des chevaliers en visite de courtoisie se croisaient sans cesse sur les chemins, jusque dans la cour du château de Bierloz. La mignonne ne prêtait guère d’attention à ces nobles guerriers, elle n’était pas intéressée par la gloire ou la fortune. C’est Alard qu’elle aimait, un simple page* aux yeux bleus et à chevelure blonde. Le page était lui aussi transi d’amour pour la belle et savait que malgré la différence de rang, il deviendrait bientôt l’époux de Marthe. Le seigneur de Bierloz, brave homme, donnerait son consentement à cette union, ainsi qu’à n’en point douter, Waleran le maître du page également.
Waleran était bien le seul homme de toute la région à ignorer la beauté et la personnalité de Marthe. En fait, il ne connaissait pas la jeune femme, tout simplement.
La visite au château, jour maudit

En un jour maudit, le seigneur de Bierloz eut la très mauvaise idée d’envoyer sa fille au château de Logne pour y porter au duc un magnifique coq de bruyère* chassé le matin même. Et bien sûr, le duc fut beaucoup plus séduit par la beauté de Marthe que par la chair du coq de bruyère. Le duc en perdit tout sens du devoir, offrit tant et tant d’or et de bijoux à la jeunette que celle-ci à son tour se laissa séduire. Son cœur fut plus sensible au vil attrait de la richesse qu’à l’amour éperdu que lui portait Alard, elle offrit son cœur et son corps au duc.
Le page en mourut de chagrin peu de temps après. Frappé par le déshonneur de la famille, le père de Marthe le suivit de peu. Marthe elle, restait indifférente au deuil ainsi qu’au mépris et à la réprobation générale. Elle caressait ses bracelets, ses colliers, ses chaines d’or qu’elle amassait sans retenue.
Tant et si bien que, devant une telle avidité, le duc lui-même se détourna de la Belle et finit par enfermer sa concubine dans les souterrains du château. Un jour, on la trouva morte. Son corps était enlacé, emballé peut-on dire, par toutes les richesses qu’elle avait amassées. Les colliers, les chainettes entravaient ses jambes, elle était comme étouffée par ses joyaux. A la Noël suivante, dans les fossés du château, on aperçut une chèvre blanche qui errait. L’animal était couvert de bijoux resplendissants, les témoins reconnurent les parures de Marthe.
Depuis lors, toutes les nuits de Noël, les paysans du voisinage se pressent aux alentours du château, espérant apercevoir et détrousser la chèvre. Ils se défient les uns les autres, soulevant de lourdes pierres, sondant les puits, explorant les creux des rochers.
Beaucoup au cours de siècles aperçurent la chèvre, mais nul n’est encore arrivé à s’en emparer.
Gatte : Désigne une chèvre en langue wallonne.
Palefroi : Alors que le destrier est la monture réservée à la guerre ou à la chasse, le palefroi est le cheval de parade ou de promenade. Le cheval du dimanche, en quelque sorte.
Page : Jeune homme généralement d’origine noble, attaché au service d’un seigneur.
Coq de bruyère : Le tétras lyre était une espèce fréquente en Haute Ardenne jusqu’au début du 20ème siècle. Il était un gibier de choix. Aujourd’hui, il est totalement protégé et ne subsiste plus que très difficilement dans les Hautes Fagnes. (Image Wikimedia commons)


Adaptation libre selon la version De Hubert Stiernet pour une édition de l’agence Havas en 1929.
L’illustration par Gustave Flasshoen est également extraite de cette même édition.
L’illustration du titre est créée à partir d’une photo de Logne par Steve Lemoine
Le château de Logne vu par Steve Lemoine

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par Mediardenne | Fév, 7, 2021 | La flore, lieux, nature, Parcourir l'Ardenne, Petites et grosses bêtes |
« Bois sous les Granges », la réserve naturelle de Huguette et ses moutons Herdwick | Vresse Sur Semois
Marguerite, Dorine, Digitale, Dauphinelle…
… Nous sommes ? Nous sommes ? Nous sommes ? Nous sommes ? Des moutons british de race HERDWICK.
Si vous passez un jour du côté de Chairière, près de Vresse Sur Semois… venez nous compter (cela vous permettra de mieux vous endormir le soir !), ou conter fleurette (bêêêêh oui… «marguerite», «digitale», «dauphinelle» !)…
Parole de mouton
Depuis plusieurs années, nous paissons dans la réserve naturelle Natagora dite : « Bois sous les Granges ». Notre race est très rustique et sommes les phénix des zones humides… Notre troupeau a été choisi par Huguette – notre bergère – pour participer, avec des « Volon-Terre » de votre espèce, à la gestion du site. Mais notre pâturage extensif, notre métier de tondeuse naturelle… nous l’effectuons 24 h/24h et cela, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente !
Notre domaine vital se compose d’un petit marécage initialement voué à un lotissement et d’une belle prairie arrachée à l’agriculture intensive. Cela, c’est grâce à cette sacrée volontaire dynamique de Natagora Semois ardennaise qu’est Huguette ! Elle a personnellement acheté les terrains et les a cédés sous la forme d’un bail emphytéotique à Natagora – qui leur a accordé l’en-VIE-able statut de « réserve naturelle ».
Appelé « Bois sous les Granges », notre domaine compte un bel ensemble d’habitats : mares (où les « berges rient » quand nous nous y abreuvons), pelouses et parcelles boisées. Nous le partageons avec de nombreux voisins, comme plusieurs espèces d’amphibiens mais également un sympathique reptile : la couleuvre à collier. Celle-ci est particulièrement chouchoutée, car les « Volon-Terre » de Natagora Semois ardennaise laissent à disposition de la Belle, des tas de bois et de foin pour hiverner.
Elle, et toute sa petite tribu ne se réveilleront qu’au printemps, lorsque nous passerons devant leur couette et que nous leur demanderons : « Quelle heure reptile ? »
(© Jean-Luc Fonck – ce jeu de mots, j’aurais aimé l’avoir déniché moi-même).

Bien sûr, de nombreuses autres espèces animales partagent notre quotidien… Et parmi elles : VOUS ! Méchoui, mais oui, vous : Grands «Bedots»* que vous êtes à saccager notre bêêêlle petite planète bleue ! Chez Natagora Semois ardennaise, ils veulent pourtant y croire ! Ils sont persuadés que l’éducation est un levier efficace pour changer le monde ! Alors, ils vous ouvrent les portes, ou plutôt les clôtures ! Et vous disent : « Bienvenue chez nous » !
Via des chemins balisés agrémentés de panneaux explicatifs et l’organisation de visites guidées, « Bois sous les Granges » permet la découverte de la faune et de la flore ardennaises. Des activités sont régulièrement organisées pour des petits groupes et le site est en permanence accessible au public. Un circuit sécurisé a été aménagé sur caillebotis et permet de profiter de cette belle zone marécageuse sans l’abîmer, ni se mouiller les pieds. Elle est pas bêêêêlle la Vie ?
*Bedot : mouton en wallon. (NDLR :ne le prenez pas mal, mais ça veut dire que les moutons qui vous qualifient ainsi vous trouvent un peu bêtas ) 
La Maison de la Semois ardennaise
Plus fort encore… un centre éducatif baptisé « Maison de la Semois ardennaise » – à la forme d’un séchoir à tabac – a été érigé avec des matériaux de récupération. C’est écologique, durable, solidaire et … « Peuchère »… ! De nombreuses activités y sont organisées pour et par vos pairs : conférences, formations, ateliers de bricolage nature pour enfants… et parce que vous aimez lire, décorer votre intérieur, chiner, planter… une boutique vous accueille librement les vacances et les week-ends de beau temps…

Et comme Dorine, Digitale, Dauphinelle et moi sommes des adeptes du développement durable… nous acceptons avec félicité que notre toison soit tondue, filée, tissée et vendue sur place ! Pas de made in China chez nous. Mais tout made in Chairière ! Notre laine est ainsi utilisée par nos artisans bénévoles pour réaliser de sympathiques peluches gris souris. Vraiment, nous sommes les championnes du circuit court : du producteur au consomm-acteur… en quelques centaines de mètres à peine! En plus, les prix sont à défier toute concurrence… mais chaque euro récolté permet cependant aux membres de la Régionale Semois ardennaise d’acquérir et d’entretenir de nouvelles réserves naturelles le long de la plus belle rivière du petit royaume de Belgique…
On vous attend ! Bêêêêêlle journée à vous!
Rédaction : Marguerite, Dorine, Digitale, Dauphinelle, avec l’aide de Thierry Gridlet – 2021
Photos : Thierry Gridlet
Le parcours balisé dans la réserve dure environ 45 min.
Entrée : rue Lieutenant Colas n° 46 – 5550 Chairière (Vresse-sur-Semois).
La Maison de la Semois ardennaise est située rue Saint Walfroid, également à Chairière.

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Huguette Reynaerts… une fille des réserves naturelles au … naturel réservé !
En 2005, Huguette Reynaerts a choisi de s’installer en Ardenne namuroise, dans le petit village de Chairière, sis à quelques clapotis de la Semois.
Huguette est originaire de Gand. Dès sa plus tendre enfance, elle est plongée dans la nature ! Avec ses parents, Liliane et Maurice, et ses sœurs Ingrid et Carine, Huguette participe en famille à la création de plusieurs réserves naturelles : Bourgoyen Ossemeersen, Assels, Kalevallei, Vinderhoutse bossen (dans la vallée de la Lys). Comme elle le fera, avec l’équipe de Natagora Semois ardennaise à la réserve Bois sous les Granges quelques décennies plus tard, Huguette et sa famille animeront à Elzenhoeve un Centre éducatif. Son papa y donnera des formations… et l’équipe féminine créera de nombreux objets artisanaux pour la petite boutique verte… L’Histoire n’est donc qu’un éternel recommencement !
En 2005, Huguette s’installe à Chairière, dans la commune de Vresse-sur-Semois. Là, elle fonde la réserve naturelle « Bois sous les Granges » qu’elle a acquise sur fonds propres avant de la céder par bail emphytéotique à Natagora. Durant les années 2008 à 2016, elle occupe la fonction de présidente de la régionale Natagora Semois ardennaise. Naturaliste chevronnée, elle dispense de nombreuses formations, effectue d’innombrables recensements au niveau de la faune et de la flore de la région de la Semois, organise de nombreux chantiers de gestion dans les réserves naturelles locales (avec les bénévoles locaux, des volontaires néerlandophones, les Compagnons bâtisseurs…), initie de nombreux achats de terrains, anime le Centre éducatif Bois sous les granges, réalise des ateliers éducatifs et créatifs pour les enfants, crée des milliers d’objets artisanaux avec le groupe Artistes et artisans du Bois sous les Granges (que l’on peut toujours rejoindre)…

Huguette, la bienveillante bergère de la réserve du Bois sous les Granges
S’il te plait, Huguette… dessine-moi quatre moutons…
Tout autour de sa charmante habitation, s’étend une zone naturelle de plus d’un hectare. Celle-ci est un havre de biodiversité. Afin de gérer le site, Huguette et l’équipe de Natagora Semois ardennaise sont épaulées par quatre paisibles moutons à la bouille craquante. Huguette nous les présente…
Huguette, pourquoi des moutons dans cette petite forêt marécageuse ?
La réserve Bois sous les granges s’étend sur une superficie d’un peu plus d’un hectare. Afin de gérer le site, le choix d’une gestion par pâturage extensif a été posé. Sur une telle surface, on pouvait y placer une vache de type Highland ou Galloway. En effet, il faut compter environ 1 hectare par tête de bétail. Mais avouons-le, ces animaux étant grégaires, il aurait été triste de laisser un individu isolé sur cet espace. Dès lors, notre choix s’est orienté sur le pâturage par des espèces ovines.
Et c’est de l’autre côté de la Manche que vous avez déniché la perle rare ?
Effectivement ! La plupart des espèces de moutons ne supportent pas des terrains aussi marécageux comme l’est la réserve Bois sous les granges. Cela étant dit, la race Herdwick – originaire du Lake District en Angleterre – est parfaitement adaptée à ce type de milieu. Les Herdwick possèdent de grosses pattes qui leur permettent de ne pas s’enfoncer dans les sols spongieux. De plus, ils disposent de poils entre les ongles, ce qui leur évite de se couper aux laiches, nombreuses dans nos marais. Nos moutons rustiques possèdent également diverses caractéristiques très intéressantes : les femelles mettent bas sans intervention humaine et l’espèce est particulièrement adaptée aux conditions météo plus délicates (intempéries, neige…). Par contre, en été, nos moutons aiment se réfugier entre les pilotis du Centre éducatif de la réserve : ils n’apprécient pas outre mesure la chaleur et … les taons.
L’expérience de pâturage de la réserve Bois sous les granges par des Herdwick est-elle une « première » en Belgique?
Non, absolument pas ! C’est d’ailleurs par des expériences précédentes menées par Natuurpunt à Gand que j’ai eu connaissance de l’efficacité de cette espèce. Les « Bergers bénévoles » de l’association gantoise (n.d.l.r. l’homologue de Natagora en Wallonie et à Bruxelles) sont allés chercher des animaux en Grande-Bretagne et actuellement, disposent d’un troupeau d’une trentaine de têtes. Certains individus paissent notamment dans les prairies humides de Latem, immortalisées par de nombreux artistes-peintres… du moins avant qu’elles n’aient disparu presque totalement sous le béton des lotissements…
A propos de cheptel, quelle est la genèse du petit troupeau du Bois sous les granges ?
Au printemps 2010, le bélier Chardon est arrivé à Chairière, accompagné de ses brebis – Aubépine et Cardamine – ainsi que les agnelles Massette et Marguerite. L’année suivante, trois autres agnelles naquirent : Dauphinelle, Digitale et Dorine. A leur naissance, les moutons Herdwick sont noirs… sauf leurs oreilles qui sont blanches. Mais avec le temps, leur laine devient de plus en plus claire. Nous avons arrêté l’élevage pour plusieurs raisons. Le site étant assez restreint, nous ne pouvions imposer à l’hectare disponible une surcharge d’individus. Chardon est ainsi retourné du côté de Gand. A la grande joie des voisins de la réserve de Chairière, car notre cher bélier était un animal impressionnant, n’ayant aucun scrupule à franchir clôtures et muret (sans s’élancer… Chardon était monté sur ressorts ! ) afin de s’offrir une petite escapade en rue – d’où le danger qu’il représentait – ou dans les potagers alentours afin de se gaver de délicieux légumes. Ce qui n’était pas de nature à lui faire des amis…
Huguette, parlez-nous de la laine de vos protégées… ?
Chaque année, les moutons sont tondus à la fin du mois de mai ou début juin. Pour cela, nous sommes attentifs à la météo : les journées de fin de printemps – donc assez chaudes – sont attendues et la tonte n’est pas réalisée en cas de pluie le jour-même. Le matin du « jour J », les moutons sont enfermés dans leur enclos. C’est une des raisons pour lesquelles ils reçoivent un peu à manger (n.d.l.r. deux poignées de granulés) à cet endroit durant toute l’année. Ainsi, ils entrent sans se méfier dans l’enclos de contention avant que nous ne fermions la barrière. Une fois la laine récupérée, nous la traitons de deux façons : le filage ou le feutrage. Dans le cas de la première méthode, on ne lave pas la laine afin qu’elle reste « grasse », ce qui permet de la filer plus aisément. Cela dit, le travail de filage débute par le cardage : il s’agit d’une étape qui permet aux poils d’être placés de façon bien parallèle. A titre d’information, la forme la plus « primitive » du filage s’effectue à l’aide d’un fuseau. Naguère, les bergères emportaient cet objet et vaquaient à cette activité pendant qu’elles surveillaient le troupeau. Une fois, l’opération de filage terminée, nous lavons les pelotes obtenues. Nous pouvons ensuite crocheter, tricoter ou tisser (n.d.l.r. les enfants aussi peuvent s’adonner à cette activité à l’aide d’un métier très simple à construire). Le feutrage est la seconde façon de traiter la laine. Dans ce cas de figure, celle-ci est lavée dans un premier temps. Une fois séchée, je pique dans la laine avec des aiguilles spéciales ce qui permet de la durcir. A noter qu’il est possible de feutrer de la laine avec de l’eau chaude et du savon, mais personnellement, je ne pratique pas cette technique.
Propos recueillis par Thierry Gridlet
La réserve du Bois sous les Granges
Chairière | Vresse sur Semois
Retrouvez nos amies dans le dossier pédagogique en collaboration avec la section Semois ardennaise de Natagora
Rédigé par Thierry Gridlet et mis en page par Mathieu Gillet, le dossier pédagogique est destiné à des élèves de fin de sixième primaire ou de première année de l’enseignement secondaire. Il aborde diverses matières de géographie, de sciences, d’art plastique, de français… Une version traduite en néerlandais est prévue prochainement.
par Mediardenne | Août, 18, 2020 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Le monument Nicolas Pietkin à Sourbrodt
Toute langue par ses concepts, ses intonations etc, influence nécessairement le mental de celui qui, bon gré mal gré, la pratique. C’est donc, aussi, un outil politique. En 1876 Bismarck l’a très bien compris, promulguant un « Kulturkampf » auquel un prêtre fagnard va apporter son grain de quartzite. À la rencontre de Nicolas Pietkin.
Un prêtre contre le Kulturkampf
Né à Malmédy le 6 décembre 1849, Nicolas Pietkin fait ses humanités aux collèges de Malmédy et de Neuss, avant d’entreprendre des études de philosophie et de théologie à Bonn. Ordonné prêtre à Cologne le 24 août 1875, il ne supporte pas les contraintes linguistiques imposées à l’avènement de Bismarck : en 1876, entérinant un « Kulturkampf » (combat culturel) amorcé dès 1862, l’allemand devient en effet la seule langue administrative en terre d’Empire, où s’inscrit l’Est de la Belgique actuelle. Enseignement et religion ne tarderont pas à subir le même diktat. C’en est trop pour ce jeune prêtre indéfectiblement attaché à la tradition latine, qui choisit l’exil.
En 1879 toutefois, il se plie au mandement de l’évêque d’Aix-la-Chapelle et va seconder le curé de Sourbrodt, avant de devenir administrateur de la paroisse, puis titulaire de celle-ci en 1881. Persistant dans son opposition au Kulturkampf, il n’hésite pas à s’adresser en wallon à ses paroissiens, et privilégie le catéchisme l’évêché de Liège au détriment de celui l’état prussien. Manière comme une autre de donner des leçons de français aux jeunes, qui en sont désormais dépourvus à l’école. Mais s’il en combat la politique culturelle, Pietkin n’en reste pas moins fidèle à l’Empire allemand jusqu’en 1914.

