Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Les ponts de chayes, témoins discrets de la vie rurale

Avant l’apparition des matériaux modernes, le schiste fut longtemps mis à toutes les sauces dans une grande partie de l’Ardenne, où on le rencontre à profusion. Cherbins et ardoises, bien-sûr, mais aussi pavements, bacs ou autres abreuvoirs – sans oublier l’art funéraire – contribuèrent ainsi au rayonnement de certains gisements bien au-delà de notre aire géographique. Plus discrets, mais combien typiques, sont les “ponts de chayes„.

 

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Le pont d’Odrimont

 

C’est peu dire que l’aménagement des voiries a profondément remodelé le visage de la campagne ardennaise au fil du temps, et tout particulièrement ces dernières décennies. Quand ils n’ont pas été purement et simplement abandonnés ou intégrés plus moins légalement dans les propriétés riveraines, nombre d’entre eux sont devenus de larges assiettes empierrées, voire asphaltées, aux cours sévèrement rectifiés.
Quelques-uns, pourtant, poursuivent discrètement leurs carrières tout au long de tracés dont l’origine se perd souvent dans la nuit des temps. Voies de pèlerinages ou simples raccourcis entre hameaux, ils constituent autant de vestiges du maillage qui parcourait la campagne aux temps pas si lointains où elle se vivait à pied, ou au pas des chevaux.

 

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Le pont sur la Lienne

 

Les chemins de traverse

Le tourisme lent les a pris en affection, et rien n’interdit de penser qu’ils pourraient bien connaître un regain d’intérêt beaucoup plus basique avant longtemps. Quoi qu’il en soit, leurs cours sont généralement d’un grand intérêt : que ce soit en matière de biodiversité ou de préservation du petit patrimoine, vivre à l’écart de l’agitation ambiante présente quelque avantage.
Ainsi faudra-t-il emprunter les chemins de traverse pour découvrir, voisinant le plus souvent un gué, les derniers exemplaires de ces ponceaux typiques composés d’imposantes dalles de schiste posées sur des piliers de même nature ou de blocs de quartzite. Et les surfaces polies des “ ponts de chayes „, puisque c’est d’eux dont il s’agit, témoignent à suffisance de l’usage intensif dont ils firent longtemps l’objet.

 

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Le pont du Tienmesse, une carte postale de chez « Nels »

 

Certains d’entre eux sont célèbres. Ainsi le pont de chayes du Tiennemesse qui, à Vielsalm, connaît ses heures de gloire annuelles lors du Sabbat des Macralles et quand bien même sa configuration actuelle n’a plus grand rapport avec celle de son imposant aîné.
D’autres accueillent avec une ténacité bienveillante le pas des promeneurs modernes après avoir évité le bain de pieds aux voyageurs de jadis lors de leur traversée de la Lienne, par exemple. À l’occasion, ils permettent même quelques instants de rêverie.

 

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Le pont du Tienmesse aujourd’hui

 

Dans ce coin de Haute-Ardenne, leur imposantes couvertures proviennent des carrières de Joubiébal où l’on extrayait, aisément semble-t-il, des dalles de belles dimensions exportées dans une vaste zone géographique. Il est toujours possible de s’en faire une certaine idée en fréquentant le parc public qui, désormais, occupe une partie de leur emplacement au carrefour des routes de la Baraque de Fraiture et de Sart-Lierneux. Là ou ailleurs, les ponts de chayes auraient sans doute disparu l’un après l’autre si les collectivités locales n’avaient, depuis quelques années maintenant, pris conscience de l’importance de ce genre de témoin du quotidien de nos Anciens. N’hésitez pas à leur confier vos foulées, et à profiter des sensations générées par le cadre bucolique dans lequel ils s’inscrivent généralement.

Ecrit par Patrick Germain 09-01-2008

Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain (Région de Lierneux – et merci à Élisabeth Guillaume pour sa doublement gracieuse collaboration) Sauf reproduction de carte postale : Nels éd.
Source :
•    “ Autour et à l’entour du tram de Lierneux „ – Collectif – Robert Nizet éd. à Vielsalm – 1997 “ Vieilles images sur toits de cherbins „ – Robert Nizet – ibid 1986 – “ Vielsalm „ – Plaquette commémorative éditée à compte d’auteur par Jean-Marie Hurdebise – Vielsalm (année ?) – 129

 

Galerie

Où sont-ils ?

Tienmesse

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Le pont d'Odrimont

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Sur la lienne

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La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

La croix Schmitz (Chmits), dans le Grand-Bois de Vielsalm

L’Ardenne tout entière est parsemée de croix. Votives ou commémoratives, elles font partie d’un petit patrimoine qui, indépendamment des convictions, vaut d’être protégé.

 

Le 7 juillet 1843, à l’endroit où est érigée la croix commémorative qui porte son nom, gît le corps ensanglanté du brigadier des douanes. Il s’appelait Jean Chmits selon l’épitaphe gravée sur la croix, ou Schmitz selon ce que disent les cartes géographiques. Il semblerait que les cartes géographiques aient raison, car l’acte de décès indique en effet que c’est bien Jean Schmitz qui est décédé ce jour-là.

Il est vrai que le nom de Schmitz – avec le S – est très répandu dans la région, tant dans les familles francophones que du côté germanophone. Le même acte de décès précise que l’infortuné habitait Petit-Thier.

À côté du malheureux douanier, son fusil de service.

Les circonstances restent d’autant plus floues que le temps a passé. Accident ? Suicide ? Ou crime, maquillé en accident ? L’ancienne frontière avec la Prusse se trouve à un jet de pierre : la fraude était alors une activité fort répandue. Les enjeux ne se limitaient pas à quelques paquets de tabac, et la lutte était rude, entre fraudeurs et douaniers. Au point de se terminer parfois tragiquement.

L’Histoire, dans ses zones d’ombre, voisine souvent avec l’imagination.

Il semblerait pourtant que cette histoire soit moins romantique que l’imagination le souhaiterait, Jean Schmitz a été manifestement la victime d’un coup de feu accidentel. De sa propre arme, de l’arme d’un collègue ?

Rien ne l’explique, mais, pourra-t-on prouver si un fraudeur surpris n’y est pas pour quelque chose ?

Puisque c’est à deux pas de là que Marcellin La Garde a situé la saga du « Fraudeur de Tinseubois ».

A vous de mener l’enquête…

 

Croix Schmitz dans le Grand-Bois

On parlera ici d’une « Croix d’Occis » dans la mesure où elle commémore un fait dont la nature criminelle peut être au moins soupçonnée. La croix en schiste, sur laquelle est gravé le nom de Jean Chmitz est solidement fichée dans un muret maçonné, en schiste lui-aussi.

Patrick Germain /Fr. Rion


 

La croix Schmitz

La croix en schiste.

La croix Schmitz

La chapelle de Tinseubois

Le crochet vers la chapelle de Tinseubois vaut le détour.

La chapelle de Tinseubois

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