C’est quoi au juste l’Ardenne ?

Photo : Anne Catherine Lardinois  – www.laphoto-postale.be

C’est quoi au juste l’Ardenne ?

26 Juin, 26 | Comprendre l'Ardenne, nature, Parcourir l'Ardenne

Photo : Anne Catherine Lardinois  – www.laphoto-postale.be

Au doux nom d’Ardenne, les vacanciers frémissent, prêts à répondre à l’appel de la forêt. De leur côté, Les habitants sont fiers d’appartenir à un territoire au caractère authentique comme l’annonce orgueilleusement notre slogan en page d’accueil.

Si l’image de l’Ardenne ouvre des horizons chargés du parfum de l’aventure, comme pouvait le faire le Far-West, tâchons d’être un petit peu précis, au-delà du cliché de carte postale.

L’impénétrable forêt d’Ardenne, l’Arduina sylva comme la décrivait Jules César, a bien changé d’aspect depuis la conquête des Gaules et la résistance obstinée d’Ambiorix, le Vercingétorix local.
César mesurait l’Ardenne sur une étendue couvrant les environs d’Épinal jusqu’à la région de Maëstricht ; ce qui nous fait quand même un petit peu beaucoup. Il avait oublié les Vosges au passage. On peut l’en excuser ; il ne disposait pas de GoogleMaps.

Des limites élastiques

Malgré les connaissances scientifiques acquises depuis deux mille ans, le côté pour le moins élastique des limites ardennaises est resté lorsqu’on s’emploie à décrire le territoire. On ne sait pas toujours très bien là où elle comence et là où elle finit.

En deux millénaires, la géographie s’est précisée et de nos jours, il ne viendrait à l’idée de personne de tirer autant que César sur l’élastique pour étendre l’Ardenne. Mais, cette souplesse tient bon, et lorsqu’il s’agit de vanter les mérites d’un produit qui sent bon le naturel, l’étiquette ardennaise se colle sur la boîte de lait, la façade de la maison de vacances, l’emballage du beurre, et, les stratèges du marketing seraient bien capables de l’imprimer le paquet de margarine à l’huile de colza si on ne les retenait pas.

Car l’Ardenne, ça parle aux gens, ça inspire.

C’est le côté mythique entretenu par les poètes, les écrivains, les artistes et désormais les photographes digitaux et les webmasters. Les Ardennais s’emploient à soutenir le côté un peu magique de leur Terre.

C’est une approche sentimentale qui n’a pas toujours été telle. L’essor du tourisme démocratisé, du chemin de fer, puis des automobiles (pour utiliser un langage de l’époque) a attiré des villégiateurs (le même langage d’époque) qui ont vite été assimilés à des clients. Le territoire devint une enseigne attirant le consommateur.

Plus tôt, l’Ardenne et ses habitants étaient un peu considérés comme des demi-sauvages, voire des sauvages tout court. Ceux-ci étaient bien conscients qu’ils étaient perçus comme des «indigènes» à peine civilisés ; manquait l’os à travers les narines pour compléter le tableau.
Pour se défaire du cliché, les habitants eux-mêmes tendaient à repousser un peu plus loin l’appartenance à l’Ardenne, surtout vis-à-vis des citadins venant du Nord. Étant entendu que le Nord commence entre Aywaille et Liège…
En ces temps là, plutôt que de tirer sur l’élastique et élargir son espace dans l’imagination, l’Ardenne se contractait.

Dure Ardenne

En écrivant son roman «Dure Ardenne», Arsène Soreil décrit justement la vie des paysans pauvres au rythme des saisons et du cycle de la terre. Terre nourricière, rarement prodigue.

Ici, ce n’est pas Saint-Tropez ni Toremolinos, cette «merveilleuse terre de vacances» ne présente pas ce côté rieur et jovial des territoires ensoleillés du sud de l’Europe.

L’Ardenne est profonde. Elle n’est pas austère, mais rien n’est superficiel, si ce n’est le sol cultivable qui arrive à peine à recouvrir la roche mère qui affleure à chaque pas.

La forêt est profonde, la roche est profonde et l’âme est profonde.