Au sommet du monument se trouve un bronze représentant la louve romaine allaitant Romulus et Remus, symbole de la civilisation romaine et latine.
Un monument détruit par les nazi en 1940
Arrêté et gardé comme otage plusieurs jours durant, le curé de Sourbrodt prend alors pleinement conscience des finalités du Kulturkampf. C’est désormais un homme déçu – et souffrant – qui va s’efforcer de poursuivre sa mission auprès des familles éprouvées par la guerre, sans distinction d’ordre linguistique.
Après avoir vu avec soulagement l’ancienne Kreis prussienne d’Eupen-Malmédy rattachée à la Belgique en 1919, au titre de dommages de guerre, l’abbé Pietkin est décoré de la Médaille de l’Ordre de la Couronne en 1920. Il meurt à Malmédy un an plus tard, le 9 janvier 1921, et c’est toute une région qui lui rend hommage lors de funérailles impressionnantes.
Homme de conviction, Nicolas Pietkin s’est par ailleurs distingué à travers de nombreux travaux et publications philosophiques ou scientifiques. Musicologue et poète à ses heures, on doit également à ce Fagnard acharné plusieurs études et actions au bénéfice de la région. Il fera entre autres analyser les eaux ferrugineuses du « pouhon « qui porte aujourd’hui son nom, étudiera les vertus des plantes et sera l’un des sauveteurs du Boultè (un monument des Hautes-Fagnes).
Trois années après l’armistice, l’Assemblée wallonne, sous la plume de Remouchamps, invite toutes les communes wallonnes à fêter la Wallonie le 25 septembre 1921. Ce jour-là correspond à la Journée du drapeau malmédien, manifestation organisée en faveur d’un rattachement de Malmédy à la Belgique. Le secrétaire général de l’Assemblée wallonne invite alors chaque commune à arborer au minimum le drapeau wallon et le drapeau malmédien. Celui-ci sera mis en vente et le fruit de celle-ci devra permettre d’ériger un monument en hommage à Nicolas Pietkin.
C’est chose faite le 3 octobre 1926. Mais l’édifice est détruit en 1940, lors de l’annexion au Reich nazi. Reconstruit en 1956 par le sculpteur Maréchal, d’après les plans de l’architecte Gérard, il trône encore au carrefour des routes d’Ovifat et Elsenborn. Le bas-relief en bronze est celui d’origine, coulé par Georges Petit en 1925.

Le médaillon en bronze, de 1,2 mètre de diamètre est celui d’origine, coulé par Georges Petit en 1925.

Le Général Baron Baltia fut désigné gouverneur de la région Eupen-Malmedy au mois d’Octobre 1919, à la suite du traité de Versailles qui redessinait la carte européenne après la défaite de l’Allemagne en 1918.

La nation lui rendit hommage une nouvelle fois à l’occasion de l’émission d’un timbre poste en 1961.
Patrick Germain – 2007
Source : « Guide de la Fagne » – A.J. Freyens
Photos : Mediardenne – 2020
par Mediardenne | Mar, 24, 2020 | lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
La Heid des Gattes vue du ciel | Aywaille-Remouchamps
La réserve naturelle de la Heid des gattes est un massif de près de cinquante hectares. Elle longe la rive droite de l’Amblève entre Aywaille et Remouchamps.
Comme le souligne son nom wallon, cette colline boisée est parcourue par un troupeau de chèvres sauvages. La falaise s’élève presque verticalement à cinquante-cinq mètres au dessus de la rivière. Elle est entourée par la carrière de la Falize à l’est et la carrière du Goiveux à l’ouest. Un bocage de petites pâtures entourées de haies entoure le charmant village de Sur la Heid, au sommet du massif. A l’est, un joli vallon boisé et frais escalade la colline.
Plus d’infos :
www.heiddesgattes.be
La vidéo est de LZ créations
La photo du titre provient de Wikipedia
par Mediardenne | Mar, 6, 2020 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos, Vie ardennaise |
Les grandes heures de Spa, histoire d’une ville d’eaux
Un très bon film historique sur Spa proposé par l’univeresité d’Evry ( Paris) sous la conduite du professeur Stéphane Blond.
Après un rappel historique sur Spa au 18ème siècle, le film suit une promenade virtuelle de plus de cinq kilomètres à travers l’environnement naturel de l’Ardenne belge avant le 20 ème siècle, avec pour étapes les sources et les fontaines !
Les objectifs scientifiques et historiques de ce projet portent sur l’analyse de l’exceptionnelle attractivité dont bénéficie la ville de Spa au cours du XVIIIe siècle. En effet, chaque année, la cité de la principauté de Liège accueillait des centaines de visiteurs provenant du continent européen, avec à la clé une croissance spectaculaire qui lui vaudra le surnom de « Café de l’Europe ».
Fondé sur l’analyse de nombreuses sources historiques, le travail de recherche et de restitution comprend plusieurs volets : un travail d’inventaire par l’accumulation de plusieurs centaines de documents de nature variée (ouvrages, gravures, plans, cartes, listes de visiteurs…) ; la réalisation d’une base de données iconographiques et textuelles; l’analyse comparée des documents ; la restitution en trois dimensions du centre de Spa et des huit sources et fontaines les plus fréquentées (le Pouhon de Spa, le Tonnelet, Nivezé, Watroz, la Sauvenière, Groesbeek, la Géronstère et Barisart).
La photo du titre représente le Pouhon Pierre le Grand vers 1900. L’illustration est issue de Wikipédia, cette image est disponible sur la Prints and Photographs division de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis. Auteur inconnu.
par Mediardenne | Fév, 29, 2020 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts
Haute-Bodeux sous le soleil ou la neige | Trois-Ponts
Il est des endroits discrets par nature et qui ne cherchent pas la notoriété bruyante et tapageuse. Haute-Bodeux fait partie de ces villages où tout semble paisible, tout spécialement sous la couche de neige qui a surpris les Ardennais en cette fin d’hiver.
Village ou hameau ?
Lorsque la grande sœur, Basse-Bodeux, était une commune à part entière, avant de devenir elle-même une des entités de Trois-Ponts, Haute-Bodeux était bien évidemment relié au bourg principal dont il est distant d’à peine deux kilomètres. Si l’administration et les activités se sont toujours concentrées en bas – à Basse-Bodeux – c’est pourtant en haut – à Haute-Bodeux – que se dresse le plus majestueux monument des deux Bodeux : le château.
Le château de Haute-Bodeux

Il est modeste et solide puisqu’il fut l’ancienne maison forte de la famille de Rahier. Cette très ancienne famille qui donna son nom au village de Rahier se développe considérablement au cours des siècles. Elle essaima jusqu’à donner naissance à la branche de Bodeux vers 1570. Le manoir est l’ancienne maison forte de la famille de Rahier. Il est de dimensions moyennes, en moellons de grès, avec une tour carrée rajoutée par la suite. La demeure seigneuriale est bien-entendu accompagnée d’une ferme à l’arrière dont l’ancrage porte la date de sa construction 1661. Le porche que nous apercevons du village est l’accès à la cour de la ferme. L’entrée principale du château se fait par un chemin privé de l’autre côté de la propriété.
Le manoir passa par plusieurs propriétaires après la Révolution pour entrer en possession de la famille Godin depuis le milieu du 20 ème siècle.
Aujourd’hui, sous le nom de « Castel Bodeux », il est transformé en location de vacance. Mais le bâtiment a conservé toute sa rusticité.
La chapelle

Il n’y a pas d’église ni de cimetière, il faut descendre à Basse-Bodeux. Pourtant, il y a bien une chapelle dédiée à Notre Dame des Pauvres. Elle fut inaugurée et bénie en 1957 grâce à une aide financière de la commune de Basse-Bodeux. Car jusqu’alors, les fidèles priaient dans un grange du village, Ils y récitaient le chapelet pendant les mois de Marie c’est-à-dire les mois de mai et d’octobre.
C’ est en 1956 que la commune de Basse·Bodeux accorda une aide financière de 100.000 francs pour la construction d’un sanctuaire à Haute- Bodeux. Différents corps de métiers et les habitants bénévoles construisirent cette chapelle au centre du village.
En 1959 arriva un nouvel habitant dans le patelin. C’était l’Abbé Gustave du MOULIN, un ancien prisonnier politique. Dans cette chapelle, il célébra la messe presque chaque jour pour le plus grand bonheur de tous, surtout pour les aînés. Le chapelet y était également récité comme d’habitude.
En 2007, fut fêté le cinquantième anniversaire de la bénédiction de cet édifice avec les anciens du village et des environs. Actuellement, une messe y est célébrée au moins une fois par an.
Le bureau de poste

Le bureau de poste, c’est malin, ne vous laissez pas prendre par ce titre à deux balles. Même avec la boite rouge accrochée au mur, ceci n’a évidemment jamais été un bureau de poste mais tout simplement une habitation traditionnelle ardennaise. Il y a un certain temps comme vous pouvez le constater.
S’il reste quelques traces des menuiseries, portes ou fenêtres, le remplissage des pans de bois a complètement disparu. La construction en colombages est la plus ancienne technique de construction en Ardenne où la pierre est certes bien présente, mais difficile à extraire. Pensons que nos ancêtres n’avaient que des pioches et des brouettes pour exploiter les carrières, il était plus simple d’abattre des chênes dans la forêt toute proche et de ramasser l’argile dont le sol ardennais est bien pourvu. Les colombages, ces espèces de châssis de bois, sont encore très souvent visibles dans toute la région que constitue l’ancienne Principauté de Stavelot-Malmedy. Entre les traverses verticales, horizontale et obliques qui constituent l’ossature, étaient enchevêtrées des branches de noisetier ou des lattes de chêne refendues. Le tout était bourré d’argile mélangée à de la paille et des poils d’animaux lorsqu’on en disposait.
Ici, ne subsiste que les grosses poutres de chêne, le reste a été emporté par les intempéries. On convient qu’il serait vraiment dommage de laisser ce témoin du passé se détériorer plus avant.
Les sorcières
Aux deux Bodeux aussi, il y eut des sorcières et des sorciers, ou en tous cas des manants condamnés pour être possédés. Ce fut le cas de Jeanne Serva condamnée par la cour de Bodeux en 1616 ; ou encore de Crespin le Laid jugé à Bra sur Lienne en 1619. Il raconta lui-même, sous la torture, tous les sabbats auxquels il avait participé. Il décrit le Diable avec beaucoup de précisions.
Entre mai et juin 1604, 143 personnes furent interrogées par la cour de justice de Bodeux. Nombreuse furent accusées d’avoir causé la mort d’enfants, de vaches par empoisonnement ou en répandant des maladies chez certaines familles.
Si votre potager produisait plus que celui du voisin, cela renforçait la suspicion à votre égard, c’est ce qui arriva à la fille de Jehenne, la veuve Grand Voick. La mère elle-même fut jugée pour d’autres faits. A l’époque, les titres étaient héréditaires, on dirait bien que la situation de « Macralle » également.

Mediardenne 2020
Sources : Travail fin d’études Ch. Gobbe + www.https://paysdesaintremacle.wordpress.com/
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NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS
Simple, convivial et bien illustré

par Mediardenne | Fév, 19, 2020 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
Construit au pied des Hautes Fagnes à partir de 1354 par Renaud de Waimes, Reinhardstein devient la propriété de la famille Nassau-Metternich jusqu’à la révolution française. Progressivement laissée à l’abandon, la propriété se dégrade au fil du temps. Ce n’est qu’en 1965 que le Professeur Overloop tombe amoureux des ruines ; il acquiert la propriété et la restaure.
Aujourd’hui géré par l’asbl Reinhardstein, le château est devenu un musée ainsi qu’un lieu d’exposition.
http://www.reinhardstein.net/fr/
La vidéo est de LZ créations
par Mediardenne | Avr, 23, 2019 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
Ce Kronenburg là n’est pas de la petite bière (Allemagne)
C’est à pied que l’on visite le coeur de Kronenburg, aux Marches de l’Est : à l’ombre des vestiges du burg, les maisons à colombage du XVII° et XVIII° siècle racontent l’histoire dans l’écho des pas sur les pavés, tandis qu’une silhouette s’efface dans l’angle d’une voûte. Celle d’un Templier, peut-être ?
(suite…)
par Mediardenne | Avr, 13, 2018 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
Chassepierre, son église et sa boucle de Semois.
C’est peut-être la Semois qui s’écoule si paisiblement en bordure du village qui donne cette impression de sérénité à l’endroit. La photo qui illustre le titre ce cet article est sans-doute l’angle de prise de vue le plus utilisé des photographes pour immortaliser Chassepierre. S’il y a autant de photographes que de pêcheurs sur cette rive de Semois, c’est tout simplement parce que l’endroit est magnifique.
Pourtant, un dimanche matin de juillet, on aurait pu s’attendre à une effervescence touristique telle qu’on les connait dans les endroits reconnus comme les plus beaux de la région wallonne. Chassepierre, en effet, bénéficie du label officiel des « Plus beaux villages de Wallonie », depuis longtemps.
Ici, tout n’est que calme et volupté. Ce n’est pas toujours le cas, loin de là. En ce matin de juillet, on aperçoit déjà aux panneaux d’affichage et aux fenêtres des maisons, les affiches qui annoncent le prochain Festival des Arts de la Rue. Cet évènement de portée internationale, amorcé en 1974, draine chaque année au mois d’août plus de 50 compagnies d’artistes du monde entier près de 30.000 spectateurs de tous âges. Les 200 habitants du village doivent être sérieusement secoués par l’agitation qui règne durant la préparation, et bien entendu pendant le week-end que dure le festival. Secoués, mais heureux, car chaque année ils ouvrent leur village, ils accueillent les artistes, ils se mobilisent pour offrir d’année en année, un spectacle authentique toujours plus spectaculaire.
Le village

L’occupation permanente des lieux est très ancienne, au néolithique* probablement. Les premiers habitants s’installèrent dans une grotte, qui s’appelle aujourd’hui le « Trou des fées », en bas de l’église et sous les ruines aménagées de l’ancien moulin. Ces grottes calcaires ont donné les racines de son nom au village : « Casa petrea » (c’est-à-dire : Maison de pierre ») dont on trouve les premières transcriptions administratives vers l’an 715. On sait qu’une villa romaine s’y éleva, suivie d’un château médiéval détruit au XIVème siècle par le Prince-Evêque de Liège et que selon certaines sources, quelques 300 ans plus tard, Louis XIV fit détruire un bastion fortifié en même temps que les châteaux de Florenville et de Chiny.
*Néolithique : Débuts de l’agriculture et de l’élevage,
donc de la sédentarisation de l’espèce humaine. Entre 7.000 et 3.300 ans avant notre ère.
Les grottes de « Trou des Fées » se visitent à la demande, le visiteur découvre qu’elles se confondent avec les caves de l’ancien presbytère. C’est une curiosité, mais pas vraiment exceptionnelle. Des milliers de visiteurs ont déjà découvert le site. Mais, un d’entre eux aurait-il visité le sous-terrain qui relierait, dit-on, Chassepierre à Carignan distant d’une quinzaine de kilomètres? Enfin, c’est ce qu’on dit, le sous-terrain n’est sur aucune carte et les brochures touristiques en parlent fort peu ; on peut donc supposer qu’il n’existe pas.
Ce serait trop dommage de couper court à la légende, imaginons une « vraie » version
Chassepierre étant en Belgique et Carignan en France, l’entrée du sous-terrain fut masquée avec grand soin à la fin du 19ème siècle par les trafiquants de café et de tabac. Les zélés gabelous ne le découvrirent jamais. Qui sait si aujourd’hui encore, un ou l’autre ne passe pas »en douce » un peu de tabac de Semois dans un sens et un peu trop de pastis dans l’autre.


En fouinant dans le village, je suis tombé sur cette salle d’exposition ouverte ce dimanche matin. Je suis donc entré. Houlà, voyant les photos affichées aux cimaises, j’ai très vite remballé mon appareil photo dans son étui. Les images que j’avais faites ce matin ne pouvaient souffrir aucune comparaison avec les travaux de l’habitant des lieux. J’étais dans la galerie de l’Ancien Moulin, chez Etienne Lenoir un photographe animalier professionnel. A visiter absolument lorsque vous passerez à Chassepierre.

L’ancien moulin. Il en reste peu de choses, ici les meules en pierres. Les ruines sont sécurisées, on peut s’y promener sans danger.

Sur le haut du village, le marché fermier a lieu tous les dimanches matin. Marc Poncin (à droite sur la photo, en rouge) est un peu l’homme-orchestre des lieux. Il m’a fait goûter le ZOUP de Chassepierre, un apéritif à base de vin blanc et de … canelle. C’est délicieux.

Reconstruite sur les ruines de l’ancien pont du tramway, la passerelle du Breux permet de relier les deux entrées basses du village, côté Semois. Cette passerelle crée une nouvelle voie « Ravel » et joue un rôle essentiel dans la circulation des personnes lors du fameux Festival international des arts de la rue. C’est en 2003, au vu du succès grandissant du Festival et de l’importance de pouvoir y dépêcher rapidement des secours en cas d’accident, que les autorités communales et provinciales décidèrent d’unir leurs efforts pour permettre cette reconstruction. Le choix des matériaux s’est orienté vers une réinterprétation des matériaux d’origine. Ce qui restait des éléments en pierre a été restauré au minimum et stabilisé, afin de laisser un témoignage patrimonial et historique. La structure même de la passerelle a, comme par le passé, été réalisée en acier, mais la forme, la hauteur et le système porteur ont été adaptés aux technologies et exigences nouvelles.
La pierre et l’ardoise
Des maisons en pierre, il en est toujours question aujourd’hui. Heureusement, les destructions de villas, châteaux et autres bastions ont cessé, et depuis plusieurs décennies, les habitants ont pris conscience de la valeur patrimoniale de leur village. Implantées dans un alignement tout gaumais, les constructions du 18e et 19e siècle accolées les unes aux autres forment le quadrilatère central qui fait face à l’église. De là, rayonnent quelques voiries rurales vers le village de Sainte-Cécile à l’ouest et celui de Lacuisine à l’est. Le village n’est pas directement impacté par la route nationale, quel bonheur.
L’église Saint Martin.
L’église ainsi que l’ancien cimetière et le mur de pierre qui ceinture le tout datent de 1702, le presbytère quant à lui fut construit en 1790. L’église et le cimetière sont classés par la Commission royale des monuments et sites depuis 1994. Le clocher de style qualifié de « baroque » présente une silhouette bulbeuse et prolongée par une élégante flèche à deux collerettes. C’est au 19 ème siècle que fut ajoutée l’horloge, d’une manière un peu maladroite, en plein centre de la date de construction en chiffres forgés dans le fer et ancrés dans la façade. Le bâtiment subit bien-entendu d’autres modifications et transformations au cours de siècles, c’est en 2015 que se terminait une grande campagne de restauration. Le bâtiment se dégradait de manière inquiétant suite aux attaques de l’humidité sur la toiture et les murs.
A l’origine, l’église était recouverte d’un enduit blanc, destiné à protéger la maçonnerie. Au fil du temps, le crépi s’est détérioré pour laisser apparaitre les pierres, si bien qu’il n’existe aucune photo de l’église blanche d’avant 2015 ; tout au plus une ou l’autre peinture, dont une accrochée dans la salle du Collège de Florenville. Les restaurations de 2015, outre les rénovations classiques apportées à la toiture et aux corniches ont permis de rendre à l’église sont aspect originel en la recouvrant de nouveau d’un enduit blanc à la chaux laissant apparaître le relief des pierres.

