La réserve naturelle des Quatre-Vents | Vielsalm

24 Sep, 20 | La flore, nature

Située sur les hauteurs de la commune de Vielsalm, à une altitude de 521 mètres, la réserve des Quatre -Vents est une des rares réserves naturelles privées que compte le pays.

Créée en 1987 par un propriétaire passionné de nature, agrandie en 2013, elle couvre une surface d’un peu moins de quatre hectares.

Le sol rocheux ardennais

Le sol rocheux naturel recouvert d’une couche d’argile imperméable fait de l’endroit une lande tourbeuse comme elles sont très nombreuses en Ardenne. Les plantations d’épicéas et leur exploitation qui eurent lieu avant la restauration du cadre naturel avaient bien-entendu largement transformé le couvert ainsi que les espèces animales présentes sur l’endroit. Un certain travail de réadaptation a donc été nécessaire pour favoriser le retour des espèces végétales et animales d’origine. C’est ainsi que des petites mares ont été creusées et que très régulièrement, un entretien est nécessaire afin d’éviter que les épicéas du voisinage ne recolonisent l’endroit. La réserve étant relativement petite, les épicéas qui la ceinturent auraient tôt fait de reprendre le dessus sur la flore locale.
Ces travaux sont effectués par des bénévoles de la « Trientale », la branche locale des Cercles des Naturalistes de Belgique. L’équipe de bénévoles a pu bénéficier du soutien logistique et scientifique du projet Life Ardenne Liégeoise. Clôturé en 2020, ce projet européen visait à restaurer les habitats naturels en Haute Ardenne et en Hautes Fagnes.

 

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Les moutons, des travailleurs efficaces

 

Les moutons de la Reserve des Quatre-Vents

Les « Ardennais Roux » sont des alliés de choix pour l’entretien des réserves naturelles humides.

 

Mais pour faciliter le travail des hommes, la botte secrète réside dans le pâturage contrôlé de la zone humide par un troupeau de mouton. La race « Ardennais roux » a été choisie pour ses aptitudes à s’accommoder aux milieux humides. Le troupeau d’une trentaine de bêtes est adapté à la superficie de la zone et est géré, comme en agriculture de production, en fonction de la production du terrain, de la saison ou de la sécheresse. La sauvegarde de la biodiversité prime, on s’en doute sur la qualité nutritionnelle du pâturage. Les animaux sont présents du printemps à la fin de l’été.

Les attentes des gestionnaires sont rencontrées

Les résultats de la gestion sont très positifs, des espèces naturelles de libellules et de papillons se sont rapidement réinstallées. Le nombre de pieds d’orchidées sauvages est en constante augmentation. Bien-entendu, la bruyère omniprésente sur le sol acide fleurit à la fin de l’été. Le genévrier commun – qui avec l’If est le seul résineux indigène en Ardenne – fait également l’objet de soins particuliers. Ses recrus sont protégés de treillis afin que les moutons de n’y attaquent pas, les baies et les jeunes pousses sont particulièrement appétissantes pour eux.

Il va de soi que la réserve étant une propriété privée, clôturée pour la pâturage des moutons qui plus est, son accès ne peut se faire qu’avec l’autorisation du propriétaire.

 

Ci-dessous quelques espèces de libellules et papillons qui s’installent durablement dans la réserve.
Les photos d’insectes sont de Michel Humblet  – Visitez sa page Facebook

 

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L’Ardennais roux

Tête d'ardennais

Comprenez-vous pourquoi on l’appelle l’Ardennais ROUX ?

 

Jusqu’à la fin du 19ème siècle en Ardenne, l’élevage du mouton était beaucoup plus répandu que l’élevage bovin. La rudesse du climat et la pauvreté du sol rocheux se montraient plus propices au pâturage des moutons qu’à l’engraissement des bovins. C’était une époque où les éleveurs travaillaient avec les races locales, non encore croisées ou sélectionnées par la science dédiée aux animaux de ferme, la zootechnie.
L’Ardennais roux était présent sur tout le territoire ardennais où il s’est façonné naturellement.
Son élevage a progressivement diminué au fur et à mesure que les landes ardennaises laissaient la place aux forêts de résineux pour une part et aux pâturages clôturés et de plus en plus soumis aux engrais chimiques.

Adieu berger, adieux moutons, le progrès est en marche.
A la fin des années ’50, il aurait disparu complètement si quelques exemplaires n’avaient été sauvegardés en Flandre sous le nom de « Ardense Voskop ».

C’est donc au départ de la Flandre que le Roux reprend actuellement possession de sa terre natale. Comme quoi, l’Union fait la Force. Le regain d’intérêt dont il bénéficie est dû à ses aptitudes de « rusticité » comme disent les éleveurs. L’Ardennais roux ne sera certainement pas une des races les plus productives en viande, mais il s’accommode parfaitement d’un un sol pauvre, sachant se contenter d’une nourriture maigre, des ronces, des orties. De plus, il résiste très bien aux maladies et surtout aux affections des pieds dont les ovins peuvent être très sensibles sur sols humides.

Voilà pourquoi on utilise de préférence les Ardennais roux pour l’entretien des réserves naturelles ardennaises souvent implantées en milieu humide.

Les projets LIFE en Wallonie:

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Les Quatre-Vents

Les quatre-Vents

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