Illu : Soreil et Toine : Dans un esprit moins tragique, et à l’autre bout de l’Ardenne près de la frontière française, Arthur Masson contera les aventures cocasses de Toine Culot, obèse ardennais. Un ton de récit qui vaudra à l’auteur d’être parfois qualifié de Pagnol ardennais.

Dieu et le Diable sont présents partout et il est bien difficile de déterminer lequel des deux est arrivé le premier. Il n’y a pas de chemin en Ardenne qui ne porte sa croix, au sens propre. De schiste, de bois ou plus rarement d’arkose, elles ont tenu longtemps le rôle de bornes et de poteau indicateur.

Ici, la moindre dépression dur sol porte la marque du Diable, du sabot de l’âne de Saint Remacle ou du courageux cheval Bayard.
Les légendes ardennaises sont nombreuses, elles ont modelé ce qu’on appelle une «mentalité». Tout comme en Bretagne, à laquelle l’Ardenne est souvent comparée. «Ardenne et Bretagne : les sœurs lointaines» écrivait Albert Moxhet, un des chantres de l’Ardenne.

La grande Histoire contribue parfois au mythe. Sans être aussi doué que Jules César, Hitler, cet envahisseur idiot et brutal, s’est cassé les dents en 1944 en lançant ses chars à travers la forêt et les fagnes ardennaises. Pour sa dernière offensive, celle dite «des Ardennes», l’imbécile croyait réussir son effet de surprise comme ses compatriotes de 1914, mais ceux-là avaient eu la bonne idée de démarrer leur invasion au mois d’août, pas en plein hiver.
L’Ardenne, c’est plus froid et plus humide qu’ailleurs. Les cartes météo de la télévision nous le rappellent journellement, là-haut, il faut «porter un paletot de plus qu’à Bruxelles».

Toute modeste qu’elle soit, la petite montagne ardennaise marque sa différence en titillant les brouillards et les nuages bas. Il y pleut plus qu’en plaine, les gelées précoces y sont plus précoces et les gelées tardives y sont plus tardives. C’est un fait ; même le réchauffement climatique ne change rien à l’affaire.

Du mythe à la pierre

L’impact qu’elle dégage dans l’imaginaire cause des confusions qui font oublier que l’Ardenne est avant tout une région naturelle au sens géographique comme nous l’avons appris à l’école.

Il n’existe aucun pointillé précis sur aucune carte qui délimite le territoire puisque la nature se moque éperdument des limites administratives, et que, de toute façon, elle à fait sa part de boulot bien avant les traceurs de frontières.

Ainsi va la nature ardennaise, partant de la France en rayant la Belgique sur un axe sud-ouest vers le nord-est à travers les provinces de Namur, Luxembourg et Liège, elle déborde sur de Grand-Duché de Luxembourg en le coupant en deux. Là elle s’appelle l’Oesling (Eislek en luxembourgeois), puis elle devient l’Eifel en région germanophone de Belgique et se dilue loin en Allemagne dans le Massif Schisteux Rhénan au-delà du Rhin.

Illu : carte avec légende

 

La montagne érodée

L’altitude moyenne n’est pas le seul trait naturel de l’Ardenne, le sol en est la marque déterminante.
Pour le comprendre, il faut explorer la vertigineuse histoire de la Terre. Vertigineuse, car les temps et les épisodes géologiques n’ont absolument aucune mesure comparable avec ce que notre petite mémoire humaine peut concevoir du passé planétaire

Comme ce qui suit va être un peu compliqué, nous espérons capter votre attention et éveiller votre curiosité avec un scoop : notre région (et les territoires qui l’entourent évidemment, ne soyons pas trop chauvins), a commencé sa formation quelque part, pas très loin du pôle Sud.

Et cela, il y a près de 550 millions d’années, rien que ça ! Ce qui fait maintenant du sol ardennais une des plus anciennes roches de l’hémisphère nord puisqu’il ne vous a pas échappé que nous ne sommes plus à proximité du pôle Sud, nous avons parcouru un sacré chemin.