Je croyais que c’était pour m’accueillir en Prince que le tapis rouge avait été déroulé et que l’église avait été si bien fleurie ce matin. Et bien non, la veille a eu lieu un prestigieux mariage. J’aurais quand-même un peu profité des fleurs… et vous aussi.

Le vieux cimetière est désaffecté, il abrite une belle variété de croix funéraires, en fer, fonte, en schiste ou pierre calcaire.

L’église a retrouvé sa blancheur de jadis. Voyez le panneau indicateur qui indique Carignan. Par la route ou par le sous-terrain ? 😉
Texte et photos : François Rion 2017/2018
Chassepierre
Chassepierre
par Mediardenne | Nov, 21, 2017 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Le mémorial du Mardasson | Bastogne
C’est en 1950 que fut inauguré l’un des monuments les plus connus d’Ardenne : le Mardasson. Érigé en l’honneur des soldats américains tombés en Belgique durant toute la seconde guerre mondiale, il est généralement associé à la bataille « du saillant » dans la mémoire collective. Et pour cause : les pertes en vies humaines y furent plus importantes que durant les combats du débarquement en Normandie.
Le fait, tout déplorable soit-il, mérite d’être rappelé : les combats de l’Offensive des Ardennes furent les plus meurtriers qui se soient déroulés sur le front occidental durant la seconde guerre mondiale. Dans le triangle Elsenborn – Echternacht – Celles, les historiens militaires s’accordent généralement sur les chiffres, côté américain, de 8.607 tués, 21.144 disparus et 47.139 blessés.
Le Mémorial du Mardasson représente l’hommage du peuple belge à la nation américaine à travers celui rendu aux combattants tombés sur son sol. Sa réalisation est due à une initiative de l’ « Association Belgo-Américaine », groupement constitué en 1945 et comprenant diverses personnalités belges désireuses de perpétuer le souvenir.
Bastogne fut choisie pour ériger ce mémorial du souvenir, parce que l’effort américain y fut le plus décisif. Pour les Américains, Bastogne symbolise leur esprit légendaire de résistance, mais aussi leur sens de la contre-attaque victorieuse.
Le 4 juillet 1946, là où allait se trouver le point central du Mémorial, un peu de terre était prélevée et déposée dans un coffret, bientôt scellé en présence de l’ambassadeur des USA et expédié par avion spécial vers Washington. Une délégation belge, conduite par le ministre de la Défense Nationale, remit ce coffret sacré au président des États-Unis d’ Amérique, Harry Truman.

C’est au-dessus de ce point central que se trouvera la dalle en pierre du pays, portant l’inscription:
LIBERATORIBUS AMERICANIS
POPULUS BELGICUS MEMOR
4. VII. MCMXLVI
(Le peuple belge se souvient de ses libérateurs américains – 4 juillet 1946)
Le monument fut inauguré le 16 juillet 1950, en présence des plus hautes autorités belges et américaines; des délégations anglaise, française, hollandaise et luxembourgeoise renforçaient le caractère international de l’événement. Les associations de vétérans étaient évidemment du nombre. Sans oublier l’architecte, lauréat d’un concours de projets, Monsieur Georges Dedoyard et l’entrepreneur Monsieur Félicien Calay. Dans les fondations se trouve, scellé, un parchemin signé par différentes personnalités belges et américaines.
L’étoile à cinq branches
Le Mémorial affecte la forme de l’étoile de la Libération, à cinq branches dont chacune mesure 31m de longueur. Le diamètre de l’atrium central est de 20m et s’élève jusqu’à 12m; le sommet de l’édifice est parcouru par une galerie circulaire conduisant aux tables d’orientation, une par branche de l’étoile.

Sur la couronne figurent les noms des 48 États constituant les USA de l’époque. A l’extérieur également, les badges des différentes grandes unités ayant participé à la bataille du Saillant. Sur les parois internes, le déroulement de cette bataille est expliqué en langue anglaise et en dix tableaux.
La crypte dédiée aux héros

Une crypte fut également creusée dans la roche; elle rappelle le sacrifice de 76.890 héros américains tués, blessés ou disparus dans cette bataille.

Trois autels sont consacrés respectivement aux cultes catholique, protestant et juif. Les mosaïques aux couleurs chatoyantes sont de l’artiste français Fernand Léger.
Tout proche, le Bastogne War muséum accueille les visiteurs désireux d’en savoir davantage sur les combats meurtriers qui se déroulèrent en Ardenne durant le terrible hiver 44-45.
Ecrit par : Patrick Germain 07-11-2007
Bastogne
Le Mardasson
par Mediardenne | Nov, 21, 2017 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
En d’autres lieux, on aurait certainement baptisé l’endroit : le Col de la Baraque de Fraiture. Parce que le site culmine à 652 mètres d’altitude, il est ainsi la deuxième « montagne » de Belgique après le plateau des Hautes-fagnes englobant la Baraque Michel et le signal de Botrange et la « Weisser Stein » de Bullange.

La « Fagne de Bihain » illustre bien le cadre désolé de l’endroit avant que les routes ne traversent la région.
Il paraitra sans doute prétentieux de parler de montagne, mais il est un fait que la flore naturelle du plateau des Tailles qui entoure le carrefour de la Baraque est comparable aux plantes de montagne, et même de montagne nordique. La linaigrette par exemple qu’on retrouve également en Hautes-Fagnes. Avant l’introduction massive de l’épicéa en Haute Ardenne, le paysage la plupart du temps les pieds dans l’eau et la tête dans le brouillard, se montrait fort inhospitalier. Les landes désertiques couvertes de bruyères, n’étaient parcourues que par les sangliers, quelques loups, les réfractaires fuyants les conscriptions napoléoniennes ou quelques intrépides marchands que leurs affaires obligeaient à passer par là.
En 1838 seulement, les routes se dessinèrent plus précises, de Liège vers Bastogne et de La Roche vers Vielsalm et la Prusse. Un habitant du village de Fraiture – un malin ce Pierre-Antoine Molhan – bâtit au croisement des routes une masure en argile et torchis où ne tardèrent pas à s’arrêter les voyageurs. Le malin Molhan avait bien compris l’importance stratégique de l’endroit ; d’où qu’on vienne, il fallait grimper longtemps pour arriver au croisement, c’était assurément là qu’il fallait offrir boissons et collations aux bêtes comme aux gens. Bien vu Pierre-Antoine !
Molhan fit fortune, aménagea de mieux en mieux sa bicoque de paille pour la transformer en un solide bâtiment en pierres qui résistait sans trop se plaindre au climat de l’endroit. Le bâtiment existe toujours aujourd’hui ; Molhan n’y est plus mais les voyageurs sont toujours soulagés de trouver boissons et bon repas à l’Auberge du Carrefour.

Une vue des nombreuses apparences subies par la Baraque de Molhan. Cette « version » de l’édifice fut détruite durant la guerre 40’/45′
Le Major Parker et la Bataille des Ardennes
Molhan avait pressenti l’importance stratégique du carrefour, il ne fut pas le seul.
Le 19 décembre 1944, cela fait trois jours que l’armée allemande a lancé la contre-attaque. Se repliant de l’Eiffel en passant par Salmchâteau, le major Arthur Parker et la centaine d’hommes qui lui reste passe au Carrefour de la Baraque de Fraiture. Il y a là un incessant balai de transports de troupes et de matériel américains allant dans tous les sens ; ceux qui se replient, ceux qui vont renforcer les positions et certainement, ceux qui ne savent pas où aller. Le carrefour routier est un passage obligé, impossible de le contourner vu l’état impraticable du terrain sur un large périmètre autour du site.
Parker l’a bien compris : c’est aussi par là que les troupes allemandes devront passer. Jusqu’au 23 décembre Parker (qui fut blessé) et ses hommes tiendront tête aux Panzers allemands. Ils retarderont considérablement la percée nazie.
En 1994 un monument fut inauguré à la mémoire du courage de la troupe « Parker ». Un canon Howitzer 105 mm identique à ceux dont disposait Parker fut amené des Etats-Unis. Pour les américains, le carrefour de la Baraque est connu sous le nom de Carrefour Parker.

Le canon Howitzer datant de 1941. L’aire du Souvenir sur laquelle il prend place est dédiée « aux Etats-Unis d’Amérique et à ses valeureux combattants », comme le dit la plaque commémorative.
Promenades et ski

Un bel enneigement permet la pratique du ski de fond, mais aussi du ski alpin et de la luge
Plusieurs établissements, offrant un large choix de restauration, sont venus s’ajouter depuis à l’Auberge du Carrefour dont l’enseigne voisine avec des aménagements dignes d’une fréquentation croissante.
L’or blanc n’y est pas étranger. Chaque années des milliers de visiteurs fréquentent les pistes de ski alpin qui, longues de 300, 700 et 1.000 mètres, sont équipées de remonte-pentes, éclairées à la nuit tombée, et complétées par une piste de luge. L’enneigement voulu y règne en moyenne 20 jours par an, et bien davantage pour les skieurs de fond qui trouveront sans peine des pistes balisées dans toute la région. Une autre piste de ski alpin est également accessible à Lierneux.
Qu’il neige ou qu’il fasse plein soleil, la Baraque de Fraiture constitue un point de départ idéal pour rayonner à-travers une région qui fait la part belle au tourisme familial. Des animations les plus connues aux vallées les plus secrètes, rien n’est jamais bien loin de ce carrefour qui ne ressemble à aucun autre.

Un site en altitude offre évidemment des points de vue d’une très grande beauté,… par temps clair.
Sources : Vieilles images sur toits de cherbins – Robert Nizet – 1986
Le CRIBA – Centre de Recherches et d’Informations sur la Bataille des Ardennes
La Baraque de Fraiture vue du ciel
= Agrandir les images
Où est la Baraque de Fraiture
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Balades à proximité de la Baraque de Fraiture
par Mediardenne | Juin, 5, 2017 | Comprendre l'Ardenne, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vie ardennaise |
Burtonville (Vielsalm) : Les bords de la forêt.
Flanqué en lisière de la forêt domaniale du Grand-Bois, le village compte une soixantaine de « feux ». C’est sans doute parce qu’il était à l’écart des voies de communication de grande et moyenne importance et par sa proximité avec la forêt que ses habitants ont hérité du sobriquet de « Leus » (les loups en wallon).
Nous avons deux excellentes raisons de vous présenter Burtonville. D’abord parce que c’est un très charmant village, ensuite parce que c’est là que siège MediArdenne.
Il faut attendre1574, pour trouver la première mention de Burtonville. Et le dénombrement de 1575 pour en obtenir la première description : «Burtonville, qui sont maisons nouvellement érigées»… disent les registres dans le langage de l’époque. Ces faits, nous dit Gaston Remacle, portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIème siècle.

Cette imposant bâtiment blanc à l’est du village abritait naguère les douaniers qui gardaient la frontière prussienne toute proche.
Burtonville serait, semble-t-il, le « village de Burton ». Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIème siècle, comme surnom de «Jehan marteau dicte Burthon», habitant et originaire de l’endroit, et souche de la famille Burton, de Burtonville. Ne faut-il pas y voir une déformation de « Breton » ? Nationalité de l’un des tout premiers habitants de la localité ? C’est ce que semble penser Remacle.
L’extrémité du village, côté Est, compte des maisons fort anciennes, situées au carrefour de deux voies dont l’origine se perd dans la nuit des temps, d’une source où abonde une eau de qualité, et d’un ruisselet issu de Laguespré. La logique tend à faire de ce quartier le plus ancien de Burtonville. Aujourd’hui, le ruisselet est capté et le Laguespré alimente en eau, non seulement le village, mais une bonne partie du centre de la commune.
Ce qui n’empêche nullement les autres parties de la localité de présenter de forts beaux exemplaires de patrimoine bâti régional, où la pierre d’arkose prédomine. Judicieusement restaurées, en activité ou à la retraite, toutes ces constructions témoignent du laborieux passé agricole du village.

Une restauration dans l’esprit du lieu. Les ardoises découpées en rond sont clouées sur l’extrémité des poutres portant le toit. Le bois est ainsi protégé de la pluie.
La chapelle Saint-Fiacre
Et, pour une fois, l’église est loin d’être au milieu du village.
Elle est toute petite, mais tellement jolie. Bâtie en pierres d’arkose elle aussi, avec des encadrements de fenêtres et du porche en pierre blanche de France et bien-entendu un toit en ardoises. Son architecture dégage de belles proportions, tandis que le ciselage des encadrements fait preuve de finesse et de modestie à la fois.
Elle fut inaugurée en 1880, sur l’emplacement d’une précédente chapelle bien plus modeste encore.
A peine fut-elle terminée qu’une anecdote la priva du vicaire qui avait lui-même initié la construction de l’édifice.
Nous sommes à la Saint-Isidore, une soirée dansante et un cabaret s’étaient organisés dans une grange à deux pas de la chapelle. Le vicaire Raskin – puisqu’il s’agit de lui – était très strict sur la conduite à tenir par ses ouailles. Il se posta donc pour observer qui s’adonnait à ces festivités fort peu chrétiennes, et le dimanche suivant lors de la messe matinale, il enguirlanda et montra du doigt ces jeunes fêtards qu’il considérait comme dépravés.
Cela ne plut évidemment pas du tout à la jeunesse, dès les vêpres (la messe du soir) du même dimanche, ils menèrent un tel chahut, menaçant le prêtre que celui-ci dut interrompre l’office et décamper. Un des frondeurs aurait, dit-on, commis le sacrilège de cracher sur l’Autel.
Informé des faits, l’évêché prit la décision de déplacer le vicaire et de priver le village de la parole divine. Ce n’est que trente ans plus tard, en 1910 qu’un nouveau prêtre prit ses quartiers à Burtonville.
Aujourd’hui, une seule messe est encore célébrée dans l’année, appelée la « messe des morts », elle a lieu le lundi de la fête du village (la Saint-Fiacre), le premier lundi de septembre.

La chapelle Saint-Fiacre.

L’encadrement du porche, comme ceux des fenêtres sont en pierre de France et sculptés sans prétention mais avec très bon goût.
La bataille.
Comme tant d’autres villages ardennais, Burtonville fut ravagé lors de l’Offensive des Ardennes. Dès le début de la contre-attaque allemande (le 16 décembre 1944), le bruit des canons se fit entendre au loin ; jusqu’au 18 janvier 1945, date à laquelle les GI’s libérèrent définitivement le village. Plusieurs bâtiments furent atteints ou détruits, ainsi la ferme qui abrite aujourd’hui MediArdenne fut-elle entièrement rasée par un incendie et le cheptel périt dans les flammes. Les victimes civiles furent nombreuses dans tout le village, huit personnes seront atteintes par des obus ou fusillés sur les chemins et les ruelles. Le curé d’alors fut attaché à l’extérieur et abandonné au gel de l’hiver, il en mourut. Sa servante, choquée et probablement maltraitée le suivit rapidement.

Celle que les voisins appelaient « la grosse ferme » ou « la ferme Lambert » fut incendiée volontairement par les soldats américains. Ils ignoraient que plus de 60 personnes civiles étaient réfugiées dans les caves. Tous les civils ont pu se sauver dans d’autres caves du village avant que les américains ne lancent l’attaque pour la reprise du village. C’est pour éclairer la scène d’action qu’ils avaient tiré des balles incendiaires vers le bâtiment.

On distingue encore nettement le sous-bassement à partir duquel le bâtiment à été reconstruit.

En 2005, lors du centenaire de la fondation du comité des fêtes du village – qui porte toujours le même nom : l’Aurore – les habitants érigèrent un monument à la mémoire des victimes civiles et militaires tombées sur le territoire de Burtonville. Comme il se doit, le monument est constitué d’un piétement en pierres maçonnées et d’un énorme bloc d’arkoze. Sur celui-ci sont apposés les noms des habitants disparus ainsi qu’un hommage au soldats de la 75e division US qui libéra le village.

En 2015, le village participa activement aux commémorations du 70éme anniversaire de la Bataille des Ardennes qui eurent lieu à travers toute la région. De nombreuses personnes présentent à Burtonville durant ces événements tragiques avaient répondu à l’appel.
Téléchargez la brochure éditée lors des commémorations de l’Offensive en 2015
burtonville-brochure-commemoration-2015
La proximité de la forêt

Influencés par le cadre forestier qui baigne le village, de 1996 à 2006, les habitants organisèrent chaque année un concours de débardage au cheval. Dans une série d’épreuves d’adresse et de puissance, les concurrents reproduisaient le quotidien du couple homme-cheval qui sont chargés d’extraire de la forêt les grumes abattues par les bûcherons.
Près d’un siècle plus tôt, les agriculteurs s’étaient déjà réunis pour former une coopérative agricole, la bien nommée : « Les Bords de la Forêt. »

