Le mémorial du Mardasson | Bastogne
Le mémorial du Mardasson | Bastogne
C’est en 1950 que fut inauguré l’un des monuments les plus connus d’Ardenne : le Mardasson. Érigé en l’honneur des soldats américains tombés en Belgique durant toute la seconde guerre mondiale, il est généralement associé à la bataille « du saillant » dans la mémoire collective. Et pour cause : les pertes en vies humaines y furent plus importantes que durant les combats du débarquement en Normandie.
Le fait, tout déplorable soit-il, mérite d’être rappelé : les combats de l’Offensive des Ardennes furent les plus meurtriers qui se soient déroulés sur le front occidental durant la seconde guerre mondiale. Dans le triangle Elsenborn – Echternacht – Celles, les historiens militaires s’accordent généralement sur les chiffres, côté américain, de 8.607 tués, 21.144 disparus et 47.139 blessés.
Le Mémorial du Mardasson représente l’hommage du peuple belge à la nation américaine à travers celui rendu aux combattants tombés sur son sol. Sa réalisation est due à une initiative de l’ « Association Belgo-Américaine », groupement constitué en 1945 et comprenant diverses personnalités belges désireuses de perpétuer le souvenir.
Bastogne fut choisie pour ériger ce mémorial du souvenir, parce que l’effort américain y fut le plus décisif. Pour les Américains, Bastogne symbolise leur esprit légendaire de résistance, mais aussi leur sens de la contre-attaque victorieuse.
Le 4 juillet 1946, là où allait se trouver le point central du Mémorial, un peu de terre était prélevée et déposée dans un coffret, bientôt scellé en présence de l’ambassadeur des USA et expédié par avion spécial vers Washington. Une délégation belge, conduite par le ministre de la Défense Nationale, remit ce coffret sacré au président des États-Unis d’ Amérique, Harry Truman.

C’est au-dessus de ce point central que se trouvera la dalle en pierre du pays, portant l’inscription:
LIBERATORIBUS AMERICANIS
POPULUS BELGICUS MEMOR
4. VII. MCMXLVI
(Le peuple belge se souvient de ses libérateurs américains – 4 juillet 1946)
Le monument fut inauguré le 16 juillet 1950, en présence des plus hautes autorités belges et américaines; des délégations anglaise, française, hollandaise et luxembourgeoise renforçaient le caractère international de l’événement. Les associations de vétérans étaient évidemment du nombre. Sans oublier l’architecte, lauréat d’un concours de projets, Monsieur Georges Dedoyard et l’entrepreneur Monsieur Félicien Calay. Dans les fondations se trouve, scellé, un parchemin signé par différentes personnalités belges et américaines.
L’étoile à cinq branches
Le Mémorial affecte la forme de l’étoile de la Libération, à cinq branches dont chacune mesure 31m de longueur. Le diamètre de l’atrium central est de 20m et s’élève jusqu’à 12m; le sommet de l’édifice est parcouru par une galerie circulaire conduisant aux tables d’orientation, une par branche de l’étoile.

Sur la couronne figurent les noms des 48 États constituant les USA de l’époque. A l’extérieur également, les badges des différentes grandes unités ayant participé à la bataille du Saillant. Sur les parois internes, le déroulement de cette bataille est expliqué en langue anglaise et en dix tableaux.
La crypte dédiée aux héros

Une crypte fut également creusée dans la roche; elle rappelle le sacrifice de 76.890 héros américains tués, blessés ou disparus dans cette bataille.

Trois autels sont consacrés respectivement aux cultes catholique, protestant et juif. Les mosaïques aux couleurs chatoyantes sont de l’artiste français Fernand Léger.
Tout proche, le Bastogne War muséum accueille les visiteurs désireux d’en savoir davantage sur les combats meurtriers qui se déroulèrent en Ardenne durant le terrible hiver 44-45.
Ecrit par : Patrick Germain 07-11-2007
Où est Bastogne
Bastogne
Le Mardasson
2 478 vues
Le chasseur de char Achilles de La-Roche
Le chasseur de char Achilles de La-Roche
Le 11 janvier 1945, les éléments de pointe du 4ème groupe de Cavalerie US pénètrent dans La-Roche–en–Ardenne dévastée. Sur le coup de 11 heures, ils font jonction avec les Écossais de la 51ème « Highland » Division, soutenus par les chars du premier régiment de la Northamptonshire Yeomanry.