La croûte terrestre est faite de plaques qui flottent sur la couche inférieure qu’est le manteau visqueux. Ces plaques circulent et se déplacent constamment de manière imperceptible à l’échelle des temps humains. Elles s’éloignent, se rapprochent, se chevauchent parfois et entrent en collision. Alors, il se passe la même chose que lorsque la carrosserie de votre voiture rencontre un obstacle (ce qu’on ne vous souhaite pas) ; la tôle se plisse, se défonce par endroits et se soulève ailleurs.

C’est ce qui est arrivé aux couches d’argiles et de sables sous-marins compactés qui se sont soulevés sous l’effet de la rencontre des plaques continentales qu’étaient Avalonia, Laurentia et Baltica.

Calédonien d’abord

C’est le début d’un épisode géologique que les scientifiques ont nommé le cycle Calédonien du nom latin de l’Écosse (Calédonia) qui faisait partie de ce colossal soulèvement.

Cela se passe sur une énormité de temps et il faut des dizaines de millions d’années pour que le fond marin sorte de l’eau et devienne une montagne.
Puis, durant les dizaines de millions d’années qui suivent cette élévation, l’érosion du sol intervient. Le vent, la pluie et les gelées attaquent la montagne et rabotent ses sommets, la montagne s’arrondit et redescend de plusieurs étages.
De dizaines de millions d’années en dizaines de millions d’années, les terres montent puis redescendent ; une roche se crée, se forme, puis se disloque sous l’effet de l’érosion. C’est un processus infini.

Hercynien ensuite

Et des dizaines et des dizaines de millions après que l’érosion du premier soulèvement ait commencé, un nouvel épisode et de nouvelles rencontres continentales ont de nouveau soulevé des pans gigantesques de la planète qui ont de nouveau concerné notre territoire. C’est ce cycle Varisque encore appelé Hercynien qui a propulsé l’Ardenne à une altitude qu’il n’est pas déraisonnable d’imaginer plus élevée que les actuelles montagnes européennes. Quand on disait plus que l’histoire de la Terre a un côté vertigineux, ce n’est pas seulement dans le temps.

Entre soulèvements et érosions, l’Ardenne est devenue cette région de collines bombées et de hauts plateaux.

Ces événements, Calédonien puis Varisque/Hercynien se sont étalés entre 550 et 300 à 250 millions d’années. Ce qui ne veut pas dire que tout s’est stabilisé définitivement, puisqu’actuellement, nous subissons les pressions du plissement alpin commencé tout récemment. Il y a un petit 50 millions d’années quand même, mais ce qui fait des Alpes et des Pyrénées des montagnes beaucoup plus jeune que la vieille Ardenne.
Tous ces phénomènes géologiques sont sans fin, ils ont commencé bien avant l’émergence de la vie sur terre et continueront après la l’extinction définitive de celle-ci.

Illu signal de Botrange

Le massif ardennais

Ces satanés cailloux sur lesquels le promeneur trébuche et sur lesquels l’agriculteur casse ses outils sont donc très anciens. Pensez-y lorsque vous jouerez à faire des ricochets dans la rivière avec des pierres de schiste, rappelez-vous que vous tenez en main un jouet vieux de centaines de millions d’années. C’est vertigineux, au risque de se répéter.

Si l’Ardenne est en grande partie couverte de forêts et non de riches cultures céréalières, c’est un peu dû au climat, mais surtout à ces rochers qui affleurent à peu près partout et rendent le sol encore plus froid et fort peu perméable. Ce sol, pour peu qu’il ne présente pas de pente importante, conserve les eaux de pluie à la surface, les nombreux espaces de fagnes qui parsèment l’Ardenne en témoignent, dont le plateau des Hautes Fagnes bien évidemment.
Un des inconvénients majeurs étant que cette eau ne peut se réfugier dans aucune nappe souterraine et s’évapore très vite en cas de sécheresse plus ou moins prolongée, ce qui est de plus en plus souvent le cas.

Comme nous l’avons vu, ce (satané) sol est composé des argiles et des sables que les fonds marins ont collectés au long de leurs déplacements sur les plaques tectoniques qui les baladaient. Ces sédiments meubles sont devenus des roches sous l’effet de la pression mécanique et de l’échauffement que celle-ci produit, c’est le métamorphisme.