Dans les années ’70, l’agriculture était encore une activité familiale paisible. Les cruches à lait attendent l’heure de la traite. A coup sûr, le lait sera gardé au frais.
Fr Rion – 2017
Sources :
Vielsalm et ses environs – Gaston Remacle – Commune Vielsalm – 1957
Burtonville autrefois – Marcel Dewalque
… et le fait de se réveiller et de s’endormir tous les jours dans ce beau village…
Burtonville
Burtonville
par Mediardenne | Mai, 22, 2017 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
Le lac, le barrage et le lion de La Gileppe | Vidéo
Vers le milieu du 19° siècle, les besoins de son industrie textile et le défrichement de la forêt de l’Hertogenwald amènent la ville de Verviers à réclamer l’étude de travaux d’amélioration du régime de la Vesdre. Le barrage de la Gileppe va naître.
Une vidéo de Jean Marc Charette / LZ créations
par Mediardenne | Mai, 16, 2017 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
Le domaine et la chapelle de Farnières | Vidéo
Farnières est un hameau de la commune belge de Vielsalm, située en Wallonie, dans la province du Luxembourg. Avant la fusion des communes de 1977, il faisait partie de la commune de Grand-Halleux. Une foire annuelle, notamment pour le bétail, s’y tenait au début du mois de septembre. Le château que vous découvrez fut construit par Fernand Orban de Xivry. Le baron meurt au début des travaux en 1926, mais la construction fut achevée par sa veuve en 1929. Cette année-là, elle cède toute sa propriété aux Pères salésiens de Don Bosco. L’établissement fut d’abord un noviciat pour la Congrégation. Une école d’horticulture y fut ensuite fondée en 1935, ainsi qu’une école d’agriculture en 1944. Elles ont subsisté jusqu’en 1967. Ce fut ensuite un Centre spirituel accueillant des retraites. Aujourd’hui, l’origine de ce domaine majestueux situé en plein cœur de la nature n’est pas toujours bien connue… Même ici, en Haute-Ardenne, qui sait réellement que Farnières est devenu un Centre de Rencontres et d’Hébergement? Ce CRH est même reconnu par la Fédération Wallonie Bruxelles pour le projet pluraliste qu’il développe au profit de tous les jeunes. Il est géré par des laïcs et forme tous les jeunes à la citoyenneté en proposant notamment des Classes Citoyennes. Découvrez sans plus tarder la Haute-Ardenne et rejoignez avec vos élèves un projet pédagogique développé au profit de tous les jeunes…
http://www.farnieres.be/
Une vidéo de Jean Marc Charette / LZ créations
par Mediardenne | Fév, 21, 2017 | lieux, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
L’odyssée du Hérou – Vidéo
Promenade dans les paysages mystérieux de la Haute Ardenne.
Un sombre sommet d’Ardenne en cette approche de l’hiver, nous retrouvons l’Ourthe et les ruisseaux qui l’alimentent. L’eau est furieuse, mais les pierres du Cheslé restent impassibles face au climat un peu boudeur de cette saison.
www.sentiersduphoenix.be : « L’aventure est un état d’esprit »
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par Mediardenne | Fév, 21, 2017 | lieux, nature, Parcourir l'Ardenne, Vidéos |
Le tombeau du chevalier – Vidéo
Plus envoûtante que jamais, la Semois s’éveille sous les brumes, et peu à peu découvre un des sites naturels parmi les plus majestueux de l’Ardenne.
Le tombeau du chevalier se situe à Herbeumont (Ardenne). Ce méandre de la Semois encercle une butte boisée dont la forme évoque la sépulture médiévale des chevaliers.
La légende, contée par Charles Perlot, raconte qu’un jour, un seigneur, venant du pays du soleil, un géant comme on n’en avait jamais vu s’en vint par la vallée de la Semois : il s’arrêta au pied d’un mont herbeux sur lequel plus tard s’érigea un imposant château-fort. Il y établi son campement. Par une belle soirée d’été, lors qu’il se prélassait au soleil, il vit des nymphes qui s’ébattaient dans l’eau cristalline. L’une d’elle, d’une beauté exceptionnelle retint son attention. Il s’approcha, mais brusquement toutes disparurent dans l’épaisse forêt. Furieux, le géant jura de retrouver celle qu’il convoitait et, sur son fringant coursier pendant des semaines, il arpenta les sentes des bois environnants. Un soir, qu’il avait chevauché toute la journée en forêt, il s’arrêta épuisé sur les hauteurs de « Mauleux ». Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit les nymphes danser au clair de lune sur le versant opposé. Sans crainte du danger, il éperonna sa monture qui d’un bond s’élança dans le vide au-dessus de la Semois et vint s’écraser sur une crête de la colline qui s’ouvrit engloutissant monture et cavalier. Cet endroit fut surnommé « Tombeau du Chevalier ».
© 2011-2016 Walter Barthélemi
walterbarthelemi.be
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Walter Barthélemi a collaboré à ces ouvrages
Ardenne éternelle
Editions Weyrich
Jean-Luc Duvivier de Fortemps, Benjamin Stassen, Walter Barthélemi
Que de lieux et de paysages ont enflammé mon imaginaire et nourri ma contemplation : forêts, rochers, rivières, mais aussi châteaux, chapelles, villages, des lieux habités et hantés. Ma mémoire est faite de ces lieux.

Sylvaines
Jean-Luc Duvivier de Fortemps, Jean-Claude Servais, Walter Barthélemi
La forêt d’Ardenne, cette « forêt habitée et hantée » comme la dépeint Duvivier, est le dénominateur commun de ces trois nouvelles où la vraisemblance des faits n’en dissimule pas moins un surnaturel latent.

Calendrier perpétuel
Editions Weyrich - 365 photos de Walter Barthélemi
À travers ce calendrier, Walter Barthélemi nous livre des clichés d’une délicatesse incomparable, qui laissent transparaître sa passion pour la faune et la flore de l’Ardenne.
par Mediardenne | Jan, 1, 2017 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Bataille des Ardennes – Le cimetière allemand de Recogne
Depuis 1947, les corps de 6.807 soldats allemands reposent par groupes de six, sous de rustiques croix de petit granit, à Recogne. Avec Lommel (Léopoldsburg) c’est la plus grande nécropole du genre en Belgique.

Le bloc de granit gravé à l’entrée du cimetière
Décembre 44 : Hitler lance l’offensive « Wacht am Rhein », qui va déboucher sur l’un des plus grands carnages de la seconde guerre mondiale du XXème siècle, sur le front occidental. Les pertes humaines, de chaque côté, dépassent celles enregistrées durant le débarquement en Normandie. Actuellement, on cite les chiffres, côté américain à 8.607 tués, 21.144 disparus et 47.139 blessés ; côté allemand à 17.236 tués, 16.000 disparus et 34.439 blessés. Sans commentaire.

La chapelle accueille les visiteurs.
Le service d’inhumation américain aménage un cimetière de regroupement situé de part et d’autre de la route de Noville. On y enterre, séparément, 2.700 soldats américains et 3.000 allemands.
Durant les années 46 / 47, les morts américains sont transférés à Henri-Chapelle, tandis que les services d’inhumation belges réunissent les allemands à Recogne. Aux 3.000 du départ vont se joindre les soldats tués dans d’autres endroits de la province de Luxembourg, du sud de la province de Liège et des Cantons de l’Est. Y reposent également les dépouilles de militaires tués dès le début de la guerre, et l’occupation.
Réconciliation par-dessus les tombes
En 1956, un camp de jeunesse international fut organisé. Son thème : « Réconciliation par-dessus les tombes ». Ces jeunes, venus de six nations, aidèrent à l’aménagement du cimetière et à la construction du mur d’enceinte, en grès rose de l’Eifel. Le 25 septembre 1960, le cimetière fut officiellement inauguré.

Sous chaque croix, gravée recto/verso, reposent six dépouilles de soldats. Beaucoup n’ont pu être identifiés.
Sous chaque stèle de petit granit, gravée recto-verso, reposent six corps, dont certains n’ont jamais pu être identifiés. Aucune distinction de grade : officiers et soldats sont ici réunis dans la mort.
D’une même sobriété, une chapelle a été élevée, dont les murs sont décorés de bas-reliefs : l’un représentant st Michel portant la balance, et l’archange Gabriel portant la lumière.
On pourrait gloser à l’infini sur les tenants et les aboutissants de cette tuerie qui, sous des dehors idéologiques, a bel et bien constitué un exploit de plus à mettre au crédit d’une certaine forme d’économie. Foutaises, que le reste ! Fables tragiques avalées par les peuples pour justifier, et commettre, l’injustifiable. Et les archives auront beau faire, révélant le cynisme sous-jacent des assassins aux mains blanches : l’humain, on peut le craindre, ne comprendra jamais.
Mais la paix de ce cimetière. Mais la lumière rasante qui joue sur les stèles. Un jour, peut-être…
Ecrit par Patrick Germain 07-11-2007
Recogne

Le cimetière allemand de Recogne
par Mediardenne | Déc, 10, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Décembre 1944, le massacre de Baugnez à Malmedy
Outre les innombrables destructions et morts dues aux tirs d’artillerie et aux bombardements aériens, tant alliés qu’allemands, nombre de massacres furent commis durant l’offensive Von Rundstedt.
Leur liste s’égrène comme un chapelet : Baugnez, Bourcy, Noville, Wibrin, Stavelot, Bande, Steinbach …
Fait de troupes fanatisées, ivres de vengeance ou conscientes de l’inexorable échec du » Reich millénaire « , ces massacres constituent un douloureux martyrologe ardennais.
La 1ere SS Panzer Division (LAH) commit de nombreux crimes de guerre lors de sa percée au Nord du saillant.
Celui de Baugnez, sur les hauteurs de Malmédy, est sans doute le plus connu : quatre-vingt-six GI’s y furent assassinés, dans une prairie située à l’angle des routes de Waimes et de Ligneuville.
La raison en demeure incertaine.
Les faits
Le 17 décembre 44, le 285eme bataillon d’observation d’artillerie de campagne US, aux ordres du lieutenant Lary arrive à Malmédy. Averti de la présence de blindés allemands à Bullange, celui-ci décide néanmoins de suivre la route qui lui a été assignée ; et l’unité s’engage sur la N 23.
Elle arrive au carrefour de Baugnez au moment même où une avant garde de la colonne Peiper y parvient.
Un violent engagement s’ensuit, et les véhicules sont bousculés par les blindés allemands de tête, qui poursuivent leur route. Mais le reste de la colonne est là, et Lary comprend que la situation de sa troupe est désespérée. Il décide de se rendre.
Le commandant Poetshke, qui est laissé avec les prisonniers, distrait deux Panzers de la colonne. Soptrott, commandant l’un des deux blindés, aurait alors reçu l’ordre d’ouvrir le feu. En tout cas, son canonnier, le soldat Fleps, abat le chauffeur du lieutenant Lary d’un coup de pistolet, puis les mitrailleuses des chars entrent en action. Des pionniers du génie allemand, de jeunes recrues, entrent ensuite dans le champ pour achever les survivants.

Baugnez (source USArmy) : Enfouis sous la neige, les corps des soldats assassinés à Baugnez ne seront inhumés qu’une fois le carrefour repris par les alliés, un mois après les faits ; et le travail d’une commission d’enquête effectué.
La prairie Sacrée

On dégagera plus de 80 corps de la neige
Volonté délibérée ? Effet d’entraînement, après le coup de feu de Fleps ? Que s’est-il passé, à Baugnez ? Les historiens eux-même s’y perdent. Restent les faits. Sans excuse.
Le procès de ce massacre eut lieu à Dachau en 1946, et Jochen Peiper fut condamné à mort. Il est prouvé aujourd’hui qu’il ne se trouvait pas à Baugnez au moment des faits.
La prairie abreuvée par le sang des malheureux fut longtemps laissée à l’abandon. Enfant, nous passions régulièrement à cet endroit, dont nos parents nous avaient maintes fois raconté l’histoire.
Elle était devenue sacrée, à nos yeux, et l’est restée.

Un zoning artisanal est à présent établi derrière le monument commémoratif. Reste un souvenir tenace.
Un long chemin d’horreur
Mais les massacres ne se limitèrent pas à celui de GI’s désarmés. Les civils payèrent également un lourd tribut à la folie meurtrière des SS les plus fanatiques, dans le secteur.
La liste n’est pas exhaustive : sur la route, entre Stavelot et Trois-Ponts, vingt personnes – hommes, femmes et enfants – sont abattues. Vingt-quatre, à Parfondruy, dont deux femmes enceintes. A Reharmont, une douzaine de civils trouve la mort.
Plus loin, sur la route de Coo, les nazis abattent encore une vingtaine de personnes.
Un long chemin d’horreur, dont toute l’atrocité nous a sauté au visage, par delà l’espace et le temps, lors d’un reportage dans la Bosnie ravagée.
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Stavelot, cité martyre. Quelles que puissent être les circonstances, rien n’excusera, jamais, les massacres commis au nom d’une idéologie. Quelle qu’elle soit.
Peiper

La condamnation à mort de Jochen Peiper fut commuée, le 30 janvier 1951, en détention à perpétuité. Le 22 décembre 1956, il était libéré sur parole jusqu’au 21 juin 1958, date à laquelle cette mesure prit fin. Le 14 juillet 1978, celui qui n’a jamais renié son attachement au nazisme était assassiné à Tarves (France) et sa maison incendiée.
Ecrit par le major anglais Reynolds, le livre » L’adjudant du diable » (De krijger – 2000 – ISBN 90-72547-97-7) retrace le parcours de Peiper, tout particulièrement lors de l’offensive. Ce livre, particulièrement fouillé, en dira plus au lecteur intéressé.
Virgil Lary mourut d’un cancer, en 1981. Dans une lettre à un ami, il confiait que, de toute manière, il était déjà mort dans le champ de Baugnez, en 1944.
Textes : Patrick Germain | Crédit(s) photographique(s):US NARA
Liens intéressants
Sur les archives audiovisuelles de la Sonuma

Aux Etats-Unis, Baugnez est l’épisode le plus tristement célèbre de la Bataille des Ardennes : le 17 décembre 1944, un convoi de l’artillerie US est arrêté par la colonne allemande de Joachim Peiper. Faits prisonniers, les GI sont brutalement fusillés par les SS. Ce crime de guerre coûte la vie à 84 soldats. Mais que s’est-il réellement passé au carrefour de Baugnez? L’Américain George Fox, vétéran de la 285ème artillerie miraculeusement rescapé du massacre, et l’Allemand Rolf Ehrhardt, vétéran de la 1ère Panzer SS, donnent chacun leur version des faits.
Sur Youtube

Des interviews (en anglais) de vétérans qui ont connu cet épisode dramatique. Quelques images d’archive des faits sont mixées, probablement, avec des images de propagande. Les films de propagande étaient très utilisés, tant dans le camps US que dans le camp Allemand.
Où est Baugnez et la commune de Malmedy
Baugnez

Les corps des GI’s enfouis sous la neige
par Mediardenne | Sep, 1, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vie ardennaise |
Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale
Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale
Avant l’apparition des matériaux modernes, le schiste fut longtemps mis à toutes les sauces dans une grande partie de l’Ardenne, où on le rencontre à profusion. Cherbins et ardoises, bien-sûr, mais aussi pavements, bacs ou autres abreuvoirs – sans oublier l’art funéraire – contribuèrent ainsi au rayonnement de certains gisements bien au-delà de notre aire géographique. Plus discrets, mais combien typiques, sont les “ponts de chayes„.

Le pont d’Odrimont
C’est peu dire que l’aménagement des voiries a profondément remodelé le visage de la campagne ardennaise au fil du temps, et tout particulièrement ces dernières décennies. Quand ils n’ont pas été purement et simplement abandonnés ou intégrés plus moins légalement dans les propriétés riveraines, nombre d’entre eux sont devenus de larges assiettes empierrées, voire asphaltées, aux cours sévèrement rectifiés.
Quelques-uns, pourtant, poursuivent discrètement leurs carrières tout au long de tracés dont l’origine se perd souvent dans la nuit des temps. Voies de pèlerinages ou simples raccourcis entre hameaux, ils constituent autant de vestiges du maillage qui parcourait la campagne aux temps pas si lointains où elle se vivait à pied, ou au pas des chevaux.

Le pont sur la Lienne
Les chemins de traverse
Le tourisme lent les a pris en affection, et rien n’interdit de penser qu’ils pourraient bien connaître un regain d’intérêt beaucoup plus basique avant longtemps. Quoi qu’il en soit, leurs cours sont généralement d’un grand intérêt : que ce soit en matière de biodiversité ou de préservation du petit patrimoine, vivre à l’écart de l’agitation ambiante présente quelque avantage.
Ainsi faudra-t-il emprunter les chemins de traverse pour découvrir, voisinant le plus souvent un gué, les derniers exemplaires de ces ponceaux typiques composés d’imposantes dalles de schiste posées sur des piliers de même nature ou de blocs de quartzite. Et les surfaces polies des “ ponts de chayes „, puisque c’est d’eux dont il s’agit, témoignent à suffisance de l’usage intensif dont ils firent longtemps l’objet.

Le pont du Tienmesse, une carte postale de chez « Nels »
Certains d’entre eux sont célèbres. Ainsi le pont de chayes du Tiennemesse qui, à Vielsalm, connaît ses heures de gloire annuelles lors du Sabbat des Macralles et quand bien même sa configuration actuelle n’a plus grand rapport avec celle de son imposant aîné.
D’autres accueillent avec une ténacité bienveillante le pas des promeneurs modernes après avoir évité le bain de pieds aux voyageurs de jadis lors de leur traversée de la Lienne, par exemple. À l’occasion, ils permettent même quelques instants de rêverie.

Le pont du Tienmesse aujourd’hui
Dans ce coin de Haute-Ardenne, leur imposantes couvertures proviennent des carrières de Joubiébal où l’on extrayait, aisément semble-t-il, des dalles de belles dimensions exportées dans une vaste zone géographique. Il est toujours possible de s’en faire une certaine idée en fréquentant le parc public qui, désormais, occupe une partie de leur emplacement au carrefour des routes de la Baraque de Fraiture et de Sart-Lierneux. Là ou ailleurs, les ponts de chayes auraient sans doute disparu l’un après l’autre si les collectivités locales n’avaient, depuis quelques années maintenant, pris conscience de l’importance de ce genre de témoin du quotidien de nos Anciens. N’hésitez pas à leur confier vos foulées, et à profiter des sensations générées par le cadre bucolique dans lequel ils s’inscrivent généralement.
Ecrit par Patrick Germain 09-01-2008

Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain (Région de Lierneux – et merci à Élisabeth Guillaume pour sa doublement gracieuse collaboration) Sauf reproduction de carte postale : Nels éd.
Source :
• “ Autour et à l’entour du tram de Lierneux „ – Collectif – Robert Nizet éd. à Vielsalm – 1997 “ Vieilles images sur toits de cherbins „ – Robert Nizet – ibid 1986 – “ Vielsalm „ – Plaquette commémorative éditée à compte d’auteur par Jean-Marie Hurdebise – Vielsalm (année ?) – 129
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par Mediardenne | Juil, 28, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Les fortifications celtes du Cheslé à Bérismenil
L’Ardenne regorge de sites jadis occupés par les Celtes aux différentes époques. Nombre d’entre eux restent sans doute à découvrir. Ce n’est pas le cas du Cheslé, à Bérismenil (La Roche en Ardenne), l’une des forteresses les plus vastes de la Belgique actuelle.
Texte : Patrick Germain 2007
Photos : Fr. Rion 2016

L’accès au Cheslé nous fait emprunter ce chemin forestier taillé dans le schiste.
Au départ de l’église de Bérismenil, c’est à une remontée dans le temps que nous convient les Celtes, et, surtout, les archéologues: à quelques deux kilomètres de là se trouvent les vestiges de l’une des plus vastes enceintes fortifiées d’origine celtique recensées dans la Belgique actuelle.
Porté sur la carte Ferraris en 1777, reconnu en 1867 par Sulbout, le Cheslé – vocable dérivé de « châtelet » ou « château » – a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles, depuis 1905 (Loë). Le site, sur lequel les recherches se poursuivent, a livré un matériel archéologique varié, dont la datation de certaines pièces au carbone 14 fait remonter la première occupation aux alentours de 519 avant notre ère. Au premier âge du Fer, donc, ou Hallstatt. Elle est donc antérieure d’au moins 400 ans aux écrits de César, sur lesquels nous reviendrons plus loin.
Situation topographique et stratégique

Au fond de la vallée, l’Ourthe coule…, pas toujours paisiblement.
Le Cheslé est juché au sommet d’un éperon rocheux étranglé, en aval du Hérou. Les versants y sont raides, avec des dénivelées de l’ordre de 70 mètres. Il s’agit donc d’un site isolé, mais qui n’occupe pas une position prédominante : son sommet est situé sous l’altitude du plateau ardennais, qui l’entoure. Le contrôle qu’il a pu exercer, s’étonne-t-on parfois, n’a dès lors pu s’exercer que sur les versants du méandre, et sur le « gué des Haches ».
C’est faire peu de cas de l’importance stratégique de l’Ourthe, et de cet endroit en particulier. Quelles que puissent avoir été les qualités – avérées – des voies celtiques majeures, à la mauvaise saison les routes d’Ardenne deviennent généralement impraticables. C’est une des raisons qui peuvent expliquer l’utilisation de l’Ourthe, pourtant tortueuse et dangereuse, comme voie de communication. Et d’invasion.
Disposition, architecture

Les fortifications réhabilitées s’étendent sur deux sites. Ici, la « porte » sur le versant le plus accessible.
Le rempart est long de 1700 mètres, et ceint quelque 13 hectares de terrain rocheux
En 1997, sous la houlette du professeur Bonenfant, de l’Université libre de Bruxelles, le site fait l’objet de fouilles. Dans sa publication, le scientifique mentionne que : « Le réexamen d’une coupe stratigraphique a monté trois états : une petite construction limitée à un chemin de ronde palissadé, dominant la longue pente dévalant à 45° vers l’Ourthe ; une construction plus élevée, bâtie en pierre et bois, formée d’une maçonnerie de moellons bruts assemblés à sec, raidie par des poteaux en façade et des traversines engagées dans l’œuvre ; en troisième lieu, une construction plus importante, mais de même style (…). Ces trois états s’étagent de bas en haut, ce qui paraît bien correspondre à leur ordre chronologique relatif. »

De la « porte », on peut néanmoins surveiller l’Ourthe. Au fond, l’île du Meunier.
Un type de construction étendu à une grande partie du territoire celtique, et qui semble n’avoir guère du subir de modifications puisque, dans le livre VII, chapitre 23 de sa « Guerre des Gaules », César écrit : « Telle est à peu près la forme des murailles dans toute la Gaule: à la distance régulière de deux pieds, on pose sur leur longueur des poutres d’une seule pièce ; on les assujettit intérieurement entre elles, et on les revêt de terre foulée. Sur le devant, on garnit de grosses pierres les intervalles dont nous avons parlé. Ce rang ainsi disposé et bien lié, on en met un second en conservant le même espace, de manière que les poutres ne se touchent pas, mais que, dans la construction, elles se tiennent à une distance uniforme, un rang de pierres entre chacune. Tout l’ouvrage se continue ainsi, jusqu’à ce que le mur ait atteint la hauteur convenable. Non seulement une telle construction, formée de rangs alternatifs de poutres et de pierres, n’est point, à cause de cette variété même, désagréable à l’oeil ; mais elle est encore d’une grande utilité pour la défense et la sûreté des villes ; car la pierre protège le mur contre l’incendie, et le bois contre le bélier ; et on ne peut renverser ni même entamer un enchaînement de poutres de quarante pieds de long, la plupart liées ensemble dans l’intérieur. »
Restauration, fouilles

Le rempart principal, le premier a avoir été restauré. Au pied de ce talus, caché par les fougères, un fossé ralentit d’autant plus la progression des agresseurs.

