Wathermal, aux Marches de la Belgique | Gouvy

4 Mai, 16 | lieux

Aux confins de Gouvy, Wathermal poursuit une veille plusieurs fois séculaire sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et du Rhin. Un bien beau village à découvrir lors d’une promenade, ou à l’occasion de sa traditionnelle Fête de la truite.

 

wathermal-villageLoin de l’agitation du siècle, le coquet village de Wathermal préserve ses petites et grandes histoires sur l’un des versants de la vallée de l’Ourthe Orientale naissante, où de nombreux vestiges témoignent d’une occupation humaine fort ancienne. Nous nous trouvons ici, il est vrai, sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Meuse et du Rhin, et sur le tracé de l’immémoriale voie reliant Cologne à Reims.
L’endroit est cité pour la première fois au IXème siècle en tant que villa royale carolingienne, et la tradition rapporte que le lieu dit « Grafen Garten » – jardin du comte – aurait vu s’ériger un château dont on n’a toutefois pas retrouvé de trace physique.

Côté étymologie, mieux vaut marcher sur des oeufs. Car même si l’origine germanique est peu douteuse, les thèses s’affrontent dont les plus communes lisent : limite des eaux, gardien du lieu de justice ou gardien de la montagne. Sans parler du souk invraisemblable qui a chamboulé l’orthographe des lieux – quand ce n’est leur dénomination – ici comme ailleurs, lors des derniers travaux officiels en la matière. Mais ça, c’est une autre – lamentable – histoire belge.

 

UNE CHAPELLE

Quoi qu’il en soit, la chronique rapporte qu’un comte de Salm, menacé par un violent orage, fit voeu de bâtir une chapelle dédiée à saint Donat à l’endroit même où la foudre venait de l’épargner. Telle serait donc l’origine de la chapelle de Wathermal, désormais placée sous l’invocation des Saints Hubert et Antoine mais dont les cloches – datées de 1369 – sont réputées écarter les feux du ciel.

 

 

Juché sur son éperon rocheux, l’édifice actuel a été consacré en 1769. D’aucuns font toutefois remonter l’origine de la tour à l’époque romane. L’inclinaison de son clocher, contrant les vents dominants, tendrait par ailleurs à en prêter la paternité au même auteur que celui de Beho.
L’ensemble ne manque pas de cachet, qui abrite entre autres un aigle-lutrin du XVIIème, un tabernacle initialement placé à Beho, et un bel ensemble de vitraux restauré après la seconde guerre mondiale. Mais la principale curiosité du lieu se situe à l’entrée du cimetière qui ceint la chapelle.

 

Là, on découvre le couvercle tumulaire, en dos d’âne, d’une tombe chrétienne du Moyen-âge. Ce couvercle, marqué d’une simple croix presque effacée, ne recouvrait pas la tête du défunt. Les tombes de ce genre furent employées durant toute la période romane, et jusqu’au XIVème siècle pour les sépultures non apparentes. Elles sont extrêmement rares en Belgique.

Dans le même champ de repos, un quartier a été aménagé où s’inscrivent une pierre tombale armoriée portant la date de 1652, et un bel ensemble de croix en schiste bleu typiques de la région.

 

ET DES TRUITES

Voilà pour l’histoire. Mais l’originalité de Wathermal ne s’arrête pas là, tant s’en faut.
Ainsi, le déclin des activités agricoles n’a-t-il pas annoncé pour le village le début d’un tsunami de mauvais goût en matière de restauration qui en a submergé plus d’un. Le fait est assez remarquable pour être souligné, et le résultat permet de se faire une bonne idée de ce que pouvait être la physionomie d’un village ardennais voici quelques décennies encore.

wathermal_carte_chanlaire

Détail de la carte Chanlaire (voir notes)

Sans doute le dynamisme du groupement local des « Amis de Wathermal » n’y est-il pas étranger, auquel on doit de nombreux aménagements contribuant à la qualité de la vie au village et, point d’orgue, une « Fête de la truite » de derrière les fagots qui attire chaque année plusieurs centaines de visiteurs pour un week-end d’animations diverses, et de dégustations dont lesdits salmonidés – invités à table – sont bien les seuls à se plaindre.

Servez le tout sur écrin de verdure : à découvrir d’un pas tranquille en suivant les belles promenades balisées du Syndicat d’initiative de Gouvy.

 

Ecrit par :Patrick Germain / 2008>
Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain
Crédit(s) iconographiques :Marc Hennuy (Anguerant de Wathermal) pour la carte
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Note :
Carte « Chanlaire » : du nom de Pierre – Gilles Chanlaire, géographe français, né à Vassy, en 1758, mort en 1817. Il était attaché au bureau topographique du cadastre français, dont dépendait alors le département de l’Ourthe. On lui doit plusieurs travaux recommandables de statistique et de géographie.
Source :
« Communes de Belgique – Dictionnaire d’histoire et de géographie administrative » – Crédit Communal de Belgique, à la Renaissance du Livre -1980.


 

Où est Wathermal

Wathermal

Dormir, manger, bouger en Ardenne

L’Ardenne couvre en Belgique, la province du Luxembourg, le sud et l’est de la province de Liège et le sud de la province de Namur. En France elle s’inscrit dans le département des Ardennes. Elle se prolonge au Grand-Duché de Luxembourg sur la province du nord, l’Oesling.

Vous trouverez sur les sites ci-dessous toutes les adresses afin de passer un bon séjour touristique en Ardenne.

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Le site officiel du tourisme dans les Cantons de l'Est
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