À partir de là, c’est relativement simple, les argiles ont formé le schiste et les sables ont formé des grès.

Le schiste n’est plus a présenter en Ardenne, c’est cette roche qui est exploitée sous différentes formes dont la plus connue est l’ardoise de toiture longtemps extraite des carrières de Martelange, Vielsalm, Warmifontaine, Haybes. Mais des dalles, des colonnes, des moellons sont ou ont aussi été produits dans une multitude de carrières locales.

Les grès ardennais d’une couleur jaune pâle sont appelés arkose dans le langage populaire. Ce qui heurte un peu les géologues et minéralogistes, car l’arkose, la vraie, doit comporter un certain pourcentage d’un composé minéral appelé feldspath (bonne chance pour bien le prononcer du premier coup). Les spécialistes préfèrent parler de quartzite. Voilà pour la science, il ne vous en sera pas tenu rigueur si vous préférez utiliser le mot arkose ; les gars du bâtiment qui montent des murs avec ces pierres ne se posent pas la question et les constructions «d’arkose» sont courantes. Ajoutons qu’en beaucoup d’endroits, l’arkose étant une pierre très dure, on trouve encore des meules de moulin d’un diamètre d’un mètre et plus taillées dans cette roche.

Calcaire, connais pas !

L’Ardenne est donc une région naturelle caractérisée par un socle de schistes et de grès, mais plus encore, c’est l’absence de calcaire qui donne sa particularité à la région.

Et c’est ici que la confusion survient et que l’élastique des limites ardennaises manipulé par les humains commence à s’étendre et à englober sans vergogne tous les territoires qui se trouvent au sud-est de Meuse. Dans le même tiroir, on glisse l’Ardenne, la Lorraine, la Calestienne, la Famenne.

Le calcaire est également une roche sédimentaire, il naît des matériaux déposés aux fonds des mers, mais, différence notable avec les argiles, les sables et les graviers, il est composé de matière biologique, à partir des coquillages, de squelettes de poissons et de coraux.

Or, à l’âge Cambrien (les 550 millions d’années en question), lorsque les terres ardennaises se sont formées sous la mer, puis soulevées et sorties des eaux, la vie marine était encore rudimentaire et très peu nombreuse. Donc, les dépôts calcaires ne pouvaient pas exister en quantité suffisante pour se transformer en roche. CQFD.

L’Ardenne originelle devait être bien triste sans arbres, sans fougères, sans truites ni cervidés, désertique comme la lune. On comprend pourquoi les Hollandais ont attendu quelques centaines de millions d’années pour y passer leurs vacances.
Très logiquement, les bordures du massif schisteux, par définition moins élevées que le sommet, sont restées sous eau plus longtemps. La faune marine, y compris les coraux ont eu le temps de se développer, de vivre sous l’eau puis d’y mourir et d’y accumuler des restes calcaires.

Au Sud, la Lorraine belge, la Gaume et le Pays d’Arlon

Ne dites pas aux habitants de Virton, de Florenville, de Chiny qu’ils sont Ardennais. Cela ne créera pas un incident diplomatique, mais, on vous le fera remarquer : tût tût, un Gaumais n’est pas Ardennais. On vous le dira gentiment, onctueusement, un peu à l’image du pâté gaumais, mais on vous le dira. Peut-être en gaumais d’ailleurs, un dialecte pratiqué dans la partie romane de la Lorraine.
A l’est, tout contre le Grand-Duché de Luxembourg, le Pays d’Arlon est autrement appelé l’Arelerland dont la langue locale —­ et l’accent — est historiquement beaucoup plus proche du parler luxembourgeois.
Gaume et Pays d’Arlon se différencient donc par une marque culturelle, mais sous leurs pieds respectifs on retrouve les mêmescaractéristiques géographiques, un mélange d’argiles et de calcaire : la marne.