La construction volontairement inachevée illustre bien la technique. Un squelette de poutres entrecroisées traversant l’épaisseur des murs de pierre et de terre. Indestructible.
Une reconstitution, accessible au public, de l’ouvrage a été réalisée par la Société nationale des fouilles. L’effet est à la fois didactique et saisissant. Les photos utilisées dans cet article et dans la galerie d’images ci-dessous en témoignent à suffisance.
Légende et méditation

Est-ce ce rocher ou un autre qui dissimule le repaire de la Gatte d’Or.
Un puits, dit la légende locale, se trouverait au centre de la forteresse. Gardé par une chèvre d’or, un trésor y sommeillerait, prêt à se livrer à celui qui, durant l’élévation de la messe de minuit – à Noël donc – offrira une poule noire, et ne profèrera aucune parole. Faute de quoi, le coffre contenant le trésor se transformera en une bête gluante, dont les yeux lancent des éclairs qui pulvérisent l’imprudent.
La légende est, tous les amateurs de ce genre de récit l’auront noté, de facture classique. Tout comme est classique, à proximité de ruines, la présence des Elfes. Les dieux ne meurent pas: ils se transforment.
Pour nous, cette visite aura surtout été l’occasion de retrouver des sensations ancrées tout au fond d’une mémoire plurielle qui ne manque jamais au rendez-vous, sur de tels sites. Qui ? Quoi ? Comment ? Tout ça importe peu, et nous appartient.
Reste que de tels lieux, chargés d’histoire et d’émotions, parlent à qui les veut écouter. Témoignent d’un passé qui fut nôtre et que, pour autant de raisons, l’Histoire de Belgique et d’ailleurs a longtemps – et sciemment – occulté. De nouvelles générations de chercheurs et d’historiens ont succédé aux Pirenne et consorts : puissent-ils être remerciés pour un travail que la topographie ardennaise ne simplifie pas ; comme ne les simplifient pas certaines difficultés d’un tout autre ordre – humaines, en l’occurrence – de moins en moins opérantes, il est vrai.
Puisse, par ce biais et par d’autres, l’Ardenne retrouver ses racines profondes. Tel est notre souhait, et, sans doute, celui de ceux qui, invisibles, poursuivent leurs vies dans le Sidh.
Ambiorix, par exemple, qui a peut-être fréquenté les lieux ?
________________________________________
Source :
• Collectif : « Province de Luxembourg : Le pays des roches et des méandres » – Maisons du tourisme et SI
Le Cheslé

Les fortifications du Cheslé
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3 balades à proximité du Cheslé et de Berismenil
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par Mediardenne | Juil, 25, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
La Porte de Trèves à Bastogne
Puissante tour carrée de quelques huit mètres de côté pour dix-sept de hauteur, la Porte de Trèves est un des derniers vestiges des fortifications qui entouraient Bastogne au Moyen Âge. Gros plan sur une vieille dame qui a beaucoup souffert.

Par sa charte du 12 juin 1332, Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg et de La Roche, roi de Bohème et de Pologne, affranchit les bourgeois de Bastogne, confirmant ainsi la localité dans son statut de « Ville ». Le château ayant été détruit par les Liégeois en 1236, Bastogne est reconstruite et fortifiée dans la foulée. En échange de quoi, la Ville eut pour obligation d’entretenir les remparts et les bourgeois d’en assurer la garde.
La Porte Basse, comme son nom l’indique, constitue alors l’accès principal à la localité par sa partie basse.
En 1602, Louis de Nassau assiège vainement Bastogne. Les remparts tiennent bon. Quelques années plus tard, comme en tant d’autres lieux, ils seront pourtant démolis sur l’ordre de Louis XIV, alors occupé à asseoir son pouvoir.

Les remparts détruits, il ne reste que la porte.
La Porte Basse est ensuite restaurée, au XVIIIème siècle, devenant «Porte de Trèves» puisqu’ ouvrant la route dans la direction de ce centre alors important. Elle est convertie en prison et maison de passage, jusqu’à la guerre de 14-18.
Une première série de travaux de restauration est effectuée au XIXème siècle ; et le 22 février 1938, la Porte de Trèves est classée monument historique. Mais le tragique épisode de l’hiver 44-45 la laisse en ruines.
Relevée depuis lors, et gérée par le Cercle d’Histoire local qui y propose un intéressant panoramique de la préhistoire au Moyen Âge, le monument peut être visité sur rendez-vous. Des expositions temporaires y sont également organisées.
Non loin, l’église Saint-Pierre – édifice des XIIè-XVIè siècles – inscrit le hourd de bois cernant sa massive tour carrée dans le paysage bastognard.
Ecrit par : Patrick Germain 10-01-2008
Crédit(s) photographique(s) : Patrick Germain sauf carte postale ancienne
Crédit(s) iconographiques : gravure : tirée de « La Belgique Illustrée »
Sources :
• « Communes de Belgique » – Collectif – 1980 – Crédit Communal de Belgique à la Renaissance du Livre éditeurs –
• « La Belgique illustrée » – 1890 – Bruxelles, chez Bruylant ed. –
• « La Belgique pittoresque » F. Alexis – M.G. – 2ème édition Grand IN-8″ – 1905 – Liège H. Dessain, imprimeur – éditeur –
Où est la Porte de Trèves
Porte de Trèves
La porte de Trèves
3 balades à proximité de Bastogne
par Mediardenne | Juil, 6, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, nature, Parcourir l'Ardenne |
Le plateau des Hautes Fagnes, le toit humide de la Belgique.
Le promeneur avide de grands espaces qui s’aventure dans la réserve des Hautes Fagnes, là du côté de Botrange, s’imagine souvent découvrir des étendues désertes… de toute éternité. C’est faire fi de l’histoire du Haut Plateau que le travail des hommes a lentement façonné…

Juché au faîte de la Belgique, ce territoire présente un sous-sol foncièrement imperméable. Cette caractéristique lui vient de ses argiles, fruits de la désagrégation de très vieilles roches d’origine cambrienne.
Il constitue, de plus, le premier obstacle que doivent franchir les nuages saturés d’eau poussés par les vents dominants, d’origine maritime. Ainsi s’explique ces records annuels de précipitations : 172 jours de pluie, 43 de neige…
Ces pluies abondantes s’infiltrent dans les bordures limoneuses des crêtes pour resurgir plus bas, sur les versants, sous forme de bas-marais suintants. Ces derniers sont bientôt colonisés par des mousses particulières, les sphaignes, et par les linaigrettes.

Rendu très acide par la nature de son sous-sol, ce milieu aquatique n’est guère favorable à la présence des organismes décomposeurs: ce qui y meurt ne pourrit pas, il s’accumule sous forme de couches mortes que les siècles accumulent. Ainsi naît la tourbe, matière végétale pratiquement non décomposée… La tourbe forme les tourbières, écosystèmes inféodés à l’eau: nappes sur lesquelles baignent les tapis de sphaignes et eau de pluie… Si notre promeneur pouvait, par la magie d’une machine extraordinaire, remonter le temps d’une dizaine de milliers d’années, il découvrirait, de la crête de Botrange, (comme partout ailleurs sur le territoire de l’actuelle Belgique) une forêt immense aux essences variées, seulement entrecoupées par ces « clairières » bombées que formaient alors les tourbières… La hêtraie s’imposait près des crêtes, la chênaie-boulaie (chênes et bouleaux) sur les sols plus humides des versants, l’aulnaie près des suintements d’eau ou bas-marais.
Et puis vinrent les villageois…
Malgré la rudesse de ce micro-climat froid, généré notamment par l’évaporation excessive de cette région à forte pluviosité, les voici qui exploitent la forêt, inlassablement : les besoins sont nombreux, bois d’œuvre, de chauffage, charbonnage des matières ligneuses…
Peu à peu dénudées, ces zones découvrent ces landes superbes que nous admirons tant, aujourd’hui. Elles deviennent propices à la pâture des cheptels villageois : moutons, bœufs et génisses, vaches…
La tourbière est drainée puis asséchée. Elle offre alors sa tourbe, combustible du pauvre…
Les voici qui exploitent la forêt…

La Fagne s’est ouverte. Grâce au travail de l’homme, elle a, peu à peu, pris le visage que nous lui connaissons aujourd’hui…
Fruit d’un fragile équilibre, menacée par la pollution atmosphérique, le piétinement, l’invasion de graminées, elle présente les caractéristiques d’un climat « boréo-montagnard » voire même « atlantique ». Sa flore est spécifique des zones montagnardes de 1000 mètres d’altitude ou des régions de l’extrême nord de l’Europe. On y trouve aussi des espèces inféodées aux côtes des pays scandinaves.

Les linaigrettes, les plantes sibériennes
Oui, la Fagne est bien un joyau fragile et méconnu… qui valait bien d’être mis en « réserve ». Cette opération commença en 1957. Depuis lors, son accès commence à être réglementé. C’est que le propre d’une réserve naturelle est de protéger la faune et la flore, de préserver les paysages. Ici, le promeneur est toléré, sans plus. Avec l’apparition des « Zones C », les territoires les plus fragiles ou les plus menacés ne sont plus accessibles qu’à certaines périodes de l’année sous la conduite d’un guide mandaté par la Région wallonne.
Il fallait bien cela pour protéger un patrimoine d’une telle valeur.
Ecrit par : Michel Caps 29-10-2007
Photos : Francis Gengoux / François Rion
Où est la Maison du Parc – Signal de Botrange
Botrange - Maison du Parc
par Mediardenne | Juin, 30, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
La glacière de Hermanmont – Vielsalm
La glacière de Hermanmont – Vielsalm
C’est dans la seconde moitié du 19ème siècle que fut édifiée la glacière de Hermanmont. Un édifice que d’aucuns confondent encore avec une chapelle, restauré à la fin du siècle dernier, et visible depuis la route menant à Recht, à la sortie de Vielsalm.
Jusqu’à la moitié du 19ème siècle, le « mont de Herman » ( du nom d’un comte de Salm de la deuxième moitié du 11e ou de la première moitié du 12e siècle) n’a comporté que les bâtiments d’une exploitation agricole. Peu après 1850 arrive à Vielsalm, où la chasse à courre s’implante, monsieur Théophile Grart d’Affignies qui se loge d’abord dans la localité puis, dès 1854, à Hermanmont. Il devient propriétaire du domaine par acte du 16 novembre 1858 passé devant le notaire Jacques et pour un prix de 58.000 francs.
À son décès en 1879, le bien passe à Camille de Jacquier de Rosée et à son épouse Marie de Seyssel d’Aix. De plus ou moins 1858 à 1895 au plus tard, date du décès du baron, va s’aménager un fameux domaine qui comprend outre un réseau hydrographique assez particulier ( 3 étangs, 2 canaux, 1 mare, 1 cascade , l’alimentation de la roue du moulin) une série de constructions : une ferme, un château, un chenil, deux maisons, un pavillon, un moulin…et une glacière.

Le principe de la glacière est simple et on en trouvait presque partout en Belgique ( et à l’étranger), en général à proximité des châteaux ou, comme à Spa, des hôtels. Il s’agit d’une construction, enterrée et isolée le mieux possible. Dans le fond, un système d’évacuation des eaux vers un puits perdu permet de conserver la glace prélevée aux étangs voisins jusqu’en été. La glacière permettait de présenter à table glaces, sorbets ou autres préparations et se montrait fort utile pour l’élaboration de compresses et médications diverses.
La baronne de Rosée écrivait dans ses souvenirs le mercredi 6 août 1914 : « J’ai été interrompue par les dames Beaupain qui venaient voir si j’avais encore un peu de glace pour une pauvre dame qui vient d’avoir une attaque d’apoplexie. » Et dans une note de fin d’ouvrage : « on venait parfois en demander pour l’asile des fous de Lierneux ».
SAUVÉE DE LA RUINE

Son petit-fils, Carlo Cardelli indiquait en note complémentaire aux souvenirs de sa grand-mère : » Un escalier tournant conduisait à une basse terrasse couverte par le toit d’ardoises. Les feuilles mortes amoncelées par le vent sur les dalles en pierre offraient une belle tentation pour allumer un feu. La glacière proprement dite était en-dessous. La porte, arrachée, montrait un grand trou béant, duquel montait l’odeur nauséabonde de quelque animal, chat, oiseau taupe qui y avait trouvé la mort.
Autrefois, on y plaçait des gros blocs de glace, taillés dans l’étang, qui se conservaient jusqu’à l’été. Grand-papa en donnait généreusement à qui en demandait. Maman racontait que, souvent, on en envoyait quérir de l’hospice des fous de Lierneux. »
La glacière de Hermanmont est surtout connue pour sa partie visible, un petit édifice en briques avec toit pointu, sous des grands hêtres. En 1918 on vit des Allemands s’y agenouiller et prier, la prenant pour une chapelle.
Avec la généralisation de la distribution d’électricité, la glacière fut peu à peu délaissée dès après la première guerre. Lors de la seconde, elle subit certains dégâts puis le toit s’effondra, les arbres furent abattus, la route élargie, la végétation reprit ses droits si bien qu’au début des années nonante, la glacière n’était plus que ruines.
En 1992, sur proposition du Collège des Bourgmestre et Echevins, le Conseil communal de Vielsalm approuvait à l’unanimité l’achat par la Commune de ces ruines : les étapes de la restauration pouvaient s’enchaîner pour déboucher sur l’inauguration de la glacière restaurée lors des journées du Patrimoine des 9 et 10 septembre 1995. A cette occasion fut éditée une petite brochure reprenant toutes les données techniques aussi bien de la cuve que du petit édifice la surplombant.
Ecrit par :Robert Nizet 09-09-2008
La glacière de Hermanont
La glacière
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par Mediardenne | Juin, 4, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Le Boultê : histoire controversée d’un repère en Hautes-Fagnes.
A quelques pas de la Baraque Michel, en contrebas de l’assiette de la grand-route qui traverse la Fagne, un curieux monument ne manque pas d’attirer l’attention. C’est « Le Boultê ». Une colonne en arkose de Waimes, haute de quelques 4,50 m et surmontée d’une pigne, dont la seule certitude est sa vocation de repère.
L’on s’entend généralement pour faire remonter son érection, en 1566, par les familles Hauptmann-Panhaus (Panhuys, en fait) dans la foulée d’autres colonnes et croix destinées à guider les voyageurs sur : «la grande Faigne au chemin royal tirant de Limbourg à Trèves». Certains historiens ajoutent que ces monuments seraient également liés à la Réforme, dont les familles Hauptmann et Panhuys avaient embrassé la foi. Ils auraient ainsi jalonné les itinéraires vers les lieux de rassemblement protestants.
D’autres prônent toutefois l’antériorité du Boultê, qui aurait servi de modèle aux colonnes Hauptman et Panhaus. Il semble néanmoins exclu que cette colonne ait pu constituer un milliaire, ou tout autre édicule romain.
Quant au vocable « Boultê », il faudrait y voir une corruption de la forme « boule », plutôt que de la « baratte » parfois évoquée. Ce terme proviendrait de l’époque où, suite à la dégradation du monument, seule subsistait la partie inférieure, tronquée.

Une colonne en arkose de Waimes, haute de quelques 4,50 m et surmontée d’une pigne dont l’origine n’est pas déterminée. Et bien-entendu, le tout surmonté d’une croix présente sur tout monument qui se respecte en Ardenne.
Brisée en 1749, la colonne est renversée en 1878 par l’administration allemande afin d’éviter toute confusion avec les bornes frontières. En 1905 ce qui reste du Boultê est à deux doigts de finir en caillasse. Mais quelques fagnards éclairés veillent. Aidés par les abbés Pietkin et Beeckman, ils obtiennent que le monument soit non seulement redressé, mais aussi restauré. C’est chose faite en 1906.
Il est alors couronné d’une pomme de pin et d’une petite croix. Cette pigne proviendrait de l’ancien perron de Malmédy ou de la Colonne Hauptman, selon les sources. En 1945, le Boultê est à nouveau renversé par les troupes américaines, lors des travaux de rectification de la route. « Les Amis de la Fagne » le redressent en 1947, et le déplacent ensuite lors de l’élargissement de la chaussée. Il figure depuis sur l’insigne de l’association.
Écrit par :Patrick Germain /2007
Source :
• « Guide de la Fagne » – A.J. Freyens – Vème édition, chez Marabout (Ed Gérard, Verviers) –
par Mediardenne | Juin, 2, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Notre-Dame des malades, au Mont-Saint-Martin – Gouvy
Entre Beho et Bovigny, sur la rive droite du Glain, une route forestière escalade le Mont-Saint-Martin, conduisant au sanctuaire de Notre-Dame des Malades. Un lieu d’histoire, et de mémoire.