Inauguré le 11 janvier 2000, un exemplaire de canon autopropulsé Achilles trône désormais à l’entrée de la cité, face au débouché rocheux de la route de Hotton. C’est un blindé de modèle identique à celui-ci – dont on remarquera le marquage à l’étoile supplémentaire, destiné à éviter toute méprise – qui pénétra le premier dans la ville.
En 1942, devant le besoin urgent de chars assez puissants pour faire face aux blindés allemands, les Américains mirent au point le M-10 «Wolvervine».
Les Britanniques, quant à eux, décidèrent d’équiper ce véhicule d’un canon encore plus puissant en remplaçant le 3 pouces américain par un 17PDR anglais (76,2 mm) : le « Achilles » était né.
Associé à la munition spéciale APDS, certains historiens affirment que ce canon fut le plus redoutable du champ de bataille, quand même il avait fallu en raccourcir la culasse pour gagner de l’espace en tourelle. Cette modification se fit sur la dernière version du M-10 avec des contre-poids « duck-bill » à l’arrière de la tourelle (ouverte). Le chasseur de chars Achilles était monté par cinq hommes d’équipage, il fut souvent employé en tant que blindé de support (canon autopropulsé) ainsi que ce fut le cas à La Roche.

Quant aux « Yeomanry », ce sont des formations territoriales de cavalerie, initiées en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIème siècle et utilisées ensuite comme infanterie montée. La Northamptonshire Yeomanry a été créée durant les guerres napoléoniennes par le comte Spencer, ancêtre de la princesse Diana. Dissoute au début du XIXème siècle, l’unité est réactivée à la fin de la guerre des Boers avant de se distinguer durant le premier conflit mondial, à Ypres notamment. En 1922, elle est intégrée à la Réserve du Royal Tank Corps.

Ses membres vont à nouveau faire parler d’eux lors de la seconde guerre mondiale: actifs dans les combats de Normandie, c’est aux chars de la Northampshire Yeomanry que de nombreux auteurs créditent la destruction du Tigre « 007 » commandé par Michaël Wittman, l’un des plus redoutables tankistes allemands. On les revoit ensuite au Havre, puis sur l’embouchure de la Meuse et durant la Bataille d’Ardenne. La Northamptonshire Yeomanry a disparu de l’ordre de bataille de l’armée britannique en 1971.
Écrit par : Patrick Germain 2008
Note :
M10 Achilles
Équipage 5 hommes
Longueur 7,27 m
Largeur 3,05 m
Hauteur 2,90 m
Masse au combat 29,6 tonnes
Blindage et armement
Blindage 57 mm
Armement principal 1 canon de 17 livres Mark V (50 coups à bord)
Armement secondaire 1 mitrailleuse de .50 M2HB (450 coups à bord)
Vitesse sur route 40 km/h
Autonomie 322 km (sur route)
Le barrage sur l’Ourthe à Nisramont
Le barrage sur l’Ourthe à Nisramont
1 228 vues
De provisoire qu’il devait être, lors de son érection, le barrage sur l’Ourthe à Nisramont fait désormais partie du paysage ardennais. Survol d’une histoire plus que centenaire et gros plan sur un ouvrage d’art dont la vaste retenue d’eau constitue un petit miracle de quiétude.
L’église Sainte-Catherine, à Houffalize
L’église Sainte-Catherine, à Houffalize
Le 6 janvier 1945, l’église Sainte-Catherine frôle de peu la destruction. Restaurée après-guerre, elle constitue le dernier vestige d’un prieuré dont l’origine remonte au XIII° siècle.