La Lorraine belge représente le versant sud du massif ardennais, elle profite d’une belle exposition au soleil qui a donné à la Gaume le surnom de petite Provence belge que le village de Torgny illustra en relançant la culture des vignes.
La Gaume/Lorraine qui remonte vers le plateau ardennais est la limite nord du grand bassin parisien, une dépression géologique recouverte par la mer jusqu’au jurassique (200 à -150 mille ans). L’inclinaison des différentes couches sédimentaires remontant vers l’Ardenne a donné des formes d’érosion particulières qui ont formé les trois «cuestas» gaumaises. Ces replis courent sur un axe est-ouest et ont tracé la voie aux rivières Vire, au Ton et à la Semois pour creuser leur lit en direction de la Meuse.

illu Gaume

Au Nord-ouest, Fagne et Famenne

Très important à préciser d’emblée : il ne faut pas confondre LA Fagne dont nous allons parler ici et LES Fagnes qui occupent les hauts plateaux du Nord-Est.
Le mot «fagne» provient du wallon, il se traduit par fange en français. Le sud de la Famenne est une région fangeuse, le nord de l’Ardenne l’est aussi, et pour les mêmes raisons, un sol imperméable dans lequel l’eau ne s’infiltre pas.

Il était donc légitime de nommer ces deux régions éloignées du même nom, LA Fagne au Sud, LES Fagnes au nord, où on a trouvé utile de rappeler que ces dernières étaient en altitude en consacrant le formule des «Hautes Fagnes» pour limiter les confusions. Ce qui n’a pas empêché il y a quelques années une polémique pour savoir quelle brasserie pourrait utiliser la marque de Bière des Fagnes. Une polémique brassico-belge bien de chez nous.

Il n’échappera à personne que la ville de Marche-en-Famenne que l’on dit souvent ardennaise se trouve en… Famenne. La roche mère y est schisteuse également, un peu plus élevée que la Fagne et un peu plus basse que l’Ardenne, on commence à se diriger vers les terres fertiles du Condroz et de la Hesbaye.

illu Famenne

Entre Ardenne et Famenne, la Calestienne

Un phénomène géologique singulier permet de séparer la Famenne de l’Ardenne, c’est la Calestienne. Et ça c’est bizarre. C’est bizarre, car si l’Ardenne est exempte de calcaire, que la Famenne n’en compte pas beaucoup plus, en Calestienne, il n’y a que cela.
Ce long ruban qui s’étire des environs de Louveigne à Trélon (F) est resté une mer coralienne qui elle aussi finit par s’assécher pour laisser place aux prairies calcaires qui abritent une faune et une flore naturelle très différente de celles des hauts plateaux ardennais.

C’est la région des grottes (Han, Rochefort, Hotton, Remouchamps…) creusées par l’acidité des eaux dans le calcaire.

illu Fondry des chiens

Ardenne ou Ardennes

Il nous reste une dernière petite interrogation à mettre au point : dit-on l’Ardenne ou les Ardennes.
Très sincèrement, ce n’est pas à notre avis une préoccupation majeure. Il est de bon ton de parler DES Ardennes en France puisque c’est le nom du département baptisé comme tel, et de L’Ardenne au singulier en Belgique puisqu’il s’agit d’une région naturelle, ce qui ferait de l’Offensive des Ardennes une erreur linguistique historique.

Bof, bof, est-ce si grave ? D’autant plus qu’il y a bien l’Ardenne belge, mais qu’à côté, il y a l’Ardenne luxembourgeoise, l’Oesling, qu’il y a l’Eifel, l’Ardenne germanophone et qu’i y a bien une Ardenne en France puisque le massif ardennais ne couvre qu’une partie du département. Alors, une Ardenne par ci, une Ardenne par là et puis une autre dans une autre langue, cela fait quand même une somme d’Ardennes au pluriel.

Comme on ne veut se fâcher avec personne, on va se plier à l’usage ; on va parler de l’Ardenne belge et des Ardennes françaises, et on ne va pas jeter des tomates à ceux qui commettraient le péché de dire que les Baudets de Bertrix, les Borquins de Saint-Hubert et les Blancs-Moussis de Stavelot vivent dans LES Ardennes.

 

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