Le chemin de terre vers la chapelle Saint-Martin.
La vallée du Glain constitue une véritable mine d’or pour l’historien et l’archéologue Mine d’or qui est bien loin d’avoir livré tous ses secrets. L’occupation des lieux remonte à des temps immémoriaux. Bien avant qu’on ne parle de la villa royale de Glain, dont la première mention en tant que telle, date de 720, quand Charles Martel y rend sentence en faveur de l’abbé de Stavelot.
Le 1er octobre 814, la villa est à nouveau citée. Cet écrit révèle que la chapelle de Glain était non seulement église de chef-lieu, mais église régionale, au vu des dîmes. Les auteurs admettent généralement que cette chapelle se soit trouvée sur la colline devenue » Mont-Saint-Martin « . Au fil des ans, le nom du patron de l’église aura prévalu sur celui du domaine qui, pour sa part, restera propriété des empereurs jusqu’au début du XIIIe siècle.
Jours de colère

Un calvaire de croix de schiste borde le chemin
Guerre de trente ans, scission des Pays-Bas, contre-réforme… les temps sont troublés. Et la région voit se succéder les troupes en marche. Mal payées, quand elles le sont ; le plus souvent composées d’individus sans aveu aux ordres de capitaines peu regardants, ces bandes dévastent le pays.
Pour le territoire de la seule ancienne commune de Bovigny, on estime à une dizaine le nombre de villages et hameaux qui vont disparaître. Celui de Saint-Martin est du nombre.
C’est aux environs du lieu-dit » Doyards » que l’on situe Saint-Martin, autour de la butte où se dressait l’édifice du culte. Si l’on s’accorde pour laisser la date précise dans le vague, la tradition conserve mémoire des dernières heures du hameau, qu’elle rapporte en décrivant le massacre perpétré par des » sarrasins » armés de haches, se précipitant sur les habitants. Les quelques villageois qui se réfugient dans l’église n’auront pas plus de chance.
Notre-Dame des Malades

La chapelle et son terrain bien entretenu
Curieusement, l’édifice ne connaît pas l’incendie et la ruine. Et si le clergé, ne desservant guère que des villages déserts dans un pays soumis à la violence, décide de résider à Bovigny, diverses dépenses sont effectuées, qui attestent de la survie de l’église du Mont-Saint-Martin. On sait qu’en 1631, sa réédification est réalisée, grâce au prélèvement d’une taxe. Le 16 août 1717, toutefois, le Prince-Evêque de Liège, Archevêque de Cologne, désigne Bovigny en qualité d’ église mère. A partir de la translation, le temple va se vider de son contenu, et ses murs s’effondrer. En 1849, ses derniers vestiges sont démolis.
Sur cette élévation consacrée – est-ce un hasard ? – à Saint Martin, grand assimilateur des lieux de cultes anciens, l’appel semble venu de la nuit des temps, qui incite, dès 1850, l’abbé Debra et ses paroissiens à construire une chapelle. Elle sera dédiée, outre au patron traditionnel des lieux, à Notre-Dame des Malades.

Un mur circulaire de pierres sèches restauré.
Après avoir gravi le chemin menant au sanctuaire, bordé de croix de schiste, attestant le talent des Piette et autres artisans régionaux , le promeneur découvre un édifice à plan rectangulaire, et trois pans coupés, vers l’est. Au couchant, un petit porche, bordé d’une charmille, donne accès à la nef. Un clocheton surmonte la construction, dont le gris des ardoises tranche sur la blancheur du pignon. Dans son écrin de verdure, bordé d’un mur circulaire, en pierres sèches, restauré par les membres de l’asbl qui veille sur elle, Notre-Dame des Malades appelle au recueillement.

Un autel extérieur, et une chaire, en pierre, complètent l’ensemble.
Les fouilles de 1968, et 1995, ont mis à jour les traces des configurations successives de l’église, et plusieurs sépultures. On enterrait probablement dès le VIII° siècle, autour du bâtiment, qui était déjà clôturé d’un mur, dont l’enceinte actuelle ne semble pas avoir repris les limites. Seules traces, discrètes dans la pelouse désormais régulièrement entretenue, quatre dalles sur lesquelles nous reviendrons prochainement.
La nef a retrouvé son cachet en l’an 2000. Deux séries de trois fenêtres y apportent la lumière du jour, on y pénètre par une porte encadrée en plein cintre. Un banc de communion sépare l’officiant des fidèles, donnant accès à l’autel, restauré » à l’authentique » par un artisan de Deux Rys, près de Manhay. Cette pièce est l’œuvre d’un nommé Valentin de Cierreux. Le meuble est surmonté d’un dais abritant une polychromie en plâtre, représentant Notre-Dame des Malades, un lambris le prolonge, de part et d’autre. A l’une et l’autre extrémité, saint Martin et saint Hilaire, crossés et mitrés, veillent.
À l’abri

L’autel de la chapelle Notre Dame des Malades.
Les temps ont passé, restent les » sarrasins « . Pour les préserver des pilleurs d’art religieux, et du vandalisme, une Pieta, la statuette de sainte Anne Trinitaire et celle de saint Martin en Charité, ont été placées en lieu sur. Ce sont leurs reproductions que l’on peut découvrir dans la nef. Et pour donner à la visite l’attrait supplémentaire d’une petite chasse au trésor : à vous de découvrir leur emplacement actuel.
Les deux premières sont en bois polychrome, d’une hauteur de 60 cm environ. Toutes deux remonteraient au XVI° siècle. La statuette de saint Martin, pour sa part, est en chêne, porte les traces d’une ancienne polychromie, et mesure 97 cm. Elle est datée du XVII°. Seuls les drapés leur servant de support, lors des pèlerinages et autres festivités, se trouvent à demeure dans la chapelle. Faisant partie du mobilier de l’ancienne église, on ne sait quand, ni comment, ces objets sont parvenus dans les familles qui les ont été conservés durant deux siècles environ, à Beho, et à l’église d’Aldringen, s’agissant de saint Martin.
Ecrit par :Patrick Germain 06-11-2007
Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain
Note :
Si le site est classé, depuis 1973, l’idée de créer une asbl, en vue de l’entretenir et de le promouvoir, remonte aux lendemains des grandes tempêtes de 1990. Saint-Martin disparaissait sous la masse des frênes arrachés, d’autres arbres menaçaient de tomber : il était grand temps de se pencher au chevet d’un patrimoine qui se dégradait. En 1993, l’association existait effectivement. Petit à petit, grâce à ces bénévoles, la chapelle a retrouvé son lustre d’antan. Un pèlerinage y a lieu, le 16 août.
Source :
• » De Saint-Martin à Bovigny « , que vous pouvez acquérir moyennant finances auprès de l’asbl Notre-Dame du Mont-Saint-Martin, Courtil 4b – B 6671 Bovigny – Belgique
• Renseignements chez le secrétaire de l’association, au +32 (0) 80/214192
Où est la Chapelle Saint-Martin
Chapelle Saint-Martin

La Chapelle Notre Dame des Malades au Mont Saint-Martin
par Mediardenne | Mai, 25, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
V2 : une sinistre « première » à Sterpigny (Gouvy)
Les faits rapportés ici sont strictement exacts et se sont déroulés quelques jours avant la première libération de septembre 1944. Ils sont le résultat d’une recherche par Lambert Grailet de documents dans les archives des armées allemandes et alliées et sont basés sur les témoignages de personnes qui assistèrent sans savoir ce qui se passait à la montée des premières fusées dans notre ciel. Un an après la première information donnée par L.Grailet, l’autorité allemande et les historiens confirmaient ces faits.
Le liégeois Lambert Grailet est l’auteur de nombreuses publications intéressantes sur les environs de Liège mais aussi sur ceux des Tailles dont il était devenu second résident. Il se mit sur la piste de révélations inédites à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire des événements de 1944-45 : ce fut la découverte et l’identification précise des sites de lancement mobiles des tout premiers V2 allemands.

Contrairement à la fausse impression laissée par des clichés de l’époque, la retraite en septembre 1944 des Allemands ne s’opérait pas comme un recul désordonné mais la manœuvre s’accomplissait sans précipitation. Des groupuscules protégeaient les arrières et un système équivoque fait de harcèlements sur le flanc des colonnes libératrices et de décrochages après l’ébauche d’une contre-attaque attirait à sa suite depuis la France une avance américaine trop rapide qui étirait à l’extrême ses lignes d’approvisionnement : l’intendance US ne suivait plus. C’est à ce moment que l’ordre de se déployer à contresens du mouvement de repli général de l’armée allemande était donné à un détachement d’artillerie mobile : les fusées balistiques allaient apparaître officiellement pour la première fois ! Et ce début de l’ère spatiale aurait pour théâtre notre Ardenne, terroir si réservé que les témoins ne se manifesteront qu’après un demi-siècle d’hésitations trop prudentes alors que la libération de 1944 aurait dû être marquée par la révélation de cet événement exceptionnel.
De l’Allemagne vers l’Ardenne
Le 2 septembre, un énorme convoi quitte Euskirchen pour gagner dans le plus grand secret les abords de la Baraque de Fraiture . Dans la file des camions s’intégraient des tracteurs qui tiraient une longue et robuste remorque d’une conception remarquable, aux nombreux trains de roues couplées, les Meillerwagen. Sur ces dernières reposaient des sortes de fuselages d’avion sans aile, recouverts de bâches épaisses sous lesquelles on devinait la forme des empennages. Suivaient dans la colonne des camions-citernes chargés de véhiculer les tonnes d’agents propulseurs (oxygène liquide et alcool), les réserves de carburant nécessaire au déplacement, l’explosif dont l’ogive des fusées serait pourvue, la logistique assurée par un détachement de techniciens très compétents formés notamment sous la direction de Werner von Braun, des camion – ateliers. Enfin, la protection du convoi était assurée par des blindés légers. Des témoins virent passer, de nuit, cet impressionnant convoi entre Stavelot et Trois-Ponts et à Grand-Halleux.

Les remorque d’une conception remarquable, les Meillerwagen.
Quel est l’objectif des V2 se Sterpigny
Le 6 septembre, deux Meillerwagen portant chacune une fusée quittent leur cachette de La Baraque pour les environs de Petites-Tailles : pas besoin d’un grand mouvement de véhicules pour la mise en place et à la verticale, l’équipe est bien rôdée et a fait de nombreux essais. L’objectif visé n’est ni plus ni moins que Paris ! A 10 heures a lieu la mise à feu de la première fusée mais il ne se passe rien. Un heure plus tard, même chose avec la seconde. Les premiers essais tournent donc court en raison, semble-t-il, de l’humidité. Tout est remballé et les Allemands vont chercher un site de remplacement. Le convoi se retire partie à Aldringen et partie à Grûfflingen.

Photo d’illustration : décollage de la base de Peenemünde qui était était à la fois, entre 1936 et 1943, un centre de fabrication et un site d’essais de missiles.
Le 7 septembre, le tout est ramené dans les environs de Gouvy et le 8 à l’aube, les Meillerwagen se dirigent vers Sterpigny et déposent leur chargement dans une chemin forestier à quelques mètres de la route principale, au lieu-dit â Beûlèu et les différentes phases de préparation des fusées telles qu’elles s’étaient déroulées aux Petites-Tailles deux jours avant débutent.

Photo d’illustration : décollage de Hollande
Le 8 septembre, à 8h40, un bruit terrifiant réveilla Gouvy
Tout à coup à 8h40, en ce vendredi 8 septembre 1944, un bruit terrifiant déchira le calme que connaît la région. D’après les témoignages, le vacarme inexplicable fut suivi d’un « coup de canon ». L’air ambiant vibrait comme si une catastrophe naturelle était en train de frapper le pays. Les témoins ( un groupe d’Allemands prenant son déjeuner dans une ferme de Halconreux et ignorant tout de ce que préparait leur propre camp juste à côté, des paysans au travail dans leur ferme et dans leurs champs, un groupe de maquisards cantonnant à 400 m, l’instituteur du village …) assistaient malgré eux à un spectacle des plus extraordinaires pour l’époque : ils furent les premiers civils dans le monde à pouvoir observer le tir d’une fusée balistique en campagne. Ils avaient fortuitement aperçu l’envol de la première des deux fusées qui avait surgi de derrière les frondaisons de la forêt. Alors que son grondement dantesque et le frémissement de l’air ambiant s’amenuisaient, elle filait de plus en plus vite avec son panache de flamme orange.

Le premier missile n’atteindra pas sa cible.
L’impact de ce premier V2 n’a jamais été retrouvé : sans doute s’est-il désintégré en altitude.
Alors que le bruit se répandait dans les villages voisins qu’un énorme canon allemand du type Grosse Bertha de 14-18 avait tiré sur Paris depuis le « Beûleû « , à 11 heures, la deuxième fusée était tirée, répandant la même terreur, non seulement cette fois sur le site du lancement mais, hélas, cinq minutes plus tard sur Maisons-Alfort au sud-est de Paris où six personnes étaient tuées et trente-six blessées. Cette réussite dramatique était donc une grande première mondiale.

Dommages causés par des attaques à la roquette V2 en Grande-Bretagne, 1945. Appartements en ruine à Limehouse, East London. Photo publiée par l’Imperial War Museum.
Situation des sites de lancement
De tout ceci, on n’a rien su durant cinquante ans, jusqu’à ce que Lambert Grailet ne le révèle grâce à ses recherches. La rumeur se limitait à celle du gros canon. Il s’en était pourtant fallu de peu. Le 10 septembre, parmi les Américains libérant Houffalize se trouvait un correspondant de guerre particulier : le futur Prix Nobel de littérature 1954 Ernest Hémingway. Le lendemain, la progression américaine continuait vers Sterpigny mais à Cherain, donc à proximité du Beûleû, Hémingway toujours à l’affût d’un scoop pour son journal, décide d’accompagner la colonne gauche qui libérera Courtil et Beho, ratant ainsi la possibilité d’annoncer au monde la première mondiale du V2. C’est ce qui s’appelle rater la montre en or. Le hasard qui fait parfois bien les choses en avait, ce jour-là, décidé autrement.
Ecrit par :Robert Nizet 15-07-2008
Crédit(s) photographique(s): v2rocket.com
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Note :
Note de la Rédaction
Beaucoup de sites ont pour objet l’histoire des fusées / missiles V 1 et 2, sur la Toile. Trop nombreux sont ceux qui se contentent d’aborder le côté technique, faisant fi de la réalité des souffrances physiques et morales engendrées par ce qui fut, il est vrai, l’ancêtre des premières fusées spatiales. Certes le temps a-t-il passé et, paraît-il, nombre de jeunes gens savent à peine qui fut Adolf Hitler, le nazisme et sa folie meurtrière. Ce n’en est que plus grave. Il est, à notre avis, trop facile et proprement criminel de faire l’impasse – quels qu’en puissent être les motifs – sur une réalité trop souvent occultée en ce cas comme en d’autres : le sang versé par le fait de ces petites merveilles de technologie ou par tel brillant stratège ne sort jamais, lui, d’une planche à dessins. Ne l’oublions jamais !
Source :
• PREMIERE MONDIALE POUR LE V2 SUR PARIS, Le 8 septembre 1944 à Gouvy en Ardenne belge… par Lambert Grailet, 1996

Les proportions du V2 – Légendes des pièces : Wikipedia
1 – Charge militaire | 2 – Système gyroscopique | 3 – Guidage et radio commande | 4 – Réservoir d’éthanol | 5 – Fuselage | 6 – Réservoir d’oxygène liquide | 7 – Réservoir de peroxyde d’hydrogène | 8 – Bouteille d’azote pressurisé | 9 – Chambre de réaction du peroxyde d’hydrogène | 10 – Turbopompe | 11 – Injecteurs éthanol/oxygène | 12 – Châssis moteur | 13 – Chambre de combustion | 14 – Empennage (x4) | 15 – Tuyère | 16 – Déflecteurs de jet en graphite(x4) | 17 – Gouvernes externes (x4)
Sterpigny

Aire de lancement
BONUS VIDEO | Les armes secrètes d’Hitler | V1 et V2
Histoire des armes nouvelles développées par les Allemands durant la seconde guerre mondiale : les armes de représailles V1 (bombe volante) et V2 (fusées). Depuis le village de Peneemünde, Wernher Von Braun va marquer l’histoire en concevant la première fusée militaire. L’ère des missiles a commencé. On connait moins le coût humain de cette aventure ; pour produire les V2 en série il a été fait appel à une main d’oeuvre tirée des camps de concentration. 4 hommes seront sacrifiés pour produire une seule fusée. Ce film retrace aussi leur histoire.
Laissez-nous un commentaire, une précision…
par Mediardenne | Mai, 20, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Le site de Saint-Thibaut, sur les Hauts de Marcourt
Surplombant la rive gauche de l’Ourthe, l’Ermitage Saint-Thibaut veille sur les ruines du château de Montaigu, et sur une source thérapeutique toujours réputée. La pente est raide, mais la découverte vaut bien un petit effort.
Oui, décidément, ça vaut bien un petit effort de se hisser là-haut.
Photo : Johnny Holtzheimer
C’est aux environs de l’an mil, semble-t-il, que la famille normande des de Montaigu, en charge de la vaste Prévôté des Rivières, fait établir un château sur un promontoire qui domine la vallée de l’Ourthe face au village de Marcourt.
De ce nid d’aigle imposant, aux puissantes défenses en éperon barré, les comtes de Looz puis les seigneurs de Walcourt vont verrouiller un vaste territoire qui revient aux de la Marck en 1408.
De la Marck : comment s’étonner qu’en 1413 Evrard de la Marck et son épouse, Agnès de Rochefort, refusent de prêter hommage à leur désormais suzerain, Antoine de Brabant (1) ?
Frère du duc de Bourgogne, ce dernier vient d’hériter du Duché de Luxembourg. Il compte bien faire valoir ses droits et, en matière de règlements amiables, n’a rien à envier aux de la Marck : orgueil pour orgueil, Montaigu est incendié et mis à sac. Les ruines du donjon, symbole s’il en est, se trouvent désormais sous la butte du calvaire.
Car si, après cet épisode, la Prévôté perd peu à peu son influence, le site n’est pas abandonné pour autant et le culte de saint Thibaut, à qui était dédiée la chapelle castrale, s’y développe rapidement.
Les ruines du donjon se trouvent désormais sous la butte du calvaire.
Photo : Johnny Holtzheimer
AUX SOURCES DE LA CHAPELLE
Bon, va pour saint Thibaut, comte de Champagne devenu ermite dont la Légende Dorée nous trace un portrait plutôt sympathique, tout en humilité et en austérité. Mais il n’est point nécessaire de passer par Remoiville pour voir clair et deviner, sous la bure de ce probable cousin des comtes de Montaigu, une source qui n’a pas attendu son baptême pour accomplir des miracles.
En contrebas de l’éperon jaillit en effet une eau claire et rafraîchissante à laquelle on prête des vertus thérapeutiques, particulièrement efficaces en matière de maladies des membres inférieurs. Les nombreuses petites croix qui émaillent les lieux, traditionnellement confectionnées à l’aide de matériaux rencontrés sur place, témoignent d’une confiance toujours vivace
Une eau claire et rafraîchissante à laquelle on prête des vertus thérapeutiques
Photo : Patrick Germain
Pèlerinages
Deux pèlerinages (les premiers samedis de mai et de juillet) convergent encore vers la chapelle, dont la construction fut envisagée dès le début du XVIIème siècle pour répondre à une dévotion croissante. Au final, la paternité de l’édifice reviendra à un curé de Marcourt, Charles Jamotte, qui réunit les matériaux et les fonds nécessaires à sa construction, achevée en 1639.
Consacrée en 1660, un ermitage lui a été adjoint dès 1645 dont le Frère Gabriel Lardinois fut, en 1968, le dernier occupant à ce jour. L’ensemble occupe l’emplacement d’une tour d’angle de la forteresse incendiée.
La chapelle flanquée de l’hermitage depuis 1645
Photo : Johnny Holtzheimer
Classement, vandalisme et restauration…
A l’emplacement de l’ancien donjon, outre le calvaire dont les escaliers et le pavement ovale remontent à 1608, une grotte figurant le tombeau du Christ. Logique, pour un lieu d’où de nombreux Croisés partirent vers la Terre-Sainte. Construit au XIXème siècle, celui-ci dut être restauré – vandalisme oblige – en 1984.
Un vandalisme dont le classement du site, en 1973, n’a pu entraver les manifestations sporadiques. Par bonheur, le beau travail et la présence régulière des membres de l’association « Royale asbl chapelle et ermitage Saint-Thibaut (2) » compense l’oeuvre des quelques inévitables imbéciles de passage. Et conserve toute sa magie à un site exceptionnel dont le visiteur saura goûter les saveurs dans l’état d’esprit commun aux amoureux de l’Ardenne et de ses mémoires. Des visites guidées y sont organisées.
La grotte figurant le tombeau du Christ
Photo : Johnny Holtzheimer
Le gisant à l’intérieur du « tombeau »
Photo : Patrick Germain
= Agrandir les images
Vers le site de Saint-Thibaut
Oui, la pente est raide pour accéder à l’ermitage.
La chapelle
Les nombreuses offrandes prouveraient l’efficacité de la source.
La source
on lui prête des vertus thérapeutiques.
La chapelle et l’ermitage se visitent
La chapelle et l’ermitage sont ouverts de 10h30 à 15h30 (pas pendant l’hiver).
Frére Gabriel Lardinois
Il fut le dernier occupant des lieux en 1968.
L’autel
Deux fois par an, la tradition des pèlerinages se perpétue dans cette magnifique chapelle.
Notes :
1- A partir de Wenceslas II (1361 † 1419), les ducs de Luxembourg vont donner le duché en gage à certains princes, moyennant une somme d’argent, qu’ils pouvaient rembourser pour le récupérer le duché. Ce qu’ils n’arrivèrent jamais à faire. Sous l’angle de la stricte légitimité, on ne peut donc donner tort aux de la Marck. Hommage leur soit rendu : à se soumettre à n’importe qui, on devient n’importe quoi.
2- Renseignements : Royale asbl chapelle et ermitage Saint-Thibaut
Jacques Martin, Le Douaire, 3 à 6987 MARCOURT
T. +32 (0) 84 47 73 45
Source :
- « Communes de Belgique – Dictionnaire d’histoire et de géographie administrative » – Crédit Communal de Belgique, à la Renaissance du Livre -1980.
- « L’ermitage de St. Thibaut – Le Site de Montaigu » au SI de Marcourt (Merci à Sophie pour sa compétence et sa gentillesse)
Texte : Patrick Germain
Photos : Johnny Holtzheimer et Jean-Marc Evrard
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par Mediardenne | Mai, 15, 2016 | Comprendre l'Ardenne, En forêt, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
La chapelle de Tinseubois | Vielsalm
La chapelle de Tinseubois | Vielsalm
À Tinseubois, non loin de Petit-Thier (Vielsalm), le culte marial reste vivace. Histoire d’une clairière, et de sa chapelle.
(suite…)
par Mediardenne | Mai, 5, 2016 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
Revogne : entre quiétudes et Histoire | Beauraing
Revogne, dans l’écrin d’azur et d’émeraude où nous l’avons surpris somnolant, est l’un de ces villages où l’on aurait envie de mettre pied à terre pour ne plus repartir. Quiétudes et découverte d’un hameau où l’Histoire a laissé des traces : domaine mérovingien, Revogne aurait reçu son nom d’un Germain, au temps des invasions.
Engon de Revogne, cité en 930, est le premier seigneur connu de Revogne. Il possède les villages de Revogne, Honnay, Villers et Jamblinne. Vers 1150, la seigneurie est achetée par Henri de Leez, Prince-Évêque de Liège, qui en fait une prévôté. Agent seigneurial, le Prévôt est un intendant qui administre, juge et perçoit les taxes.

Son château fortifié, érigé au début du Xème siècle, devient un point de défense de la Principauté, et le centre d’une ville forte ceinte de remparts datant du milieu du XIIIème siècle et percés de trois portes : celles de Lomprez, du Levant et du Couchant.
Au sommet de sa puissance, la prévôté de Revogne comprendra entre autres les villages de Vignée, Villers-sur-Lesse, Jamblinne, Lavaux-ste-Anne, Ave, Belvaux, Wavreille et Bure.
Mais au XIVème siècle le domaine est morcelé. Jean de Villers-sur-Lesse, cité en 1316, construit un nouveau château comprenant manoir, donjon et fossés. En 1559, Everard de Mérode est Prévôt de Revogne, seigneur de Lavaux et de Ave.
Au fil du temps, Revogne devient un domaine rural, et se dépeuple. Lors de la réorganisation territoriale imposée par la Révolution, le village n’est plus qu’une dépendance de Honnay.
De cet orgueilleux passé, il reste bien peu de traces. Toutes classées, ou presque : la chapelle Saint-Étienne, le chemin au bas de la chapelle, la ligne de crête avec les ruines de l’ancien château et la Porte de Lomprez.
Revogne, alangui au soleil, somnole. Bienheureux village qui transmet sa quiétude telle une onde bienfaisante dans un monde qui ressemble de plus en plus à la Nef des Fous.
A cette heure-là, le petit rhinolophe somnole, lui aussi. Notre pays compte dix-huit espèces de chauves-souris. Depuis la moitié du XXème siècle, certaines espèces ont disparu. Et la quasi- totalité s’est fortement raréfiée, même si, depuis les années 1980, on observe une certaine stabilisation des populations. Seule la pipistrelle peut être considérée comme encore très commune.
Le petit rhinolophe ne subsiste plus qu’en quelques centaines d’exemplaires, dans quatre colonies identifiées. Dont une à Revogne.
Comme on les comprend…

Keywords: Ardenne;Calestienne;Revogne

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Ecrit par :Patrick Germain/2007
Revogne

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par Mediardenne | Mai, 4, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Sedan, la forteresse qui ne tomba jamais !
Aux marches occidentales de l’Ardenne, le château-fort de Sedan constitue la plus vaste fortification d’Europe. Ses quelque 35.000 mètres carrés, dominant l’ancienne cité drapière, proposent une intéressante immersion dans 600 ans d’histoire ardennaise.
(suite…)
par Mediardenne | Avr, 30, 2016 | Comprendre l'Ardenne, Contes et légendes, lieux, Parcourir l'Ardenne
Chapelle de Farnières, la légende
Le temps n’a pas conservé le nom de ce comte qui, chassant sur ses terres de Farnières “ en ces temps-là „, fut informé par un manant de la découverte de la statuette d’une Vierge Noire au pied d’un chêne majestueux. Un lieu bien insolite pour un tel objet, sans doute, mais pas au point d’ébranler le seigneur qui décida de l’abriter dans la chapelle de son château.
L’affaire aurait pu en rester là : après tout, en ces temps troublés où la plupart des châtelains n’étaient guère que des rapaces, l’apparition pouvait avoir mille raisons tout à fait pragmatiques.
Ce qui l’était moins, par contre, c’était l’obstination de cette Vierge Noire à disparaître mystérieusement de la chapelle castrale pour rejoindre son chêne, là-haut. Un signe, à n’en point douter. Après avoir reçu l’aval de son chapelain, le comte décida donc de faire construire un bel oratoire pour abriter la Vierge là où elle avait manifestement décidé d’élire domicile.
L’endroit bientôt devint célèbre et le seigneur ne manquait pas de rendre de fréquentes visites à la chapelle lorsque, le soir venu, les lieux retrouvaient leur quiétude : l’homme, quoique jeune encore à ce qu’on dit, était d’un naturel farouche.
Mais la vie fait parfois de curieux détours.
Ainsi le comte se piqua-t-il un jour de découvrir le monde et d’y faire sa vie loin de ces terres dont la sauvagerie lui était devenue insupportable. Il advint donc ce qu’il advient généralement en pareil cas : ruiné par les miroirs aux alouettes, il s’en revint quatre ans plus tard vers le domaine qu’il trouva, en dépit des efforts de son avoué pour juguler l’hémorragie, dans un triste état.
Pas guéri pour un sou, le seigneur rêvait pourtant de repartir vers ces lieux où tout était facile, parmi les ors et les draperies. Cette fois, pour sûr, il trouverait d’autres amis, fiables et tout prêts à lui offrir la place qu’il estimait lui revenir.
Mais les fonds n’arrivaient que trop lentement à son goût aussi un jour, tandis qu’il chevauchait, se prit-il à souhaiter la rencontre avec le diable en personne auquel, moyennant vingt ans de bonheur, il vendrait volontiers son âme. Après tout, cette Vierge Noire aux pieds de laquelle il s’en était retourné prier quelque temps ne semblait guère pressée d’intercéder pour lui, alors…
Alors toute âme bien née sait qu’il est périlleux d’évoquer Satan ! Les oreilles du Prince des Ténèbres sont partout. Et elles traînaient ce matin-là.

Quelques jours plus tard, alors qu’il arrivait près d’un arbre creux, un cavalier dont l’identité ne faisait aucun doute lui mit en mains le plus redoutable des marchés : “Vingt ans de bonheur, c’est bien ce que tu veux ? De ce bonheur qui ne se peut sans menue monnaie ? Vois ce pacte : en échange de tout l’or que peut contenir cet arbre mort tu me rejoindras ici dans vingt ans jour pour jour. J’y prendrai livraison de ton âme et de celles, pour le cas ou tu trouverais femme et aurais descendance, de tous les tiens. Signe ! „
Après tout, après quelques déconvenues, le comte s’était bien promis de rester garçon. Et il signa.
Et son domaine s’agrandit, au point de faire des envieux parmi les seigneurs d’alentours. Et il vit le monde, et le monde l’accueillit cette fois avec tous les égards. Tout était faste et s’il subsistait quelques bonnes personnes pour supposer que tout ce bien-être soudain était dû à l’intercession de la Vierge Noire, nombre d’autres pressentaient la triste réalité.
Ce qui, paradoxalement, ne l’empêcha pas de rencontrer puis d’épouser une noble demoiselle au pays de Lesse dont on savait à la fois la grande beauté et la grande piété. Laquelle lui donna bientôt un fils. Fallait-il qu’il ait tout oublié ? Qu’il soit devenu fou ? L’amour tient un peu de tout ça, et de tant d’autres choses. Car c’était bien lui qui avait frappé à la porte de ce coeur que tous croyaient ruiné. Et il lui avait ouvert.
Mais vingt ans passent vite et, à mesure que la date fatidique s’annonçait, on vit le comte délaisser fêtes et tournois pour ne plus s’intéresser qu’à sa famille, rongé d’avoir condamné deux innocents à la damnation pour satisfaire ses désirs orgueilleux. Jamais sans doute ne leur fut-il plus attentif. Jamais sans doute ne fut-il aussi malheureux.
Vint le jour fatidique, où tout allait être consommé : nul ne peut échapper au diable quand il a fait affaire avec lui. Prétextant la douceur du soir et l’envie d’aller chevaucher un peu en famille, le comte décida son épouse et son fils à l’accompagner. Ce qu’ils firent d’autant plus volontiers que la chose n’était pas exceptionnelle et que le comte feignait une humeur enjouée.
Le chemin vers l’arbre creux passait non loin de la chapelle de Farnières, où il laissa son épouse et leur enfant se recueillir tandis qu’il les attendrait à l’endroit dit : quelques prières ne pouvaient nuire à ces deux innocents, tandis que lui n’en attendait plus rien.

La statuette de tous les malheurs
Pourtant…
Pourtant, à l’heure précise à laquelle la folie du comte aurait du trouver son sinistre aboutissement, la forêt résonna d’un cri horrible qui fit trembler arbres et rochers : fou de rage et de terreur, Satan fixa une dernière fois un point par-dessus l’épaule du comte avant de disparaître tandis que la parchemin maudit se consumait au pied de l’arbre mort.
Se retournant, il s’aperçut que celle vers laquelle il n’avait osé se retourner lorsqu’elle était arrivée quelques minutes plus tôt n’était pas sa femme, mais la Vierge Noire qui, à présent, lui parlait : “ Sire, je n’ai jamais oublié ce que vous avez fait à mon intention dans votre pieuse jeunesse. Et même si je vous ai refusé une richesse dont la seule fin était de satisfaire votre vanité, j’ai placé sur votre route une de mes fidèles servantes : c’est elle qui vous a sauvé, en ouvrant votre coeur au repentir et aux saintes affections de la famille. Et c’est ainsi que j’ai obtenu de venir vous délivrer en ce lieu en attendant d’obtenir votre grâce entière là-haut „.
Puis la vision s’évanouit, et le seigneur retrouva sa femme en oraison à la chapelle tandis que son fils dormait paisiblement sur une marche de l’autel.
Dès cet instant, un tout autre bonheur s’empara du comte et une harmonie sans tapage se mit à régner sur sa famille et le domaine. Faut-il préciser que le seigneur ne laissa plus un jour passer sans venir rendre hommage à la Vierge qui l’avait sauvé, lui et toute sa famille des griffes de Satan ?
» Il vécut de longues années, entouré d’une progéniture nombreuse, formée à marcher droit et ferme dans le sentier du devoir et de l’honneur « , conclut le rapporteur de cette histoire pleine d’enseignements.
Allons, il se fait tard : bien à vous, Pèlerins. Et gardez-vous d’acquérir jamais les vanités de ce monde au prix de votre âme, ainsi que ça ne se pratique que trop de nos jours. Cette manière d’orgueil se paie tôt ou tard, et la Vierge Noire n’est pas toujours au rendez-vous.
Mais tout ça ne sont que des légendes, n’est-ce pas ? Sans doute, sans doute…
Ecrit par :Patrick Germain -2008
Source :
• Version écrite sur base de la légende locale et de lla version donnée par Marcellin La Garde (« Le Val de la Salm » – edition 1938)
Farnières
Farnières.
La Chapelle
par Mediardenne | Avr, 30, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Les séchoirs à tabac de la Semois
L’entrelacs de poutres et de planches des séchoirs à tabac de la Semois fait désormais partie intégrante du paysage de la vallée. Petite visite aux ancêtres.

La vallée de la Semois recèle mille attraits dans ses méandres. Paysages superbes, forêts profondes et villages alanguis se succèdent au rythme d’une rivière qui prend le temps de fignoler son cours en rêvant d’alizés, qui sait.
Nous avons déjà évoqué en ces pages l’histoire de Joseph Pierret, ancien instituteur qui, en 1856, se mit en tête de planter le premier are de ce fameux tabac aux arômes inégalés. Certes, on est loin désormais des centaines d’hectares de jadis et de leur production, mais les rares fabricants restants perpétuent une tradition que savent apprécier ces hommes généralement paisibles constituant le dernier carré des fumeurs de pipe.
Soit. Pas de polémique, comme dirait l’autre. D’autant qu’il s’agit ici d’évoquer un patrimoine bâti : les séchoirs a tabac qui, avec leurs silhouettes caractéristiques, font partie intégrante du paysage de la vallée.

De septembre à novembre, en effet, le tabac vit dans les séchoirs. Bien ventilés, ceux-ci assureront une dessiccation parfaite, gage de bonne conservation et de belle coloration.
Quelques-uns d’entre eux gardent leur vocation première, tandis que d’autres, entretenus avec soin, servent désormais d’abris pour les cordes de bois quand ils n’ont pas été reconvertis en logements.

Nombre d’entre eux, enfin, tendent leurs bras meurtris vers le ciel d’Ardenne en attendant une fin inexorable. Il est bien loin, le temps du vieux Pierret. D’aucuns diront que c’est bien ainsi.

Reste que, dans l’entrelacs des poutres où achève de s’écrire un épisode de l’histoire de la vallée et de ses habitants, le vent raconte quelquefois de curieuses histoires de braconniers, de galanteries et de fraudeurs. Il serait, convenez-en, bien regrettable de priver les générations futures d’un tel instrument*.
Patrick Germain / 22-01-2008
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par Mediardenne | Avr, 28, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Le château de Burg-Reuland, une gloire discrète
Aux confins de deux cultures, Burg-Reuland a longtemps joué un rôle trop souvent méconnu. Et la légende voulant que les clefs du château – dont les ruines dominent la vallée de l’Ulf – ouvraient jadis les portes de Luxembourg, n’est pas dénuée de fondements historiques.

À quelques kilomètres de Sankt-Vith et un jet de pierre de la frontière allemande, Burg-Reuland abrite sa coquette quiétude à l’ombre de la tour de l’église saint Stéphane et, surtout, des ruines de son château féodal.
Objets de plusieurs restaurations depuis le début du XXème siècle, chemins de rondes, souterrain et autre donjon appellent à une plongée dans le temps, dans le cadre d’une vallée remarquablement préservée.
Pas de tapage, ici. Et c’est à pied, de préférence, que l’on escaladera l’escarpement rocheux qui mène au château : les emplacements de stationnement n’y sont pas légion, et le prestige de son histoire vaut bien quelque pédestre déférence. Car le burg de Reuland, qui est loin d’avoir livré tous ses secrets, n’est jamais que la partie visible d’un passé prestigieux.
SOUS LES AUSPICES DU SAINT-EMPIRE

Le site est en effet occupé, et fortifié, depuis des temps immémoriaux. Ainsi les fondations de la petite tour Nord datent-elles de l’occupation romaine. Les Francs – dont les rois, pour mémoire, n’avaient pas de résidence fixe – en font une villa royale, dans laquelle Charlemagne lui-même séjourne un temps.
Mais les principaux travaux de fortification sont réalisés au Xème siècle, consécutivement aux raids normand (882) et hongrois (961). Le donjon (Bergfried) Ouest, d’où l’on découvre les environs, date de cette époque.
À l’abri de ses puissantes murailles, doublées d’un système défensif d’enceintes et de douves s’étendant jusqu’à la vallée, le burg Reuland va connaître une longue période de tranquillité durant laquelle les comtes de Reuland, aussi redoutés que familiers de la suite du Saint-Empire Romain Germanique, en profitent pour se couvrir de gloire : Werner de Reuland (fin du XIIème siècle) est un intime de Fréderic Barbarousse, tandis que Dietrich, dit « Le Lion » trouve la mort lors de la prise d’ Akkon (IIIème croisade) en menant un assaut décisif.
En 1309, toutefois, Arnold de Reuland meurt sans descendance. Les comtes de Blankenheim héritent du château et de la seigneurie, qu’ils s’empressent de revendre à Jean l‘Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohème.
Celui-ci intègre la forteresse – qu’il confie à Konrad de Schleiden – dans son système de défenses orientales, avant de mourir à la célèbre bataille de Crécy (1346) tombeau de la Chevalerie. Son fils, Wenzel I, lui succède avant de trépasser sans autre gloire que son effroyable cruauté. Wenzel II, par contre, renoue avec la tradition du lieu : seigneur de Reuland, comte de Luxembourg, roi de Bohème et empereur d‘Allemagne, c’est à Reuland qu’il reçoit l’ Hommage de ses vassaux, en 1384. Il confie Reuland à Edmond von Engelsdorf, qu’il institue par ailleurs grand argentier du duché de Luxembourg et du comté de Chiny. Une charge qui restera confiée aux seigneurs de Reuland jusqu’à la fin de l’ancien régime.

En 1410, Werner von Pallant se marie avec Alverade, nièce d‘Emond. Reuland passe ainsi aux mains de cette célèbre lignée d’Empire qui va régner durant quelque deux cents ans sur les lieux. Le dernier des Pallant, Balthasar, également châtelain et seigneur à Alpen (Basse-Rhénanie), meurt en 1623. Son épouse, Elisabeth von Mylendonk, châtelaine du Drachenfels et souveraine de Meidrich (Basse-Rhénanie) l’avait précédé en 1614. Leur gisant de marbre noir est encore visible dans l‘église de Reuland.
Le comte Ferdinand von Berghes, époux de la nièce de Balthasar von Pallant, fut le dernier héritier de Reuland. Car, en 1689, le roi de France Louis XIV envahit nos régions, alors espagnoles. Comme à son habitude, ce grand frileux fait incendier le château. De 1714 à 1797, ce sont les Autrichiens qui occupent les lieux, dont la vocation militaire fait désormais partie du passé. Puis Reuland retourne à Luxembourg qui instaure un gérant, dont le dernier fut Johann Georg Franziskus Wolf.
La Révolution française sonne ensuite le glas de l’ancien régime, et le château ruiné est vendu en 1804 pour démolition. La famille Mayeres, de Reuland, acquiert les ruines et les propriétés conjointes en 1830.
Classées en 1980, elles sont désormais propriété de l‘État belge. Celui-ci y a autorisé et/ou patronné plusieurs campagnes de fouilles, dont une nouvelle devrait avoir lieu en 2007.
PASSEZ LA PORTE

Désormais sauvé de l’oubli, le château de Reuland peut couler des jours heureux, à l’abri des afflux touristiques connus ailleurs, en laissant ses murailles tutoyer le ciel d’octobre et le vent des légendes.
Lui rendre visite, c’est également avoir envie de mieux connaître un environnement splendide dont il constitue l’un des portiques : la vallée de l’Our.
Écrit par : Patrick Germain /2007
________________________________________
Note :
Source :
• Merci au personnel du SI de Sankt-Vith.
• « Die Burg-Reuland » (Province de Liège – Région wallonne – Deutschsprächige Gemeinschaft)
• « Communes de Belgique – dictionnaire d’histoire et de géographie administrative » 1980 (Crédit communal de Belgique et Renaissance du Livre)
… et en prenant un peu de hauteur avec AéroPixel
Burg-Reuland
Le château de Reuland
par Mediardenne | Avr, 28, 2016 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
u pied du fort de Charlemont, la Meuse fait de l’oeil au Vieux Givet : petit crochet par les ruelles d’une Marianne bien ardennaise.

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par Mediardenne | Avr, 24, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne
La chapelle de Farnières (Grand-Halleux, Vielsalm)
Peu de lieux en Ardenne, c’est entendu, laissent indifférent. Mais au-delà, certains d’entre eux interpellent : visite à la chapelle de Farnières, près de Grand-Halleux.
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par Mediardenne | Avr, 23, 2016 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
Montjoie – Monschau : déclinaison romantique aux Marches de l’Est
Quoi de plus évident, au moment de franchir la frontière allemande pour découvrir la bordure orientale du massif ardennais, qu’un petit crochet par Monschau ? Coquette et prospère, la bourgade aux mille colombages vaut le détour à plus d’un tire.
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par Mediardenne | Avr, 22, 2016 | lieux, Parcourir l'Ardenne |
Mouzaive (Alle-sur-Semois) : passerelle vers la quiétude
Pour peu que la végétation soit en amours, sur les berges de la Semois, vous risquez de passer à côté de Mouzaive sans même vous en rendre compte. Et ce serait dommage.
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par Mediardenne | Avr, 22, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Coo, le Niagara ardennais
Tout le monde vous le dira : c’est Jacques de Hubin, au milieu du XVIII ème siècle ! Et c’est LA cascade ! Un peu court, jeunes gens : gros plan sur les cascades de Coo, notre Niagara ardennais.
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par Mediardenne | Avr, 20, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne, Vie ardennaise |
La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm
L’Ardenne tout entière est parsemée de croix. Votives ou commémoratives, elles font partie d’un petit patrimoine qui, indépendamment des convictions, vaut d’être protégé.
Le 7 juillet 1843, à l’endroit où est érigée la croix commémorative qui porte son nom, gît le corps ensanglanté du brigadier des douanes. Il s’appelait Jean Chmits selon l’épitaphe gravée sur la croix, ou Schmitz selon ce que disent les cartes géographiques. Il semblerait que les cartes géographiques aient raison, car l’acte de décès indique en effet que c’est bien Jean Schmitz qui est décédé ce jour-là.
Il est vrai que le nom de Schmitz – avec le S – est très répandu dans la région, tant dans les familles francophones que du côté germanophone. Le même acte de décès précise que l’infortuné habitait Petit-Thier.
À côté du malheureux douanier, son fusil de service.
Les circonstances restent d’autant plus floues que le temps a passé. Accident ? Suicide ? Ou crime, maquillé en accident ? L’ancienne frontière avec la Prusse se trouve à un jet de pierre : la fraude était alors une activité fort répandue. Les enjeux ne se limitaient pas à quelques paquets de tabac, et la lutte était rude, entre fraudeurs et douaniers. Au point de se terminer parfois tragiquement.
L’Histoire, dans ses zones d’ombre, voisine souvent avec l’imagination.
Il semblerait pourtant que cette histoire soit moins romantique que l’imagination le souhaiterait, Jean Schmitz a été manifestement la victime d’un coup de feu accidentel. De sa propre arme, de l’arme d’un collègue ?
Rien ne l’explique, mais, pourra-t-on prouver si un fraudeur surpris n’y est pas pour quelque chose ?
Puisque c’est à deux pas de là que Marcellin La Garde a situé la saga du « Fraudeur de Tinseubois ».
A vous de mener l’enquête…

On parlera ici d’une « Croix d’Occis » dans la mesure où elle commémore un fait dont la nature criminelle peut être au moins soupçonnée. La croix en schiste, sur laquelle est gravé le nom de Jean Chmitz est solidement fichée dans un muret maçonné, en schiste lui-aussi.
Patrick Germain /Fr. Rion
La croix Schmitz

La croix Schmitz
La chapelle de Tinseubois

La chapelle de Tinseubois
par Mediardenne | Avr, 12, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Une cathédrale à Malmédy ?
En 1920, Benoît XV institue le diocèse d’Eupen-Malmédy : l’église paroissiale Saints Pierre, Paul et Quirin, devenue église-mère, prend donc rang de cathédrale. Un statut qu’elle perdra, dans les faits, cinq ans plus tard. Mais le vocable, lui, est resté.
Patron de la cathédrale de Malmédy et de l’église d’Ondenval, Saint Quirin est invoqué contre les rhumatismes et les maladies des yeux. On le fête le 11 octobre.
Malmedy, ou Malmédy ?
La graphie et la prononciation « Malmédy » (avec l’accent sur le E) dateraient du temps où la ville appartenait à la Prusse. Cette accentuation n’existant pas dans la langue allemande, les habitants auraient trouvé là une habile façon de défier leur administration de tutelle. D’aucuns – dont nous sommes- les conservent, en dépit de leurs relégations administratives. Rien à voir avec un quelconque anti-germanisme primaire, mais c’est bien de « Malmédiens » dont on parle, et le coup de la cathédrale vaut bien un accent aigu, non ? 😉

(suite…)
par Mediardenne | Avr, 11, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
Le barrage sur l’Ourthe à Nisramont
De provisoire qu’il devait être, lors de son érection, le barrage sur l’Ourthe à Nisramont fait désormais partie du paysage ardennais. Survol d’une histoire plus que centenaire et gros plan sur un ouvrage d’art dont la vaste retenue d’eau constitue un petit miracle de quiétude.
(suite…)
par Mediardenne | Avr, 11, 2016 | Comprendre l'Ardenne, histoire, lieux, Parcourir l'Ardenne |
La chapelle de Bon Secours, au hameau Fischbach
La chapelle de Bon Secours, au hameau Fischbach
C’est au chevalier Henri-Toussaint Fischbach que l’on doit l’érection de la chapelle qui porte son nom, à un jet de pierre de la Baraque Michel. Un édicule dont la vocation, à l’origine, ne devait pas se limiter à accomplir un voeu et à guider les égarés.

- Consacré au culte le 14 juillet 1831, l’oratoire fagnard matérialise le voeu de M Rondchêne, un notable malmédien par ailleurs beau-père de Fischbach.
La Chronique rapporte en effet que Rondchêne, égaré en Fagne une dizaine d’années plus tôt, fut sauvé de justesse par les aboiements du chien de la Baraque Michel et recueilli par ses habitants après avoir invoqué Notre-Dame. Il mourut un peu plus tard, trop tôt pour lancer la construction d’une chapelle votive. Son gendre, homme pieux, prit la relève.
Le hameau de Fischbach

Pieux, sans doute, mais point seulement. Car Henri-Toussaint Fischbach, Chevalier de l’Aigle Rouge, industriel malmédien originaire de Stavelot et homme « bien en Cour » avait une petite idée derrière la tête.
En fait, il avait conçu le dessein de faire défricher les fagnes aux environs de la Baraque Michel, et d’y créer un hameau de cultivateurs. L’usage commençant à désigner le lieu sous le toponyme de « Baraque Michel », le chevalier obtint même que cette « chétive appellation » fût évincée au profit de « hameau Fischbach », nom qu’il porte encore – officiellement tout au moins – de nos jours. Mais les forces économiques ne se laissant pas convaincre, le projet fut sans lendemain, fors la chapelle.
Dédiée à Notre-Dame de Bon Secours, celle-ci était à l’origine pourvue d’une cloche et surmontée d’un fanal que la famille Schmitz alluma tous les soirs jusqu’en 1856, date de l’ouverture de la route Eupen-Malmédy.

En 1885 un narthex, au clocheton ajouré pourvu d’une cloche fondue à Metz en 1882, fut accolé à la nef à l’initiative du curé de Xhoffraix, lui donnant l’aspect que nous connaissons aujourd’hui.
À l’intérieur, deux plaques d’ardoise rappellent les raisons pour lesquelles la chapelle fut construite. L’autel est surmonté de la statue de Notre-Dame de Bon Secours, avec, de part et d’autre, les statues de St Henri, St Hubert et St Roch. Une statue de St Antoine a disparu.
Pélerinage
La chapelle fut longtemps un but de pèlerinage pour les villages des alentours.
Chaque année, le 15 août, des pèlerins venus de Jalhay, Sart, Xhoffraix, Hockai, Membach et Goé s’y rendaient en procession.
L’origine de la procession des paroissiens de Solwaster vaut qu’on s’y attarde. Peu après la construction de la chapelle, une épidémie de dysenterie frappa la contrée, à laquelle Solwaster sacrifia. Resté pratiquement seul pour soigner les malades, le curé de la paroisse fit vœu d’organiser chaque année un pèlerinage à Notre-Dame de Bon Secours, si le mal était enrayé. Dès le 8 septembre suivant, en la fête » del pitite Notru-Dame » il tint parole et conduisit ses ouailles à travers la lande. L’épidémie quitta bientôt la contrée. Ceci dit, déférence gardée envers les mystères de la foi, la procession fut dit-on émaillée de nombreuses haltes durant lesquelles tous mangeaient force myrtilles et airelles. Ceci explique peut-être, aussi, cela.
Pour l’anecdote – et entre nous – j’ai fait mienne l’exécration suprême de grand-père : « Dji t’våreû so l’Fagne avoû l’hite sifflante ». En d’autres termes : « Je te souhaiterais sur la Fagne avec une chiasse carabinée ». Faut-il y voir un souvenir de l’épidémie ? Quoi qu’il en soit, la malédiction est terrible, vous en conviendrez ! :o)
Moins horrible (« quoi que », diront certains…) les femmes en mal d’épousailles ont le choix entre mordre la grille de la chapelle de Tancrémont, ou faire le pèlerinage à la chapelle Fischbach. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…
Un temps tombé en désuétude, le traditionnel pélerinage reprend sa place au calendrier paroissial le dernier samedi du mois d’août. La Foi y est sans-doute pour quelque chose, mais la vitalité de quelques comités culturels locaux a beaucoup contribué a faire revivre la tradition, d’autant plus que depuis 2008, la chapelle a subi une rénovation architecturale importante.
Ecrit par :Patrick Germain /2007
La cloche volée
Curieuse histoire que voici : en avril 2018, la (presque) sainte cloche disparait sans laisser d’adresse. Serait-elle partie pour Rome, certainement pas. Plutôt volée par un malfaisant suppôt de Satan. C’est en tous cas ainsi qu’aurait pu être qualifié le brigand qui avait dérobé l’objet sacré.
Par le même mystère, elle réapparut curieusement posée sur le seuil de l’édifice au mois de juillet de la même année. Le voleur a-t-il été pris de remords, est-ce un ange qui l’arracha des mains du démon ? Allez savoir !
Toujours est-il qu’elle fut de nouveau en place pour célébrer le pèlerinage annuel du mois d’août. Ouf, on a eu chaud.
Galerie Chapelle Fischbach et environs
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Le musée du tabac à Corbion-sur-Semois
Bon, d’accord : le tabac n’est pas ce qui se fait de mieux pour la santé. Ceci dit, à force de faire dans le « politiquement correct » on finira par ne plus savoir sous quel vocable désigner les nains de jardin… Le ridicule, quoi qu’on en dise, tue aussi ; et l’excès nuit en tout. Bref, en route pour la découverte du Musée du Tabac, à Corbion. Une histoire indissociable de celle de la vallée de la Semois.

Un bien joli nom pour une bien belle vallée où, pourquoi le cacher, un bout de notre coeur reste attaché. Un nom générique aussi, que tout fumeur de pipe digne de ce nom ne peut entendre sans saliver de convoitise.
À Corbion, parallèlement aux installations de fabrication et d’empaquetage, Vincent Manil – l’un des derniers producteurs artisanaux de tabac local – à créé un musée qui retrace l’aventure du « Semois ».
Histoire de nous apprendre entre autres choses que si, en Belgique, la culture du tabac remonte au XVIème siècle du côté de Wervik, ce n’est qu’en 1856 qu’un ancien instituteur de la région de Alle, Joseph Pierret, se lance dans l’aventure en Val de Semois : il plante un are de plants de type » Kentucky ».
L’affaire va, petit à petit, faire des émules et s’inscrire durablement dans le paysage de la vallée : en 1910, quelque 400 hectares, pour 9 millions de plants, produisent un tabac original dont la réputation franchit allègrement les frontières.
Car l’expérience apporte la révélation d’une culture rentable qui, pour un même espace, promet un revenu bien supérieur aux autres. De quoi séduire tout Ardennais digne de ce nom.

Le soleil et la chaleur
Et les amateurs d’herbe à Nicot. Ceux-ci découvrent en effet de subtils arômes, au sujet desquels nous cédons bien volontiers la parole à Cédric Malvetti, qui parle d’or : « Avant tout le climat, le tabac c’est comme le raisin : c’est le soleil et la chaleur qui font un bon cru ». Bon soyons francs, la Vallée de la Semois n’est pas une côté d’Azur mais le tabac y trouve néanmoins une température appréciable et un abri idéal. (…) le profond sillon creusé par la Semois le met à l’abri des violences atmosphériques du plateau voisin : un véritable rempart de collines et de rochers abrupts se dresse au nord, tandis que les terres s’étalent en plein soleil. (…).
Maintenant il ne faut pas que cette chaleur soit sécheresse ! Le tabac est vraiment un grand buveur et demande aussi une bonne humidité. En Semois il fait très humide et l’humidité du sol est en plus complétée par celle de l’air : les fameux brouillards de la Semois aussi célèbre que ceux de Londres étendent sur la vallée une chape protectrice sous laquelle le tabac jouit d’une tiédeur moelleuse et fraîche qui fait ses délices. Est-ce que ça ne ressemble pas un peu à la douceur idyllique et mystérieuse du matin dans la vallée qui s’exhale d’une bouffée de Semois ?

Martin, Couvert, Manil…?
Cela étant, les dernières décennies du XXème siècle ont pourtant bien failli être fatales au « Semois ». De nos jours, il ne subsiste guère que quelques planteurs, et trois fabricants de cigares et de tabacs pour la pipe : Joseph Martin à Alle, Jean-Pol Couvert et Vincent Manil, à Corbion.
C’est dans leurs gammes de produits, et là seulement, que vous retrouverez « Le » Semois qui, pour mémoire, ne jouit d’aucune appellation contrôlée. Celui dont les arômes, avant l’avènement des toussotements et autres regards assassins obligatoires, réveillaient autour de vous les souvenirs heureux des promenades avec l’aïeul. C’est sans doute toujours la cas, mais…
Soit. Les temps changent. Et avec eux, les moeurs. Reste que c’est en bourrant avec art un « fourneau Semois » que je vous convie à découvrir ce musée où vous apprendrez tout ce que vous pouvez souhaiter savoir au sujet du produit emblématique d’une vallée sympathique entre toutes, où les séchoirs géométrisent l’espace en racontant des histoires de fraudeurs.
Et, ma foi, si vous comptez vous aussi parmi les odieux toxicomanes étonnés de n’être pas encore contraints de s’annoncer à grand renfort de crécelle, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Musée du Tabac,
chez Vincent Manil,
rue du Tambour, 10
6838 Corbion-sur-Semois.
Visites sur rendez-vous : +32 (0)61/46.81.29
www.tabac-semois.com/musee.html
NOUVEAU GUIDE ARDENNAIS
Simple, convivial et bien illustré

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